Archives pour la catégorie Métaphores

La cloche : métaphore de la base 5

unnamedLA CLOCHE
par Sophie
de base 5

Du haut de sa tour, paisible et solitaire,
Guettant, au loin, les premiers rayons du soleil,
Saluant, gaiement, le monde qui se réveille,
Une cloche, émerveillée, observe la terre.

Sa voix joyeuse et claire rythme les journées,
Avertit du danger, se fait alors puissante.
Et son carillon chante la vie naissante.
Quant aux mariages, sonne à toute volée.

Aux enterrements, son timbre grave et profond
Invite au recueillement, rappelle, plein d’espérance,
En s’éteignant dans le ciel avec confiance,
Que le Père attend, là, au seuil de Sa Maison.

Témoin des heures heureuses, amie fidèle,
Un matin, cependant, son ton se fit plus triste
De constater, qu’au fil du temps, point de visite,
Isolée dans son clocher, vraie citadelle.

Un homme, pourtant, surpris par cet air chagrin,F53
Entreprit l’ascension, découvrit la cachette
Servant d’abri à la gentille clochette
Qu’il saisit délicatement entre ses mains.

Devant tant de soin, elle lui dévoila son cœur
Charmant travail d’orfèvre, richesse insoupçonnée,
Qu’elle dissimulait de peur d’être abîmé,
Blessé ou brisé car empoigné sans douceur.

A l’intérieur d’elle-même se joue un drame :
Car un trésor enfoui ne profite jamais,
Son éclat ardent la consume vivement. Mais…
Osera-t-elle encore révéler son âme ?

La chenille et le papillon

unnamedLA CHENILLE ET LE PAPILLON
par Dorothée
de base 3 en social

Avez-vous déjà vu le dessin-animé 1001 pattes ?

Un des personnages principaux est une énorme chenille qui tout au long de l’histoire se lamente de ne pas encore être un papillon.

Finalement, le temps (ou la volonté !) fait son œuvre et elle peut enfin s’exclamer : « Je suis devenue un magnifique papillon ! ». Sauf que son corps n’a vécu aucune transformation et seulement deux ailes minuscules, incapables de soulever ce poids, sont apparues.

Quel lien avec l’ennéagramme ?

J’y viens. Mais parce que c’est un outil de connaissance de soi, il faut bien que je vous parle de moi… parce que cette chenille, c’est moi !

14344321_1506706142688178_2284939190376479121_nOui, je sens en moi cette âme qui désire si fort s’envoler, qui se sent appelée à goûter aux joies du ciel et à n’aimer que Dieu…

Sauf que je veux le faire sans voir ou accepter mes limites, sans l’humilité de la transformation lente et qui dépend de la grâce.

Quelle étrange situation que de désirer être maintenant ce que l’on sera un jour…

Je veux, je peux ! J’ai le désir d’être, alors il faut que je le fasse…

Vous commencez à voir la base 3 ?

Ouais, la volonté c’est bien, mais il manque l’abandon, l’humilité et le lâcher-prise ou plutôt le laisser-faire !

Et le sous-type social alors ?

C’est la partie la plus délicate à vous livrer de moi…

Ce sont les 3 modules suivis de manière rapprochée qui ont permis l’affleurement de cette découverte et c’est au cours de la messe du lendemain du dernier stage que j’ai fini par comprendre…

Difficile de vous en faire part car j’en éprouve une grande honte, mais je pense que cela peut m’aider à avancer, à évoluer…

Au cours des deux jours du module 3, le mot prestige de la base 3 sous-type social ne me parlait évidemment pas !

Être reconnue dans les multiples groupes auxquels j’appartiens, oui ! J’aime pouvoir rendre ce que je reçois en étant utile à ceux qui me donnent là où je suis compétente, logique ! :) Mais pas besoin de paillettes, de titres et de médailles…

Mais finalement, et c’est là où c’est dérisoire, c’est bien au sein de la communauté qui me paraît la plus essentielle que je cherche ce prestige.

