
NOSTALGIE D’UN PARADIS
par Emmanuel
de base 9
L’intérêt de ce stage des panels M2 est que l’on se pose les questions,
– que va m’apprendre l’autre,
– que vais-je leur faire découvrir de mes motivations?
Valérie apporte ses compétences et sa bienveillance pour en faire des journées marquantes.
Certains de ces témoignages ont résonné en moi pour me révéler une émotion, une nostalgie: celle du paradis perdu. Cette vie de plénitude qui aurait dû continuer, mais qui a été interrompue puis empêchée. Ce bonheur paradisiaque, si loin de la souffrance, certains en font une quête, moi j’en ai fait une nostalgie.
Que ce paradis soit celui de la genèse ou la vie initiale de Job, l’avoir quitté engendre chez moi une émotion de colère car je ne ressens pas la responsabilité de cette déchéance. Je conteste silencieusement cette chute, mon pays est ce paradis, pas cette terre bruyante d’egos. Avec quelques postures et biais cognitifs, je cherche maladroitement à simuler cet environnement idéalisé. Je sais bien que ma reconstitution est bancale puisque c’est ma paix, pas sa Paix.
Reste la réalité à laquelle je dois consentir: seule cette Terre m’a été offerte, avec ses sens, altérités et temporalités. Inutile de la vivre par procuration, à tout instant, il m’appartient de me mettre en ordre de marche pour la rencontrer. Je dois déposer cette nostalgie pour m’alléger d’un poids qui ne m’emmène nulle part. À moi d’accepter la douleur que cela engendre, de prêter attention à ma Terre pour en révéler sa grâce; accepter de la laisser engendrer mon désir puis inspirer mes actes.

Est-ce un ensemble de vaines incantations ? Mes kilomètres parcourus sur les chemins vers Compostelle m’ont montré que des fuites peuvent évoluer en engagements complices.

Le matin, on apprécie de quitter un lieu. On progresse le temps nécessaire, sur un chemin qui nous est inconnu, confiant des rencontres; enhardi par la destination choisie. Chaque foulée de notre corps devient un consentement à l’action; un abandon, sans attente en dehors de l’intuition d’être sur la bonne voie. Malgré les difficultés, sur cette terre et sous ce ciel, on s’accorde une légitimité à être pèlerin. Elle nous permet de sentir la Vie nous transmettre sa présence divine. Le chemin par défaut se transforme en nouvelles espérances à vivre.
Tous les chemins ne mènent pas à Compostelle, mais ces expériences terriennes de
disponibilités créatrices ne demandent qu’à être renouvelées.











