Inné-acquis ?

David Daniels

David Daniels

INNE – ACQUIS
Les découvertes de la science au regard de l’Ennéagramme

Cet article de David Daniels, fondateur de la Tradition Orale de l’Ennéagramme avec Helen Palmer a été publié par ses enfants à titre posthume, comme son ultime étude. Eric Salmon en donne la traduction dont voici quelques extraits. David part d’une étude scientifique portant sur 133 enfants (66 garçons, 67 filles) de 1956 à 1970. Son intérêt principal réside en ce que les deux chercheurs qui entreprennent cette étude relèvent neuf caractéristiques du tempérament dans la tranche d’âge de trois mois à dix ans qui correspondent étrangement aux modes d’attention des types de l’Ennéagramme

« Pour la crédibilité et la légitimité de l’Ennéagramme, cette étude est une vraie bonne nouvelle: elle est unique en son genre et fait référence dans le monde entier. Dans la même dynamique que les neurosciences, il semble que, dans ce que nous sommes, la partie innée de nous-mêmes soit plus grande que tout ce que l’on avait pu supposer. Chacun d’entre nous aurait une ou plusieurs réponses à l’environnement particulière dès l’âge de trois mois et récurrente sur la durée jusqu’à au moins dix ans. […]

Ce que nos réactions somatiques révèlent de ce que nous sommes

Avez-vous remarqué qu’en plus d’une structure de caractère particulière (facilement identifiable grâce à l’Ennéagramme), nous manifestons aussi des schémas somatiques tout au long de notre vie? Par exemple, nous pouvons remarquer qu’une personne est plutôt calme, renfermée, prenant du temps pour répondre aux situations, alors qu’une autre peut être plutôt bruyante, avec une réactivité rapide, voire confrontante? Certains d’entre nous sont davantage extravertis, alors que d’autres seront plutôt introvertis; certains d’entre nous plutôt facilement irritables, d’autres rarement énervés; certains réagiront agressivement, d’autres réagiront gentiment ou pas du tout.

Avons-nous choisi comment réagir aux situations quand nous étions petits? Ou est-ce que quelque chose en nous, quelque chose qui dépend de la façon dont nous sommes conçus, a choisi la réaction apparemment automatique à notre place ? Les mères disent souvent qu’elles ont vécu une expérience différente de chaque petit enfant, même in utero.

Pourquoi ?

C’est l’heure de parler du tempérament, c’est-à dire de la nature innée de la personne, d’autant plus que cela détermine beaucoup de notre comportement automatique habituel. C’est ce qui s’active pour mieux faire face et répondre à l’environnement. Personnellement, je sais que j’ai lutté avec mes schémas somatiques tout au long de ma vie. Ceci dit, mon travail sur moi a changé la façon dont je manifeste et gère ces schémas; je  suis maintenant moins dépendant d’eux. J’ai construit des capacités à répondre différemment aux situations, ce qui n’empêche pas le schéma originel d’être toujours là et  de toujours surgir comme première réponse possible.

Par exemple, en tant que type 6, je sais maintenant que j’amplifie facilement les situations potentiellement dangereuses et tout ce que je considère comme non fiable, mais j’ai appris à identifier ces tendances et à travailler dessus. Je peux maintenant appuyer sur pause et me demander comment j’amplifie le scénario catastrophe d’une situation donnée.  Apprendre à réguler me donne la possibilité de garder mon anxiété sous contrôle et me libère d’autant des contraintes habituelles de mon schéma réactionnel inné (générateur d’anxiété).

Alexander Thomas et Stella Chess, dans leur étude réalisée entre 1956 et 1988 (voir Thomas & Chess : Temperament and Development, New York, Brunner/Mazel, 1977) ont découvert neuf, oui neuf styles de tempérament chez les très jeunes enfants, âgés de 3 à  18 mois… Les enfants de moins de trois mois n’avaient pas été retenus dans leur étude parce que le temps et l’investissement pour examiner ces enfants les plus jeunes étaient trop élevés. Sur la durée, le développement continu de ces neuf schémas  (types) a été également reconnu. Ci-dessous les neuf tempéraments décrits par Thomas et Chess. Remarque : dans leur étude longitudinale, aucun tempérament n’était plus ou moins émotionnellement sain qu’aucun autre.