Allez, je prends ma respiration : Je-désire-être-sainte-mais-pas-n’importe-laquelle:une-grande-sainte-qui-puisse-rayonner-de-l’amour-de-Dieu-pour-le-monde-entier!

Voilà c’est dit ! Ah ! elle est belle cette chenille, n’est-ce pas ?

Je préfère en rire qu’en pleurer parce que je connais votre bienveillance et la miséricorde de Dieu, mais bon, le Seigneur a du boulot !

Et puis, au fond, je l’aime cette chenille qui un jour deviendra papillon.

 

Brutus ennéattoz

downloadBRUTUS ENNEATOZ
par Sébastien
de base 8
Sébastien nous parle de lui, de son expérience du Vittoz à travers le cycle FOVEA, puis d’un stage de connaissance de soi via l’Ennéagramme.
Portrait de choc et de charme où l’articulation du Vittoz, de l’Ennéagramme et de la vie spirituelle prend corps.

Je suis un lion, j’ai la force physique, le mental d’un gagnant. Je sais ce qu’ils sont, je les méprise ou je les comprends, quand je suis bien, je suis facile à vivre. Rien ne m’arrête, rien ne m’est impossible.

J’aime le soleil et la pluie, le froid et le chaud, je suis gentil mais je peux être méchant, je rugis souvent, j’aime les miens, rien n’est trop beau pour eux, et pourtant je ne leur suis pas très agréable à vivre tout le temps… Le farniente et l’observation sont aussi miens, mieux voir pour mieux dominer, comprendre pour maîtriser, savoir pour expliquer : je suis.

Je suis sociable, le monde me plait mais je choisis mes amitiés. Faut-il encore que dans ce monde les enjeux soient ceux qui me motivent. La maigre pitance, la carcasse sèche, le blabla ne m’intéressent pas. J’aime la vie, dans ses extravagances et ses excès, la course dans la savane sèche, le corps à corps sanglant et sans merci… L’acier froid et le rugueux du béton, la veine du bois, l’ombre et la lumière sont de mon monde…. Rien, rien ne m’arrêtera. Pour eux, ou pour moi. Ou pour Toi qui Es, aussi.

Janvier 2017, démarrage d’un groupe Vittoz : 8 séances de deux heures en petit groupe, pour réapprendre à vivre pleinement l’instant.

Un soir d’hiver, humide et froid, une baie coulissante, un feu crépite, je suis seul, je suis le premier : « que fais-je ici ? » Les autres arrivent, étonnants, étrangers, presque hostiles. « Calme, Brutus, ils sont là, comme toi ». Retour sur les sensations, écoute ton corps, le croquant du biscuit, le doux et le rugueux, ta respiration calme et puissante, fin des tensions, une vieille douleur au dos, des parfums, l’eau qui coule, l’armoire sombre et mystérieuse, un escalier sans issue… « Reviendras-tu ce soir, le veux-tu, le veux-tu vraiment ? » Se sentir vivant, des parfums, une joue douce, un regard  profond,  la futilité d’une sensation, des souvenirs qui reviennent : la honte d’un échec ou la jouissance d’un moment. « Oui, je reviens ». La mécanique de la tête, la posture du corps, une gymnastique intégrale, se sentir bien dans des moments ridicules, un théâtre de gestes pour un retour aux sensations, je suis là, et que là.

Mai 2017, session d’initiation à l’Ennéagramme : deux jours au Centre spirituel des Carmes d’Avon pour mieux se connaitre et mieux comprendre les autres.

Salle lumineuse, François et Valérie : ceux-là, c’est simple : ils sont un peu moi, je suis un peu eux. Puis les autres : une dominante incomprise, une pipelette futile, une calme en colère, un réfléchi plein de questions, une douce pleine de vie, des yeux bleus, des yeux verts, des parfums, des corps tièdes, de l’amour et de la tristesse, des questions et des affirmations… deux jours à perdre, et il fait beau dehors.

