Pas à pas

IMG_0195PAS A PAS
par Anne-Laure 
de base 4

Module 1
Découverte première, dénivelé émotionnel: honte intergalactique! Un talent! Enfin! Il est aussi là où je me perdais… Un chemin, une vertu à travailler : une seule. Ça c’est bon! Incompréhensible au départ. Mais bon car en m’attachant à une seule, toutes les autres suivent par elles-mêmes:  ce sera un dénivelé en moins…

Six mois pour comprendre comment l’égalité d’humeur peut exister chez moi qui suis d’émotions basculantes, changeantes, opposées aux extrêmes chaque minute de chaque jour… Ma liberté s’est retrouvée à l’interface entre mon humeur et mes émotions…  Oui … le lieu où mon intelligence et mon corps peuvent aussi agir… Je savais que je n’étais pas uniquement ces émotions, mais aujourd’hui l’espace s’est éclairé… une image colorée qui se révèle. Six mois de plus pour trouver comment agir….

et ce Module 2IMG_0057

Vitrail immense qui s’ouvre à mon regard… Les couleurs et les formes : c’est nous. La lumière qui les révèle : le Souffle de mon Seigneur et eux-mêmes, car ils se livrent à mon regard, à mes sens…
Quel cadeau
Quel courage

Je suis une part de cette montagne : je suis hors d’elle, assise, et en elle, reliée par l’émotion paisible immense du mélange de toutes… Et là: autour, les pentes immenses de ces montagnes qu’on a sillonnées, un lac, large, baigné de couleurs que je n’avais encore jamais vues

L’abeille : métaphore de la base 3

unnamedL’ABEILLE
par Lucie
de base 3 en survie

La nature est  resplendissante en cette tendre matinée de printemps. Tous mes sens sont en alerte dans cette campagne verdoyante. Le soleil offre une douce chaleur qui se répand délicatement dans tous mes membres, la légère brise fait chanter les fougères, une délicieuse odeur d’humus envahit l’espace. Je m’approche de la forêt. Le muguet se cache aux yeux des rares promeneurs qui osent sortir à la rencontre du renouveau. Le paysage est d’une beauté à couper le souffle. Nature vertigineuse. Je vagabonde au gré de mes pas quand soudain, au détour d’un chemin mes oreilles captent un timide bruissement. Je m’approche à pas de velours, curieuse de connaître l’origine de ce bourdonnement.

Je perçois alors une activité intense, un mouvement effréné, des va-et-vient incessants.

Mes sens ne m’ont pas trompé dans cette forêt ensommeillée, je découvre un monde virevolté.

Les abeilles s’activent. Inépuisables. Que d’énergie dépensée. Il faut assurer la survie de la colonie. Hyper performante, rapide, efficace, compétente. La reconnaissance de la Reine leur donne des ailes. Toujours plus haut, toujours plus loin, rien ne peut les arrêter. Il faut plaire à Mère Abeille. Il faut briller.

Ton pelage jaune et noir scintille. Tu le sais, tu sais plaire et tu cherches à plaire.

16406920_1753167711661900_2537506853636346636_nO pauvre petite butineuse, arrête-toi, écoute-toi. Que te dit ce corps que tu plies sans cesse à ta volonté, que tu domptes pour qu’il soit le miroir de ton hypothétique toi, toujours en adéquation avec ce que l’on en attend.

Que te disent ces émotions qui parfois t’envahissent ?  Incapable de les maîtriser, elles te submergent. Pour ne pas être ralentie tu les refoules instantanément. Tu leur jettes ton dard…

Arrête-toi, écoute-toi, prends le temps. N’oublie pas ;  cette piqûre te sera fatale.

Petite abeille, je te promets, tu es aimée telle que tu es. Nul besoin d’un rythme effréné, d’un monde émerveillé. Prends le temps de te connaître.

Recherche la vérité. Abandonne toi. Sois libre. Ose vivre.

