Article mis en avant

Travailler ou danser ?

TRAVAILLER OU DANSER ? 
par Sophie
de base 1

Toute perfectionniste que je suis, j’avais écrit, immédiatement après le stage, un texte métaphorique: je suis un brouillon. Trois mois plus tard… il n’est toujours pas envoyé évidemment. Parce que je considère tout ce que je fais comme un brouillon, j’ai souvent renoncé à finir mes projets, ne voulant jamais qu’ils soient figés dans une forme imparfaite. Et bien sûr… acte manqué… aujourd’hui, je ne retrouve plus mon texte!

Quand je préparais mon mémoire de recherche, un jour, j’avais plusieurs semaines de retard pour rendre une fiche de lecture analytique. À tel point que la directrice de mémoire se demandait si je savais bien lire et écrire! Ma fiche s’allongeait et se réorganisait sans cesse, je n’y voyais que brouillon à reprendre. L’outil numérique aidant à effacer, couper, coller à l’envi, je ne voyais plus la trace des heures de travail passées à faire et défaire. Je n’aimais pas relire mes brouillons alors souvent je recommençais, repartais d’une nouvelle feuille blanche.

Si bien qu’au bout du compte, je m’enlisais, estimant que le résultat n’était pas à la hauteur d’autant de travail. Et de fait, j’étais tombée dans une spirale vicieuse: je n’y voyais plus clair et mon travail était arrivé à un point de qualité au-delà duquel mes prétendues améliorations n’apportaient aucun nouvel élément substantiel. Il fallait que j’arrête, ne me sentais pourtant toujours pas prête à l’envoi. Je stagnais, découragée, incapable d’y mettre un point final. Jusqu’au jour où une amie chercheuse universitaire m’a dit: « ce que tu appelles brouillon, c’est sans doute ce que l’on attend de toi ». Déclic. Pour l’anecdote, deux ans plus tard, quand j’ai rendu mon mémoire en entier, j’ai choisi une mise en page sobre et sans illustration, même en première page, signifiant ainsi que le travail n’était pas achevé… Je me suis même aperçu après coup qu’il y restait plusieurs coquilles. Paradoxe du perfectionniste qui rend un travail qui pourrait à certains égards sembler bâclé.

Le remède pour soigner mon perfectionnisme aigu? Me forcer à finir tout projet entrepris, quitte à me frustrer en ne commençant pas un projet tant que le désir et la volonté de le finir ne sont pas au rendez-vous. Je sais alors que je dois aussi veiller à ne pas tomber dans la facilité de la procrastination: tout est pensé cent fois, rien n’est commencé concrètement, rien n’est réalisé. Et l’antidote aux maintes idées de dernière minute? M’engager à respecter une échéance pour terminer un projet, dans un temps imparti, et y être fidèle.

Mais encore faut-il aller jusqu’au bout du geste. Reste ensuite à se détacher de l’artefact et à l’offrir au monde pour qu’il fasse sa vie. Ne pas succomber à l’ultime tentation: garder pour soi. J’aime travailler, seuls les moments présents comptent, dès lors, quand un projet fini, je m’en désintéresse. Quelle joie à se détacher d’un projet que l’on n’aura plus l’occasion de retravailler? Il ne me restera plus qu’à le relire, plus rien à faire. Or, j’ai besoin d’agir sur la matière, pas seulement de la contempler.

Par conséquent, lorsque j’envoie un travail fini, ce n’est pas parce que je l’estime terminé puisque j’y vois toujours des modifications possibles à essayer… mais bien parce que le temps fixé est révolu et que j’ai fait preuve d’un courage héroïque (oui :-)) en osant prendre le risque de livrer une part de moi-même si imparfaite soit elle. Si vous lisez ce texte, je m’en félicite, en même temps que je transforme progressivement la douleur de la séparation qui me ronge en soulagement, libérée de mes propres habitudes stériles et répétitives. Oui, entreprendre et mener à bien est une véritable ascèse au quotidien pour moi, tâcher de ne pas dévier: ne pas procrastiner et ne pas non plus produire des quantités astronomiques de brouillons pour assouvir mon besoin vital de créer. Mieux vaut pour un perfectionniste vivre dans une culture de tradition orale! Ou danser?