Je suis moi, ils sont eux, on se parle on s’explique, c’est beau comme une rivière qui coule, l’eau n’est jamais la même mais on a les même rives, les mêmes paysages. De lion, je me sens renard, le vaniteux et l’aiguilleur sont là, j’apprends de l’aviateur et du serpent, le roi et le marchand se parlent, l’astronome Turc et le buveur m’expliquent ce que je suis sans me le dire…

Je suis un lion, j’ai la force d’un gagnant et le mental d’un physique. Je sais presque ce que je suis, ils sont ceux qu’ils sont. Je les aime, je ne les comprends pas toujours, quand je suis bien, je suis facile à vivre.

Toi, tu m’as arrêté, rien ne T’es impossible.

Brutus Ennéattoz, roi des bêtes, ami des hommes et de l’Homme

31 05 2017

Métaphore de la base 4

LA BREBIS ÉGARÉEFullSizeRender
Par Marie-Astrid

de base 4 en social

Je suis la brebis égarée… La plus petite, la toute dernière. Je suis du troupeau mais je n’en suis pas. Unique parmi mes semblables, mes sœurs sont mon miroir. Mouton noir, perle rare, je me dois d’être à leurs yeux, trouver ma place pour prendre vie. Je suis au milieu d’elles à jamais chez moi et pour toujours étrangère.

Marcher, avancer, traverser les forêts sombres et les verts pâturages, voir le printemps surtout, j’ai soif de toute beauté. Je chéris cette création que je contemple, constante splendeur, vie et mort et vie de nouveau. Je suis ancrée dans le temps, le rythme envoûtant des nuits et des jours qui se succèdent. Chacun de mes pas me rappelle le précédent et m’entraîne vers le suivant. Moi qui la vois, qui la perçois si fort et qui en vis, je dois au troupeau de lui donner la beauté. Voilà, peut-être, ma place, ma légitimité et mon seul recours: révéler cette réalité qui m’enchante, laisser passer la lumière à peine teintée des couleurs de mon vitrail.

Je ressens pourtant un tel ennui! Elles ne me comprennent pas, ces autres brebis, elles ne saisissent ni la violence des contraires ni la profondeur du puits. Toutes dramatiquement semblables, mornes et uniformes. À la superficie d’elles-mêmes, elles me forcent à survivre; et je m’épuise à puiser ailleurs ce qui peut masquer, meubler, m’illusionner… La tristesse m’envahit, le désespoir me gagne car il est ce manque que rien ne comble, cette quête qu’aucune ne comprend. Atteindrais-je ma terre promise, mon éternel printemps? Où se trouve la beauté qui ne fane pas et pourtant sans cesse se renouvelle? Qui entendra mon cri…

La monotonie me recouvre, ce gris troupeau, la médiocrité du pareil. Le vide m’oppresse. Je pourrais tout, mais pas rien! Les ténèbres d’une infinie tristesse m’enivrent, et j’oublie d’avancer, je m’arrête; le troupeau s’éloigne et je sais le danger, car ma solitude est ma
plus grande douleur. Je répands mon sang dans mes larmes. Je le contemple un peu, de plus loin, suis tentée et je m’abandonne moi-même… quel qu’en soit le prix, me sentir vivre…

CRD5lltWoAAMuHkC’est alors que je l’aperçois! J’en doute, je rêve? Sa haute silhouette se dessine et s’approche doucement, vient de la lumière, Il est la lumière. Vient-il pour moi? Mon cœur bondit, mes pattes faiblissent. Il s’approche, Son visage sublime rayonne d’un amour infini… Il irradie, me sourit. Je suis agonie, je voudrais m’avancer mais je me découvre si noire et sale, soudain si laide! Je crois mourir d’indignité. Il ne peut m’aimer. Je m’effondre… et au fond de ma faiblesse il se penche et me caresse et me prend sur son cœur ; enfin je vis! Je n’étais pas et je deviens aujourd’hui. Les battements de mon cœur, cris dans le vide, sordide mécanique, soudain trouvent leur sens… simple écho de la source, si faible réponse à l’infini.