Plaisir et sacrifice

3230364.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxLA RÉVOLUTION SILENCIEUSE
Un film de Lars Kraume, 2018

Théo, un archétype de la base 7 en social*

Le très beau film de Lars Kraume, La Révolution silencieuse présente une histoire tirée d’un fait réel: en 1956, une classe de lycéens allemands d’une petite ville de RDA organise une minute de silence pour protester contre l’écrasement de l’insurrection hongroise par les soviétiques. Cela devient une affaire d’état. Saluons la présentation de l’horreur du communisme, faite avec la subtilité nécessaire pour rendre compte des inextricables conflits de loyauté qui ont laminé les populations au-delà du rideau de fer: famille, nation, idée de liberté bien sûr, croyance à un socialisme à visage humain aussi. C’est dire que le film est largement traversé par une thématique 6, autour de la fidélité et la trahison, mais met aussi en lumière l’opposition des préoccupations des sous-types de la survie et du social.

downloadIl est difficile de trouver beaucoup d’archétypes clairs dans ce film car d’une part la plupart des héros sont jeunes et leur motivation n’est pas très explicite, et d’autre part la terreur totalitaire infuse partout des réflexes de peur, de contrôle de sa parole et de discours préfabriqués qui contaminent les personnages. Pourtant, un des lycéens, qu’on peut considérer comme le héros du film, Theo, par sa fraîcheur et une décontraction surprenante, conjuguées à un paradoxal sens du devoir, pourrait offrir un superbe et lumineux portrait du 7 en social.

Car Theo est un joueur. C’est lui pousse son ami Kurt à des escapades à Berlin-Ouest, officiellement pour aller fleurir la tombe du grand-père de ce dernier, de fait pour aller au cinéma! C’est lui aussi qui, dans un bar, lance une noisette sur la tête d’un soldat russe, dans un geste aussi inconscient que provocateur. Il s’amuse et d’ailleurs travaille assez modérément, plus préoccupé d’embrasser la belle Lena que de préparer son bac. Lorsque la bande des lycéens apprennent par la radio de l’Ouest (RIAS) que les Hongrois ont été massacrés par les troupes soviétiques et que le footballeur hongrois Ferenc Puskas a été assassiné (ce qui s’avèrera une fake news), Kurt décide de faire une minute de silence. Theo embraye avec enthousiasme et fait voter la classe qui, à la majorité, décide de suivre cette initiative.

Ce qui nous intéresse ici est bien la manière dont Theo réagit aux divers événements qui transforment cette bravade en affaire d’État. En accord avec la base 7, Theo n’est pas très rigide avec les principes. Quand l’affaire se gâte, il a l’idée ingénieuse de dire à l’enquêtrice que cette minute a été célébrée pour Puskas et est apolitique. Alors que Kurt et Lena (plus 6, 1 ou 4?) veulent assumer la portée politique de leur acte, Theo montre sa capacité à passer à travers les mailles du filet… L’essentiel est de ne pas souffrir, quitte à transiger avec la vérité. Dans l’ordre privé, quand Lena choisira de le laisser tomber pour Kurt, plus en phase avec ses propres principes, il aura la réponse du 7 : ce n’est pas grave, j’en ai déjà trouvé une autre…

Mais la stratégie d’évitement va échouer. L’étau se referme sur les lycéens. Le père de Théo lui met la pression pour qu’il dénonce Kurt comme meneur. Il va même jusqu’à l’emmener travailler avec lui dans son usine de métallurgie où il est ouvrier afin de lui faire comprendre qu’il doit tout faire, même dénoncer son ami, pour ne pas être exclu de l’examen. Dans la fournaise insupportable, Theo lance à son père : c’est chouette ici! Le soir pourtant, il n’arrive plus à saisir sa fourchette tant cette journée d’enfer l’a laminé. L’essentiel en 7 est d’éviter la souffrance et si elle est là, il s’agit de la nier. L’accueillir sera le défi de Theo.

Face au défi ultime – avouer que Kurt (qui a déjà fui à l’Ouest) est le meneur, ce qui clôturerait une enquête qui finit par embarrasser le pouvoir, Theo est à sa première heure de vérité. Enjoliver la réalité pour éviter les ennuis, ou affirmer sa solidarité. C’est là que le sous-type social vient éclairer son geste. On sent dans une scène d’une immense intensité que Theo est en proie à une tension extrême: entre son 7 qui le pousse à penser à son intérêt, à chercher coûte que coûte une voie de sortie à ce guêpier; et son sous-type social qui pense au groupe, qui ne veut pas nier la formidable aventure collective que fut cette protestation lycéenne, et qui peut sacrifier son propre intérêt pour la cause de la liberté. Theo choisit la voie du sacrifice en gardant la version officielle du groupe : c’est une idée commune. Et j’étais pour. Il est inconcevable pour un 7 en social de vivre son plaisir et sa joie hors de la communion au cercle social.

