Archives de l’auteur : Valérie Maillot

Prière de la base 5

PRIERE DE LA BASE 5*

Créateur ineffable, vous êtes la vraie source de la lumière et de la sagesse. Daignez répandre votre clarté sur l’obscurité de mon intelligence; chassez de moi les ténèbres du péché et de l’ignorance.

Donnez-moi: La pénétration pour comprendre, la mémoire pour retenir, la méthode et la facilité pour apprendre, la lucidité pour interpréter, une grâce abondante pour m’exprimer, aidez le commencement de mon travail, dirigez en le progrès, couronnez en la fin, par Jésus Christ notre Seigneur, amen.

Saint Thomas d’Aquin

*La prière a quelque chose à dire du don reçu ou de ce vers quoi la personne tend.
En ce sens, elle parle de la qualité essentielle et/ou de la vertu de chaque base.
Comme les versants de la montagne convergent au sommet, elle a quelque chose d’universel, même si c’est par une voie spécifique.

Une carafe

UNE CARAFE
par Isabelle
de base 4 en tête-à-tête

Je suis une carafe.

Ce texte est pour toutes mes sœurs les carafes 4 qui cherchent la lumière au milieu des émotions qui les emplissent, et aux carafes des autres bases qui m’ont si bien montré le chemin.

Je me remplis de boissons et j’espère qu’elles seront appréciées ou plus exactement que je serai appréciée car je suis ce qui me remplie… Je suis mon émotion.

Je me remplis de ce qui est chez mes consœurs les carafes. Je prends leurs boissons et je fais des assemblages. Je voudrais que chacun d’eux soit à l’origine de dégustations appréciées. Que je sois reconnue pour mon originalité et que je me sente unique et aimée plus que les autres.

Certains de ces breuvages sont des vrais élixirs et ils ne passent pas inaperçus. Mais je me lasse vite, je veux du plus intense encore, de l’exceptionnel, du Woua.

Vincent Van Gogh
Table de café avec absinthe

Dans mon histoire, ces assemblages n’étaient que des mélanges. C’était le mélange de ce que je pouvais capter de mes consœurs les carafes. Ces mélanges qui m’emplissaient devenaient de plus en plus forts et disharmonieux. Les dégustations s’espaçaient. Les buveurs s’éloignaient. Ce que je portais pouvait être ressenti comme excessif, désagréable et à la longue, éventuellement dangereux. Pendant ce temps les autres carafes étaient recherchées. Leurs mornes boissons attiraient et semblaient procurer de l’agréable chez les buveurs.

J’étais jalouse. Pour moi, la souffrance était intense. J’aimais l’intensité mais quand même. Là, c’était trop. Il fallait trouver une autre voie.

Alors j’ai imité mes consœurs. Je me suis remplie d’eau plate. j’ai fait l’expérience de l’eau…. plate et donc de la platitude et de la monotonie. J’avais l’impression de ne pas vivre, d’être dans le rien. Cela a généré une nouvelle souffrance. Elle était différente et les boissons que je portais se sont alourdies.

Petit à petit j’ai découvert que toutes les eaux étaient différentes. Chacune avait sa particularité, sa richesse et j’en découvrais les subtilités. Toutes m’intéressaient et ma vie perdait en intensité alors que d’une façon incroyable apparaissait la densité. Le banal devenait passionnant… On ne se change pas… Heureusement, il y avait toujours de la passion.

Et puis j’ai goûté à la Source vive. Sa beauté et sa transparence étaient d’une pureté absolue et elle l’est toujours. Elle est tellement belle qu’il peut m’arriver parfois de nettoyer mon cristal pour qu’on la voit et qu’on m’oublie.

L’expérience est lumineuse, encore fugitive, mais lumineuse.

Avec tout mon amour de carafe

Aimer sa différence

© AnnaClickPhotography

AIMER SA DIFFERENCE
par Solange

de base 5

Chacun est unique. Chacun peut se sentir différent des autres. En bonne personne de base 5, je me suis toujours sentie à côté. En recul. En observation. En analyse.

Souvent, j’ai perçu de manière négative mon côté intello, voire parfois jugeant. Je me trouvais trop froide, trop sérieuse, trop discrète, par rapport aux autres.

Et il y avait cette étrange impression de ne pas aimer être trop longtemps en compagnie d’autres personnes. Le week-end en famille, cela peut être long pour une personne de base 5. Les vacances aussi. Jusqu’à l’âge de 12 ans, je voulais devenir bergère dans la montagne. Pas par amour des brebis, mais par envie d’être seule, magnifiquement seule.

