Archives de l’auteur : Valérie Maillot
Volcan et feu pour un mariage
LE VOLCAN ET LE FEU
Métaphore d’un mariage
par Anne-Sabine de base 8 et Patrick de base 3
Qui le premier du volcan ou du feu a commencé ?
Certainement le volcan : de ses entrailles est monté brutalement un nuage de fumée, instantanément suivi d’explosions de pierres, d’étincelles et de crépitements… Il voudrait bien se calmer mais, trop tard ! Le couvercle a sauté… Une fois de plus, ce Vésuve bouillonnant de colère a fait des ravages, la nature est blessée…
Lui qui aime tant abriter sur ses flancs forêts, fleurs et quelques habitants, il n’a su s’arrêter. Tristement un nuage de cendres grises s’est ensuite déposé à ses pieds…
Pendant ce temps la lave a coulé : le feu majestueux et noble s’est emparé de la nature pour l’illuminer. Il a couru sans s’arrêter, entraînant tout sur son passage. Il ne peut s’empêcher de passer d’arbre et arbre, réchauffant plus qu’il ne faut la nature impuissante à résister. Quelques oiseaux inquiets d’une telle énergie voudraient bien, si possible, pouvoir se reposer. Mais le feu continue sa course méthodique, se laissant tout à la fois admirer et craindre, non sans une certaine fierté…
Et le volcan gronde toujours.
Et le feu, toujours, poursuit sa course effrénée.
Quelle idée Dieu a-t-il inventée, que de laisser se croiser le volcan et le feu ?
Quelle chaleur, quel bruit, quelle énergie ! Tout y est démultiplié…
Un jour, peut être, le mariage du volcan et du feu ressemblera à ce paysage reposant des volcans d’Auvergne, ronds et verts, paisibles et reposants, où l’on viendra puiser une eau fraîche et pure, où le seul feu sera celui de modestes brindilles…
Allons, ne rêvons pas… une vie n’y suffit pas…
Mais comme rien n’est impossible à Dieu, l’Eau Vive pourrait un jour calmer leurs ardeurs : Espérons !
Un psaume de fin de stage
UN PSAUME DE FIN DE STAGE
« C’est toi qui as créé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère.
Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis : * étonnantes sont tes œuvres toute mon âme le sait.
Mes os n’étaient pas cachés pour toi * quand j’étais façonné dans le secret, modelé aux entrailles de la terre.
J’étais encore inachevé, tu me voyais ; * sur ton livre, tous mes jours étaient inscrits, recensés avant qu’un seul ne soit !
Que tes pensées sont pour moi difficiles, Dieu, que leur somme est imposante !
Je les compte : plus nombreuses que le sable ! Je m’éveille : je suis encore avec toi.
Scrute-moi, mon Dieu, tu sauras ma pensée éprouve-moi, tu connaîtras mon cœur.
Vois si je prends le chemin des idoles, et conduis-moi sur le chemin d’éternité. »
Psaume 138, 13-18, 23-24
Retrouvailles avec moi-même
RETROUVAILLES AVEC MOI-MÊME
par Valérie
de base 4
Avoir trouvé ma base, m’a éclairée sur ma vie. J’ai pu faire une relecture et comprendre sous une autre lumière mes voyages, mes départs, mes incertitudes, mes engagements.
Cela m’a permis de voir ce qui était important pour moi: le beau, le sens, les relations profondes.
Cela m’a apportée des repères, cela a mis de mots sur des comportements, des attitudes, des choix dans ma vie. Finalement je commence a comprendre un peu ma mécanique intérieure, ce qui me permet de m’aimer davantage et d’être plus indulgente envers moi-même.
En tant que base 4, je me sens parfois abandonnée. Le stage de l’énneagramme me permet de vraiment en prendre conscience quand cela arrive. Je peux donc dédramatiser la situation du moment, et cela avec le sourire.
Mon mari, de base 9, me soutient et me rassure, il va prendre soin de moi pour que tout redevienne harmonieux en moi. Je suis sa fleur unique et spéciale.
Il en faut peu pour être heureux
IL EN FAUT PEUT POUR ETRE HEUREUX
Petite vidéo vittozienne…
En avant la vie !
EN AVANT LA VIE !
Par Anne
de base 1
Ce furent deux jours qui passèrent à une vitesse incroyable et avec une prise de conscience formidable.
Cette découverte de ma base, je l’ai reçue comme un cadeau que j’apprécie d’heure en heure.
Et cette découverte m’a donné des ailes. Je savais que j’avais beaucoup de force en moi, mais souvent contenue. Et alors là quelle libération, je vais oser changer et montrer ma colère, mon agacement par des mots car je sais que j’en ai la force.
