Archives de l’auteur : Valérie Maillot

A chacun sa vertu

Vertu ou Sibylle Agrippa, 1480-1503

A CHACUN SA VERTU

A la fin du premier module de l’ennéagramme, chaque participant repart avec une vertu propre selon le principe thomasien de la connexion des vertus: de même qu’il y a plusieurs versants pour l’ascension d’une montagne, un seul suffit pour arriver au sommet; de même si nous repérons notre vertu principale, toutes les autres viendront avec elle.  Ainsi, en cultivant l’unique vertu de courage, les personnes de base 6 deviendront plus sereines (vertu de la base 1), humbles (vertu de la base 2), vraies (vertu de la base 3), équanimes (vertu de la base 4), généreuses (vertu de la base 5), sobres (vertu de la base 7), douces (vertu de la base 8) et capables d’action juste (vertu de la base 9).

La tradition orale de l’ennéagramme depuis Ichazo attribue aussi à chaque base une vertu propre, lui faisant correspondre une passion, autrement dit un défaut. Certains auteurs y ajoutent judicieusement une contre-passion, qui est comme la singerie de la vertu par l’anesthésie de la passion. Fidèles à une anthropologie classique, nous lui préférons la tradition de l’Ethique d’Aristote, notamment par le biais du travail de Norbert Mallet, Devenir soi-même avec l’ennéagramme. Ces deux traditions ne sont pas contradictoires mais diffèrent par leurs définitions de la passion et de la vertu, et partant par leur mode d’application.

Pour Aristote et saint Thomas, l’homme est naturellement attiré par le bien. Cependant, créature finie, il ne peut appréhender totalement l’ensemble des facettes du bien. Une des caractéristiques de cette finitude est un tempérament spécifique, qui donna lieu depuis Evagre le Pontique à de nombreuses typologies. En fonction de ce caractère, l’homme est attiré par tel ou tel aspect du bien, qui est sa voie propre vers le bien. Ainsi les personnes de base 5 sont particulièrement attirées par la clarté, celles de base 4 par l’absolu, celles de base 3 par la réalisation etc.

A cette orientation positive correspond une passion, un moteur, une énergie, un appétit, un désir primordial; qui la met en mouvement. C’est la connaissance en 5, l’intensité en 4, l’action en 3. Elle est, pour Aristote, éthiquement neutre.

Dans un monde idéal, chaque voie vers le bien conduirait de la même manière chacun au bien universel. Mais force est de constater que chacun reproduit aussi les mêmes travers, rencontre les mêmes écueils, manifeste les mêmes manques, reproduit les mêmes comportements excessifs qui peuvent blesser et nuire tant à soi-même qu’aux autres. C’est comme si l’endroit de notre attirance vers le bien était aussi celui de notre fragilité: celui qui est fort (base 8) a tendance à abuser de sa force et être brutal; celui qui est attiré par la perfection peut devenir perfectionniste (base 1), celui qui aide les autres peut utiliser son talent pour se rendre indispensable (base 2), celui qui apporte paix et harmonie peut en perdre son opinion propre (base 9) etc…

Il y a donc entrave, dysfonctionnement à l’accomplissement de cette orientation positive. La foi chrétienne en donne une raison: le péché originel, qui détourne l’homme de la réalisation de son bien propre. La psychologie, toutes écoles confondues, en rejoint le constat: l’homme se développe autour d’une blessure, qui engendre une cristallisation de ses comportements pour un plus jamais ça: un mécanisme de défense. En se cristallisant, ce mécanisme de défense devient omniprésent même quand il n’est pas utile, réduit le champ de vision, se transforme en excès de passion. Pour fuir la souffrance, la personne de base 7 multiplie les plaisirs, jusqu’à la gloutonnerie; pour fuir la banalité, la personne de base 4 recherche l’intensité, jusqu’à se mettre en danger, etc.

Parfois, face aux dommages engendrés par ces excès, la personne peut se réfugier dans une posture opposée, de défaut de passion (qui correspond à la contre-passion de la tradition orale): les personnes de base 8 vont anesthésier leur force vitale, celles de base 7 verser dans l’austérité, celles de base 3 vont se mettre excessivement en retrait; jusqu’à risquer de perdre la passion qui les meut.