Il me ramène, portée sur son cœur. Je comprends que les quatre-vingt-dix-neuf autres sont restées seules car il m’a préférée,  infiniment, moi la perdue, la toute faible, plus précieuse à ses yeux qu’elles toutes rassemblées. Moins aimable et plus indigne, je suis désormais et pour toujours la blanche, l’éclatante, la toute belle; celle qu’il a lui même daigné laver, purifier d’un simple regard, brasier d’amour.

Métaphore de l’émotion

Created with Nokia Smart Cam

Created with Nokia Smart Cam

QUAND L’ÉMOTION FRAPPE A TA PORTE
Métaphore de l’émotion
par France
au retour du Module 4 de l’Ennéagramme sur les émotions

L’as-tu déjà vraiment rencontrée l’étrange dame qui vit à la porte de chez toi ? Et qui entre quelquefois ? Tu sais bien celle dont je veux parler, celle dont tu as tendance à te protéger, celle que peu finalement, accueillent en pure simplicité. Il est vrai qu’elle est déconcertante, inconvenante, sous ses multiples visages, ses mille et une manières et ses plus surprenantes apparences.

Tu le sais déjà, mais je te le redis une fois. Elle n’a pas d’heure. Elle se présente chez toi à l’improviste, de jour, de nuit, matin ou soir, par tous les temps et en tout lieu. Habillée de tendresse ou trempée de larmes, revêtue de beauté ou froquée d’habits sales, fulminante ou caressante, paisible ou tonitruante, elle est feu, elle est flamme, elle est vague, elle est vent, étincelle ou bien volcan. Elle est source ou océan, jaillissante ou déferlante, elle est lac, elle est pluie, elle est vigueur pour bâtir ou force pour anéantir. Elle est taureau vigoureux ou fine gazelle, lionne rugissante ou coquine sauterelle, rhinocéros enragé ou léger papillon, truie qui se vautre ou tendre marmotte. Elle frappe à ta porte….

Ouvriras-tu ? La laisseras-tu longtemps seule sur le palier dehors, au risque de la voir frapper plus fort ?… Tu hésites ?… Tu n’as pas le temps ? … Tu prétextes quelques autres affaires, plus sérieuses, plus sûres, moins aléatoires… Tu cherches un exutoire…

Elle frappe encore, doucement… fortement, énergiquement ! Par la fenêtre, tu risques un regard, tu tends une oreille. Elle crie, elle supplie, elle pleure, elle enrage, elle chante, elle rit, elle vomit, elle hurle, elle frappe, tambourine… Vue d’ici, de la terrasse de ta chambre haute, tu la crois tout simplement folle.

Mais voilà-t-il pas qu’elle entre ! Non mais quel culot, sans permission, sans autorisation, elle prend toute la place, dévaste, inonde, brûle, détruit, attendrit, envahit, adoucit, étreint, réjouit… Tu ne sais pas, tu ne sais plus ! Elle a gagné, tu es submergé…

Alors la prochaine fois, quitte ta tour de contrôle, descends à sa rencontre, ouvre-lui ta porte, avant qu’elle ne s’emporte, accueille là, telle qu’elle se présente à toi. Ne cherche pas à l’embobiner ou à lui imposer ta façon de voir, ta façon de faire. Toi, laisse-toi faire! Consens à sa surprise, au rayonnement de son être. Regarde-la, écoute-la, sens-la, touche-la, goûte-la. Laisse-toi surprendre, conduire par ses chemins. Fais connaissance, apprivoise ton amie. Car en réalité, oui cette étrange dame est bel et bien ton amie, une amie fidèle, franche, lucide… Cette apparente folle étrangère n’est pour toi qu’une humble messagère.