Est-ce la raison pour laquelle la danse est venue me chercher? Comme tout art vivant, elle contraint le danseur à mobiliser toutes ses ressources au moment de la représentation, pas de brouillon possible, pas de reprise… L’autre avantage de la danse est qu’elle n’est jamais figée, aussitôt un geste terminé, transition et l’on passe au suivant. À la fin de la danse, il ne reste une trace que dans la mémoire des corps, de ceux qui l’ont vécue, de ceux qui l’ont regardée. Il faut danser à nouveau pour que la danse existe, éternellement… Parfois dispose-t-on d’une photo mais il n’y a aucune ambiguïté sur le fait qu’elle n’est qu’un aperçu imparfait de la réalité vivante. Une vidéo? Idem. Donc la perfectionniste que je suis est en paix quand elle danse, car son travail n’est jamais fini.

Comme Ariane tisse inlassablement le même ouvrage, la danseuse aime à reprendre l’ouvrage de son corps qu’elle arrache à sa finitude par l’énergie vitale du travail, devenant lui-même prière, une expérience spirituelle et mystique de l’instant présent. Une éternité. Une grâce extatique.

 

de la responsabilité de la paix

DE LA RESPONSABILITÉ DE LA PAIX

« Notre unique obligation morale, c’est de défricher en nous-mêmes de vastes clairières de paix et de les étendre de proche en proche, jusqu’à ce que cette paix irradie vers les autres.

Et plus il y aura de paix dans les êtres, plus il y en aura aussi dans ce monde en ébullition. »

Etty Hillesum

Kaléidoscope

KALEIDOSCOPE
Par Sœur Louise
De base 3 en tête-à-tête

Je me sens parfois comme un cheval un peu sauvage, qui s’emballe facilement, prêt à se lancer dans une grande aventure, une traversée, avec tous ceux qui sont prêts à s’embarquer, sûr qu’il aura la force nécessaire pour atteindre son but, que rien ne pourra l’arrêter ou les empêcher. Il faudra peut-être parfois un peu ruer ou faire quelques écarts à gauche et à droite, voire même bousculer l’un ou l’autre en passant…

S’arrêter, prendre le temps d’une pause sera toujours difficile… seulement s’il faut! Mais pas trop longtemps! Il faut avancer!

Étonnamment le soir, à l’étage, notre cheval laissera peut-être la place au petit oiseau, une mésange, qui sera heureuse de partager un repas au coin du feu, avec d’autres, connus ou de préférence inconnus, et même peu considérés. Ecouter, chanter, prendre du bon temps ensemble et se rappeler d’où nous venons : tout cela sera très bon.

Régulièrement c’est aussi la petite ermite qui montre le bout de son nez: elle a un besoin farouche de se retrouver face à elle-même et à son Dieu qu’elle aime et dont elle se sait aimée depuis toujours. Maître de ce silence qui la refait, reprendre un contact prolongé avec notre mère Nature, qui l’engendre et l’enseigne, l’accueille toujours les bras grands ouverts, avec ses arbres si solides et uniques, la nourrit par sa pâque permanente, sa vie foisonnante et silencieuse, son chant gracieux et virevoltant, sa danse délicate et enivrante.

Ces différentes facettes, me demanderez-vous peut-être, peuvent-elles être amies et se conjuguer dans la tendresse?  Avec le temps et l’enracinement, la tempérance et le respect, un peu de sagesse, qui ne peut naître que de la brisure dé-couverte, cela peut donner naissance à une belle symphonie! C’est accepter d’être simplement un petit vase d’argile qui se laisse façonner, creuser, vider… et finalement trouver par la divine lumière.