Remarquables découvertes, car elles établissent qu’il y a davantage en nous que la partie acquise/éducative dans ce que nous sommes et sommes devenus. Également intéressant, le fait que ces neuf tempéraments identifiables s’alignent si bien avec les neuf structures de l’Ennéagramme. Comme je l’évoquais plus tôt, de nombreuses mères ayant eu deux enfants au moins témoignent de  grandes différences  entre les personnalités de leurs enfants, y compris au niveau de leur activité et de leurs mouvements in utero. Même s’il y a de nombreuses variables possibles auxquelles attribuer ces différences, le tempérament inné,  tel qu’il se développe in utero, pourrait bien s’avérer un facteur signifiant.

Le tempérament, tel que nous pourrions le comprendre, est  une façon dont nous sommes biologiquement organisés, profondément ancré dans notre soma, il est le système de réponse fondamental de notre corps. Travailler avec notre tempérament pour modifier notre système de réponse demande du temps et une certaine conscience de soi, mais ce travail peut mener à une plus large flexibilité de réponse. Cet objectif vaut la peine dans le champ de notre travail sur nous-mêmes. Gardons bien présent à l’esprit qu’il ne s’agit pas de changer un tempérament pour un autre, parce que ça, c’est extrêmement difficile, voire impossible. Il s’agit plutôt de comprendre le fond de notre tempérament, de l’accepter, d’en voir les bénéfices, et d’essayer de l’élargir en travaillant sur nous.

Par exemple, un enfant de type Trois avec un niveau d’activité élevé est souvent considéré comme hyperactif, puisqu’il ne ralentit que rarement pour prendre conscience de ses sentiments dans le flux de l’action. Or, comme l’action est fondamentale dans son tempérament, il/elle n’a qu’une envie: faire quelque chose, demeurer actif, occupé, en mouvement.

Avec l’enfant de profil Quatre, le tempérament associé est d’humeur changeante, ce qui veut dire basculer de sentiments positifs (joie et euphorie) à des sentiments négatifs, comme la tristesse ou le manque affectif, qui renforcent la croyance que l’on est déficient ou anormal. Le chemin de développement de cet enfant passe par apprendre que les sentiments ne sont pas forcément valides. Avec le temps, ils doivent devenir conscients qu’une croyance négative de base peut impacter leurs sentiments autant que quelque chose d’extérieur qui les percuterait violemment. Autrement dit, les sentiments sont guidés par la connexion et l’amour (pour soi-même et pour les autres) ainsi que par les défis que nous rencontrons à certains moments, et sont d’autant plus  authentiques qu’ils n’émanent pas d’un sens inné de déficience.

Un enfant de base Huit exprime une certaine intensité et une forte réactivité; c’est un enfant qui n’aime pas qu’on l’empêche de faire ce qu’il/elle veut. Le chemin de développement consiste à élargir la gamme de ses impulsions pour inclure dans son schéma de réactivité des réponses plus tempérées, et remarquer aussi combien des réponses fortes peuvent impacter les autres. Enfants, ils peuvent grandement souffrir d’être punis pour leur exubérance ou leur explosivité, ce qu’ils peuvent internaliser comme injuste et douloureux et en arriver à croire qu’ils sont fondamentalement destructeurs d’une façon ou d’une autre. […]

En lisant cet article, prenez le temps de réfléchir à votre propre tempérament – ou à son équivalent sur l’Ennéagramme – ainsi qu’au tempérament de vos proches. Réalisez combien cette compréhension peut faire la différence sur comment vous réagissez envers vous-même et envers les autres. Evaluez combien cette compréhension, basée sur votre propre profil, peut faire la différence à votre ouverture au changement – flexibilité de réponse – et à un chemin de développement constructif. […] De mon point de vue, ce genre de connaissance donne toute sa valeur à l’Ennéagramme. Avoir à notre disposition un outil qui peut impacter si fortement nos interactions […] est le plus beau cadeau que je puisse imaginer. […] »