Pourtant la vertu du type n’est pas négation de ce vers quoi le porte sa nature, mais toujours selon Aristote, médiété entre l’excès et le défaut de la passion. Ainsi face au danger et à la peur qu’il engendre, le courage en base 6 est le juste milieu entre la couardise et la témérité. Elle va nécessiter volonté et répétition pour devenir habitus selon l’expression aristotélicienne; avec deux bonnes nouvelles : le signe d’une vertu acquise pour Aristote est le plaisir et la vertu propre d’une base correspond à sa petite mission dans le monde. Ainsi personne mieux que la base 6, ne peut être activer la vertu de courage, qui ne peut exister sans peur.

Car l’enjeu du développement de la vertu propre n’est rien d’autre que le talent, à mettre au service du monde, et que l’excès et le défaut de passion stérilisent. C’est ainsi que pour rendre le monde plus beau, la personne de base 1 ne devra ni se rigidifier ni tout laisser tomber mais activer sa vertu de sérénité. Pour prendre soin, la personne de base 2 devra passer par l’humilité et la gratuité du don. Pour apporter la joie au monde, la personne de base 7 ne devra ni s’empiffrer ni devenir austère, mais goûter et partager les plaisirs de la vie (c’est d’ailleurs dans cette mesure qu’ils seront vraiment des plaisirs) etc.

Comment tendre vers sa vertu propre? En soi, l’ennéagramme n’est qu’une cartographie qui donne une carte et une boussole pour repérer son talent et reconnaître la vertu afférente. Il ne donne pas les moyens de s’y exercer. C’est là qu’intervient la méthode Vittoz, à double titre: par le biais du corps, prendre conscience d’où se porte mon attention, repérer quand je suis enferré dans mon mécanisme de défense; et mettre en place librement le juste positionnement en fonction des circonstances.

Et si l’unité de la personne était un chemin possible, entre les désirs de son cœur, les raisons de sa tête, les manifestations de son corps et… sa vie spirituelle ? Car si la distinction de ces plans est vitale; ils s’interpénètrent au quotidien, l’homme ne peut les séparer en lui-même. Et selon Jacques Philippe dans Appelés à la vie:  « Le propre de l’Esprit est d’éduquer le désir. […] Il y a de fait une coïncidence entre l’appel de Dieu et le désir le plus profond du cœur de l’homme. Dieu nous invite au don de nous-mêmes par amour, mais cela correspond aussi au désir secret qui nous habite. »

Un verre de vin : métaphore de la base 7

UN VERRE DE VIN
par Michel
de base 7

C’est un verre de vin rouge. À moitié plein. Inimaginable qu’il puisse être à moitié vide.

Il offre bien des choix possibles. Un Bourgogne en souvenir du berceau natal ? Un Bordeaux et ses différents cépages ? Un Beaujolais qui n’aura rien de nouveau ?

Lors de ses phases exubérantes, la main qui le saisit obéit à un coude. Il est alors toujours à moitié plein. Il est vide ? Et hop, la seconde d’après il ne l’est plus, mais rempli d’un autre vin. Et c’est reparti comme pour des gammes.

Il lui arrive de se discipliner. Avec le temps, le coude cède protocolairement la place au nez.

D’abord, l’esthétisme le fait passer d’un vulgaire verre de cantine à un ballon en cristal. Saint-Louis ou Arc, au choix, il en profitera pour se faire une petite expertise sur le sujet le temps de quelques dîners.

L’esthétisme lui suggère ensuite de se comparer au verre de vin qui peut se boire seul comme le Bacchus du Caravage, ou se partage lors du déjeuner des canotiers de Renoir. Il n’a que l’embarras du choix dans la teinte. Brique, grenat, rubis, vermeil, écarlate, cerise, …

Arômes. Bouquets. Discernement des arômes primaires, ceux du raisin. Secondaires, ceux de la vinification. Tertiaire, ceux de l’élevage en fûts de chêne. Quelle joie de découvrir plein de nouveaux amis pour les papilles, phénols, tanins, vanilline et autres whisky-lactones !

Tout cela incite à aller sur Internet de très intéressants articles « Que choisir avec »…

La sobriété incarnée. Cliton, le personnage caricatural du glouton dans le livre Les Caractères de La Bruyère, a bien grandi !

En fin de compte, un verre vin ne se boit (presque) pas, il se hume, pour déceler ce qu’il a de fin, de distingué, de complexe. Quel emballement, quelle excitation de chercher dans le labyrinthe des notes fruitées, florales, boisées, et tant d’autres encore…

L’esprit divague de curiosité vers d’autres images, par exemple les orgues des nez, ou encore les belles apothicaireries, en bois nobles. Association d’idées avec les fûts de chêne ? À creuser…

En tout cas, quel programme enthousiasmant !