Ou… un gruyère, après en avoir patiemment et douloureusement vidé les trous, qui se rend au Père dont il reçoit son si bon goût. Et finalement, les petits trous, ce n’est pas laid du tout ! La place est de nouveau libre pour recevoir, faire fructifier et rendre grâce: une nouvelle dynamique s’enclenche peu à peu.

La vie qui s’était un moment affaiblie… jusqu’à trembler de peur et frôler la mort et son pouvoir destructeur… la vie peut de nouveau dévaler mais maintenant doucement canalisée, comme un ruisseau qui bondit joyeusement dans son lit, comme une agnelle toute confiante dans le troupeau près de sa mère. Le mouvement des saisons continue, dans une nouveauté qui surprend toujours: c’est la bonté de notre Dieu, qui fait toute chose nouvelle, quand elles sont remises dans ses mains paternelles, par l’enfant caché en nous qui s’éveille… jusqu’au jour du Face-à-face éternel.

Le couple comme forêt vivante

L’ARBRE ET LE ROCHER
Métaphore d’un couple
par Florence de base 6 et Benoît de base 3

La forêt de Fontainebleau respire la nature et la vie! Merveille des merveilles… On s’y ressource, on s’y promène, on y discute, on y court, on y aime. Déjà vingt ans qu’ils se sont installés à sa lisière…

Elle, de son côté, doit être un de ces rochers de grès qui surplombent la forêt. Quel point d’observation formidable, offrant une vue inégalée sur tout type d’obstacle qui pourrait survenir… On n’est jamais trop prudent. Allons en haut du rocher pour voir au loin; et si un cerf bramant surgissait? Et si une biche nous offrait ses bonds les plus splendides? Surplomber et voir au loin: voilà la mission du rocher vigie, qui a besoin de se rassurer pour ne pas risquer d’être trahi par son environnement. A travers ses formes tout autant surprenantes qu’impressionnantes, le rocher s’émerveille chaque jour de son ancrage improbable dans le sable blanc, illustration de sa force apparente. Solide et fidèle, ils’intègre harmonieusement à la forêt qui l’entoure.

Et lui est cet arbre, vivant et robuste au milieu des rochers. Il se bat au cœur de la vie. Il veut être fort, il veut être remarqué parmi tous ses congénères! C’est le genre de défi qu’il affectionne particulièrement: s’adapter à son environnement pour réussir, et quoi de plus difficile que de s’épanouir au milieu des rochers, planté dans du sable… Cette énergie lui donne du courage, pour persévérer dans sa recherche de soleil et de ciel bleu, et grandir, ainsi, encore et toujours. Son objectif: pouvoir parler à ses voisins et leur dire j’y étais, et je l’ai fait ! Il fera face à la tempête et ploiera tant et plus, au risque de se mentir à lui-même sur sa force de résistance. Sa quête de la vérité est intacte; rompre lui est interdit !

C’est là, au sommet de cette belle forêt, que l’arbre et le rocher se sont rejoints, unis par le même désir, celui de partager une même aventure ensemble.

Un escargot : métaphore de la base 5

UN ESCARGOT CURIEUX
par Erika
de base 5 en tête-à-tête

Un escargot curieux de l’autre mais électrisé par lui.

Je suis de base 5 (c’est d’ailleurs une des excuses que je trouve pour rendre ma copie à Valérie avec des semaines de retard… parce qu’un 5 ne fait jamais les choses à chaud… et Valérie a la gentillesse de me trouver des circonstances atténuantes !).

Une base 5, tiraillée. Pas mal dans sa peau ; juste tiraillée entre deux forces contraires. Jamais contente. Qui voudrait être là plutôt qu’ici, qui se rêve la tête dans les nuages mais constate qu’elle a les pieds sur terre. Qui rêve de grandes fêtes folles à la Grande Bellezza mais qui tremble des genoux devant cinq personnes dans une salle d’attente.