Elle vient te révéler ce pour quoi tu es fait, ce pour quoi tu es. Quel que soit son visage du moment et ses bizarres accoutrements, ses intrusions passagères, elle te livrera toujours, à condition que tu l’écoutes, un message pour la route. De mille manières, elle te fera comprendre ce qui te dérange, te bouscule, t’agace, t’égare, te dégoûte ou t’attire, te réjouis ou t’attriste, te donne envie de fuir ou d’approcher… et ainsi tu sauras… Tu sauras enfin… Tu sauras qu’il est vrai ton rêve le plus fou, celui qui de tout temps est inscrit au plus profond de toi. Tu es créé pour être, pour vivre et demeurer, dans la joie, dans la paix, dans l’amour, et ce, pour l’éternité. Laisse-toi faire, consens à sa venue, accueille cette souveraine inconnue et alors, comme le sel se dissout et donne saveur aux aliments, elle se fondra dans ta vie tout simplement et manifestera ta splendeur inlassablement.

Métaphore de la base 2

7477-0w600h600_canne_sucre_orge_uniteLA FEMME SUCRE D’ORGE
Métaphore de la base 2
Par Elvire Debord
alarecherchedutempspresent.fr

La femme sucre d’orge est absolument étonnante à mes yeux car elle a un centre émotionnel à fleur de peau et, avant d’apprendre à la comprendre, elle était de nature à profondément me déstabiliser, comme si vous rentriez dans un magasin de porcelaine avec un bouledogue.

La femme sucre d’orge a en effet un système lacrymal très développé et peut dans le même instant de raison, comme nous disions sur les bancs de la fac de droit, se mettre à pleurer et rire. Au début, vous cherchez l’horreur que vous avez pu sortir pour provoquer une telle réaction, vous cherchez un trou de souris où vous cacher, vous farfouillez fébrilement dans votre sac à main à la recherche d’un kleenex, mais pas du tout, elle est juste émue par une parole, un moment partagé, un gâteau sec, une bougie qui flambe, un témoignage d’affection.

La femme sucre d’orge est dotée d’une émotion à manifestation immédiate, sans voile ni pudeur, capable de vous parler les larmes aux yeux d’un événement qui vous a semblé totalement insignifiant sur l’instant mais qui semble à ses yeux absolument extraordinaire. Ses enthousiasmes débridés n’ont d’égal que son besoin addictif de se sentir aimée et valorisée dans le regard des tiers.

Redoutant la solitude, même entourée d’une ribambelle de gamins, la femme sucre d’orge est une personne infiniment généreuse de son temps et de ses sentiments.

Vous avez à peine franchi le pas de sa porte, qu’elle vous dit déjà que vous lui manquez, au point de se dire dans votre for intérieur est-ce moi qui manque de cœur ou elle qui en a trop : le nougat face à la pomme d’amour.

Quand vous dites à la femme sucre d’orge  que vous avez besoin de temps pour vous et que vous aimez la solitude, elle vous appelle quinze fois en pensant que vous êtes dépressive. Débordant d’affection à déverser, elle anticipe vos désirs même ceux qui n’existent pas, aime qu’on vienne la voir à l’improviste, vous saute au cou à vous en étouffer, ne se lasse pas de vous dire que vous comptez pour elle, et s’angoisse de ne pas vous voir réagir de la même manière.

Un « je t’aime » non fébrile et exalté résonne à ses oreilles comme un « je te le dis parce que tu l’attends », il n’est pas crédible.

La femme sucre d’orge n’est jamais aussi heureuse que lorsqu’elle est entourée, que ça s’agite, qu’on soit quinze à table et n’est pas rebutée pour parler de choses profondes même entourée d’enfants qui se disputent.

Elle est capable de vous appeler en se lavant les dents pour vous demander conseil tout en vous disant qu’elle vous aime avec des grelots dans la voix. Vous pouvez la voir débarquer chez vous pour vous déposer par surprise des lasagnes préparées la veille avec amour à 8h  du matin alors que vous êtes à peine réveillée.

Indispensable femme sucre d’orge qui oblige à faire bouger les lignes et à marier plus subtilement cerveau et cœur.

J’ai compris grâce à elle que les kleenex ne servaient à rien, qu’il ne fallait pas s’inquiéter plus que de raison de ses envolées enthousiastes ou mélancoliques, qu’une force tranquille et bienveillante suffisait à la remettre sur les lignes ou à canaliser les émotions trop fortes :  la femme sucre d’orge est juste toute émotion.

