Article mis en avant

Porte d’entrée

PORTE D’ENTREE
par Clotilde

Encore un immense merci pour ce stage. Ce fut vraiment un moment court mais… intense.

Je suis venue comme une touriste et j’ai été plus que chamboulée, parce que mes limites et les croyances ont vraiment implosées.  Enfin une porte d’entrée où un fil à tirer que je cherche depuis un bon nombre d’années.

Le travail continue encore car les remous ne commencent à s’estomper que maintenant… Efficacité garantie.

Vous faites un très beau travail et surtout qui rapproche de Dieu et dans cette belle aventure c’est l’un des points principaux que je retiens. Merci encore pour votre bienveillance.

 

 

Tendre doloire

TENDRE DOLOIRE
par Adrienne
de base 8

Sans rien y connaître, j’ai débarqué, en retard, au stage ennéagramme. Avant d’avoir repris mes esprits, me voici projetée en petit groupe, autour de cette question : Ce qui vous agace le plus? Les quatre premiers avouent, du bout des lèvres, que c’est pour l’une la lenteur, l’autre le travail mal fait, le troisième le temps perdu, la quatrième le mensonge. Tout le langage non verbal de l’irritation gronde en eux mais ils sont unanimes; ils prennent sur eux, leurs colères sont très rares mais alors cinglantes. J’ai l’impression d’être un ovni, ce qui m’énerve, moi, ce sont les colères si visibles et pourtant non verbalisées. Je n’ai alors rien de plus urgent que de les faire sortir. Deuxième atelier, proposer un objet. Pour commencer, une femme choisit la boucle d’oreille, ornement léger, si personnalisable, qui  illumine le visage. Suis-je vraiment un éléphant dans un magasin de porcelaine? Voici mon objet, mouvement de recul. Non ce n’est pas une hache!

Cet objet m’est venu comme une évidence, j’ ai véritablement une fascination tendre pour la doloire. Son fer à lui seul pèse plusieurs kilos et son tranchant mesure une bonne trentaine de centimètres, à première vue on croit reconnaître l’arme d’un bourreau. Une hache à abattre se manie avec des mouvements amples et puissants afin que la vitesse multiplie la force et que la frappe gagne en efficacité. Pour la doloire, rien de tel, elle n’a qu’un tranchant   ne peut utiliser que la force de sa masse, une force qui ne peut porter que vers le bas. Elle n’a vraiment rien d’une arme d’assaut.

Très lourde, assymétrique, avec son manche court; l’utiliser pour abattre serait au minimum épuisant et désastreux, probablement impossible. Elle sert à équarrir. A Guédelon, les charpentiers travaillant exclusivement à la main ont compris, par expérience, à quel point elle était plus appropriée que la scie. Par un travail maîtrisé et précis elle fait sauter l’aubier pour découvrir, aplanir et ajuster la partie noble et solide d’un tronc. Les poutres réalisées ainsi sont harmonieuses et plus solides; elles respectent le bois et ses fibres. Les poutres peuvent ne pas être droites, être non standard; elles n’en trouveront pas moins leurs places dans la structure d’une habitation.

La doloire peut travailler des pièces de bois courbes, mais est impitoyable pour les vices dissimulés.  Elle sert à faire des toits authentiques, solides, cohérents, d’une beauté brute; sous lesquels on se sent bien, protégé. C’est un outil simple, un peu effrayant, sans apparat, mais puissant, qui permet un travail délicat. Dans un chantier, la doloire ne réalise qu’une partie du travail. Que pourrait-elle sans la hache d’abattage et les roues, sans les ciseaux et marteaux, les équerres et les niveaux, les échafaudages et les cordes de levage… Chaque fonctionnement a sa cohérence et ses dangers, mais tous sont indispensables.

Dans les regards des autres participants, j’ai vu qu’une personne qui dévoile la colère, qui ne supporte pas les incohérences (qui finalement nuiront aux plus démunis), qui se présente sans détour, peut aussi avoir sa place.

Les grilles de lecture des comportements, fréquemment très genrés dans nos milieux cathos m’ont souvent laissée culpabilisée et perplexe; je ne me retrouvais pas dans les descriptions de La Femme. J’ai déployé énormément d’énergie pour changer de fonctionnement. Ce premier stage m’a fait découvrir des clefs pour mettre à distance les moralisations centrées exclusivement sur un mode de fonctionnement, jugeant les autres avec mépris et donnant des conseils étouffants. Des clefs, aussi, pour me réjouir de la diversité des approches de chacun, de la mienne.