La sanction est terrible : interdiction de passer son bac en RDA, comme pour toute la classe d’ailleurs, dont la solidarité jusqu’au-boutiste est un immense moment d’émotion pour les spectateurs en social.  Mais ensuite : que faire? lui demandent ses amis. Chacun fait comme il le décide, rétorque-t-il, le 7 volontiers individualiste reprenant le dessus. Rester et se mettre à bosser à l’usine ou fuir pour passer son bac à l’Ouest. Le 7 respecte la liberté de l’autre car il ne supporte pas qu’on limite la sienne. Ce sera pour chacun, et notamment pour Theo, le dernier choix. Theo décidera de quitter le confort et l’amour d’une famille aimante. Parce qu’en définitive, son sous-type social lui fera choisir la posture de l’aventure collective en dépit des incertitudes qu’elle comporte plutôt que celle de son confort personnel. Mais cela passera par une intense souffrance, celle du départ, de l’ultime au revoir à ses parents et à des frères, celle du choix et du renoncement, toujours difficile en 7.

Theo a découvert que la liberté chère au 7, et notamment au 7 en social (Theo est le vrai chef du groupe, même s’il conçoit son pouvoir de manière non autoritaire et collégiale), ne se conquiert que par le courage de s’exposer à la grande vulnérabilité du 7: la peur d’une souffrance dont il croit qu’elle peut le détruire. Grâce au sous-type social sacrifice, Theo verra que cette souffrance n’est pas le dernier mot. Dans le train de la liberté, il retrouvera ses amis et son visage s’éclairera de la lumière du vrai bonheur : celui d’être ensemble et libres. La joie du 7 en social est la communion à un idéal dont le défi est qu’il ne reste pas un plan mais devienne réalité.

* L’archétype est un représentant connu et supposé d’un type de l’ennéagramme, l’hypothèse reposant sur des éléments caractéristiques de sa vie ou de son oeuvre. 

Le kintsugi ou la valeur de la fêlure

tea_bowl_fixed_in_the_kintsugi_methodL’ART DU KINTSUGI
ou la valeur de la fêlure
Métaphore de la résilience

Le kintsugi, qui signifie littéralement jointure d’or, est l’art japonais de réparer une poterie cassée avec de la laque saupoudrée de poudre d’or. De tsugu: réparer, relier, transmettre et donner de la valeur. 

Il serait apparu lorsque, à la fin du XVème siècle, le Shogun Ashikaga Yoshimasa aurait renvoyé en Chine un bol de thé chinois endommagé pour le faire réparer. Le bol étant revenu réparé avec de vilaines agrafes métalliques, les artisans japonais auraient cherché un moyen de réparation plus digne, avec des jointures d’or. Le bol serait ainsi devenu plus beau qu’avant.

Très appréciée des Chajin japonais (pratiquants de l’art du thé), l’art du kintsugi a permis le développement d’une esthétique nouvelle, en créant l’idée de renaissance de la pièce originelle. Ainsi, loin de perdre sa valeur, les céramiques brisées trouvent une valeur ajoutée à la vente, après avoir été restaurée d’or et finissent par acquérir plus de valeur qu’une pièce intacte pour les collectionneurs.

La métaphore est dès lors facile à filer: la fêlure, loin de rendre caduque devient, par un soin d’or, le lieu de la valeur et du renouveau. L’art prend en compte le passé, l’histoire, les accidents: loin de les cacher et de dissimuler les réparations, il consiste à les mettre en valeur. La cicatrice devient richesse, raconte l’histoire et enseigne que l’épreuve n’est pas le fin mot, mais peut devenir une opportunité de croissance.

Jean Vanier n’écrit-il pas dans La Communauté, lieu du pardon et de la fête: « J’ai appris que, en chinois, le mot crise veut dire : occasion et danger. Toute tension, toute crise, peut devenir une occasion de vie nouvelle si nous l’abordons avec sagesse; sinon, elle peut apporter la mort et la division. »

Directrice !

journee_de_la_femmeDIRECTRICE GRACE A L’ENNEAGRAMME
par Sylvie
de base 6

Ce mail pour vous redire combien le stage ennéagramme m’avait apporté. En effet au mois de mars dernier ma directrice d’école m’a annoncé qu’elle me verrait bien devenir chef d’établissement  d’une école catholique sous contrat.