P.S : mon amie sucre d’orge que j’aime, j’adore tes lasagnes, elles sont fabuleuses, mais je profite de ce billet pour te dire : pitié pas à 8h du matin et oui oui oui je te confirme que quand j’aime être seule ce n’est pas parce que je suis au fond du gouffre…

Métaphore de la base 6

Islande-Vikings-LE VIKING

par Elisabeth
de base 6

Le Viking, tout comme les preux chevaliers, les spartiates, les fiers highlanders, les Spartacus et autres forces de la nature sont pour moi le symbole du courage.

Et le courage, c’est la vertu de la base 6.

Le Viking des temps modernes n’est pas nécessairement de base 6 mais le Viking de base 6 est un alliage indestructible de traits de caractère complexes, parfois opposés, parfois changeants, parfois lumineux, parfois ternes mais fondés sur un socle solide.

ElisabethLe Viking de base 6 a besoin de réfléchir, de comprendre et d’analyser avant de se lancer dans l’action mais quand il y va, il est d’une force et d’une endurance à toute épreuve. Si la cause lui paraît juste, il part au combat en première ligne et n’hésite pas à prendre des coups ou à donner sa vie.

Doté d’un grand sens de l’honneur, le Viking est loyal et fidèle à la parole donnée.

Rapidement désarçonné face à un environnement hostile, il peut avoir la volonté de prendre la fuite ou de se cacher la réalité mais à force de volonté, il mettra cependant tout en oeuvre pour comprendre comment atteindre son but et par de petits coups de hache à droite et à gauche, arrivera à tracer son chemin.

Le Viking de base 6 est un bon vivant. En confiance, entourée d’amis bienveillants, de personnes chères à son cœur, il rit à gorge déployée, il sait faire fort honneur à la bonne ripaille et au bon vin, il aime les bons mots, il prend de la place et on le remarque. Pudique cependant sur tout ce qui a trait à ses émotions, il manie l’humour avec facilité pour ne pas avoir à se dévoiler impunément et peut sembler inaccessible.

Le Viking de base 6 est tiraillé par un esprit fantasque, complexe, qui le pousse dans toutes les directions, mais il est dans la vie concret, sincère, authentique, sans artifice et a le souci de plaire sauf à ceux qu’il admire.

Le Viking a besoin d’un idéal à suivre, il aime les belles missions et son âme aspire à vivre de grandes choses. Il n’hésitera pas à se mettre en danger mais il aura toujours le souci des siens, même à son propre détriment.

Le Viking de base 6 a le sens des responsabilités qui lui incombent et ne cherche pas à s’en dédouaner. Mais il ne se met pas spontanément en avant car il trouve souvent que les autres Vikings sont plus méritants.

Il aime être entouré de personnes dignes d’être admirées, dans lesquelles mettre ses pas, et s’il trouve un chef de confiance, il le suivra aveuglément. La trahison d’un être proche le détruit de l’intérieur mais si son cœur crie vengeance, son esprit analytique le gardera de grandes envolées qu’il regretterait.

Sa fiabilité en fait une personne sur qui compter, de confiance.

Le Viking des temps moderne a la trouille au ventre mais si sa peur est maîtrisée, si elle est identifiée et canalisée, c’est un être exceptionnel, doté de ce talent extraordinaire, le courage.

Viking de base 6, restez vigilants et tenez les rangs. Les autres bases comptent sur vous.

Métaphore de la base 7

unnamedLA LOI DE LA JUNGLE

par Eric
de base 7

J’étais qu’un gamin quand on m’avait donné le sac de graines. Sur l’étiquette, y’avait marqué que ça venait de l’Eden. Mais elle était toute jaunie, l’étiquette, et la date était effacée de toute façon.

On voyait juste un « 7 ».
Alors j’avais commencé à semer.

La terre était pas trop mauvaise et quelques fleurs avaient commencé à pousser un peu partout, de toutes les couleurs. Bon, c’était pas aligné, hein… Mais c’était joli quand même.