Une base 5 en tête-à-tête, qui appelle l’autre de ses vœux… pour mieux le fuir.  

L’image qui m’est venue est celle d’un escargot. Je ne suis pas spécialiste des gastéropodes (que personnellement je préfère presque cuits avec un hachis d’ail et de persil) mais voici ce qu’il dit de moi.

Je suis donc cet escargot.

Protégé par sa coquille, son antre, son foyer, dans lequel il est seul, l’escargot est bien. Il réfléchit, contemple les rayons du soleil à travers sa coquille, hume l’odeur qui remonte de la pelouse dans la spirale qu’il habite si complaisamment. Seulement voilà, l’escargot a, de temps à autre, une furieuse envie de partir à l’aventure du monde et, plein d’allant, après avoir mûrement réfléchi, il se lance et sort ses antennes, joyeux à l’idée de rencontrer cet autre, si semblable et si différent. L’idée est plaisante, l’envie furieuse.

Mais voilà que l’autre se présente à lui, en chair et en os (si l’on peut parler ainsi d’un escargot…). L’autre est content de voir l’escargot, si souvent enfermé dans sa coquille, toutes ses antennes dehors, prêt apparemment à la rencontre. Seulement, autrui n’est pas qu’une idée… il en impose. Et notre escargot, lui habituellement si lent, rentre précipitamment au moindre contact avec lui dans sa coquille, comme électrisé par ce qu’il appelait pourtant de tous ses vœux, à la fois déçu de n’avoir pas affronté le monde, triste de se retrouver seul alors qu’il désirait ce contact… mais terriblement soulagé de n’être plus en prise avec le danger.

Une fois la peur passée, l’envie de la rencontre, la curiosité renaissent de plus belle. Et l’escargot retente sa chance. Prudemment. Il finit par trouver dans la multitude (et très vite, de peur de se faire agresser par elle) un autre à sa mesure : ni trop bavard (il finirait très vite par ne plus l’écouter), ni trop silencieux (quitte à trouver le silence, l’escargot le préfère seul dans sa coquille).

Alors l’escargot se met à parler (mais souvent à faire parler !), à tisser des liens, ses antennes plongées dans les yeux de l’autre, intensément. Le monde n’existe plus. Seuls comptent les yeux de l’autre dans lesquels il se plonge comme il se plongerait dans sa propre coquille. L’autre devient une coquille de substitution. Les yeux de l’autre sont pour quelque temps son refuge, ses œillères. Il ne l’écoute pas, il comprend déjà ce que dit son être, il ne le regarde pas, il le sonde au plus profond de lui. Mais il est tellement impliqué dans ce tête à tête qu’il en oublierait presque sa propre coquille. Presque.

Parce que rapidement, quand même, abreuvé de l’autre qu’il a essoré, il aspire à reprendre son souffle. Et il ne peut le reprendre que loin des yeux qui l’ont nourri durant ces instants. Alors plein de cet autre, il rentre dans sa coquille… et attend  que resurgisse le désir de la rencontre.

Vers le pardon

VERS LE PARDON
Par Pierrick
de base 1

Perfectionniste ? Je me reconnais en effet assez bien dans ce terme, même si bien sûr, comme pour chacune des bases de l’énneagramme, un mot seul est forcément très insuffisant pour bien définir telle ou telle base.

Oui, j’ai l’amour du travail bien fait… voire très bien fait ! C’est le cas au travail bien sûr, mais aussi à la maison ou en famille pour des choses plus futiles. Un discours de mariage par exemple? Pourquoi se contenter d’un bon discours… alors qu’en travaillant bien et en soignant les détails, notre discours pourrait devenir excellent ?

La conséquence ? Une très forte exigence, pour moi d’abord, pour les autres ensuite… Je supporte difficilement que les choses soient faites de manière moyenne, alors que nous pouvons (ou que nous devons, tout dépend du contexte) très bien les faire.