 

Joie !

JOIE !
par Blandine et François-Xavier

Nous sommes très heureux, tous les deux, d’avoir pu participer ensemble à cette session avec vous !

Vraie découverte de l’enneagramme, qui est un peu une révélation… et qui portera des fruits, c’est sûr !

Merci pour cette animation interactive, joyeuse et très professionnelle en même temps, très attentionnée et délicate pour chacun.

Ce fut très riche, nous sommes donc tout à fait partants pour participer au M2 en novembre prochain, nous nous y préinscrivons donc avec joie.

Je viens d’aller sur ton site et j’ai consulté quelques témoignages très beaux…. nous allons regarder cela et nous replonger avec joie dans nos bases pour les découvrir encore plus, les faire murir, en parler ensemble pour les aider à s’épanouir…

 

Une arme anti-totalitaire

UNE ARME ANTI-TOTALITAIRE
par Franck

Cette fin de semaine, stage sur l’ennéagramme, admirablement mené par Valérie et François Huguenin Maillot.

L’ennéagramme est une analyse de la structure de la personne humaine en 9 configurations. Il permet une approche fine de la psyché dans ses trois dimensions (corps, cœur et esprit).

Loin d’enfermer celle-ci dans des catégories réductrices, cette méthode permet, pas son humilité et sa finesse, d’en découvrir toute la complexité et toute la richesse.

Outil de connaissance de soi bien sûr, mais aussi de connaissance des autres, il m’est apparu durant cette session que l’ennéagramme permettait de répondre à une question essentielle, celle de la parabole du bon Samaritain :

« Qui est mon prochain ? »

A cette question, le Christ a donné une réponse qui bouleversa et ravisa toutes les conceptions communément admises. Le prochain n’est pas celui qui est proche de moi (ou que je crois semblable à moi), mais celui dont je me fais proche et dont je prends soin.

Or comment se faire proche de l’autre sans se connaître soi-même? Et sans chercher à le connaître lui, tel qu’il est et non tel que me le représentent mes préjugés ou mon imaginaire?

L’ennéagramme permet de culbuter ces préjugés et cet imaginaire.

Par ailleurs, c’est une excellente arme anti-totalitaire.

Je m’explique :

Si l’on considère la plus belle parole jamais proférée dans l’histoire des hommes :

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même! »

Tout le monde est généralement d’accord sur ce programme…

Mais, nous avons tendance à aimer notre prochain… sauf (sauf untel, sauf ceux-ci, sauf ceux-là, etc.)

A partir du moment où j’exclus du champ du prochain ne serait-ce qu’un seul être, j’entre dans un processus totalitaire parce que je décide moi-même de qui compose la totalité.

C’est cela le totalitarisme, c’est dire : mon prochain sauf

Alors, concrètement, comment ne pas exclure? Sinon à en rester à de belles paroles pieuses?

Il m’est apparu clairement, durant ces deux jours, que l’ennéagramme était un bon moyen, pratique et réaliste, de ne plus dire sauf, ou de le dire moins.

Ce n’est pas le seul bien sûr, mais il est accessible et intéressant en ce qu’il offre la possibilité d’une confirmation de soi et de l’autre.

 

Fleurir

FLEURIR
par François-Xavier
avec Florence

 

Nous sommes dans une énorme digestion de ces deux jours passés avec vous tous maintenant que nous avons nommé.

Nous pouvons faire mémoire et fleurir comme au printemps.

 

C’est vraiment une merveilleuse autorisation que nous nous donnons grâce à cette recherche que vous nous faites faire, et dans laquelle vous nous aidez grâce à votre expérience et votre cœur.

Je transmets autour de moi le bien que je pense de votre travail.

 

Ennéagramme en entreprise

L’ENNEAGRAMME EN ENTREPRISE
par Jacques-Olivier

Supposons que votre manager vous demande, ainsi qu’à vos homologues, de lui envoyer d’ici la fin de la semaine un fichier Excel présentant votre marché. Quelle va être votre réponse selon votre base?

1 – Cette demande est trop générale, merci de préciser son contexte et les hypothèses sous-jacentes. Pour améliorer les process, il faudra l’intégrer dans le CRM ou l’ERP de l’entreprise.

2 – Je vais préparer un modèle de fichier, pré-rempli, que je partagerai à l’équipe en leur proposant de le remplir ensemble.