J’étais excessivement surprise et évidemment une grande peur m’a envahie.  Je savais que ça allait impliquer un changement d’école, aller dans un établissement inconnu avec des collègues, des élèves, des parents nouveaux. Bref, ne rien maîtriser et ça j’avoue que j’aime très très moyennement. Pour être précise l’entretien avec ma directrice et sa proposition me rappelaient le jour où j’ai fait du saut à l’élastique: j’ai peur, c’est normal, mais je le fais quand même pour avoir le plaisir de surmonter cette peur.

Or avec l’ennéagramme, étant 6, je suis plus rassurée sur ce sentiment, qui du coup, ne devient plus un frein ou un défi, mais fait partie de mon fonctionnement et je fais avec. Ainsi si je n’avais pas eu conscience de cette façon d’agir, je n’aurais peut-être pas accepté ce poste car contrairement à un saut à l’élastique, cela m’engageait sur du long terme et ma peur m’aurait peut-être indiqué de ne pas y aller. A priori j’avais deux ans devant moi, sauf que le diocèse m’a proposé un poste pour septembre et évidemment j’ai accepté. Je vais donc passer de mon CM1 à chef d’établissement en étant à mi-temps en petite section de maternelle.

Et je redis souvent à Bruno que si je n’avais pas fait le stage ennéagramme, je n’aurai sans doute pas accepté ce nouveau poste. Donc un grand merci de nouveau.

J’aimerais évidemment compléter avec le module 2. Et pourquoi pas, vous demander de faire une formation dans mon école. Je pense que cela apporterait énormément.

Il y a de belles perspectives.

En quête de sens

EN QUÊTE DE SENS
Quatre formateurs à l’Ennéagramme
invités par Sophie Nouaille à Radio Notre-Dame
Le 12 avril 2018

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Qu’est-ce que l’Ennéagramme ? Quel est son lien avec la vie chrétienne ? Quels en sont les écueils ? Quelle en est la fécondité ?

Autant de questions auxquelles ont répondu Etienne Séguier et Valérie Maillot, formateurs de la Tradition Orale d’Helen Palmer et David Daniels par Eric Salmon, ainsi que Dorothée Nicolas et Thierry Grandjean représentant l’école de Riso Hudson.

Un vrai beau moment de radio et de partage autour de ce bel outil de connaissance de soi et de miséricorde, pour oser être vulnérable et retrouver des visages de ressuscités.

Retrouver ma liberté

FullSizeRender-04-02-18-12-22RETROUVER MA LIBERTÉ
par Bénédicte

Avant toute chose, je tenais à vous remercier encore, toi et François, pour les deux jours que vous m’avez permis de vivre.

Je suis rentrée hyper bien (tête, cœur, corps!), confiante, sereine et pleine de joie.

Vous m’avez permis de retrouver ma vraie liberté. J’ai encore compris beaucoup de choses sur mes choix, mes erreurs et mes réactions. Je crois même que je me suis pardonnée à moi-même certaines choses.

Et tout çà sans violence, dans l’accueil de ma personnalité dans laquelle j’étais en train de m’enfermer. La reprise a été un peu hard, je dois bien avouer. Et la suite me parait un peu floue même si je sais par quoi commencer… La prière et la confiance me guideront pour la suite…

Mais sans vous, sans votre approche si juste et si respectueuse de notre personne, je n’y serai pas arrivée, pas si vite et pas si calmement.

Et puis ça a été aussi l’occasion de faire de magnifiques rencontres et je suis sûre que je garderai des liens avec certains et certaines…

Alors MERCI…

J’ai hâte de continuer même si je sais que je vais encore creuser et travailler sur mon type d’ici là.

Arc-en-ciel ! Métaphore de la base 4

23722350_1513850952038495_6990909231906317587_nARC-EN-CIEL !
par Magali
de base 4

Je suis les couleurs, je me dépose, lumière et sombre, dans les vastes prairies de papier ou les transparences des âmes, je prends l’essence des arcs en ciel.

Je suis musique ou bien les voix, j’excite les intelligences pures ou les corps déformés, je saisis le tempo dans la vibration des anges.

Je suis les odeurs, je distille des poivres et sels dans les airs naturels ou les coiffures raffinées, je transforme la fragrance d’une brioche, un levain rare ou un encens solitaire.

Je touche, je presse, je console, je prends la tendresse dans les mains chaudes d’un aimé.

Je suis le rire, la paillette, j’exulte de sensualité, je pleure seule l’enfant abandonné.