Cet amour du travail bien fait s’accompagne d’une attention très forte à l’éthique et à la vérité: bien faire les choses, ce n’est pas seulement être efficace, c’est aussi les faire dans les règles. Malheureusement, les choses ne se passent pas toujours comme on le souhaiterait…

C’est là que la connaissance de sa base se révèle utile : lorsqu’un perfectionniste est
confronté à des choses mal faites, la colère monte… C’est déjà, me semble-t-il, le premier intérêt de la connaissance de sa base : mettre des mots sur ce que l’on vit. Comprendre d’où vient cette colère… Comprendre que la colère est liée à son mode de fonctionnement. Comprendre que c’est normal de réagir comme cela quand on est de base 1… C’est très éclairant !

Il faut alors apprendre à accueillir cette colère… Pour les personnes de base 1, c’est un véritable défi: soit on contient cette colère… mais c’est difficile à vivre (surtout pour soi-même). Pour moi, le risque, c’est la tentation de passer mon temps et mon énergie à médire… Soit on fait sortir cette colère qui explose… mais souvent de manière forte et maladroite.

Les pistes? En ce qui me concerne, la première fut avant tout d’apprendre à dire les choses! C’est ce que j’ai appris à faire. Quelle libération lorsque j’ai découvert cela! Les choses ne sont pas faites comme elles le devraient? J’ai appris à le dire, et non pas à le garder pour moi, tout en essayant de faire paraître le moins possible la colère qui m’habite. Maintenant, je dis les choses : quelle libération quand les choses sont dites!

Seconde piste: apprendre à repérer les feux verts et les feux rouges. A quoi cela sert-il en effet de s’évertuer à vouloir absolument changer et améliorer les choses, si ce n’est pas possible? Tout ne dépend pas de nous, tout ne peut pas être amélioré… Apprendre à discerner les feux rouges, cela permet d’éviter de perdre son temps et son énergie sur ce qui n’en vaut pas le coup, pour se concentrer au contraire sur ce qui peut être changé et amélioré.

La troisième piste est commune à toutes les bases me semble-t-il: celle du pardon. Pardon à soi-même d’abord, par l’accueil de notre nature telle qu’elle est, avec ses imperfections. Pardon à ceux qui nous blessent ou nous ont blessé, considérant ce qu’ils sont et leur manière de vivre les choses différemment de nous. Même si avec le pardon nous entrons dans une autre dimension, celle de la vie de foi, l’ennéagramme y conduit comme naturellement. J’ai personnellement la conviction que ce pardon n’est possible qu’avec l’aide de Dieu, pour un chemin de lumière, de paix et de joie !

Étonnant !

JmETONNANT !
Par Jacques et Martine

Deux jours passés près de vous à Fontainebleau… étonnants !

A notre âge, nous pensions avoir à peu près tout expérimenté, mais notre fille nous ayant parlé avec tant d’enthousiasme et de persuasion de sa propre expérience avec vous, a réussi à nous convaincre de faire le déplacement, en ce qui me concerne, par simple curiosité… en ce qui concerne mon époux, par affection pour sa femme et sa fille, lui-même venant avec des pieds de plomb!

D’emblée, nous avons été pris par l’intérêt du sujet, la clarté de l’enseignement, comprenant très vite que nous avions à faire à un jeune ménage expérimenté et compétent, se complétant merveilleusement, sachant nous transmettre un vrai savoir avec sérieux et humour à la fois. Attentifs à chacun, nous aidant à cheminer sur la découverte passionnante de la connaissance de soi et des autres… nous nous sommes laissés guider en toute confiance. Nous sommes rentrés un peu fatigués, je dois l’avouer, la somme de connaissances à enregistrer étant assez dense, en dépit de joyeux moments de détente, mais vraiment heureux de ce que nous venions de vivre et de partager avec d’autres!