L’harmonie, l’apaisement viennent de la lectio divina. « Tout le monde sert le bon vin en premier, et lorsque les gens on bien bu, on apporte le moins bon. Mai toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »

 

Enneagram rhapsody

ENNEAGRAM RHAPSODY
par Marie
de base 8

 « Je suis submergé par toutes ces personnalités! » Les Rivers Crossing, dans une reprise de BohemianRapsody de Queen, s’essaient à une autre manière d’aborder la typologie de l’ennéagramme. Outil au service d’une meilleure connaissance de soi et d’une meilleure compréhension des autres, il nous aide à voir plus profondément en nous, au niveau des motivations souvent inconscientes qui nous habitent. Pour prendre de la distance avec nos automatismes et avancer vers plus de liberté intérieure.

« Ouvrez les yeux », demandent-ils. C’est bien le cœur du sujet. Le principe de l’ennégramme est que nous avons une manière de voir le monde qui correspond à un neuvième de la réalité. Elle est tout notre monde, mais elle n’est pas le monde entier. Le chemin auquel il nous invite est d’élargir l’espace de notre tente, voir plus loin et plus large que ce qui nous est familier, sortir de notre zone de confort, ouvrir les yeux.

Le spectacle commence au piano, dans un style lyrique et doux. Il est accompagné du chœur de l’introduction et de légères lumières. Quoi de mieux pour introduire le type 4? La voix pleine d’émotions, il déclare avoir « besoin de plus de sympathie ». Besoin d’attention du 4, peur de ne pas être vu, faible estime de soi. Mes sentiments vont et viennent, au gré du regard de l’autre, tels un yoyo qui le fait se sentir vivant. Puis, une envolée lyrique nous ouvre à l’originalité, la profondeur et le sens de l’absolu des personnes de base 4. Car au même endroit se trouve en lui, comme en chaque base, la faille et la lumière, le travers et le talent.

Avec la base 7 qui lui succède, le ton reste étonnamment mélancolique, au regard de l’image de joyeux drille que cette base peut donner. La souffrance est au cœur de sa problématique, en creux. Les personnes de base 7 passent souvent leur vie à fuir contrainte, enfermement, souffrances, au risque de d’un jour être submergé par elles. Leur voie d’évolution sera la sobriété pour ne pas céder à l’étourdissement et oser avancer en eau profonde. Ce qui ne changera pas leur nature, le couplet s’achevant sur une invitation à partir en soirée, où une place nous sera gardée… par une personne de base 2. Jolie transition.

« Drama ou ouou! », s’exclame le 9, « Pouvons-nous juste tous bien nous entendre? » Cette soif d’harmonie se mêle à une poussée de voix puissante, révélation de la force du 9 qui, quand il s’agit de paix, peut sortir les crocs, « parce que la paix est tout ce qui compte ». S’il se laisse entraîner par sa peur du conflit et de l’affrontement, il ne pourra pas activer sa vertu, l’action juste. Le travail des personnes de base 9 va donc être de contacter cette colère qui les habite et qu’ils se cachent à eux-mêmes par peur des conséquences, pour faire confiance à leur corps et se positionner quand cela est nécessaire.

Après un interlude musical qui annonce très bien le besoin de solitude et de silence des personnes de base 5, le chanteur quitte son piano pour dire: « Au-revoir tout le monde, je dois partir, j’ai encore trop de choses à penser ». Sobre, clair, efficace. Donner de soi, de son temps, de son savoir, est un chemin long et ardu, avec comme fruit un moment de musique bref sans doute, mais tout en délicatesse et profondeur. Car la générosité est bien ce que les personnes de base 5 ont à apporter au monde, de manière privilégiée.

« Mama ou ouou ! » Le 4 revient sur le devant de la scène (parce que c’est sa forme !), se jette à genoux devant le public et reprend son refrain lyrique: « Quelquefois je ne sais même plus qui je suis! » s’effondre-t-il. Batterie au rythme d’un cœur et solo de guitare électrique…

Puis la musique prend un tournant léger et joyeux, un rythme enjoué et presque drôle pour introduire la base 2. Avec un peu d’ironie, le chœur refuse son aide et le ton prend des accents dramatiques, presque agressifs : « Laissez-moi faire quelque chose, que tout le monde m’aime, je vous en prie! » Car la personne de base 2 est taillée pour le service, le care of, mais se rend rarement compte que son moteur, le besoin d’amour et de reconnaissance peut devenir envahissant: explosion de lumières sur scène qui peut figurer la lumière qui jaillit quand par la vertu d’humilité, les personnes de base 2 peuvent apprendre la gratuité du don.