J’ouvre un sillon singulier, j’embrasse une nature, une culture, une forme de spiritualité.

Je m’abreuve de l’univers, torrent de la cohérence et de l’amour premier.

De la lucarne, j’essaie de penser, je souris à la lune : je veux juste lester la création originale, d’un zeste de citron.

Ça pique le soleil, c’est bon pour le réveil.

 

Vittoz & Co

1560736_235428763303972_1500743552_nVITTOZ : UNE MÉTHODE DE PSYCHOLOGIE POSITIVE OU DE PLEINE CONSCIENCE INTÉGRÉE ?

Par Patrick Bobichon
Coordinateur national IRDC pour l’étude FOVEA

La méthode Vittoz a pour but de développer l’état de présence dans l’instant présent, par l’utilisation pleine et entière de ses cinq sens, l’accueil et la conscientisation de ses états corporels et émotionnels,  une clarification de sa pensée pour redevenir pleinement acteur dans sa vie quotidienne.

Le terme de psychologie positive est apparu la première fois dans le livre de Abraham Maslow en 1954 « Motivation et Personnalité », dont le dernier chapitre s’intitule « vers une psychologie positive? ». A cette époque, certains psychologues ont commencé à se préoccuper de plus en plus de la promotion de la bonne santé mentale, et non pas seulement du traitement des maladies mentales. La psychologie positive a été officiellement initiée en 1998 par Martin Seligman, président de l’Association Psychologique Américaine, en affichant clairement sa préoccupation de rééquilibrer ses efforts entre le traitement des troubles psychiques, et l’étude des facteurs psycho-sociaux pour promouvoir l’épanouissement, la recherche de sens et le bonheur des personnes.

Or, l’intuition première du docteur Vittoz, en proposant sa méthode, était de rendre chaque personne autonome et actrice dans le traitement de « ses troubles pathologiques »,  en l’aidant à utiliser son cerveau d’une manière plus équilibrée et plus souple, en lien avec un ancrage corporel plus dense, pour lui permettre de développer sa capacité à agir, à choisir et à s’engager plus librement dans toutes les situations de la vie quotidienne. Dans la lignée de la psychologie positive, qui encourage la pratique d’exercices dans le but de modifier son état vers plus de bien-être, le travail thérapeutique en Vittoz passe par l’expérimentation d’exercices, que chaque patient va pouvoir intégrer dans son quotidien, suivant son propre rythme. Il réapprend à exercer sa liberté en prenant conscience et confiance en soi, et apprend pas après pas à s’accepter avec plus de bienveillance et moins de jugement.

Par ailleurs, les approches de Pleine Conscience se sont développées depuis une trentaine d’années, sous l’impulsion de Jon Kabat-Zinn, Professeur de médecine. Il définit la pleine conscience comme « un état de conscience qui consiste à porter son attention intentionnellement sur l’expérience du moment présent, sans jugement ». Il a développé le programme de MBSR (Réduction du Stress Basé sur la Pleine Conscience), basé sur une approche méditative. Christophe André, psychiatre et psychothérapeute, a largement participé à son introduction en France, notamment dans le milieu hospitalier.

Contemporain de Freud qui a inventé la psychanalyse, le docteur Vittoz  a choisi délibérément de s’inscrire dans une approche dans l’ici et maintenant. En effet, il constatait que ses patients étaient très rarement dans l’instant présent, mais plutôt dans des ruminations par rapport à leur passé, ou dans des anticipations anxieuses par rapport à l’avenir, par définition incertain. Sa méthode apprend à accueillir la réalité de l’instant, aussi bien la réalité extérieure de son environnement ou de sa situation actuelle, que sa réalité intime, que sont ses pensées, ses sensations corporelles et ses émotions.

Dans les faits et par la pratique, la méthode Vittoz est une approche qui développe la pleine conscience (ou présence attentive). L’originalité de la méthode Vittoz est que c’est une approche qui propose des pratiques intégrées au quotidien, c’est-à-dire qu’elle n’exige pas de prévoir un temps supplémentaire à caser dans son emploi du temps, mais elle se pratique dans les actes du quotidien, où au fil de la pratique, la personne sort de ses automatismes pour mettre plus de conscience dans ses journées.

