Aristote et l’ennéagramme

 

Norbert Mallet

Norbert Mallet

DEVENIR SOI-MEME AVEC L’ENNEAGRAMME
Norbert Mallet
Salvator

C’est peu de dire que ce livre était attendu par ceux qui connaissent Norbert Mallet et savent que derrière le fin praticien de l’ennéagramme, il y a le philosophe formé à l’IPC et le chrétien convaincu. Ce livre n’est pas un énième livre sur l’ennéagramme, mais un ouvrage de réflexion qui apporte beaucoup sur le discernement quant à cet outil.

Devenir soi-mêmeLa grande idée de Norbert Mallet est de relier l’ennéagramme à une philosophie, afin d’ancrer cet outil de développement personnel (je préfère quant à moi le terme de connaissance de soi) dans une éthique qui puisse lui donner un cadre. Cette éthique est celle d’Aristote, et précisément l’éthique des caractères qu’il développe dans l’Éthique à Eudème, moins lue que l’Éthique à Nicomaque.

Aristote, on le sait, montre que l’homme cherche le bonheur et qu’il le trouve par la vertu. Or, chaque homme a son propre chemin vers le bonheur en fonction de son caractère qui lui fait développer une vertu en particulier qui est sa voie propre vers l’ensemble des vertus qui sont toutes connectées les unes aux autres. Un des apports majeurs du livre de Norbert Mallet est de montrer que l’idée que chacun doit tendre à développer une vertu particulière qui correspond à son caractère n’est pas une invention récente, moins encore ésotérique, mais qu’elle nous vient du plus grand philosophe de tous les temps, dont le christianisme a intégré l’apport éthique et politique. Ce n’est pas rien.

Autre aspect important, le livre rappelle que pour Aristote, la passion est neutre et que la vertu est une médiété entre un excès et un défaut de la passion. Par exemple, la peur est une passion neutre mais qui peut se transformer en lâcheté (par excès) ou en témérité (par défaut). La vertu sera alors le courage qui se situe au juste milieu de ces deux écueils et c’est, vous l’aurez reconnu, toute la problématique du type 6. Ce que l’ennéagramme nomme à tort passion n’est que l’excès de la passion. Le savoir est utile, ne serait que pour éviter de tomber dans le défaut de sa passion en croyant être dans sa vertu.

Dans les stages que j’anime, je reprends le travail de Norbert en tâchant de le faire coller davantage aux passions (donc excès de passion) traditionnellement décrits par l’ennéagramme. Tout un chantier où la douce tutelle du philosophe grec est indispensable…

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