Personnellement, cela m’a apporté une grande paix. J’ai réalisé dans mes relations les plus proches (mari, enfants..) que je me battais bien souvent en vain! Notre caractère, notre personnalité, dépendent en grande partie du type auquel nous appartenons, avec des nuances et des cheminements différents suivant les acquis et l’éducation reçue, bien évidemment. Quand on découvre tout cela, notre regard change. Nous passons d’un regard critique à un regard de bienveillance, j’ose presque dire de miséricorde, et cela change tout dans nos relations!

Je ne sais comment vous en remercier, sinon en vous disant que nous ferons certainement une autre session d’approfondissement dès que nous le pourrons et que nous essaierons de persuader des plus jeunes de faire cette expérience, soit au moment des grands choix de vie, soit après des épreuves douloureuses, car c’est un excellent moyen de renaître à la vie!

 

Présence à soi

0PRÉSENCE A SOI
Par Laurence
Attachée de recherche clinique
Dans le cadre d’un stage de cohésion d’équipe médicale

Cette expérience m’a beaucoup apporté et m’a permis d’obtenir une vision de moi-même tellement plus lucide et tellement plus éclairée.

Je me sens beaucoup moins perdue face à certaines de mes réactions qui auparavant me semblaient parfaitement incompréhensibles et ridicules.

Je me comprends mieux et me sens moins étrangère à moi-même.

Le fait de savoir où sont mes faiblesses me permet de me focaliser sur la recherche d’une démarche positive pour les contourner.

Louis XVI et la base 9 en survie

LOUIS XVI louis-xvi-1
un archétype de base 9 en survie*

Il est difficile de parler de Louis XVI sans évoquer l’histoire passionnante et mouvementée de la fin de l’Ancien Régime et de la Révolution. Mais nous ne pourrons dans le cadre de cet article nous attarder sur l’explication de ses événements. Nous garderons le cap sur l’essentiel, sans musarder, à savoir la figure de Louis XVI, le roi guillotiné.

Louis, duc de Berry, naît dans une fratrie nombreuse derrière Louis, duc de Bourgogne, héritier du trône et objet de toutes les attentions, Xavier, duc d’Aquitaine, et devant Louis, duc de Provence, le futur Louis XVIII, et Charles, comte d’Artois, futur Charles X. Dans l’ombre de Provence, déjà fin, amusant et supérieurement adaptable à défaut d’être franc, et de Bourgogne, héritier idéal par son charme et une forme précoce d’ascendant, Louis passe inaperçu. Sans doute cela n’a-t-il pas arrangé la faible confiance en soi qui caractérise les personnes de bases 9, capables d’une telle écoute qu’elles peuvent finir par se trouver transparentes. Lorsque le dauphin, victime d’un accident sera alité, on le séparera de sa nourrice, ce qui sera pour lui un déchirement et il sera réduit à être la poupée de son frère. Une enfance et un caractère qui ne prédisposent pas à l’exercice du pouvoir, sauf que, Bourgogne mourant, Louis se retrouve dauphin en 1761. Il a sept ans.

Très vite on notera chez lui une tendance profonde à la dispersion – pour ne pas dire narcotisation – ce phénomène qui consiste à se plonger dans une foule d’activités périphériques (jusqu’à la suractivité) pour éviter l’affrontement à la chose même. Serrurerie, géographie, chasse sont des hobbies auxquels il consacre un temps considérable. Illustration : après une nuit de noces catastrophique avec la jeune Marie-Antoinette (ils n’ont que seize et quinze ans au demeurant), il part à la chasse au petit matin, comme pour exprimer une colère qui l’habite sourdement, mais ne sait s’exprimer.