Avec l’ennéagramme, tout s’est illuminé. Intello oui, mais pour recueillir un grand nombre d’informations. Froide, en quelque sorte, mais pour garder un regard le plus objectif possible. Sérieuse, afin d’amener de la profondeur, et aller à l’essentiel. Calme, pour apaiser, amener un ancrage. Une personne est venue me voir à la fin du stage de formation à l’ennéagramme. Elle ne me connaissait que depuis la veille, et m’a confié qu’elle m’avait vue comme une force tranquille. Je perçois mieux le charme discret des introvertis, qui attirent peu le regard, mais vivent souvent un bouillonnement intérieur.

Car à l’intérieur, il y a des étoiles, des visages, des livres, des informations classées, qui soudain se relient entre elles, branches grimpantes qui s’enlacent.

L’ennéagramme amène de la clarté sur ce besoin de solitude qui me semblait exagéré. Si, dans l’adolescence, je regrettais de ne pas être seule pour profiter pleinement de visites enrichissantes que nous faisions, ce n’était pas égoïste. Car cet isolement temporaire et bienheureux permet de se reconnecter à qui l’on est vraiment, à ses émotions, à cet univers personnel. Au lieu d’absorber en partie les émotions des autres, sentir à nouveau ses contours, ses mouvements, sa liberté d’être pleinement soi, sans interférences.

A ces besoins viscéraux d’accumuler des connaissances et de refaire ses forces émotionnelles, l’ennéagramme offre un chemin: offrir aux autres ce savoir structuré et sa présence ancrée; enrichir sa perception de davantage d’émotions et de sensations; aller vers un savoir plus incarné et humanisé par l’expérience. Allier la vérité à l’amour. Aimer sa différence. Et celle des autres. Le temps d’une vie.

Prière de la base 3

PRIERE DE LA BASE 3*

« Que rien ne te trouble, que rien ne t’épouvante, tout passe, Dieu ne change pas, la patience obtient tout; celui qui possède Dieu ne manque de rien: Dieu seul suffit.

Elève ta pensée, monte au ciel, ne t’angoisse de rien, que rien ne te trouble.

Suis Jésus Christ d’un grand cœur, et quoi qu’il arrive, que rien ne t’épouvante.

Tu vois la gloire du monde? C’est une vaine gloire; il n’a rien de stable, tout passe.

Aspire au céleste, qui dure toujours; fidèle et riche en promesses, Dieu ne change pas.

Aime-Le comme Il le mérite, bonté immense; mais il n’y a pas d’amour de qualité sans la patience.

Que confiance et foi vive maintiennent l’âme, celui qui croit et espère obtient tout.

Même s’il se voit assailli par l’enfer, il déjouera ses faveurs, celui qui possède Dieu.

Même si lui viennent abandons, croix, malheurs, si Dieu est son trésor, il ne manque de rien.

Allez-vous-en donc, biens du monde; allez-vous-en, vains bonheurs: même si l’on vient à tout perdre, Dieu seul suffit. »

Sainte Thérèse d’Avila

*La prière a quelque chose à dire du don reçu ou de ce vers quoi la personne tend.
En ce sens, elle parle de la qualité essentielle et/ou de la vertu de chaque base.
Comme les versants de la montagne convergent au sommet, elle a quelque chose d’universel, même si c’est par une voie spécifique.

Prière de la base 4

PRIERE DE LA BASE 4*

« La vie n’est qu’un instant, une heure passagère.
Ma vie n’est qu’un seul jour qui m’échappe et qui fuit.
Tu le sais, ô mon Dieu, pour t’aimer sur la terre, je n’ai rien qu’aujourd’hui.

Oh ! Je t’aime, Jésus!
Vers Toi mon âme aspire pour un jour seulement, reste mon doux appui, viens régner dans mon cœur, donne-moi ton sourire rien que pour aujourd’hui.

Que m’importe, Seigneur, si l’avenir est sombre?
Te prier pour demain, oh non, je ne le puis.
Conserve mon cœur pur, couvre-moi de ton ombre rien que pour aujourd’hui.
Si je songe à demain, je crains mon inconstance, je sens naître en mon cœur la tristesse et l’ennui.

