Archives de catégorie : Base 6

Vœux !

VOEUX !
par Etienne, avec Marie

Je voulais profiter de ce moment de vœux et de souhaits pour vous exprimer notre gratitude pour ce chemin qu’on a parcouru de 2019 à 2021, ce beau parcours qu’on a fait au travers de l’ennéagramme qui nous a apporté beaucoup.

Beaucoup de tracas parce que ça a fait émerger toute la partie émotionnelle qui était bloquée en moi depuis longtemps et qui m’a amené jusqu’au burn out: j’ai dû prendre le taureau par les cornes et affronter cette partie émotionnelle. J’arrive en 2022 à accueillir notamment cette émotion du deuil de mon père, de son départ, cela est très riche. Evidemment je suis passé par la case burn out, c’est un peu comme au Monopoly: quand on te dit va directement en prison, c’est raide, c’est dur, c’est la vie, mais vous nous aviez renforcés avant: merci à vous pour tous ces contenus.

Aujourd’hui la partie émotionnelle est mieux accueillie, on a beaucoup travaillé sur les BD d’Art Mella sur les émotions, on a beaucoup évolué aussi avec Couple et complices de Gary Chapman qui nous a permis de renforcer notre intimité. On a été très bien soutenus au niveau spirituel, j’ai beaucoup travaillé sur l’anxiété, le manque de confiance en moi; avec aussi Recherche la paix et poursuis-là de Jacques Philippe, ce petit ouvrage que je médite depuis presque un an. Je fais oraison: merci à mon père spi aussi. On a été entourés par une équipe formidable, le tout dans la prière qui est le levain de tout ça. Nous sommes pleins de gratitude envers vous pour tous ces bienfaits et c’est merveilleux.

Du coup, on fait des bilans de compétences tous les deux, chaque élément vient s’ajouter sur ce gros travail sur les cinq modules de l’ennéagramme qu’on a fait avec vous. Ce ne sont peut-être pas les bases, ce serait mentir que de dire que cela a été les fondations parce qu’il y avait d’autres choses en amont, mais cela a cimenté le gros des fondations, ça les a armées. On en a profité pour encore remettre une armature en 2021 avec la clé des émotions, le soin du burn out et maintenant on peut enfin construire, avec ce bilan de compétences, le rez-de-chaussée avec des projets assez enthousiasmants qui se dessinent. Pour ma part une part intuitive se confirme de manière plus certaine: une formation en menuiserie et des perspectives professionnelles qui sont déjà assez intéressantes, un projet qui en discussion, ça se dessine très très bien de mon côté. Du côté de Marie on est encore dans l’ordre de l’intuition parce que le bilan vient juste de commencer, beaucoup d’idées mais pas encore de chose à annoncer, on va laisser le temps au temps.

Encore un grand merci à vous deux et à vos enfants qui ont été présents à certains des modules et certains des échanges, car vous avez été porteurs, vous avez été des canaux puissants de ce que nous sommes aujourd’hui. Pour 2022, pondez-nous un sixième module et on se reverra! On ne demande qu’à avoir de nouvelles choses à découvrir. D’ici-là on reste connectés dans le présent, par le passé. C’est un peu tordu, mais je suis de base 6 donc j’ai le droit de dire des choses comme ça 🙂 C’est parce que vous nous avez aidés à construire ces fondations armées, qu’aujourd’hui nous construisons paisiblement un premier étage qui est très enthousiasmant, bientôt le deuxième étage avec la formation en menuiserie et le troisième avec le projet professionnel, super enthousiasmant.

Grand merci pour la partie professionnelle mais il y a aussi la partie cœur qui m’a permis d’accéder à ce souvenir de mon père, cette émotion du décès de mon père qui est toute fraiche. Cela n’a pas été agréable à passer mais quel enthousiasme, quelle joie, quelle émotion, c’est vraiment magnifique. Et puis grâce à ces fondations en béton armé, par aussi l’accès à l’émotion, on a pu aussi renforcer ce travail sur l’intimité et sur le lien toujours plus puissant entre les époux et aussi avec les différents amis et les différents membres de nos familles, ce désir d’être toujours plus connectés par l’émotion et cette quête spirituelle; d’être toujours plus en vérité l’un avec l’autre. Et ce travail, je suis très heureux de l’avoir découvert et expérimenté à travers le couple et de pouvoir le pratiquer avec tous ceux que le bon Dieu place sur notre route.

Beaucoup de belles choses pour vous pour cette année aussi, je vous souhaite beaucoup de beaux témoignages qui vous permettent de vous apporter, avec les stages, beaucoup de joie, de paix, de retours a posteriori qui viennent parsemer le ciel de notre année de petites constellations brillantes et pétillantes. C’est ce que je vous souhaite, et pour vos enfants aussi, de continuer à progresser. Beaucoup de belles choses, beaucoup de bonnes choses, beaucoup de saintes choses!