Puis dans le lot, une ronce et une ortie s’étaient invitées.

« V’là des mauvaises herbes ! », que j’m’étais dit.

Alors, avec une petite serpette, je m’étais appliqué à couper les malotrues. Tchac ! La ronce ! Tchac ! L’ortie… Ha ! Ha ! Elles faisaient moins les fières.

Mais c’était peine perdue : dans le secret de la terre, les racines se propageaient et perçaient la surface jusqu’à envahir le champ. Impossible de lutter contre ça.

Les pauvres fleurs multicolores, elles n’y voyaient presque plus rien, du coup.

Les passants se disaient : « Quel laisser-aller ! Quel fouillis ! Voilà un champ bien mal entretenu… »

Et moi, je rêvais de tout brûler.

14199498_10209332356121462_2139282636553404509_nEt puis une tige avait poussé plus haut que les autres, avec des feuilles toutes plates, puis des branches. Promis, que j’y étais pour rien ! Mais c’était bien joli quand même, quand ça bougeait comme des drapeaux.

Et puis c’était devenu un arbre. En dessous, les broussailles, elles avaient moins bonne mine. Même qu’elles séchaient et devenaient toutes blanches. Alors c’était plus facile de les casser. Cric ! Crac ! En levant bien haut les pieds, je marchais dessus pour les réduire en poussière.

Et quand d’autres arbres avaient poussé, ben, j’étais bien content, finalement. En moins de deux, je m’étais retrouvé dans une forêt !

Alors, forcément, ça ne ressemblait pas trop au champ du père Marcel — Le père Marcel, c’est celui qu’a un grand champ tout plat et tout jaune avec rien que du blé tout dur sous la dent.

Mais mine de rien, y’avait un équilibre, dans ma forêt. Y’en avait de toutes les tailles, de toutes les formes, et tout le monde s’y retrouvait. Pas besoin de tuteur : les arbres, y poussaient droit aussi haut qu’y pouvaient et ils laissaient un peu de lumière pour ceux du bas. Les ronces et les orties avaient même trouvé leur place.

Et tiens, il y avait des lianes où on pouvait se suspendre comme Tarzan.

Bref, on s’ennuyait pas.

Et les fruits ! Ah ça ! Il y avait de quoi faire. Et puis goûtus ceux-là — nan… parce que sans être méchant, le blé ça va cinq minutes…

Sans parler des animaux qui sont arrivés aussi : mulots, écureuils, lièvres, chouette, renard, martre, sanglier, cerf, ours… (j’y passerais des heures à tous les dire…) et des milliers d’oiseaux de toutes les couleurs.

Alors bon, finalement, j’suis peut-être pas bon pour les champs et les potagers, mais si vous voulez faire un tour dans ma jungle, cherchez pas le plan : prenez juste une boussole et laissez-vous étonner !

Métaphore de la base 9

9ACDF42E-C934-43F3-A118-30CC55043A67_cropLA VOIE DU SABRE

par Charlotte Jousseaume
de base 9

Charlotte Jousseaume est l’auteur de Le Silence est ma joie chez Albin Michel.

Je suis la samouraï assise sur une pierre au bord d’un chemin de montagne, goûtant à la chaleur du soleil et aux chants des oiseaux, son sabre bien rangé dans son fourreau et sa main sur le manche de son sabre.

Tout est dit, et tout est assemblé dans ce seul et unique instant. Arrêter mon chemin pour goûter dans mon corps à l’harmonie du silence, de la solitude, de la nature et du temps qui s’écoule. Me mettre en présence. Faire que la vie trouve son repos dans mon âme apaisée. Cultiver cette maîtrise de soi qu’offre la voie du sabre.

imagesArmée dans la vie, il faut l’être, surtout quand la vie m’envoie faire la paix sur toutes les zones de conflits. Mais il ne sert à rien de sortir mon sabre à tout bout de champ, car un sabre est toujours plus puissant quand il est à sa place, rangé dans son fourreau. C’est de là qu’il enseigne le mieux et fait œuvre de paix.