3 – Je renvoie le fichier complété ce soir.

4 – Mon cas est vraiment particulier, et cette demande est générique. Je sens que je vais plutôt préparer un PowerPoint.

5 – Je vais creuser le sujet et me renseigner dans la littérature ou des bases de données, afin de préparer une réponse argumentée et exhaustive.

6 – Cette requête devrait être gérée plutôt par le manager de l’autre équipe de l’organisation? En tout cas je checkerai toutes les formules, et le fichier sera crypté, avec un mot de passe.

7 – J’inclurai aussi dans le fichier d’autres informations sur des marchés adjacents potentiels auxquels je pense, une liste de nouveaux prospects et quelques éléments de benchmark.

8 – Je délègue la préparation à un jeune dans l’équipe (il est déjà dessus) et je renvoie le fichier d’ici 48 heures.

9 – Je le ferai demain, sinon ça déséquilibre trop mon programme. Chaque chose en son temps.

Sans mettre les personnes dans des cases, envisager des hypothèses pour son manager, ses interlocuteurs professionnels, les jeunes que l’on suit en mentorat… et ajuster son comportement en conséquence, peut éviter certaines tensions et incompréhensions au sein de l’entreprise.

Vous vous reconnaissez en base 1, perfectionniste, cherchant à transformer le monde? Il n’est pas forcément pertinent d’affronter votre collègue en le reprenant rigoureusement sur tout. Si vous supposez qu’il peut être 9 (voire qu’il l’a partagé avec vous), son ressort intime est d’éviter le conflit et il risque de faire de la résistance passive si vous le mettez sous pression. À vous de réfléchir, alors, pour trouver des moyens d’échange plus appropriés et plus efficaces.

Il faut de la volonté, une envie de se connaître, de découvrir, de mieux comprendre, du temps, et un questionnement de soi pour accueillir ce que l’on pense être sa base.

Il vous faudra des temps de silence, pour vous recueillir, réfléchir à vous. Et avec persévérance, à vous remettre en question.

Voici une excellente adresse, ancrée dans la philosophie aristotélicienne et chrétienne, et incarnée avec beaucoup de professionnalisme et d’enthousiasme lors de ses modules de formation : www.valeriemaillot.com

 

 

Chaque chose en son temps

CHAQUE CHOSE EN SON TEMPS
par Nicolas
de base 6

Cela fait longtemps que je voulais m’inscrire au M1, j’ai découvert ennéagramme grâce à mes
parents puis l’une de mes sœurs. Ma curiosité était piquée depuis des années mais je n’avais pas passé le pas malgré tout, je repoussais le moment car je ne me sentais pas prêt.

Après un Noël en famille, accompagné de nombreuses discussions sur l’ennéagramme, je me suis inscrit à mon retour de vacances car j’avais senti que le moment était venu.

Lors du stage et après quelques hésitations je me suis identifié à la base 6. Cette découverte m’a permis de mieux me comprendre et comprendre mon rapport aux autres.

Récemment un copain m’a dit que selon lui je me dévoilais en fonction du degré d’amitié que j’ai avec mon interlocuteur. J’ai trouvé cette analyse très juste.

Ce stage était très intense et m’a beaucoup plu, j’ai hâte de découvrir les autres modules et en
apprendre plus. Merci beaucoup !

Vers l’équilibre

VERS L’EQUILIBRE
par Corinne

Ce M1 à Fontainebleau fut un moment important pour moi.

En me permettant de cerner ma personnalité et de découvrir les huit autres bases, Valérie et François m’ont permis de comprendre l’incompréhension des autres  dans certaines situations.

J’ai également découvert la vertu qui me fait défaut et qui me permettra d’obtenir un équilibre parfois difficile à atteindre et à conserver.

Depuis huit jours, je pratique et je prends conscience du bien que cela me procure.

J’ai hâte de revenir pour les prochains modules, je suis très curieuse de découvrir tout ce que l’ennéagramme transmet, ce qui est très difficile à trouver seul.

Bien à vous, tous !

Comme un puzzle

COMME UN PUZZLE
Par Renée Michèle
de base 8

L’ennéagramme, j’y suis arrivée par une amie qui m’a chaudement recommandé de suivre cette formation. Je n’ai rien lu sur le sujet.

J’ai fait beaucoup d’ateliers par le passé. J’y allais sans attente, en imaginant que ce serait pour moi un énième outil. J’étais loin de m’imaginer ce qui m’attendais.