 

Un monde en bleu

UN MONDE EN BLEU
par Martine
de base 6

Mon monde à moi, c’est un monde en bleu
Oui, mais décrit sur toute sa gamme
Bleu… comme mes peurs

Peurs paniques, fulgurantes, incontrôlables,
Des toutes petites, des ridicules, des peurs de rien de tout: peur des araignées, peur de monter sur un vélo, peur des affreux rats, peur de tout et n’importe quoi…

Jusqu’aux plus profondes, jusqu’aux viscérales: celle d’affronter l’inconnu, la solitude, la souffrance, la dépression et surtout la pire de toute, la peur primale: celle du non-amour, celle du rejet, celle de la trahison, celle-là qui vient comme un poignard dans le creux de l’estomac, qui transforme tout en un immense vertige, la vraie, la bleue, l’abyssale. Quand la terre s’ouvre sous mes pieds en un gouffre sans fin et que cette panique me laisse au sol, vide et pantelante comme une épave rejetée par la mer, brisée, abandonnée, seule sur le sable. Celle dont je crains ne jamais pouvoir me relever.

Mais sur la palette de mes bleus, après l’ouragan, c’est le retour au calme. Et le bleu redevient lumineux, un bleu serein, un bleu d’azur. C’est le bleu des jours heureux où le soleil réapparaît dans un ciel uniforme. Cette peur, je l’ai vaincue. Pas seule, non, mais grâce à ce roc, à cette force vivante en moi plus que moi-même. Le bleu d’encre, presque noir s’est dissous. Je revois, je découvre la beauté de la nature qui m’entoure, je ressens l’amour de ceux que j’aime et qui sont là! La sève à nouveau circule dans mes veines, bleue. Là, devant mes pas, il y a un avenir, un nouveau, un magnifique chemin s’ouvre vers de nouveaux horizons, des horizons en bleu… Confiance! N’ayez plus peur…

L’arc en ciel des émotions

 

 

L’ARC EN CIEL DES EMOTIONS
par Marie, de base 8
et Etienne, de base 6

 

 

 

C’est une fillette qui se prenait pour une guerrière, et qui luttait, seule, sur son cheval fougueux Colère, au milieu de l’hostilité d’un paysage aride.

Mais tout à coup, ô joie, après de rudes chevauchées inutiles, elle aperçoit le pont des émotions, sa planche de salut, qu’elle commence à emprunter avec bonheur. Ce pont arc-en-ciel , il lui a semblé tout d’abord tellement volatile et aérien, qu’elle n’osait s’en servir, de peur de tomber dans le précipice. Mais sa chaude palette de couleurs l’a finalement séduite et rassurée, et ce n’est désormais plus un ennemi à combattre, mais un outil bienveillant qui va l’emmener vers les riantes et prometteuses rives de la sérénité, lumineuses et verdoyantes.

Au milieu des flots déchaînés de la mer Peur, surmontés d’un bel arc-en-ciel apaisant, un jeune matelot souriant tient fermement le gouvernail du bateau Émotions. Après de nombreux essais infructueux et douloureux, il est enfin heureux, car il commence à considérer les éléments en furie non plus comme de potentiels ennemis à fuir, mais comme des compagnons de route avec lesquels il est possible de composer pour atteindre paisiblement le rivage. La devise du garçonnet pourrait être : «  Dieu ne nous a pas promis une traversée facile, mais une arrivée à bon port ». Alors, haut les cœurs et duc in altum !!!

 

Le garçonnet et la fillette se retrouvent avec bonheur dans le symbole de l’arc-en-ciel, leur aile 7 commune: à l’aide de ses chatoyantes couleurs, ils ont ainsi deux ailes pour construire ensemble de beaux projets dans l’humour et la fantaisie.

Ponce Pilate et la base 6

PONCE PILATE 
Un achétype de la base 6 en social*
par Jacques-Olivier
de base 6

Lorsque Ponce Pilate fait apposer l’écriteau INRI sur la croix où meurt le Christ, il agit en fin de compte par provocation envers les grands-prêtres du Sanhédrin. Il n’a pas digéré ce procès politique, au cours duquel il s’est trouvé en confrontation agressive avec eux. Avec une certaine ironie, il cherche à montrer la vacuité de leur revendication. « Jésus-Christ est le Roi des Juifs », tel est ce que Pilate décide de faire proclamer. Tout l’inverse de ce que les accusateurs voulaient. Loyal. Sceptique. Et même loyal-sceptique.

Au nom de ce gouverneur romain sont attachés beaucoup de termes de la base 6. Représentant de Rome et de l’ordre imposé en Palestine, il apparaît comme légaliste, gardien, loyaliste : « Tu refuses de me parler! Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher et que j’ai pouvoir de te crucifier? ».

