Le film : métaphore de la base 7

handsome man

 

 

LE FILM

par Philippe, base 7

Je suis comme un film…

Devant un scénario extrêmement riche, je veux tout, ne choisis pas. Je vois en chaque idée toutes les possibilités : un plan fixe large, un gros plan, un panoramique, un travelling. Entre ces possibilités je ne choisis pas. Je passe de l’une à l’autre avec des transitions habiles. Je rebondis, vais de l’avant, imprime au film un rythme éblouissant.

FilmEt si une scène me résiste, me met mal à l’aise, je la bâcle, ou même la supprime. Au montage, je sacrifie peu, joue de la redondance et imprime un rythme saccadé pour mettre dans le temps imparti tout ce que je peux y loger.

Il en advient un objet assez brillant, mais un peu vain. Où l’on peut prendre conscience, passé le choc de l’esbroufe, d’une tristesse mal assumée remplacée par une violence virtuose mais creuse et repoussante, d’une sensibilité atrophiée, d’un discours narcissique et somme toute contestable car peu audible.

Un 7 qui évolue est un film qui prend son temps. Un film qui regarde. Un film qui s’ouvre à ce qui est là, sans poursuivre une idée de scénario planifiée. Un film où un plan fixe peut durer, afin que, sur la pellicule, au-delà des corps agités, à travers les corps tranquilles, l’âme apparaisse.

Un film qui sacrifie au tournage mille idées brillantes pour ne garder que celles qui, ici et maintenant, s’imposent par leur incarnation dans un acteur ou une actrice. Qui accepte de suivre ce que tel ou tel acteur montrera, et qui n’était pas prévu. Qui se satisfaira de la pluie ce jour où le soleil semblait nécessaire à la prise, car cette goutte de pluie sur la joue de cette femme introduit une fêlure, un soupçon de tristesse qui donne au film sa vie, cette vie là, réelle, inattendue, non désirée mais présente.

Un film qui, au montage, élague, abandonne, coupe dans le vif. Un film qui a accepté de souffrir, ou plus exactement de vivre les difficultés du tournage et du montage sans les nier, ce qui occasionne une souffrance certes réelle, mais tellement moins effrayante que celle qui était fantasmée.

Un film qui respire, qui chante, qui donne à voir. Un film qui vit. Enfin !

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