Une nouvelle ère pour l’ennéagramme

 

Platon et Aristote par Raphaël

Platon et Aristote par Raphaël

LE SUCCES DES PREMIERES RENCONTRES CHRETIENNES DE L’ENNEAGRAMME

 

Plus de 950 personnes se sont pressées à Saint-Etienne, le week-end des 9, 10 et 11 novembre 2013 pour les premières rencontres chrétiennes de l’ennéagramme, organisées par le diocèse de Saint-Etienne en partenariat avec l’hebdomadaire La Vie.

Conférences, tables rondes en séances plénières et ateliers : on ne s’est pas ennuyé à Saint-Etienne ce week-end là et l’on n’a même pas eu le temps d’aller à Geoffroy-Guichard voir l’Olympique lyonnais battre une fois de plus son rival stéphanois dans le derby…

Disons-le d’emblée : il y aura un avant et un après ces RCE. Et ce pour trois raisons. Tout d’abord l’affluence autour de cet événement a montré une attente profonde de beaucoup de chrétiens à une articulation entre leur vie de foi et leur souci de connaissance de leur psyché. Du fait de certaines dérives dans certaines communautés qui ont trop confondu le psychologique et le spirituel, on a eu trop tendance à ériger une séparation rigide entre ces domaines qui, bien que devant être distingués, ne sont pas moins à articuler, sauf à nier l’unité de la personne, corps, âme et esprit. Il existe chez beaucoup de chrétiens qui sont familiers de tel ou tel outil de développement personnel, ou qui travaillent sur eux avec telle ou telle thérapie, un désir profond d’articuler ce cheminement avec celui de leur foi en Jésus-Christ sauveur.

Ensuite, il est évident que ces RCE auront servi à ancrer l’ennéagramme dans une démarche anthropologique et éthique rigoureuse. Les remarquables interventions de Norbert Mallet et Pascal Ide ont mis en lueur que cet outil n’est absolument pas condamné, comme l’ont dit certains détracteurs qui ne l’ont abordé que de manière livresque et hâtive, à se couler dans une vague ésotérique. Au contraire, ce que ces RCE ont montré, c’est que l’ennéagramme peut et doit s’arrimer solidement à une éthique des caractères, par exemple celle d’Aristote, et à une anthropologie chrétienne, pour donner le meilleur de ce qu’il peut apporter. En effet l’ennéagramme, en tant qu’outil de connaissance de soi et levier de changement, ne peut donner toute sa fécondité que si l’on a conscience qu’au plus profond de notre moi se loge Celui qui nous dépasse infiniment, Dieu, et que si l’on accepte avec modestie que tout notre chemin d’évolution ne se fera pas qu’avec nos propres forces, même renouvelées par cet outil, mais sous l’impulsion de l’Esprit qui nous guide et nous éclaire.

Enfin, et c’est pour nous une grande joie, ces RCE auront marqué un tournant décisif dans la réception de l’ennéagramme au sein de l’Eglise catholique. Les mots chaleureux de Monseigneur Lebrun, évêque de Saint-Etienne, nous ont profondément émus. Il ne s’agit pas de sanctifier l’ennéagramme comme il l’a dit avec humour, mais de nous lancer résolument, en tant que chrétien, dans le travail personnel avec cet outil et dans sa diffusion.

Pour nous, Valérie et François, qui depuis quelques années travaillons avec l’ennéagramme dans cette perspective de l’articuler avec une éthique aristotélicienne et avec notre foi chrétienne, ces RCE viennent nous confirmer dans notre intuition et nos choix assumés : livrer l’ennéagramme comme un outil neutre, dans le cadre de la tradition orale, et le transmettre en le liant à la foi de l’Eglise catholique. Car pour nous, l’ennéagramme n’est qu’un outil qui permet à chacun de desserrer l’étau de sa prison intérieure, pour créer une ouverture par laquelle la grâce pourra mieux passer et faire son œuvre de sanctification.


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