Soucieux d’envoyer sans tarder le condamné à Hérode, il démontre ainsi qu’il ne supporte pas que les autres dérogent aux règlements et au bon ordre de la justice. Soucieux de passer pour obéissant, il se rappelle – dès le début du dialogue avec les Juifs – qu’il est soumis à une loi extérieure, celle de César. Qu’il ne peut se permettre une négligence. Son absence de prise en compte des remarques de sa femme Claudia Procula ne laisse pas entendre qu’il est habité par une loi intérieure, ce qui lèverait tout doute sur une hypothétique de base 1 pour cet homme en fin de compte assez précis et carré.

Il doute. Menant son enquête, il cherche à nourrir ses réponses en interrogeant tout le monde. Il interroge:
– les grand-prêtres du Sanhédrin (« Quelle accusation portez-vous contre cet homme? »),
– Hérode (ils en deviendront même amis, d’ennemis qu’ils étaient auparavant, nous rapporte un des évangélistes),
– Jésus-Christ lui-même (« Es-tu le Roi des Juifs? »),
– la foule (pour savoir s’il doit relâcher le Roi des Juifs, au lieu de Barabbas).

Il remplit une sorte de rôle d’avocat du diable : « Suis-je juif, moi? Ta nation et les grands-prêtres t’ont livré à moi; qu’as-tu fait? ». Son doute va crescendo jusqu’à l’Ecco Homo : « Voilà, je vous l’amène dehors, pour que vous sachiez que je ne trouve aucun motif de le condamner ». Il insiste. Contrastant avec la gravité et la dignité du silence de plus en plus marqué de Jésus, Pilate parle beaucoup, un autre symptôme des bases 6.

Le récit évangélique le laisse imaginer avec une très forte acuité d’attention (« Pilate, à ces mots, demanda si l’homme était galiléen »). Rien d’autre ne semble le déconcentrer de cette cabale qui tourne au fanatisme, de ce procès, et du mystère que lui inspire en fin de compte Jésus. Il observe. Plusieurs fois est utilisée l’expression « entendant ces paroles ». Une aile 5 ?

En fait, il a peur: de la foule, des grands-prêtres, de l’image qu’il peut donner ici et à Rome, peut-être aussi des réponses qu’il peut entendre du Christ, chez qui il ressent sans aucun doute quelque chose qui est au-delà de l’ordre de l’humain? L’évangéliste est sans ambages: « Quand Pilate entendit cette parole [nous avons une Loi, et selon la Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu], il eut encore plus peur. » Il a non seulement peur, il redouble de peur. Sa volonté reste en dessous de sa conscience, de son devoir: faible, indécis, tétanisé, Pilate semble même à l’extrême esclave de viles passions, voire lâche.

Comment évaluer son courage, vertu de la base 6? Sa décision se cristallise dans ce fameux lavement des mains, et la tradition chrétienne a sans doute beaucoup trop associé Ponce Pilate à cette ultime scène du procès. Alors que l’échange des précédents versets est d’une densité incroyable de dialogue, requérant du courage et non des mondanités: « Qu’est-ce que la vérité? », ou encore « de qui procède le pouvoir? » Il sait aussi qu’il a pouvoir de vie et de mort, et donc que l’autorité qui lui a été conférée lui reconnaît une dose de courage pour envoyer l’un ou l’autre de vie à trépas. Ici, en livrant Jésus, contre sa conscience, contre l’avis de sa femme. Lorsque Jésus est amené à son prétoire, au tout début de ce procès politique, Pilate sort « pour aller au-devant d’eux ».

Bref, une sorte d’équilibre phobique/contre-phobique. La colère n’éclate pas chez cet homme qui nous apparaît bien cérébral, mais en filigrane on le perçoit continuellement agacé, crispé, presqu’excédé. Assez peu de traits de la base 6 sont moins flagrants, je relève surtout une difficulté de me prononcer sur son imagination? Quoique. Comment son cerveau mouline-t-il quand il demande au Christ: « Tu es donc roi? »

Enfin, et c’est presque le plus intéressant à remarquer, l’hypothèse de sa base 6 semble se confirmer dans le jeu des flèches 3 et 9. Le début du procès commence très sereinement. Pilate ne s’attend pas du tout à une crise, et propose derechef que les Juifs s’occupent eux-mêmes de cette affaire qui semble presque du droit commun : « Prenez-le vous-mêmes; et jugez-le selon votre Loi ». Cette zone de confort semble s’apparente à une flèche de sécurité venant de la base 9.