Une étude scientifique est en cours depuis 2013 pour valider les appports d’un programme de 8 semaines basé sur la méthode Vittoz, pour la prévention du stress et la promotion du bien-être individuel. Ce programme se nomme FOVEA: Formation Vittoz à l’Expérience Attentive. Cette étude est pilotée par Rebecca Shankland, Maitre de Conférence en Psychologie et Responsable du DU de psychologie positive  à l’Université de Grenoble, en collaboration avec l’IRDC (Institut de Recherche et Développement du Contrôle Cérébral).

La Méthode Vittoz s’inscrit donc bien au carrefour de la Psychologie Positive et  de la Pleine Conscience. En effet, les premiers résultats partiels de l’étude FOVEA confirme que ce programme donne des outils concrets et pratiques pour apprendre à mieux gérer son stress perçu, à développer son état de présence et d’attention dans l’instant présent, et à améliorer ses compétences émotionnelles. L’intégration de l’approche Vittoz vise à accéder à un mieux-être,  à reprendre le contrôle de sa vie et à développer des relations plus bienveillantes avec soi et avec les autres, qui contribuent à redonner sens et plaisir dans son quotidien, dans la conscience de l’instant présent.

 Alors, Vite-Osez l’expérience Vittoz !

Pour plus de renseignements sur les liens possibles entre la Psychologie Positive et Pleine Conscience et l’actualisation des études de Recherche en cours sur le sujet, vous pouvez cliquer sur le texte co-écrit par Rébecca Shankland et Christophe André (transmis avec l’aimable autorisation de Rebecca Shankland)

 Shankland, R. & André, C. (2014). Pleine conscience et psychologie positive : incompatibilité ou complémentarité  ? Revue Québécoise de Psychologie, 35, 157-178.

Sixième sens

SIXIEME SENS
par Benoît
de base 6

Lundi matin, 6h45, SMS de mon patron : Passe à mon bureau quand tu arrives… Le monde s’écroule… C’est certain je suis viré! Il s’est finalement rendu compte que je n’étais pas au niveau… La fin de trajet se passe dans une profonde angoisse, qui s’amplifie au fur et à mesure du vagabondage de mes pensées: Comment vais-je faire pour trouver un nouveau job et lequel… ma famille, comment la faire vivre… la maison, le crédit… comment faire face? Le vélo se met à accélérer, se transforme en train à grande vitesse du questionnement… Combien de fois n’ai-je ressenti ce genre de pressentiment désagréable? Combien de fois cette mécanique infernale s’est-elle mise en marche? Trop souvent sans doute!

Et pourtant si l’on savait vraiment! J’arrive au bureau, et mon patron m’accueille avec un grand sourire: J’ai une mission à te confier

Tout ça pour ça !

Ce 6e sens, celui qui vous fait devenir deviner ce qui va se passer, qui vous fait détecter les signaux faibles avant les autres, celui qui vous permet d’évaluer les risques, d’anticiper les dangers, et que tant de monde semble vous envier… S’ils savaient! Mal utilisé, mal borné il peut être ravageur, destructeur, annihilant toute capacité à penser, à agir, à ressentir même. Ajusté, travaillé, canalisé, c’est un formidable outil, libérateur qui vous aide à dépasser vos limites, avoir un temps d’avance, à être libre…

Heureusement que tu réussis, avec les parents que tu as !

L’ennéagramme m’a libéré, en me donnant les moyens de mieux gérer ces passages délicats. Il m’a aussi aidé à mettre de l’ordre en moi, à reconstruire une forme de confiance en soi blessée. Blessure inscrite au plus profond de moi et qui a certainement commencé à se cicatriser lorsqu’à 38 ans j’ai entendu mon père me dire pour la 1ère fois: Je suis fier de toi. La blessure est là cependant encore, et demande à être soignée sur le long terme.

Cette envie de plaire, d’être aimé non pas pour ce que j’étais mais pour ce que je croyais que les autres voyaient en moi m’a longtemps pesé, empêcher de respirer et d’exister, d’être moi-même et de m’aimer. Toujours faire plaisir, toujours réussir, ne jamais faiblir, être à la hauteur, inoxydable, indestructible… C’est lourd sur les épaules! Aujourd’hui encore, même si cela va mieux, j’ai encore ce sentiment de ne pas être à la hauteur des attentes de ceux qui comptent pour moi.

Aime-toi tel que tu es, voilà le chemin de vie qui s’offre à moi et qui aujourd’hui me guide et construit peu à peu celui que j’étais, mais sans le savoir. Vaste chantier, mais tellement motivant: la vie est belle et nous tend les bras; elle n’attend que nous, ne la laissons pas s’impatienter !