 

Une biche : métaphore de la base 6

27067891_544132789281777_7422063795849597582_nCOMME UNE BICHE DÉSIRE L’EAU VIVE
par Constance
de base 6

Dans un sous-bois sombre et épais (de Lozère pourquoi pas…), une biche est tapie. Les yeux écarquillés, les oreilles dressées, elle est aux aguets. Elle a soif. Elle crève de soif. Et elle est seule. Mieux vaut être seule que mal accompagnée… Mais le ruisseau est de l’autre côté, loin, là-bas. Et le reste du troupeau est de l’autre côté, loin, là-bas…  Il faut traverser. Mais c’est si difficile une traversée…  Cette feuille qui vient de tomber pourrait annoncer le chasseur, cette fougère qui frémit pourrait cacher un sanglier, ce minuscule nuage qui voile à peine le soleil pourrait devenir orage, et même ce chevreuil qui te fait signe de la tête pourrait bien vouloir ta perte aussi…  Et puis le chemin tourne, là-bas, on ne voit pas ce qu’il y a ensuite… et si la montée était trop rude ? Et s’il y avait un fossé infranchissable ? Et si le petit troupeau ne l’acceptait pas ?… Et si… Et si…
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Et toi insolent petit oiseau qui sautille insouciant de branche en branche en gazouillant que tout va bien…

Piquée au vif, en un tour de sang, la biche bondit, et court, court… cent mètres, et se recroqueville sous une bruyère. Pas folle.

Ô quand comprendras-tu, chante le petit oiseau, quand comprendras-tu…

Que témérité n’est pas courage,
Méfiance n’est pas prudence,
Doute n’est pas réflexion,

Alors que tu sais si bien…

Que fermeté n’est pas dureté
Douceur n’est pas mollesse
Confiance n’est pas naïveté

Va, va… il n’y a pas de courage sans peur…

Et le petit nuage, poussé par le vent, disparait loin derrière la colline.

Tu as raison petit oiseau. Tout dans la forêt  n’est pas dangereux, et mauvais, et méchant… il y du Bon et du Beau…  Parce que tu dis vrai je te suivrai au bout du monde, et je pourrais mourir pour toi.

Et la biche de se lever, et de courir, courir vers le ruisseau…

Respire ! – chante l’oiseau – Va ! Cours ! Bois ! Vis ! Aime ! Et deviens…

Changement de regard

AAEAAQAAAAAAAAJ3AAAAJDE0ODJjNjYyLTM2MjYtNDU1Zi05YzcyLWM1NmIzOTNjMDI1Nw 2CHANGEMENT DE REGARD
par Giovanna
Formatrice et consultante
Retour d’expérience d’un cycle VITTOZ de 8 séances de 2h via le programme FOVEA

C’est mardi aujourd’hui mais cette fois-ci pas de formation Vittoz, cela nous manque déjà…

Je voulais te dire que j’ai répondu aux questionnaires envoyés par l’étude FOVEA et que je suis toujours très motivée pour la suite.

J’ai pu remarquer qu’à chaque nouveau jour une pratique Vittoz arrive et m’accompagne dans les différentes situations de la vie. C’est vraiment génial.

J’ai commencé ce premier module par curiosité intellectuelle et j’ai vite accroché à la méthode qui, pour moi, est très parlante et vivante.

Elle a changé aussi mon regard vis à vis de moi-même, des autres, des situations à gérer. Merci…

Augustin ou la base 7 en social

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SAINT AUGUSTIN
Un archétype* de base 7 en social

Nous sommes nombreux à penser que saint Augustin pourrait être un bel archétype de la base 7. On connaît sa vie: jeune homme brillant, il fréquente les rhéteurs et mène une vie dissolue, au désespoir de sa mère, sainte Monique. Et puis, après un détour par le manichéisme, ce fut la rencontre avec saint Ambroise et la conversion qui va le mener à l’épiscopat d’Hippone en Afrique du Nord, et à produire une des œuvres les plus magistrales de l’humanité: théologien, philosophe, prosateur, mystique… Augustin est au sommet de ce que l’humanité a produit de plus génial.