La voie du sabre, c’est la voie du silence. Le silence qui permet l’écoute et la vigilance, la meilleure des armes. Le silence que la vraie parole, celle qui vibre d’amour, ne rompt pas mais habite.

La voie du sabre, c’est la voie de la solitude. La solitude qui permet de me retirer du monde, de prendre de la hauteur. La solitude qui permet de rendre l’agitation au repos, de dégorger des eaux noires épongées en chemin.

La voie du sabre, c’est la voie de la nature. La nature qui nous relie au Vivant et à toute l’assemblée des vivants. La nature qui nous permet de communier à la vie, de faire partie du grand tout, naturellement.

La voie du sabre, c’est la voie du temps qui s’écoule. Un temps qui me permet de décanter les événements, de trouver le juste milieu, de laisser s’ouvrir devant moi le chemin à prendre. Un temps qui m’apporte la sagesse.

Si le fourreau est une enveloppe protectrice pour mon sabre, le silence, la solitude, la nature et le temps qui s’écoule sont des enveloppes protectrices pour la samouraï que je suis. De là, je peux aimer le monde, je peux faire œuvre de paix.

En tant que samouraï, je n’ai qu’un seul maître : mon sabre que je laisse à sa place, rangé dans son fourreau. Là sont ma loyauté et ma voie : la voie du sabre.

Quand je suis fatiguée de marcher en chemin et que mon enthousiasme m’abandonne, je me rend simplement attentif à chacun de mes pas, je m’applique à chaque pas. Cette attention et cette application prennent le relais pour m’aider à poursuivre ma route.

Quand je fais des rencontres en chemin, et que les événements tournent mal, je n’hésite pas à prendre la position dominante. Je suis la samouraï qui ne se laisse pas dominer par ceux qui ne se dominent pas et cherchent à dominer.

Je pourrais passer ma vie à suivre à l’aventure mes chemins de montagne. Vivant dans le monde, j’accepte de descendre dans la vallée pour m’y engager et y entreprendre. Je me laisse alors souvent enivrer par l’agitation de la vallée. Ma force alors est de connaître la pierre et le soleil de la montagne, de m’être laissée forger par la voie du sabre.

Un sabre vivant qui sort de son fourreau, non pas pour trancher mais pour purifier.

Métaphore de la base 7

10250258_10156427349910232_3876265476979868326_nUNE BOUGIE

par Perrine
de base 7

Y siège une flamme, légère, vibrante et éphémère, la flamme réchauffe et dissipe les ténèbres.

Un léger souffle peut m’éteindre, je me garde donc bien de me trouver en milieu hostile.

Ma soif de vivre me consume petit à petit et si je n’accepte parfois de vivre dans l’obscurité, je me consume rapidement tout entière.

Quand ma flamme est éteinte, je suis plongée dans un désarroi profond et douloureux. Alors pour pallier cette peine, je décide de me placer en un lieu sûr et de me nourrir suffisamment pour que ma flamme grandisse et rayonne toujours plus.

Puis soudain, me voir fondre si vite me confronte à mon destin.

bougie_1Ainsi donc je me questionne: à quelle fin suis-je destinée? Etre une éphémère bougie de dîner qui crépite vivement, se consume entièrement en quelques instants de plaisirs, illuminant les visages rieurs et les yeux gourmands? 

Prenant conscience de ma légèreté, le désespoir m’envahit; j’aimerais durer plus longtemps

Cette prise de conscience me peine, mon rythme ralentit, ma flamme devient petite. Balayant lentement l’horizon, j’aperçois au loin un cierge d’autel qui se consume doucement, éclairant un mystère infini et des visages sereins et rayonnants.

Ce cierge-là, n’est-il pas soumis  régulièrement aux ténèbres? Mais comme sa fonction est noble! Il est vivant! Et sa flamme tempérée lui allonge les années!

Je m’apaise enfin, les ténèbres ont un sens.

Je m’approche de l’autel et m’éteins sereinement dans la confiance totale de rayonner bientôt d’un feu nouveau.