Avec Valérie et François, j’ai découvert qui j’étais ou plutôt j’ai accepté de reconnaître qui je suis. Le déroulement de ces deux jours s’apparente pour moi un puzzle qui se construit pas à pas d’une manière naturelle. J’ai eu l’impression que ça n’allait pas assez vite (peut être ma base 8 qui a parlé au début), mais au final toutes les informations sont arrivées au moment où nous en avions besoin.

Ce puzzle s’est fait dans la bienveillance, la chaleur et une écoute comme j’en ai rarement vu. Comme si chaque mot avait son importance, comme si tout notre être était écouté. Durant ces deux jours, je me suis trouvée et j’ai commencé à comprendre les autres.

J’ai particulièrement apprécié deux choses: tout d’abord, cette volonté perpétuelle de nous laisser nous connaître par nous-même, sans jamais le faire à notre place. Puis, la liberté que nous donne cet enseignement: loin de nous enfermer dans une case, cela nous offre une multitude de possibilités pour le futur.

Je suis sortie de ces deux jours fatiguée mais une bonne fatigue; je dirais une fatigue libératrice. Qu’est-ce que ça fait du bien de laisser notre moi intérieur se révéler et de se sentir plus fort ! Merci infiniment, Merci.

Et après le module 2 :

C’est fou comme je me sens plus libre après chaque session ! 🙂

Martin Luther King et la base 8

MARTIN LUTHER KING
Un archétype de base 8 en social*
par Pascal

Né le 15 janvier 1929, Mickaël (rebaptisé Martin Luther par son père à la suite d’un voyage en Allemagne) est fils et petit-fils de pasteurs. Etudiant doué et brillant (il sautera deux classes de lycée), il obtient d’abord une licence de sociologie avant d’obtenir un doctorat de théologie en 1954. Passionné de philosophie, ses maîtres furent Platon, Aristote, Saint-Augustin, Saint Thomas et surtout Hegel. Il sera aussi influencé par Marx, Gandhi et Reinhold Niebuhr pour le christianisme social. Il aurait voulu être enseignant (il sera finalement pasteur cinq ans à l’Église Baptiste de Montgomery en Alabama): il avait de rares capacités d’analyse et de synthèse, de logique, de rhétorique et de dialectique que l’on retrouve dans ses écrits et ses discours (autobiographie par Clayborne Carson ou dans La Force d’Aimer): bel investissement de sa flèche 5.

S’il n’a pas fait vœu de pauvreté, il n’a pas un goût immodéré pour le luxe, en revanche il est un tantinet coquet, toujours tiré à quatre épingles. Il ne renonce pas aux plaisirs naturels, à aucun plaisir. Il aime séduire les femmes, il n’est pas un ascète: grande sensorialité caractéristique de la base 8. Il n’a pas la rigueur voire la rigidité morale d’un Gandhi (sans doute de base 1) auquel il emprunte la philosophie de la non-violence, il est un américain de la middle-class noire.

En 1955 à Montgomery, sa ville, une femme noire Rosa Parks, est arrêtée pour avoir refusé sa place de bus à un blanc. C’est le début du combat de Martin Luther King. Tout au long de sa lutte pendant 13 ans, de Montgomery à Albanie (Géorgie), de Sainte Augustine à Selma (1965), de Chicago à Washington, il organise des boycotts, des sit-in avec occupation des locaux, des marches pacifiques contre la ségrégation raciale: c’est un homme de combat. La jeunesse des campus se rallie à sa cause, la Cour Suprême aussi, et dans son fameux discours I have a dream du 28 août 1963 rassemblant 250 000 personnes à Washington, il prône l’intégration raciale pour ses enfants et pour tous les noirs. En juin 1964, le nouveau Président Lyndon Johnson, certes homme du sud, mais de caractère intègre, prononce le Civil Rights. Martin Luther King se retrouve parmi les grands guides de son siècle: il fait partie des personnes qui, par leur charisme, enthousiasment leur entourage et motivent les individus à s’engager à leur suite.  Les gens le suivent parce qu’ils voient qu’il accomplit ce qu’il dit. King est l’exemple d’une personne de base 8 qui a su transcender sa colère par la non-violence. Il n’a pas besoin d’employer la force physique pour se protéger et il peut se mettre au service des vraies causes: son sens de l’action et son leadership font merveille. Il est assertif et sincère, sensible à l’altérité. Auprès de lui ses amis se sentent en sécurité, par l’investissement de sa flèche 2.