Je ne m’attarderai pas ici à dire en quoi Augustin pourrait être un archétype de 7, mais plutôt à voir en quoi il constitue un modèle d’évolution pour les 7 d’aujourd’hui. Ce n’est pas tant qu’il ait mené une vie dissolue. Elle le fut sans doute moins que ce qu’il en a dit: comme saint Paul, il manie bien la rhétorique et sait accentuer ses turpitudes pour mettre en valeur sa conversion (on a là un joli signe de son sous-type social que sa capacité à sacrifier son plaisir propre pour exercer sa charge d’évêque confirmera).

C’est plutôt cette quête insatiable de nouveauté, cette fuite de l’ennui, cette recherche permanente de nouveau, d’excitation intellectuelle, et cet évitement de la souffrance qui nous orientent vers le 7. Combien de fois a-t-il ouvert la Bible et l’a-t-il refermée car cela l’ennuyait? Tout cela, au service d’un centre mental préféré (et d’autant plus impressionnant que nous sommes en présence d’un génie) qui lui rend difficile l’accès à ses émotions. Jusqu’à ce que le cœur s’ouvre, enfin.

Ce qui est admirable dans le chemin d’Augustin, c’est que les mots de plaisir et de désir demeurent des notions clef du début à la fin. Mais Augustin est passé de l’excès de passion de la base 7, la gloutonnerie (intellectuelle au moins autant que charnelle) à la sobriété (vertu de la base 7); de la dispersion à l’unification. Non pas que le désir ait été éteint, que la passion du plaisir (qui constitue, comme toute passion neutre moralement, un moteur) ait été étouffée: Augustin ne sombre pas dans le défaut de passion du 7 qui serait l’austérité. Pour une personne de base 7, il est plus facile de s’abstenir de boire que de boire modérément. Or, son chemin n’est pas l’abstinence, mais la tempérance: en goûtant et partageant le plaisir plutôt que de l’engloutir. Jusqu’au bout, Augustin n’aimera rien tant que ces soirées d’été où l’on parle avec des amis autour d’un verre de vin que le soleil a rendu aromatique et généreux. Il le dira dans les Confessions (4.8) : « Causer et rire en commun, lire ensemble de bons livres, être ensemble plaisants et sérieux. » Mais son désir est purifié, réorienté vers le seul objet de désir qui puisse étancher sa soif : Dieu.

C’est ce que l’on trouve dans ce magnifique extrait tiré du Commentaire de l’Évangile de Jean, une conception renouvelée du plaisir: « Être attiré par le plaisir, qu’est-ce que c’est? Mets ta joie dans le Seigneur, il comblera les désirs de ton cœur. Il y a un certain plaisir du cœur, lorsqu’il trouve délicieux le pain céleste. Si le poète a pu dire : Chacun est attiré par son plaisir  — non pas la nécessité mais le plaisir, non pas l’obligation mais la délectation — à combien plus forte raison nous-mêmes devons-nous dire que l’homme est attiré vers le Christ : l’homme qui prend sa joie dans la vérité, sa joie dans la béatitude, sa joie dans la justice, sa joie dans la vie éternelle. Or, le Christ est tout cela. » Commentaire de l’Évangile de Jean

Tout cela est bien joli me direz-vous. Mais qu’est-ce qui fait que moi, pauvre 7 en 2020, je peux espérer atteindre cette liberté dans le plaisir, liberté que je recherche au plus profond de moi-même alors que je fais le mal que je ne voudrais pas et que je peux devenir esclave de mes plaisirs, jusqu’à l’idolâtrie? À mon sens, l’ennéagramme comme tel ne donne pas de réponse à la question: il donne juste une boussole qui permet à chacun de trouver son propre cap en fonction de ses finalités propres.