La fin du procès se termine par cette décision de livrer Jésus aux Juifs pour qu’ils le mettent à mort. Intérieurement tétanisé par la peur de mécontenter César, Pilate se concentre sur ce qu’il doit faire (1er indice: « Pilate, entendant ces paroles, amena Jésus dehors et s’assit au tribunal »; 2ème indice: l’inscription placardée « INRI » en est emblématique). Sa flèche de stress et de risque le fait basculer vers la base 3. Qui ira jusqu’à la dernière scène évoquant Pilate, quand Joseph d’Arimathie vient demander le corps, et que Pilate « ordonna de le lui remettre ». Un peu de 9 (être conciliant), un peu de 3 (être dans la complétude de l’efficacité de la mesure décidée), au service de la base 6…

En résumé, et en écho de cette loyauté à une loi extérieure, voici ce qu’écrivait Benoît XVI dans Jésus de Nazareth: « Il semble pourtant que Pilate ait éprouvé une certaine crainte superstitieuse devant cet étrange personnage. Pilate était certes un sceptique. Mais en tant qu’homme de l’Antiquité, il ne pouvait toutefois pas exclure que des dieux, ou à tout le moins des êtres semblables à des dieux, puissent apparaître sous l’aspect d’êtres humains. […] Je crois que nous devons tenir compte de cette peur chez Pilate: peut-être y avait-il quelque chose de divin dans cet homme. En le condamnant, peut-être se mettait-il contre une puissance divine. Sans doute devait-il s’attendre à la colère de telles puissances. »

Toutes sortes d’hypothèses ont fleuri sur ce qu’il advint de ce gouverneur romain. Peut-être même fût-il vainqueur de sa peur et mourut-il martyr de la foi, à l’instar d’un autre archétype de base 6, saint Pierre? Peut-être est-il enterré sur le Mont Pilate en Suisse? Ce sera aussi une occasion de relire les Mémoires de Ponce Pilate, d’Anne Bernet.

* L’archétype est un représentant connu et supposé d’un type de l’ennéagramme, l’hypothèse reposant sur des éléments caractéristiques de sa vie ou de son oeuvre. 

Chaque chose en son temps

CHAQUE CHOSE EN SON TEMPS
par Nicolas
de base 6

Cela fait longtemps que je voulais m’inscrire au M1, j’ai découvert ennéagramme grâce à mes
parents puis l’une de mes sœurs. Ma curiosité était piquée depuis des années mais je n’avais pas passé le pas malgré tout, je repoussais le moment car je ne me sentais pas prêt.

Après un Noël en famille, accompagné de nombreuses discussions sur l’ennéagramme, je me suis inscrit à mon retour de vacances car j’avais senti que le moment était venu.

Lors du stage et après quelques hésitations je me suis identifié à la base 6. Cette découverte m’a permis de mieux me comprendre et comprendre mon rapport aux autres.

Récemment un copain m’a dit que selon lui je me dévoilais en fonction du degré d’amitié que j’ai avec mon interlocuteur. J’ai trouvé cette analyse très juste.

Ce stage était très intense et m’a beaucoup plu, j’ai hâte de découvrir les autres modules et en
apprendre plus. Merci beaucoup !

Simon Pierre et la base 6

SIMON PIERRE
Un archétype de la base 6 en social*
par Pascal

Les larmes de Saint Pierre, Le Greco

L’histoire de Simon Pierre pourrait être celle d’une personne de base 6 qui accepte de grandir au contact d’un plus grand que lui. Monseigneur Rémi de Roo dans son livre, Bible et Ennéagramme en dresse un portrait en ce sens. Pierre est lui-même une figure d’autorité: « Soyez soumis à cause du Seigneur, à toute institution humaine: soit au roi comme souverain, soit au gouverneur comme envoyés par lui pour punir ceux qui font le mal et féliciter ceux qui font le bien. » 1P 2,13. Le groupe est le lieu privilégié du sous-type social: Pierre deviendra chef de l’Eglise et se révèle au sein de l’assemblée des disciples. Les quatre évangiles témoignent de son statut d’autorité lorsqu’il déclare que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, le Messie annoncé par les prophètes (Mat 16,16; Mc 8, 29. Luc 9, 20. Jn 6, 69). Son importance est à nouveau mise en valeur lorsqu’il assure le rôle de guide des apôtres après la résurrection de Jésus: « Repentez-vous et que chacun se fasse baptiser pour la rémission de ses péchés et vous recevrez le don du Saint-Esprit. » Actes 2.38

Plusieurs textes ou situations permettent de découvrir la force intérieure, les motivations, les paroles encore plus que les actes révélant sa personnalité. Ainsi, lors de l’épisode de la pêche miraculeuse (Luc 5, 4 à 11) est l’occasion de mettre le couple doute/suspicion, peur/courage en exergue. Le dialogue entre Simon et Jésus est révélateur: dès le début de la péricope, nous voyons un Simon qui exprime une suspicion lorsqu’il entend l’ordre de Jésus: « Maître nous avons péché toute la nuit sans rien prendre »; comme une manière de dire: voudrais-tu m’apprendre mon métier? Pierre exprimera plus tard ce genre de suspicion quand il suspectera l’identité de celui qui marche sur les eaux du lac de Galilée: « Si c’est bien toi, ordonne-moi de venir sur les eaux. » (Mt 14, 28). Jésus sait à qui il avait affaire: il sait que la foi de Pierre a besoin d’être soutenue. Il répond à son besoin et lui ordonne: « Viens ». Jésus s’était pourtant identifié en s’approchant du bateau: « Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur. » (Mt 14, 27). Mais cela n’a pas suffi: Simon Pierre doute, cette attitude ressemble à celle de Thomas (possiblement de base 6 également) qui cherche des garanties au soir de Pâques.