Une délivrance ! En avant la vie !
Libéré !
LIBÉRÉ !
par Olivier
de base 9
Soulagement…
Le stage de formation à l’ennéagramme fût un réel soulagement par rapport à un complexe que j’ai depuis de nombreuses années. Responsable de différentes personnes, j’entendais toujours le même refrain: « tu n’es pas assez ferme ! », « tu es trop gentil »… Tiraillé au fond de moi, je me sentais tout seul.
Avec l’ennéagramme, j’ai compris que mon besoin inconscient est d’être en harmonie avec chacun. Cette recherche d’harmonie s’est renforcée avec ma foi en Jésus-Christ car il nous demande d’être unis dans sa paix. Je pensais que toute personne de bonne volonté avait aussi cet objectif. Et bien non…Tout le monde ne recherche pas en priorité l’harmonie !
Maintenant je suis soulagé, je peux continuer à être moi-même: ma façon d’être m’est personnelle, et liée à ma nature.
Libération…
Après quelques semaines, je me suis vite rendu compte que ce soulagement n’était pas suffisant. Mon environnement, lui, n’avait pas changé. Je retombais dans les mêmes processus de tensions incompréhensibles. Comme St Paul le dit aux Romains 7, 19, « je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas ».
Après la lecture du livre ABC de l’ennéagramme, j’ai réalisé que nos points de vue sur le réel sont différents et que nos excès de passion peuvent entrer en collision. Puisque nous avons des motivations inconscientes différentes, les conflits deviennent inévitables, surtout si l’on reste figé dans son point de vue. Dans ces conflits, l’harmonie en place se brise. Je suis alors perturbé par beaucoup d’émotions aversives. Elles peuvent alors m’entraîner dans une spirale de ressentiments et de réactions que je ne souhaite pas.
Avec l’ennéagramme, je comprends que je dois accepter cette perte d’harmonie, qui est normale. J’apprends à accueillir les émotions désagréables, les remarques, les insatisfactions de mes proches. J’essaie de rester lucide, et d’avoir un sentiment bienveillant :
– Je ne me sens plus coupable de cette perte d’harmonie.
– Mon proche a sa motivation, sa problématique et son histoire propres. Ses émotions et sa manière de les vivre sont du ressort de sa responsabilité. Je n’en suis pas responsable.
– Je me permets de mieux exprimer les choses, les faits.
Avec le temps, je constate que les conflits deviennent moins fréquents. L’ennéagramme me permet de vivre plus libre, de ne plus être esclave de mes émotions.
Merci à Valérie et à François !
Je rends grâce au Seigneur pour les avoir rencontrés.
Un huis-clos de tête-à-tête
MADEMOISELLE DE JONCQUIERES
Un film d’Emmanuel Mouret, 2018
Un huis-clos de tête-à-tête et une illustration du triangle de Karpman
Tout est beau, délicat: les costumes, la langue, les paysages, la musique. Un régal esthétique. Tiré d’un épisode de Jacques le Fataliste de Diderot, le dixième film d’Emmanuel Mouret est remarquable pour la qualité de sa mise en scène et la subtilité des caractères qui ne jugent jamais aucun des personnages embarqués dans une vertigineuse histoire de séduction. Pas de manichéisme ni de moralisme, le secret des cœurs et des destinées reste entier, sans enfermer l’un ou l’autre des personnages dans un message à faire passer. Tout reste ouvert.
Cette liberté laissée au spectateur permet une lecture passionnante à trois niveaux : les profils de l’ennéagramme, les sous-types et ce phénomène psychologique, bien plus répandu que l’on ne croit dans les relations, du triangle relationnel de Karpman – sur lequel on attend d’ailleurs avec impatience la sortie du nouveau livre du Père Pascal Ide le 5 novembre aux Editions de l’Emmanuel.
L’histoire est simple et vieille comme le monde: le marquis des Arcis, libertin notoire, mène une cour incessante à madame de la Pommeraye, jeune et belle veuve, retirée du monde qui finit par s’abandonner à lui. Mais bientôt le butineur se lasse et la veuve blessée ourdit alors une vengeance terrible.