Celui que propose Augustin est le plus sûr, le plus passionnant, mais aussi le plus difficile pour une personne de base 7 connue pour son côté généraliste, son génie du zapping et, à son pire, pour sa superficialité: celui de la plongée en lui-même, celui de l’intériorité. Car à force de chercher, de chercher jusqu’à en pleurer de rage, un jour, son cœur s’est brisé et il s’est ouvert: c’est le bouleversant texte des Confessions au chapitre 27 :

« Tard je t’ai aimée, beauté si ancienne et si nouvelle, tard je t’ai aimée.
C’est que tu étais au-dedans de moi, et moi, j’étais en dehors de moi !
Et c’est là que je te cherchais ;
ma laideur se jetait sur tout ce que tu as fait de beau.
Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi.
Ce qui loin de toi me retenait, c’étaient ces choses qui ne seraient pas, si elles n’étaient pas en toi.
Tu m’as appelé, tu as crié, et tu es venu à bout de ma surdité ;
tu as étincelé, et ta splendeur a mis en fuite ma cécité ;
tu as répandu ton parfum, je l’ai respiré et je soupire après toi ;
je t’ai goûtée et j’ai faim et soif de toi ;
tu m’as touché, et je brûle du désir de ta paix. »

Au bout du chemin se trouve pour la personne de base l’objet de sa quête, ce pour quoi il est fait et son talent propre à mettre au service du monde : la joie. Mais cette joie ne repose plus sur le sable des plaisirs, souvent bons et légitimes, mais éphémères et qui portent dans leurs délices la promesse amère de leur inéluctable disparition. Cette joie repose sur le roc de Dieu, celui de sa parole, celui de son eucharistie, celui du cœur à cœur de l’oraison, celui du corps de l’Église. Alors cette joie peut être sans voile, parce qu’elle est aussi solide que la promesse de Dieu.

« Donc, mes frères, soyez joyeux dans le Seigneur, non selon le monde. C’est-à-dire : soyez joyeux dans la vérité, non dans l’iniquité ; soyez joyeux dans l’espérance de l’éternité, non dans l’éclat fragile de la vanité. C’est ainsi qu’il vous faut être joyeux: en tout lieu et en tout temps où vous serez ainsi, le Seigneur est proche, ne soyez inquiets de rien. » Sermon 171

Augustin, par son évolution, montre qu’au cœur de la personne de base 7, se trouve tapie une immense soif d’absolu (certains parlent d’une flèche cachée – mystique – entre le 7 et le 4) que la plupart du temps, il ne s’autorise pas à accueillir par peur de lâcher les plaisirs éphémères dont il a fait des remèdes illusoires contre la souffrance. Car au fond, il a peur de cette plongée en eaux profondes qui, inévitablement, va le faire traverser ces ténèbres qu’il fuit, parfois depuis la petite enfance. Mais c’est le chemin nécessaire, celui de la Samaritaine – autre archétype de base 7 évoquée par Monseigneur de Roo –  symbolisé par la profondeur du puits de Jacob, pour arriver à trouver au-dedans de lui Celui qui l’attend pour lui donner la joie qui ne passe pas.

* L’archétype est un représentant connu et supposé d’un type de l’ennéagramme, l’hypothèse reposant sur des éléments caractéristiques de sa vie ou de son œuvre. 

 

 

 

La cloche : métaphore de la base 5

LA CLOCHE
par Anne
de base 5

Du haut de sa tour, paisible et solitaire,
Guettant, au loin, les premiers rayons du soleil,
Saluant, gaiement, le monde qui se réveille,
Une cloche, émerveillée, observe la terre.

Sa voix joyeuse et claire rythme les journées,
Avertit du danger, se fait alors puissante.
Et son carillon chante la vie naissante.
Quant aux mariages, sonne à toute volée.

Aux enterrements, son timbre grave et profond
Invite au recueillement, rappelle, plein d’espérance,
En s’éteignant dans le ciel avec confiance,
Que le Père attend, là, au seuil de Sa Maison.