Mais Simon Pierre est aussi capable de confiance: il dit avant la pêche miraculeuse: « Sur ton ordre, je jetterai les filets. » (Luc 5, 5)… et un peu plus tard, il va dire: « A qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6, 68) Tout au long de sa formation de disciple, Simon va osciller entre le doute et la confiance: elle va lui permettre de passer de la peur au courage. C’est le courage de celui qui aime, qui accepte de faire face aux difficultés, aux risques, à cause de l’amour car en effet, « l’amour parfait bannit la crainte ».1 Jn 4, 18

Dans la découverte de sa nouvelle identité (l’évangile de Jean aime l’appeler Simon Pierre) et tout au long de son cheminement avec Jésus, Pierre exprimera beaucoup de questions. Ne s’agit-il pas ici de la manifestation d’une aile 5? En tous cas d’un centre mental privilégié: vouloir savoir, connaître, avoir des informations, être curieux: « Eh bien nous avons tout laissé et nous t’avons suivi: qu’en sera-t-il de nous? » (Mt 19, 27). Nous pouvons comprendre ces questions comme celles de quelqu’un qui veut récolter des informations pour diminuer ses peurs, son inquiétude face à un avenir qui lui semble imprévisible et périlleux. Par ces questions, finalement, Simon Pierre cherche à découvrir si celui qu’il suit est digne de confiance, si son projet tient la route, si cela c’est du solide.

Le récit de la didrachme, de l’impôt à payer au temple (Mt 17, 24 à 27) révèle deux aspects intéressants de la personnalité de Pierre: la projection et le respect de la loi. Au début du texte, Simon Pierre répond à une question qui ne le concerne pas, elle concerne son maître. En répondant à la place de Jésus, Simon Pierre est victime d’un automatisme typique de la base 6: la projection. Pour Pierre, Jésus doit payer l’impôt du temple, c’est quelque chose d’évident, c’est la meilleure façon d’éviter les problèmes, d’être un bon citoyen. Plus tard, à Gethsémané, au moment de l’arrestation de Jésus, Pierre est à nouveau confronté à ses vieux démons de la peur. Il réagit de deux façons: en quête d’approbation, il risque de faire et dire tout ce qui pourrait lui permettre de nouer une amitié ou de la sympathie: le meilleur moyen de déminer d’éventuelles hostilités. D’abord, il veut exorciser sa peur par la violence (Jn 18, 11). De fait, il la nie dans un premier temps en frappant l’agresseur de Jésus par l’épée (Malchus). Mais au moment où ce moyen lui est interdit par Jésus, la peur se révèle et Simon Pierre s’enfuit avec tous les disciples. Dès l’instant où le premier moyen pour dominer sa peur n’est plus possible, il ne lui reste plus que la seconde, la fuite. Ces deux attitudes sont connues en base 6 comme les versants contrephobique et phobique d’un même moteur intérieur: la peur.

Néanmoins, nous voyons Pierre suivre Jésus au prétoire: il est profondément humain, tiraillé entre sa loyauté envers Jésus et la peur d’être aussi arrêté. Pierre n’a-t-il pas fait preuve de fanfaronnade, de vantardise (flèche 3?) en affirmant qu’il ne trahirait jamais Jésus: pourtant il le renia trois fois avant que coq ne chanta deux fois. Pierre pleure amèrement et disparaît. On peut imaginer la douleur d’une personne de base 6 dont la loyauté est prise à défaut et qui aime profondément son Seigneur. D’ailleurs, après sa résurrection, Jésus va réhabiliter Pierre au bord du lac de Tibériade (Jn 21,15 à 19). Avant ce dialogue, nous savons que Pierre est parti pêcher avec d’autres disciples (flèche 9 ?): il est dans son élément, la mer, la pêche, la réunion entre amis: un environnement sécurisé. Quand le disciple que Jésus aimait a reconnu Jésus au bord de l’eau, Simon Pierre s’est jeté à l’eau depuis la barque: sa loyauté, radicale et entière, est retrouvée.