Mais je veux bien, mon Dieu, l’épreuve, la souffrance rien que pour aujourd’hui.
Je dois te voir bientôt sur la rive éternelle, ô pilote divin, dont la main me conduit sur les flots orageux, guide en paix ma nacelle rien que pour aujourd’hui.

Ah! Laisse-moi, Seigneur, me cacher en ta face.
Là je n’entendrai plus du monde le vain bruit.
Donne-moi ton amour, conserve-moi ta grâce rien que pour aujourd’hui.

Près de ton cœur divin, j’oublie tout ce qui se passe, je ne redoute plus les craintes de la nuit.
Ah! Donne-moi, Jésus, dans ce cœur une place rien que pour aujourd’hui.
Pain vivant, Pain du ciel, divine Eucharistie, ô Mystère touchant que l’Amour a produit! Viens habiter mon cœur, Jésus, ma blanche hostie, rien que pour aujourd’hui!

Daigne m’unir à toi, vigne sainte et sacrée, et mon faible rameau te donnera son fruit, et je pourrai t’offrir une grappe dorée, Seigneur, dès aujourd’hui.
Cette grappe d’amour dont les grains sont les âmes, je n’ai pour la former que ce jour qui s’enfuit.

Oh! Donne-moi, Jésus, d’un apôtre les flammes, rien que pour aujourd’hui!
Ô Vierge immaculée! Ô toi la douce étoile qui rayonne Jésus et qui m’unit à Lui, ô mère! Laisse-moi me cacher sous ton voile, rien que pour aujourd’hui!
Ô mon Ange gardien! Couvre-moi de ton aile, éclaire de tes feux ma route, ô doux ami!

Viens diriger mes pas, aide-moi, je t’appelle, rien que pour aujourd’hui!
Je veux voir mon Jésus, sans voile, sans nuage; cependant ici-bas je suis bien près de Lui…
Il ne sera caché son aimable visage rien que pour aujourd’hui!
Je volerai bientôt pour dire ses louanges, quand le jour sans couchant sur mon âme aura lui; alors je chanterai sur la lyre des anges l’éternel aujourd’hui! »

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

*La prière a quelque chose à dire du don reçu ou de ce vers quoi la personne tend.
En ce sens, elle parle de la qualité essentielle et/ou de la vertu de chaque base.
Comme les versants de la montagne convergent au sommet, elle a quelque chose d’universel, même si c’est par une voie spécifique.

L’heure de la main vide

L’HEURE DE LA MAIN VIDE
In Le Très Bas
, p. 52-53
Christian Bobin

« Trois mots donnent la fièvre.

Trois mots vous clouent au lit: changer de vie.

Cela c’est le but. Il est clair, simple.

Le chemin qui mène au but, on ne le voit pas.

La maladie c’est l’absence de chemin, l’incertitude des voies.

On n’est pas devant une question, on est à l’intérieur.

On est soi-même la question.

Une vie neuve, c’est ce que l’on voudrait mais la volonté, faisant partie de la vie ancienne, n’a aucune force.

On est comme ces enfants qui tendent une bille dans leur main gauche et ne lâchent prise qu’en s’étant assurés d’une monnaie d’échange dans leur main droite: on voudrait bien d’une vie nouvelle mais sans perdre la vie ancienne.

Ne pas connaître l’instant du passage, l’heure de la main vide. »

Décollage immédiat !

DECOLLAGE IMMEDIAT !
Par François

« L’émerveillement va prendre sa place comme un moment de grâce où l’on décolle de soi-même pour s’ouvrir à l’autre. » Maurice Zundel

Est-ce exagéré de dire que c’est ce que j’ai vécu au M2? Eh bien non, c’est bien cela!

Et d’où vient ce décollage? De l’émerveillement.

Emerveillement devant tous ces panels, cette écoute les uns des autres, cette richesse de chaque personnalité avec ses ombres et ses lumières, mais toujours la lumière, au bout. Chaque vie est un poème qui n’en finit pas de s’écrire, une pièce indispensable du vitrail.

Après un M1 où l’on se cherche soi-même, l’écoute des panels, en M2, est une ouverture, un décollage de soi vers les grands espaces des différentes bases et leur complémentarité.

Et grâce aux moments de recentrement (Vittoz), d’écoute et de jeux, j’ai vécu cette qualité de présence à soi et aux autres qui mène à la conscience forte de la Présence.