Témoin des heures heureuses, amie fidèle,
Un matin, cependant, son ton se fit plus triste
De constater, qu’au fil du temps, point de visite,
Isolée dans son clocher, vraie citadelle.

Un homme, pourtant, surpris par cet air chagrin,F53
Entreprit l’ascension, découvrit la cachette
Servant d’abri à la gentille clochette
Qu’il saisit délicatement entre ses mains.

Devant tant de soin, elle lui dévoila son cœur
Charmant travail d’orfèvre, richesse insoupçonnée,
Qu’elle dissimulait de peur d’être abîmé,
Blessé ou brisé car empoigné sans douceur.

A l’intérieur d’elle-même se joue un drame :
Car un trésor enfoui ne profite jamais,
Son éclat ardent la consume vivement. Mais…
Osera-t-elle encore révéler son âme ?

Marche consciente de nuit

JocelyneMARCHE CONSCIENTE DE NUIT
par Jocelyne
Retour d’expérience d’un cycle VITTOZ de 8 séances de 2h via le programme FOVEA

Cet apprentissage des exercices Vittoz m’a été très bénéfique dès les premières séances.

J’ai vécu les rencontres hebdomadaires comme un cocon de paix, un lieu d’écoute et de partage, tremplin d’un renouveau de dynamisme et de confiance. J’y ai retrouvé la sensation d’être moi-même et une joie de vivre oubliée.

Grâce à une pratique progressive au quotidien, j’ai acquis un réflexe d’utilisation de certains exercices qui m’aident  à gérer chaque jour situations et  émotions.

L’un d’eux, la marche consciente m’a été particulièrement utile et m’a prouvé son efficacité lors d’un incident récent :

Contrainte de faire seule 14 km à pied suite à un problème de voiture survenu en pleine campagne à la tombée de la nuit, j’ai pratiqué cet exercice dès que je me suis sentie submergée par  des sentiments négatifs (colère et découragement).

Très vite ce périple est devenu une promenade agréable où tous mes sens se sont ouverts à l’écoute de la nature comme de mon corps.

J’en garde un très bon souvenir et qui plus est sans courbatures !!!

Merci de m’avoir initié à l’utilisation de ces outils si performants. J’ai hâte d’en découvrir d’autres.

La chenille et le papillon

unnamedLA CHENILLE ET LE PAPILLON
par Dorothée
de base 3 en social

Avez-vous déjà vu le dessin-animé 1001 pattes ?

Un des personnages principaux est une énorme chenille qui tout au long de l’histoire se lamente de ne pas encore être un papillon.

Finalement, le temps (ou la volonté !) fait son œuvre et elle peut enfin s’exclamer : « Je suis devenue un magnifique papillon ! ». Sauf que son corps n’a vécu aucune transformation et seulement deux ailes minuscules, incapables de soulever ce poids, sont apparues.

Quel lien avec l’ennéagramme ?

J’y viens. Mais parce que c’est un outil de connaissance de soi, il faut bien que je vous parle de moi… parce que cette chenille, c’est moi !

14344321_1506706142688178_2284939190376479121_nOui, je sens en moi cette âme qui désire si fort s’envoler, qui se sent appelée à goûter aux joies du ciel et à n’aimer que Dieu…

Sauf que je veux le faire sans voir ou accepter mes limites, sans l’humilité de la transformation lente et qui dépend de la grâce.

Quelle étrange situation que de désirer être maintenant ce que l’on sera un jour…

Je veux, je peux ! J’ai le désir d’être, alors il faut que je le fasse…

Vous commencez à voir la base 3 ?

Ouais, la volonté c’est bien, mais il manque l’abandon, l’humilité et le lâcher-prise ou plutôt le laisser-faire !

Et le sous-type social alors ?

C’est la partie la plus délicate à vous livrer de moi…

Ce sont les 3 modules suivis de manière rapprochée qui ont permis l’affleurement de cette découverte et c’est au cours de la messe du lendemain du dernier stage que j’ai fini par comprendre…

Difficile de vous en faire part car j’en éprouve une grande honte, mais je pense que cela peut m’aider à avancer, à évoluer…

Au cours des deux jours du module 3, le mot prestige de la base 3 sous-type social ne me parlait évidemment pas !