L’hypothèse typologique nous incline à pencher vers une histoire entre deux types mentaux dont la merveilleuse langue de Diderot met en relief la célérité cérébrale et le goût du mot juste et souvent assassin. Base 5 pour madame de La Pommeraye interprétée par la sublime Cécile de France: détachée du monde et des regards, observant le monde et les frasques de son ami avec amusement; elle est distante, presque froide; cultive un côté inaccessible et pratique une aisance du verbe fin et piquant qui ne fait qu’exacerber le désir du marquis. La base 7 pour le marquis semble bien plus simple encore à envisager: papillonnant de conquête en conquête, à la recherche constante du plaisir à tous les niveaux, léger et drôle, il se lasse vite et sa quête de nouveau semble ne pas avoir de fin.
Mais plus encore que les types, ce sont les sous-types qui apparaissent, dans un formidable jeu de tête-à-tête. Tout se passe dans les regards et dans les cœurs, pour le meilleur et pour le pire. La scène près du lac ou rien n’est montré et tout est dit de la communion des cœurs par le truchement de la nature, en est la plus belle expression. Experts en séduction, focalisés sur la relation (ami, amant ou même passion professionnelle, artistique etc.), les personnes en tête-à-tête sont douées d’une intensité du regard intérieur et extérieur, d’une capacité de concentration et de présence à l’autre, mais aussi d’un sens aigu de la rivalité et de la compétition…
Le duo de ce film pourrait en être une illustration magistrale, avec deux combinaisons différentes. Le sous-type exacerbe le type chez le marquis: l’intensité de l’un vient renforcer l’enthousiasme et l’excitabilité de l’autre. On attribue au 7 en tête-à-tête les mots de fascination-suggestion superbement mis en mouvement par la cour patiente et régulière qu’il mène auprès de la belle veuve. Fasciné par les femmes, au point d’en devenir littéralement hors de lui, il est capable d’une force suggestive prodigieuse. Tout est mis en œuvre au service de la jouissance d’un tête-à-tête prometteur: car bien souvent, en 7, c’est le plaisir anticipé qui est la quête, plus que celui du moment, qui bien souvent lui échappe.
Pour madame de la Pommeray, les choses sont plus complexes. Son sous-type (dont l’urgence est de rentrer en relation) et son type (dont l’urgence est de se retrancher du monde pour l’observer) sont en contradiction. C’est peut-être la raison pour laquelle, après s’être livrée au séducteur et donc l’avoir introduit dans une intimité protégée, elle supportera d’autant moins d’être ensuite trahie et déploiera un piège d’une finesse et d’une froideur terribles.
C’est au cœur de ces paysages intérieurs, que le jeu psychologique mis au jour par Karpman trouve son incarnation. Le Triangle dramatique consiste en un jeu pervers et inconscient dont le but est de maintenir une excitation relationnelle où chaque protagoniste joue alternativement les rôles de bourreau, victime et sauveur, tournant au gré des situations, jusqu’à la manipulation. Chaque personnage y participe, jusqu’aux secondaires mais il serait trop long de nous y attarder. Les personnes en tête-à-tête en sont probablement les champions – et les jouets, car c’est un piège sans fin et une vrille infernale où même celui qui semble subir est complice. Le seul moyen d’y échapper est de sortir de la triangulation, au risque de perdre la relation par manque d’excitation.*
C’est là qu’intervient mademoiselle de Joncquières, dont les intentions ne sont peut-être pas aussi pures qu’il n’y paraît… Dans la vengeance qui est au cœur de l’intrigue, il serait facile d’enfermer les trois protagonistes dans un rôle: le bourreau pour Madame de la Pommeraye, la victime dans celui de mademoiselle de Joncquières et le sauveur dans celui du marquis. A y regarder de plus près, les trois personnages tournent alternativement : la belle veuve joue aussi à la perfection la victime en amante délaissée, et passe même un temps à se mettre dans la peau du sauveur de la jeune fille. Le marquis, victime du complot, après avoir été bourreau des cœurs, semble terminer en sauveur. Et la jeune fille, prototype de la victime, semble devenir sauveur du courtisan invétéré en le libérant de son papillonnage.
Est-ce si simple ? Rien ne laisse penser que la conversion du marquis volage n’est pas une pirouette pour se sortir du guêpier et qu’il va rester fidèle à mademoiselle de Joncquières. Sa dernière réflexion, sur ton de joute revancharde, montre bien qu’il n’est pas sorti du triangle. Dans cette même scène finale, le regard de la nouvelle marquise des Arcis a des relents de conquête et interroge sur ses intentions des scènes précédentes. Rien ne dit que les rôles ne vont pas continuer à tourner: madame de la Pommeraye en nouvelle victime, la toute neuve marquise en nouveau bourreau… comme rien ne dit que chacun ne va pas trouver en lui les ressources pour oser sortir du triangle, en son temps, pour reconquérir sa liberté intérieure.