Tout son début de règne est marqué par une recherche éperdue d’une harmonie impossible. Son premier geste (1775, il a 21 ans), inaugurant une politique de compromis qui ne lui permettra jamais d’avoir la main, est de renvoyer Maupeou qui était en train de réformer la vieille société d’ordres et qui, c’est l’avis de nombreux historiens, avec trois ans de plus aurait évité à la France une révolution. Le second est de rappeler les Parlements et de laisser s’installer une contestation aristocratique impossible à maîtriser dans un pays traversé par des revendications parfaitement contradictoires.

Louis n’est pas faible pour autant. Son discours devant les Parlements est plein de majesté et d’une certaine force. Mais il veut être craint et aimé, refuse le conflit en pensant que tout peut s’accorder. En 1786, il a une nouvelle chance de réformer le pays avec Calonne qui souhaite renouer avec la politique de Maupeou. Mais Louis XVI refuse de renvoyer les Parlements qui font obstacle à une réforme qui ne ferait pas leurs affaires. Encore cette peur du conflit. Calonne ne peut rien faire. Nous sommes en 1786: la monarchie d’Ancien Régime est déjà vacillante avant même que la révolution n’éclate. En voulant coûte que coûte préserver l’harmonie, en refusant le conflit, Louis XVI a laissé s’installer les conditions d’une explosion sans précédent en huit cent ans de monarchie capétienne.

La suite sera une longue agonie. La Révolution éclatant, Louis XVI tente de concilier l’inconciliable, la société d’ordres et la nation. Il ne choisit pas, alors on choisit pour lui. Renvoyant Necker puis le rappelant sous la pression, Louis perd toute crédibilité. La Révolution lui donne le droit de veto: il l’utilisera avec un art consommé de la résistance passive (où se manifeste la grande puissance de la base 9). De même fera-t-il preuve de courage face aux foules menaçantes. On peut difficilement mettre la fuite à Varenne sous le coup de la lâcheté, mais plutôt dans une tentative, encore maladroite, de trouver une issue. Une base 9 n’a pas peur, elle n’est pas faible par constitution, mais sa force est comme empêchée par un engourdissement.

ParSEdH74Les derniers moments, le procès, le testament qu’il rédige, sa dignité face à ses bourreaux, donnent à Louis XVI un rayonnement que sa vie politique n’aura pas pu lui procurer. De fait, Louis XVI n’était probablement pas de sous-type social. Il semble ne pas comprendre ce qui se passe, quand bien même est-il un homme d’une grande intelligence. En réalité, les questions de pouvoir paraissent lui échapper. Comme les jeux de la séduction, contrairement à la reine. L’homme passionné de géographie, de serrurerie et de chasse n’est jamais plus à l’aise que dans le cercle familial et domestique. Possiblement en survie, il trouvera sa place au moment où lui et sa famille sont aux mains des révolutionnaires. Louis XVI, à l’heure de sa mort, est un père de famille qui donne l’exemple à ses enfants, et continue à aimer son peuple avec lequel il a eu un rapport paternel dans une époque qui tue le père.

On imagine la souffrance intérieure qu’a dû subir ce roi assoiffé de paix et de concorde, au cœur d’une des périodes les plus violentes de l’Histoire. Ses derniers mots marquent la beauté d’un itinéraire spirituel et résonnent, au moment où la machine infernale va lui donner la mort, comme un cri de paix et d’harmonie : « Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France ».

* L’archétype est un représentant connu et supposé d’un type de l’ennéagramme, l’hypothèse reposant sur des éléments caractéristiques de sa vie ou de son oeuvre. 

 

de la sympathie

Mieux se connaitre et mieux comprendre les autres 
sont les deux finalités de l’ennéagramme.

Mais dans l’ordre selon la parabole évangélique : « Quoi? Tu regardes la paille dans l’œil de ton frère; et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas? » Matthieu 7, 3

Même sujet, autre version, avec ces 6 minutes de vidéo truculentes… à la Luchini:

« Tu n’as de sympathie avec l’autre que ce que tu as accepté de sympathie avec toi. »

Enjoy !