Maurice Zundel encore : « L’émerveillement, c’est précisément le moment où émerge en nous une nouvelle dimension, c’est le moment privilégié où nous sommes soudain guéri pour un instant de nous-même et jeté dans une Présence que nous n’avons pas besoin de nommer, qui nous comble en même temps qu’elle nous délivre de nous-même. »

Et c’est bien ce qui nous attend après cette découverte, par l’ennéagramme, de ce qui a été déposé en chacun de nous: prendre appui sur notre base pour décoller et vivre toujours plus intensément l’accueil de l’autre et notre présence à la Présence.

« L’attachement à soi augmente l’opacité de la vie. Un moment de vrai oubli, et tous les écrans les uns derrière les autres deviennent transparents, de sorte qu’on voit la clarté jusqu’au fond, aussi loin que la vue porte; et du même coup plus rien ne pèse. Ainsi l’âme est vraiment changée en oiseau. » Philippe Jaccottet, La Semaison

Je souhaite à toutes et tous de nombreux beaux décollages!

Libre comme une base 5

LIBRE COMME UNE BASE 5
par Nicolas
de base 5

Je venais au stage M1 avec une certaine réticence. Sans doute la peur non avouée d’être une fois de plus
catalogué introverti et discret.


Même si ma rencontre avec le Christ il y a quelques années m’a aidé a accepter, avec une certaine réticence tout de même, ce caractère; je n’en avais pas mesuré les aspects positifs et en quoi il peut être accepté
comme don de Dieu.


Sans ce caractère, son besoin de solitude, et une certaine souffrance en société, je ne suis pas sûr que j’aurais ouvert la porte à celui qui frappait depuis ma naissance. En cela je rends grâce à Dieu de ne pas être une personne brillante à qui tout réussit et qui aurait pu se passer de la miséricorde et du regard d’amour de Dieu.

Ce que j’ai découvert avec l’enneagramme c’est la liberté qui m’était donnée avec mon caractère de base 5. Cette liberté que je sentais en moi je peux maintenant mieux la comprendre. La base 5 est libre. Elle est libre par rapport à l’autre. Elle ne recherche pas particulièrement de reconnaissance, ou en tout cas ce n’est pas un moteur. Elle n’est pas affectée par le moral et l’humeur des autres. Elle est libre par rapport à ses propres sentiments qui prennent assez rarement le pas sur le raisonnement. Elle n’a pas peur de la solitude, elle en a besoin.

Liberté pour quoi faire ? Cette liberté peut tourner à l’indifférence et mener au vide et à l’enfermement. Mais si elle est orientée vers Dieu elle peut donner beaucoup de fruit, discrètement. Si le base 5 laisse la grâce se déverser en elle, si la foi et l’espérance l’habite, elle peut laisser se développer envers les autres une charité et un amour pur, sans trop d’ego.

La personne de base 5 n’a finalement d’autre choix que de se reposer sur Dieu pour se tourner vers les autres. Un travail de conversion d’une vie sans doute…

Prière de la base 6

PRIERE DE LA BASE 6*

« Mon Père, je remets mon esprit entre vos mains.
C’est la dernière prière de notre maître, de notre bien-aimé…
Puisse-t-elle être la nôtre…
Et qu’elle soit non seulement celle de notre dernier instant, mais celle de tous nos instants:

Mon Père, je me remets entre vos mains;
Mon Père, je me confie en vous;
Mon Père Je m’abandonne à vous;
Mon Père, faites de moi ce qu’il vous plaira;

Quoi que vous fassiez de moi, je vous remercie;
Merci de tout;
Je suis prêt à tout, j’accepte tout;
Je vous remercie de tout;
Pourvu que votre volonté se fasse en moi, mon Dieu,
pourvu que votre volonté se fasse en toutes vos créatures,
en tous vos enfants, en tous ceux que votre cœur aime,
Je ne désire rien d’autre, mon Dieu;

Je remets mon âme entre vos mains;
Je vous la donne, mon Dieu,
avec tout l’amour de mon cœur,
parce que je vous aime,
et que ce m’est un besoin d’amour
de me donner,
de me remettre entre vos mains, sans mesure;
Je me remets entre vos mains avec une infinie confiance,
car vous êtes mon Père. »

Saint Charles de Foucauld

*La prière a quelque chose à dire du don reçu ou de ce vers quoi la personne tend.
En ce sens, elle parle de la qualité essentielle et/ou de la vertu de chaque base.
Comme les versants de la montagne convergent au sommet, elle a quelque chose d’universel, même si c’est par une voie spécifique.