Un langage adapté à chacun
UN LANGAGE ADAPTE A CHACUN
Saint Grégoire le Grand
Dans le prologue de sa règle pastorale, Saint Grégoire le Grand souligne l’importance de présenter à chacun un discours qu’il peut entendre, dans la seule vérité.
Cela n’est pas sans faire penser à l’ennéagramme pour lequel chacun a un angle de vue différent sur le monde…
Pour avancer, quand une personne de base 7 devra faire preuve de sobriété, une personne de base 1 devra cultiver une certaine légèreté et apprendre le plaisir… les mêmes choses ne peuvent donc être demandées aux uns et aux autres. Quand une personne de base 8 est directe par nature et doit travailler avec une personne de base 9 dont l’urgence est l’harmonie, sortir de son mode de communication ordinaire pour s’adapter à lui peut lever certaines incommunicabilités.
« Une seule et même exhortation ne convient pas à tous, car tous ne sont pas soumis aux mêmes habitudes de vie. Ce qui est utile aux uns nuit souvent aux autres. Les plantes qui nourrissent tels animaux en font périr tels autres. Un sifflement léger calme les chevaux, excite les jeunes chiens. Le remède qui abat telle fièvre accroît les forces de telle autre. Le pain qui fortifie des vies robustes est mortel pour les tout-petits.
Le langage des enseignants doit donc se conformer à la nature de leurs auditeurs, de façon à s’adapter à chacun, pour ses besoins à lui, et cependant ne jamais renoncer à l’art d’édifier une communauté.
Des esprits à l’écoute, attentifs, ne sont-ils pas, si je puis dire, les cordes tenues sur la table de la cithare? Sous peine de rendre le chant dissemblable d’avec lui-même, l’homme qui a l’art de les toucher les frappe de façon dissemblable. Dès lors, elles font entendre une mélodie harmonieuse, car pincées sans doute par un seul plectre, elles ne le sont pas d’une seule et même touche. Ainsi, pour faire grandir tous ses auditeurs dans la vertu de charité, un docteur doit-il toucher leur cœur à l’aide d’un seul fonds de doctrine, mais non d’une seule et même façon d’exhorter. »
Règle pastorale III, Prologue, trad. C. Morel Paris, Cerf coll. « Sources chrétiennes » 382, 1992, p. 259-261
Le Bernard-l’Hermite : métaphore de la base 6
OUI, MAIS… le Bernard l’Hermite
par Cécile
de base 6
Oui, mais… le Bernard-l’Hermite vit au bord de la mer, sous un rocher de choix, lumière du soleil couchant, flaque chauffée et abritée de la mer. Les voisines crevettes et anémones sont vives, attentives, élégantes ou décoratives.
Tout ceci forme un micro cosmos équilibré et harmonieux qui ravit les enfants venant jouer lors de leurs vacances. Un parfait oasis de paix.
Oui mais… le Bernard l’Hermite lui ne le voit pas de cet œil. Oui, c’est bien un oasis de paix mais l’autre jour il a vu une anémone blanchir. Il lui a semblé qu’un petit parasite s’était faufilé sous son pied. Il en est pas sûr mais tout de même, une anémone ne blanchit pas comme cela. Et si ce parasite lorsqu’il en aura fini avec l’anémone blanche, venait lui rendre visite ?
Il a certes une coquille épaisse et une grosse pince qui garde son orifice. Mais cela suffira-t-il contre cet éventuel parasite dont il ignore le fonctionnement?
Un autre jour encore, il a vu une crevette au sol. Pas très en forme non plus. Dormait-elle ? Peu probable. Il lui manquait d’ailleurs une patte. Et lui, s’il perdait sa pince, comment ferait-il ?
Harmonieux cet oasis de paix ? Lui faire confiance? Oui bien sûr, mais… l’autre jour notre Bernard l’Hermite a discuté avec une palourde hyper sympa. Elle n’avait pas son pareil pour accompagner le flamenco. Qu’est ce qu’il a rit ! Qu’est ce qu’il a dansé ! Mais voilà: un faux mouvement ! Notre pauvre Bernard l’Hermite c’est cogné avec fracas contre un rocher. Résultat : coquille fissurée. Il va lui falloir trouver un autre refuge pour son drôle de petit derrière. La Palourde s’était bien excusée et avait même pensé apporter un peu d’aventure à la vie de ce pauvre Oui, mais…
Mais Oui mais… il en avait déjà suffisamment à son goût. Pas besoin d’aller à la surface pour avoir des vagues, lui les absorbe toutes à distance. Et croyez-le ou pas, dans les 50 km à la ronde, il y en a beaucoup !