Il fut donc un leader incontestable: ainsi en 1957 il joua un rôle capital dans la fondation de la SCLC (Southern Leadership Conference), Conférence des Chrétiens du Sud, dont il fût le président jusqu’à sa mort. En 1955 à 26 ans, à l’unanimité, il devient président de la MIA (Montgomery Improvement Association). Il dira : « Je veux que nous sachions que nous sommes un peuple chrétien, nous croyons à la religion chrétienne, aux enseignements de Jésus. La seule arme que nous ayons dans les mains, c’est l’arme de la protestation. Ce n’est pas suffisant de parler l’amour, l’amour est un pivot de la foi chrétienne, il y en a un autre qui s’appelle justice« . Héraut de la non-violence, de la justice, Martin Luther King est un homme de grande foi et de prière qui a néanmoins connu des doutes, des angoisses et des luttes intérieures. Un jour, sa conscience prenant la voix de Dieu s’adresse ainsi à Martin : « Lève-toi, Martin, lève-toi pour les droits, lève-toi pour la justice, lève-toi pour la vérité, je serai avec toi jusqu’à la fin du monde ».

La personne de base 8 déteste l’injustice et pour le sous-type social, le bien du groupe est primordial. On reconnait volontiers Martin Luther King dans cette articulation type/sous-type: protecteur par excellence, sorte de patriarche malgré sa jeunesse; il sait s’entourer pour que son action ait un rayonnement large: Rosa Parks, Rufus Lewis, et surtout Ralph Albernaty (l’ami de toujours au visage rayonnant) sans oublier Jesse Jackson qu’il aime comme un fils, son digne successeur, doué, vif, intelligent. Les stars sont présentes d’Henri Bellafonte à Sidney Poitier, en passant par John Baez et Bob Dylan, sans oublier Mahalia Jackson, James Baldwyn ou encore Paul Newman.  Il fut proche des Présidents Nixon, JFK, Lyndon Johnson et aussi de Robert Kennedy: il a voyagé en Afrique (Nigeria), en Inde, en Europe (France), il a donc une dimension internationale toujours accompagné de son épouse. Il est un compagnon agréable habituellement serein, prompt à sourire, accessible à l’humour, en un mot, un bon camarade (aile 7). C’était aussi un homme de paix: il reçut d’ailleurs le Prix Nobel de la Paix à Oslo le 10 décembre 1964. Il en fût le plus jeune Lauréat. Le chanteur Ben Harper qu’il l’a bien connu écrira: « Nous avons une grande admiration pour lui » et il dit à son sujet : « le plus étonnant chez Martin Luther King, c’est qu’il respirait la paix, elle émanait de lui, de tout son être, du moindre regard au moindre geste. C’est le grand homme, un des êtres le plus pacifique que le monde ait connu, tout était prière pour lui et c’est exactement la voie à suivre. » (aile 9 vraisemblablement dominante).

En 1963 dans sa célèbre lettre de la prison de Birmingham, qui a peut-être une importance aussi capitale que son discours de Washington, il écrira : « Il existe deux catégories de lois: celles qui sont justes et celles qui sont injustes; je suis le premier à prêcher l’obéissance à des lois justes. L’obéissance aux lois justes n’est pas seulement un devoir juridique, c’est aussi un devoir moral. Inversement, chacun est moralement tenu de désobéir aux lois injustes. J’abonderai dans le sens de Saint-Augustin pour qui une loi injuste n’est pas une loi« . Et plus loin il continue : « Jésus n’était-il pas un extrémiste de l’amour : aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous persécutent, priez pour ceux qui vous maltraitent . Amos n’était-il pas un extrémiste de la justice: Que le droit jaillisse comme des eaux et la justice comme un torrent intarissable. Et enfin Abraham Lincoln n’était-il pas un extrémiste de la liberté? Une nation ne peut vire mi libre, mi esclave« . Martin Luther King est entier.

En 1964 à Chicago il s’en prend à la guerre du Vietnam et à la pauvreté : « Une nation qui continue à dépenser davantage pour ses moyens militaires que pour ses programmes de promotion sociale s’approche de la mort spirituelle« . Il incite les jeunes américains à être objecteurs de conscience en incluant les amérindiens, les mexicains et les blancs pauvres. Mettre sa force au service du petit, du faible, du pauvre: la priorité de la personne de base 8.