Jésus connaît la peur et l’anxiété de la personne de base 6, il retrouve Pierre dans ses angoisses et le tire doucement vers un affermissement de sa foi et de son courage. Ce dialogue inaugure un nouveau commencement dans la vie de Pierre, grâce aux trois questions que Jésus lui pose, le centre émotionnel, longtemps délaissé s’exprime enfin positivement, ses doutes, ses craintes, ses peurs sont vaincues. A la suite de l’exhortation du Maître de paître ses brebis, Pierre va grandir dans le rôle d’un guide fort et courageux; sa foi est renouvelée. C’est un vrai berger, probablement en social: un homme de devoir, qui devient avec Paul un des chefs de l’Eglise naissante. Pierre n’est plus un lâche: lorsque le Sanhédrin lui interdit de continuer à enseigner au nom de Jésus, il dit : « Jugez plutôt vous même s’il est juste de vous obéir plutôt qu’à Dieu. » (Actes 4, 12).

Lors de son martyre sous Néron en 64, Pierre fait preuve d’un grand courage en demandant, selon la tradition, à être crucifié la tête en bas. Pierre se souvient alors de la parole de Jésus: « J’ai prié pour toi pour que ta foi ne défaille pas. » (Luc 23, 32); celui qui veut me suivre, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive. » Selon le mot du père Fabre, Pierre, au soir de sa vie a fait l’expérience qu’être disciple de Jésus c’est avoir fait l’expérience irrévocable de son incapacité à l’être, en lâchant le contrôle: « Amen, amen, je te le dis: quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » Jn, 21, 18

* L’archétype est un représentant connu et supposé d’un type de l’ennéagramme, l’hypothèse reposant sur des éléments caractéristiques de sa vie ou de son oeuvre. 

 

Jeanne d’Arc et la base 6

Joan of Arc, Albert Lynch, 1903

SAINTE JEANNE D’ARC
un archétype de base 6 en tête-à-tête*

S’il est un personnage historique sur lequel la documentation est fiable, c’est paradoxalement Jeanne d’Arc. Car si beaucoup ont glosé sur les voix qu’elle avait entendues ou même sur des troubles psychiques impossibles à documenter, nous possédons une source très fiable avec ses propres paroles, à savoir les minutes de son procès. Ses réparties, qui viennent éclairer toute son existence, sont précieuses pour dessiner l’hypothèse du profil de Jeanne.

Jeanne a une mission et elle ira jusqu’au bout. Sa mission est de faire couronner le gentil dauphin Charles VII à Reims afin qu’il retrouve son royaume confisqué par l’envahisseur. Et pour cela, il faut « bouter les Anglais hors de France ». Une mission donc qu’elle va poursuivre avec une loyauté absolue. Un premier indice de la base 6…

Et voilà donc cette jeune fille sans expérience qui s’habille en homme, prend la tête d’une armée de soldats, les précède étendard au vent, ne craint pas d’être blessée. Cette facette de la base 6 est bien connue sous le nom de contrephobique. Face à la peur la personne de base 6 a deux stratégies entre lesquelles elle oscille en fonction des circonstances. La fuite (réaction phobique) ou l’attaque (réaction contrephobique). Jeanne est très largement dans le second registre: à la guerre, mais aussi face à ses juges. Seule contre les clercs et docteurs de l’Université, elle fait face et ne se laisse pas démonter. C’est qu’elle a le sens du Verbe la Jeannette, qui fera l’admiration de Péguy, Bernanos ou aujourd’hui François Cheng, pour son sens de la répartie et la beauté de sa langue.

Le centre d’intelligence préféré des personnes de base 6 est le centre mental, il en est même virtuose. Dans le procès à charge, chaque question est un piège. « Savez-vous si vous êtes en la grâce de Dieu? » lui demande-t-on. Si Jeanne répond oui, elle est coupable de présomption, voire d’orgueil. Si elle dit non, elle avoue son crime. La réponse de Jeanne fuse, déjouant magistralement le piège, une réponse qui fait penser à celles de Jésus face aux pharisiens: « Si je n’y suis, Dieu m’y mette; et, si j’y suis, Dieu m’y garde! ».

Et pourtant, Jeanne a peur. Sous la pression de ses juges, elle doute et finit par abjurer. La peur a pris le dessus et l’excès de passion de lâcheté l’a saisie. Deux jours après, elle se ressaisit. Elle reprend ses vêtements d’homme, sans doute aussi pour se protéger, déclare que sa mission n’est pas terminée car Paris n’est pas délivré et revient sur son abjuration, la considérant comme une trahison de Dieu. La trahison, le cœur de l’évitement de la base 6, nous y sommes: au même endroit se trouve le talent (ici la loyauté) et la tentation. A vrai dire cette volte-face n’est pas raisonnable. Son centre mental préféré, sous le coup de la panique, est réprimé. Son attitude manque de logique, mais son âme demeure droite comme une épée.

Cette radicalité de Jeanne, ce côté flamboyant, pourrait émaner d’un sous-type tête-à-tête, conjonction appelée « force et beauté » dans le monde de l’ennéagramme. Qui d’autre qu’elle porte mieux ces mots associés à cet archétype de 6 en tête-à-tête? Jeanne entretient un dialogue privilégié avec ses voix. Devant le dauphin, alors qu’il a volontairement laissé les insignes royaux à un de ses compagnons, elle ne se trompe pas. Elle sait que c’est lui, et va le voir directement. L’intuition mentale fulgurante des personnes de base 6… Ce qu’elle lui dira demeure mystérieux, mais en quelques minutes elle l’a convaincu seule-à-seul de reconquérir son royaume. De même face à ses juges, elle est dans un combat en tête-à- tête avec le tribunal.