Être reconnue dans les multiples groupes auxquels j’appartiens, oui ! J’aime pouvoir rendre ce que je reçois en étant utile à ceux qui me donnent là où je suis compétente, logique ! 🙂 Mais pas besoin de paillettes, de titres et de médailles…

Mais finalement, et c’est là où c’est dérisoire, c’est bien au sein de la communauté qui me paraît la plus essentielle que je cherche ce prestige.

Allez, je prends ma respiration : Je-désire-être-sainte-mais-pas-n’importe-laquelle:une-grande-sainte-qui-puisse-rayonner-de-l’amour-de-Dieu-pour-le-monde-entier!

Voilà c’est dit ! Ah ! elle est belle cette chenille, n’est-ce pas ?

Je préfère en rire qu’en pleurer parce que je connais votre bienveillance et la miséricorde de Dieu, mais bon, le Seigneur a du boulot !

Et puis, au fond, je l’aime cette chenille qui un jour deviendra papillon.

 

Ré-épousé !

19424219_10155523243617948_7139740547238505122_nRÉ-ÉPOUSÉ !
par Anne
de base 6

Ce n’est pas sans appréhension que je suis arrivée à la session ennéagramme, était-ce une bonne idée me disais-je après avoir été très motivée, avoir hésité puis m’être lancée.

Mais pourquoi ce doute persistait-il en moi telle une petite voix ?

La réponse je l’eus dès le lendemain. Car telle ne fut pas ma surprise lorsque au fil du stage je compris où je me situais au niveau de ma base. Ce fut comme une révélation, un voile se levait, mes doutes, mes angoisses, mes questionnements… c’était lumineux. 

J’étais là…. Mais je comprenais également mieux pourquoi je me posais tant de questions de foi sur des sujets qui pourraient paraître tellement banals pour des gens croyants.

Donc plus de doute et ça c’est sûr, cette étude de la connaissance de soi va me permettre de mieux me comprendre et d’accepter ces doutes continuels. Elle va aussi me permettre d’avancer avec courage toujours à la lumière de l’Esprit Saint qui éclaire les esprits en proie au questionnement.

Un autre point important pour cette session, j’avais fortement engagé mon époux qu’on y  aille ensemble. Je puis dire que cela fut au-delà de nos attentes. Sa base + la mienne mais quelle complémentarité, je prends encore plus conscience de la fortune que j’ai d’avoir épousé cet homme. Deo Gratias !

Profond et simple

P1050493PROFOND ET SIMPLE

par Pascal
de base 6

Un petit bonjour depuis samedi soir pour vous redire simplement combien j’ai été enthousiasmé par ce stage (je ne vais pas me répéter) mais c’était vraiment bien: beaucoup de profondeur tout en restant simple , de bienveillance dans le groupe et de complicité entre vous deux.

J’avais un peu d’appréhension quant à la méthode orale car j’ai plus tendance à la fréquentation des livres mais en jouant le jeu des exercices, de l’émulation du groupe , des échanges, cela n’a fait que confirmé ce que je mes proches et mes lectures avaient indiqué (il est vrai que je ne venais pas sans biscuit ayant assidûment fréquenté votre site et lu pas mal de bouquins…)

Maintenant , il faut exploiter les pistes que vous nous avez données afin que cela porte du fruit et pour moi réopérer une redescende de la tête pour vivre les émotions et  vivre pleinement dans le corps.

Un grand merci à vous deux… bonjour au groupe. Je me permets de vous embrasser, surtout Valérie (ce que je n’ai pas osé samedi: ah! la spontanéité cela n’est pas trop mon truc!).

Au fait, j’aime beaucoup vos articles sur les personnages historiques, les personnages d’actualité et les analyses de film: peut être bientôt des sportifs ?