Il fut suspecté de communisme comme Dorothy Day, Oscar Romero et tant d’autres chrétiens qui avaient une lecture politique de l’Evangile. A sa gauche on le trouvait trop mou, trop faible: Malcom X, figure montante des Blacks Panthers séduisait de plus en plus de gens et mettait en cause sa philosophie de la non-violence. Martin Luther King, sans les approuver, les comprenait et d’ailleurs il rendit hommage à Malcom X lorsqu’il fût abattu à Harlem le 21 février 1965. A sa droite, des hommes comme Connaly, Wallace et surtout Hoover le haïssaient: ils étaient ses ennemis eux qui avaient fait abattre John Fitzgerald Kennedy. Lui, savait qu’il ne verrait pas ses 40 ans. Cela ne l’a pas arrêté, c’est un jusque boutiste qui se soucie peu des fatigues et des oppositions, qui y trouve même son énergie.

Le plus dur, Hoover (sans doute 6 contre-phobique), patron du FBI, essaya de le discréditer en mettant en cause sa fidélité conjugale, mais ce n’était que des rumeurs infondées: même si King aimait séduire, il aimait profondément sa femme Coretta et leurs quatre enfants qu’il ne vit pas beaucoup, eux qui poursuivirent son œuvre à leur façon. Il sourit des années plus tard à la manière dont il s’y était pris pour demander Coretta en mariage : « Bonjour Coretta, je suis Martin Luther King, étudiant en théologie, tu sais tout. Napoléon a eu son Waterloo, j’ai mon Waterloo aujourd’hui et je suis à tes genoux ».  C’était en janvier 1953, il avait 23 ans, elle en avait deux de plus, elle étudiait la musique et le chant.

Le 3 avril 1968, à Memphis (Tennessee), il est venu soutenir les éboueurs noirs en grève. Dans son dernier discours, il dira « I have been to the moutain-shop  [j’ai été au sommet de la montagne]. La longévité est importante, j’aimerais avoir une longue vie, mais je ne suis pas concerné par cela, je veux juste accomplir la volonté de Dieu. » Il est assassiné le lendemain, le 4 avril à 18h01, au balcon du Lorraine Motel par James Earl Grey, ségrégationniste blanc: on a parlé d’une conspiration mafia-FBI. D’après le biographe Taylor Branch, l’autopsie de Martin Luther King révéla que bien qu’il n’ait que 39 ans, son cœur paraissait celui d’un homme de 60 ans montrant physiquement l’effet du stress, de la fatigue, de nuits sans sommeil ou en prison.

Entre 1957 et 1968 Martin Luther King avait voyagé plus de 9,6 millions de km tout autour du monde, a parlé plus de  2500 fois en public, a été arrêté par la police plus de 20 fois avec des dizaines de jours passés en prison et agressé physiquement au moins quatre fois. Johnson déclara un jour de deuil national le premier pour un afro-américain; 300 000 personnes assistèrent à ses funérailles. Mahalia Jackson chanta son hymne favori: Takemy hard precious Lord. Martin Luther King a été élu personne de l’année par le magazine Time en 1963. Il a reçu le prix Pacem in terris basé sur l’encyclique de Jean XXIII. Le 2 novembre 1983, Ronald Reagan signa une loi créant un jour en février l’honorant: le Martin Luther King Day. King est considéré comme l’auteur des plus grands discours historiques des USA aux côtés d’Abraham Lincoln et John Fitzgerald Kennedy. Neuf cent villes ont une rue Martin Luther King en 2018 et vingt universités l’ont fait Docteur Honoris Causa. En base 8, rien ne se fait dans la demi-mesure.

Jesse Jackson, compagnon de toujours, déclare qu’il aurait aimé qu’il soit le témoin de la victoire de Barak Obama, premier Président noir des USA. Ce dernier a rempli sa campagne de références à Martin Luther King lui rendant hommage, a placé son buste dans le bureau ovale de la Maison Blanche et le 16 octobre 2011, inaugurera le mémorial Martin Luther King à quelques mètres du Lincoln memorial où il prononça son fameux I have a dream. Sans être un surhomme ni un saint, Martin Luther King fut un homme de grande foi, un leader charismatique, un combattant infatigable de l’amour et de la justice par la non-violence: un bel archétype de base 8 qui a su mettre son talent de force vitale au service du monde, en se gardant de son excès de passion – la luxure, par la vertu de douceur.