
AIMER SA DIFFERENCE
par Solange
de base 5
Chacun est unique. Chacun peut se sentir différent des autres. En bonne personne de base 5, je me suis toujours sentie à côté. En recul. En observation. En analyse.
Souvent, j’ai perçu de manière négative mon côté intello, voire parfois jugeant. Je me trouvais trop froide, trop sérieuse, trop discrète, par rapport aux autres.
Et il y avait cette étrange impression de ne pas aimer être trop longtemps en compagnie d’autres personnes. Le week-end en famille, cela peut être long pour une personne de base 5. Les vacances aussi. Jusqu’à l’âge de 12 ans, je voulais devenir bergère dans la montagne. Pas par amour des brebis, mais par envie d’être seule, magnifiquement seule.
Avec l’ennéagramme, tout s’est illuminé. Intello oui, mais pour recueillir un grand nombre d’informations. Froide, en quelque sorte, mais pour garder un regard le plus objectif possible. Sérieuse, afin d’amener de la profondeur, et aller à l’essentiel. Calme, pour apaiser, amener un ancrage. Une personne est venue me voir à la fin du stage de formation à l’ennéagramme. Elle ne me connaissait que depuis la veille, et m’a confié qu’elle m’avait vue comme une force tranquille. Je perçois mieux le charme discret des introvertis, qui attirent peu le regard, mais vivent souvent un bouillonnement intérieur.
Car à l’intérieur, il y a des étoiles, des visages, des livres, des informations classées, qui soudain se relient entre elles, branches grimpantes qui s’enlacent.
L’ennéagramme amène de la clarté sur ce besoin de solitude qui me semblait exagéré. Si, dans l’adolescence, je regrettais de ne pas être seule pour profiter pleinement de visites enrichissantes que nous faisions, ce n’était pas égoïste. Car cet isolement temporaire et bienheureux permet de se reconnecter à qui l’on est vraiment, à ses émotions, à cet univers personnel. Au lieu d’absorber en partie les émotions des autres, sentir à nouveau ses contours, ses mouvements, sa liberté d’être pleinement soi, sans interférences.
A ces besoins viscéraux d’accumuler des connaissances et de refaire ses forces émotionnelles, l’ennéagramme offre un chemin: offrir aux autres ce savoir structuré et sa présence ancrée; enrichir sa perception de davantage d’émotions et de sensations; aller vers un savoir plus incarné et humanisé par l’expérience. Allier la vérité à l’amour. Aimer sa différence. Et celle des autres. Le temps d’une vie.


GLENN GOULD, L’EXCENTRIQUE
LE VAGABOND DES MERS DU SUD
« Je pensais que j’étais un solitaire parce que je ne pensais pas que vous pourriez naviguer autrement que seul. Je me rends compte maintenant comment la solitude en mer a des couleurs intenses et violentes parfois, mais toujours chaudes. Elle n’a rien en commun avec ce genre de grisaille, de vide total qui touche une personne sans compagnons. Plongé dans une foule indifférente qui va toujours pressée. »
DANS LA GROTTE BLEUE

Là-haut sur la montagne
De la montagne j’observe la vallée et sa ville en contrebas. J’en perçois le brouhaha et une certaine agitation. Vu de haut des flux se dessinent. Certains ne me paraissent pas logiques, pas rationnels. J’interroge souvent les habitants d’un « Pourquoi est-ce ainsi? ». Certains me confessent ne pas connaître le sens de leur rythme. Comment peuvent-ils vivre ainsi? A quoi bon dépenser autant d’énergie sans savoir pourquoi? Sans comprendre ni connaître le sens à lui donner? J’aime bien réfléchir à ces questions de fond avec ceux que je vois en descendant à la ville.
FRANCOIS MITTERAND
COMMUNIQUER AVEC UNE PERSONNE DE BASE 5
UN ESCARGOT CURIEUX
Protégé par sa coquille, son antre, son foyer, dans lequel il est seul, l’escargot est bien. Il réfléchit, contemple les rayons du soleil à travers sa coquille, hume l’odeur qui remonte de la pelouse dans la spirale qu’il habite si complaisamment. Seulement voilà, l’escargot a, de temps à autre, une furieuse envie de partir à l’aventure du monde et, plein d’allant, après avoir mûrement réfléchi, il se lance et sort ses antennes, joyeux à l’idée de rencontrer cet autre, si semblable et si différent. L’idée est plaisante, l’envie furieuse.
ACCORDS PARFAITS
Le piano, lui, est stable, bien ancré sur le sol, imposant de prestance avec son bois bien poli. Il a belle allure dans ce salon! Mais attention, il ne joue pas pour tout le monde, son clavier est bel et bien verrouillé par une clé. Si vous regardez de plus près, il ne laisse rien paraître, mais sous son couvercle sont contenus tous ses arpèges. C’est assez rare qu’il laisse échapper ses harmoniques, celles qui lui permettraient de s’accorder avec l’extérieur.