S’il est un mot qui caractérise Jeanne c’est le courage, qu’elle manifestera au terme de son procès, sur le bûcher. Le courage qui est la vertu de traverser la passion de la peur sans excès (lâcheté) ni défaut (témérité): la vertu de la base 6. Où l’on voit que la grâce passe par l’incarnation des saints.

* L’archétype est un représentant connu et supposé d’un type de l’ennéagramme, l’hypothèse reposant sur des éléments caractéristiques de sa vie ou de son oeuvre. 

Le cactus : métaphore de la base 6

LE CACTUS EPIPHYLLUM
par Matthieu
de base 6

Dans le grand jardin du monde aux beautés si variées,
A côté des fleurs, arbres fruitiers et paysages en majesté ;
Me voici, toute petite plante qui semble sans intérêt,
Du moins c’est l’aspect que je me donne pour rester en paix !

Mes sœurs attirent en déployant leur radieux attirail,
Moi, on me réduit à n’être guère qu’un épouvantail.
Habillée de haillons et sous mes airs à en croire patibulaires,
Je garde toujours la distance et fuis les situations précaires.

J’impressionne, fais peur et pourtant je n’ai pas d’épines,
Mon apparence, certes rugueuse, est tout sauf anodine ;
C’est la vérité : je ne veux pas effrayer,
Mais je cherche avant tout la sécurité.

 

Sous mon vêtement rassurant et protecteur,
J’observe et scrute la végétation extérieure ;
Je relève tous les indices dans la nature environnante,
Qui me permettraient de ne plus me méfier et de faire confiance.

 

Par mon aspect je semble être repoussante,
Mais c’est bien involontaire car au fond je ne suis pas méchante.
Je suis juste extrêmement prudente et souvent inquiétée,
Car une fois dévoilé mon Cœur peut être volé.

Ne me livrant jamais à une personne inconnue,
Je préfère la nuit, le silence venu ;
L’obscurité cachant alors tous les dangers,
Je baisse le voile et me révèle aux privilégiés.

Je suis un petit cactus d’une espèce bien mystérieuse,
Je parais fort et courageux et pourtant je suis une plante un tantinet peureuse.
Si je suis peu reluisant c’est avant tout un faux-semblant,
Qui m’évite bien des désagréments …

Pour ceux qui m’approchent et en qui je vois des amis,
Je change d’ornements et les voilà surpris ;
Car ils ne voyaient que le déguisement,
Et à présent ils découvrent le diamant !

 

On me surnomme la belle de nuit ou encore fleur de lune,
Ma faiblesse étant toute ma fortune ;
Une fleur apparaît qu’empêchait la menace,
De s’ouvrir et de laisser échapper un parfum tenace.

 

Une fois tout analysé et le danger écarté,
Je laisse apercevoir pour mes nouveaux protégés,
Un spectacle rare d’une somptuosité insoupçonnée,
Illuminant la voûte céleste d’une immense clarté.

Mais la lumière revenant c’est la fin de l’enchantement,
Je disparais aussitôt que le risque se fait plus grand.
Une simple alerte et je referme le coffret,
Et ne peux m’empêcher à nouveau d’être aux aguets.

Je garde précieusement mon trésor attendant le jour où,
Sous la nuit étoilée une nouvelle créature brisera le verrou,
Et saura trouver la clé de cette tour bien gardée … mais qui n’attendait que ce moment,
Pour se livrer tout simplement !

Daphné : métaphore de la base 6

DAPHNE
par Quitterie
de base 6

Le danger rôde autour de moi… La peur, comme une flamme, consume mon âme. Telle Daphné, dotée du don de viser juste, je t’observe avec prudence, je tente de comprendre ton cœur. Je vais alors te tester. Te tester jusqu’à ce que je sois sûre de me sentir bien avec toi.

La plupart du temps, je serais tentée de venir te titiller. Et oui, je vais donc inconsciemment provoquer ce qui me fait mal… Si tu réagis bien, tant mieux, c’est bon signe, je vais continuer pour toujours me rassurer. Car malheureusement j’ai toujours besoin de me sentir en sécurité, j’ai toujours peur que tout s’écroule, toujours peur de perdre les rares personnes avec qui je me sens bien.

Si, par malheur, tu m’apparais telle une personne nocive je vais alors chercher à me protéger à tout prix. Si tu ne réussis pas le test, je vais me sentir soit humiliée soit agressée et là: ciao! Ce sont deux choses qui me font peur et qui me blessent profondément: être humiliée et la colère des autres.