 

 

Brutus ennéattoz

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par Sébastien
de base 8
Sébastien nous parle de lui, de son expérience du Vittoz à travers le cycle FOVEA, puis d’un stage de connaissance de soi via l’Ennéagramme.
Portrait de choc et de charme où l’articulation du Vittoz, de l’Ennéagramme et de la vie spirituelle prend corps.

Je suis un lion, j’ai la force physique, le mental d’un gagnant. Je sais ce qu’ils sont, je les méprise ou je les comprends, quand je suis bien, je suis facile à vivre. Rien ne m’arrête, rien ne m’est impossible.

J’aime le soleil et la pluie, le froid et le chaud, je suis gentil mais je peux être méchant, je rugis souvent, j’aime les miens, rien n’est trop beau pour eux, et pourtant je ne leur suis pas très agréable à vivre tout le temps… Le farniente et l’observation sont aussi miens, mieux voir pour mieux dominer, comprendre pour maîtriser, savoir pour expliquer : je suis.

Je suis sociable, le monde me plait mais je choisis mes amitiés. Faut-il encore que dans ce monde les enjeux soient ceux qui me motivent. La maigre pitance, la carcasse sèche, le blabla ne m’intéressent pas. J’aime la vie, dans ses extravagances et ses excès, la course dans la savane sèche, le corps à corps sanglant et sans merci… L’acier froid et le rugueux du béton, la veine du bois, l’ombre et la lumière sont de mon monde…. Rien, rien ne m’arrêtera. Pour eux, ou pour moi. Ou pour Toi qui Es, aussi.

Janvier 2017, démarrage d’un groupe Vittoz : 8 séances de deux heures en petit groupe, pour réapprendre à vivre pleinement l’instant.

Un soir d’hiver, humide et froid, une baie coulissante, un feu crépite, je suis seul, je suis le premier : « que fais-je ici ? » Les autres arrivent, étonnants, étrangers, presque hostiles. « Calme, Brutus, ils sont là, comme toi ». Retour sur les sensations, écoute ton corps, le croquant du biscuit, le doux et le rugueux, ta respiration calme et puissante, fin des tensions, une vieille douleur au dos, des parfums, l’eau qui coule, l’armoire sombre et mystérieuse, un escalier sans issue… « Reviendras-tu ce soir, le veux-tu, le veux-tu vraiment ? » Se sentir vivant, des parfums, une joue douce, un regard  profond,  la futilité d’une sensation, des souvenirs qui reviennent : la honte d’un échec ou la jouissance d’un moment. « Oui, je reviens ». La mécanique de la tête, la posture du corps, une gymnastique intégrale, se sentir bien dans des moments ridicules, un théâtre de gestes pour un retour aux sensations, je suis là, et que là.

Mai 2017, session d’initiation à l’Ennéagramme : deux jours au Centre spirituel des Carmes d’Avon pour mieux se connaitre et mieux comprendre les autres.

Salle lumineuse, François et Valérie : ceux-là, c’est simple : ils sont un peu moi, je suis un peu eux. Puis les autres : une dominante incomprise, une pipelette futile, une calme en colère, un réfléchi plein de questions, une douce pleine de vie, des yeux bleus, des yeux verts, des parfums, des corps tièdes, de l’amour et de la tristesse, des questions et des affirmations… deux jours à perdre, et il fait beau dehors.

Je suis moi, ils sont eux, on se parle on s’explique, c’est beau comme une rivière qui coule, l’eau n’est jamais la même mais on a les même rives, les mêmes paysages. De lion, je me sens renard, le vaniteux et l’aiguilleur sont là, j’apprends de l’aviateur et du serpent, le roi et le marchand se parlent, l’astronome Turc et le buveur m’expliquent ce que je suis sans me le dire…

Je suis un lion, j’ai la force d’un gagnant et le mental d’un physique. Je sais presque ce que je suis, ils sont ceux qu’ils sont. Je les aime, je ne les comprends pas toujours, quand je suis bien, je suis facile à vivre.

Toi, tu m’as arrêté, rien ne T’es impossible.

Brutus Ennéattoz, roi des bêtes, ami des hommes et de l’Homme

31 05 2017