La violence est ma pire ennemie. Elle atteint ma sensibilité à un tel degré que mon cœur ne s’y habitue jamais et la peur du mal que projettent certaines personnes me tiraille les entrailles. Par conséquent tout ce qui relève du faux m’effraie et me dégoûte. Le mensonge, les faux-semblants, la manipulation… Je suis en constante recherche de vérité. Si tu n’es pas vrai avec moi tu n’auras aucune chance de découvrir la jeune Daphné qui se cache en moi.

Si tu t’attaques à moi, tu vas te prendre un mur! Je ferai tout pour te déstabiliser ou te dissuader de m’approcher. Telle Daphné, je me métamorphose et je m’adapte pour qu’aucun mal ne puisse m’atteindre. Daphné s’est transformée en laurier pour échapper à Apollon, elle préféra perdre sa beauté de nymphe pour se protéger.

De même, je crée un rempart autour de moi, toute trace de souffrance et de douleur disparaît et ne paraît qu’un visage serein et souriant, il n’en n’est pas moins sincère mais la Daphné en moi, lorsqu’elle se sent en danger, ne peut s’empêcher de se protéger.

Je voudrais bien être transparente, que chacun puisse voir le fond de mon âme mais c’est trop dur, trop dangereux. Rares sont ceux à qui j’ai permis de dépasser les frontières de mes protections. Pour que je les laisse atteindre les profondeurs de mon âme je dois avoir une véritable et parfaite confiance en eux et cette confiance doit être réciproque et sans faille.

Si je ne me sens pas en sécurité, je vais tout de suite me renfermer et ce sera fini, la nymphe se sera transformée en arbre et tu devras déployer tout un brillant attirail pour me faire changer de position. Mais si tu fais partie de ces rares personnes avec qui je me sens en sécurité, je n’aurais plus aucun secret pour toi et tu pourras alors entrer dans les méandres de mon âme.

Je serai, pour toi, capable de tout! Lorsque je t’ai choisi, c’est pour moi à la vie-à la mort. Il s’établit entre nous une douce tendresse qui me permettra de m’épanouir, comme une fleur, entre tes mains. Ton bien-être, ton bonheur sera pour moi essentiel. Même si je suis toujours prudente, lorsqu’il s’agit de ton intérêt, je suis prête à m’oublier moi-même… Par conséquent, si tu es en danger, je deviendrai comme une louve envers ses petits. Quiconque ose s’approcher de ceux que j’aime verra ma colère à l’œuvre. Je te défendrai coûte que coûte!

Tu l’auras compris, ma peur est l’essence de mes actions. Ma détermination est devenue, au fil du temps, de plus en plus forte. Ma peur, à un moment critique de ma vie, le moment peut-être le plus douloureux et le plus beau de ma vie, m’a permis d’affronter les événements avec courage!

Le couple comme forêt vivante

L’ARBRE ET LE ROCHER
Métaphore d’un couple
par Florence de base 6 et Benoît de base 3

La forêt de Fontainebleau respire la nature et la vie! Merveille des merveilles… On s’y ressource, on s’y promène, on y discute, on y court, on y aime. Déjà vingt ans qu’ils se sont installés à sa lisière…

Elle, de son côté, doit être un de ces rochers de grès qui surplombent la forêt. Quel point d’observation formidable, offrant une vue inégalée sur tout type d’obstacle qui pourrait survenir… On n’est jamais trop prudent. Allons en haut du rocher pour voir au loin; et si un cerf bramant surgissait? Et si une biche nous offrait ses bonds les plus splendides? Surplomber et voir au loin: voilà la mission du rocher vigie, qui a besoin de se rassurer pour ne pas risquer d’être trahi par son environnement. A travers ses formes tout autant surprenantes qu’impressionnantes, le rocher s’émerveille chaque jour de son ancrage improbable dans le sable blanc, illustration de sa force apparente. Solide et fidèle, ils’intègre harmonieusement à la forêt qui l’entoure.

Et lui est cet arbre, vivant et robuste au milieu des rochers. Il se bat au cœur de la vie. Il veut être fort, il veut être remarqué parmi tous ses congénères! C’est le genre de défi qu’il affectionne particulièrement: s’adapter à son environnement pour réussir, et quoi de plus difficile que de s’épanouir au milieu des rochers, planté dans du sable… Cette énergie lui donne du courage, pour persévérer dans sa recherche de soleil et de ciel bleu, et grandir, ainsi, encore et toujours. Son objectif: pouvoir parler à ses voisins et leur dire j’y étais, et je l’ai fait ! Il fera face à la tempête et ploiera tant et plus, au risque de se mentir à lui-même sur sa force de résistance. Sa quête de la vérité est intacte; rompre lui est interdit !

C’est là, au sommet de cette belle forêt, que l’arbre et le rocher se sont rejoints, unis par le même désir, celui de partager une même aventure ensemble.