Changement radical d’atmosphère avec la base 6 : le chanteur se cache dernière son piano, inquiet. L’agressivité demeure mais ce n’est plus celle qui veut agir pour l’autre mais qui veut s’en protéger. Les dangers sont multiples face à cette multiplicité de caractères dont on ne peut prévoir à tous les coups les réactions. Il lui en faudra du courage pour affronter sa peur et développer la loyauté et la droiture qui caractérisent les personnes de base 6.

Le 1 « ne lâchera jamais l’affaire, jamais ! – Lâche l’affaire » répète encore et encore le chœur dans un martèlement régulier. Une réponse : « Non, non, non, non, je ne lâcherai pas l’affaire! » Car si je la lâchais, la beauté du monde serait en danger. L’action de chacun est requise et le travail toujours inachevé pour mettre de l’ordre dans le chaos avec rigueur, précision et détermination. Le challenge pour cette base sera pourtant bien de lâcher le contrôle, oser prendre du repos et laisser courir la vie dont l’imperfection peut révéler la beauté.

Sunlights et feux d’artifice sur scène ! C’est l’entrée de la base 3. La lumière obéit à l’injonction de celui pour qui l’image, l’efficacité et la performance sont au cœur. Mais ne nous y trompons pas, ce n’est pas un arriviste, un opportuniste, mais bien plutôt un amoureux de l’amour dont la croyance est que pour être aimé, il est important de réaliser. Et pour que ses talents d’entrepreneur puissent donner leur fruit, son chemin passera par l’accueil de ce cœur dont il n’écoute pas les informations, par peur d’être ralenti.

En apothéose, un long morceau de rock nous fait entrer dans l’univers de la base 8 : force, élan de vie, énergie considérable qui prend tout l’espace, voix roque et puissante. « Si tu me gênes, tu vas mourir » : la vie est une jungle où le plus fort gagne pour protéger le plus faible. « Si tu ne peux pas le faire, tu ferais mieux de t’éloigner de moi ». Justicier, ennemi de la mollesse et de la paresse, il fuit la faiblesse, et la sienne d’abord. Pourtant, l’interlude à la guitare électrique qui se prolonge au piano dans un registre plus doux révèle le défi de la base 8 : la douceur, dont il est le hérault. N’est-elle pas le signe de la vertu de force ?

« Tout le monde compte de manière égale », c’est le mot de fin qui aurait pu être prononcé par une personne de base 9, dans une atmosphère englobante et douce. A l’instar du personne n’est indispensable, il envoie un chacun est précieux. Le monde a besoin d’amélioration constante (1), de care of (2), de réalisation (3), de connexion émotionnelle (4), de science (5), de vigilance (6), d’enthousiasme (7), de force vitale (8) et d’harmonie (9). Ôter une manière de voir le monde, il perd son équilibre. Reconnaître humblement quelle est sa petite mission pour la mettre au service, est un des enjeux de l’ennéagramme.

Petit bémol à cette tentative de mise en forme : cette idée de « faire le test » à la fin de la chanson. On ne peut demander à une machine de nous dire qui nous sommes et chacun est le seul à connaitre ce qui le meut, à son rythme. C’est le cœur de la déontologie de la tradition orale de l’ennéagramme. C’est toute la beauté, la délicatesse et la complexité de cet outil qui engage autonomie et responsabilité. Deux jours en groupe ne sont pas trop pour passer du 2D au 3D et se laisser émerveiller par les richesses des vies intérieures, à commencer par la sienne. Et si vous tentiez l’expérience ?

 

La colère de la base 9

 
 
LA COLÈRE DE LA BASE 9
 

Extrait du film Nos femmes de Richard Berry, 2015

En 9, la colère est le moteur. Curieux au regard de la présence pacifiante de cette base, la plus Peace and Love de l’ennéagramme. Comment comprendre cette ambivalence?

En 9, l’urgence est la paix et tout sera préféré à une possibilité de disharmonie: conciliation, écoute, compréhension de l’autre,  jusqu’à l’oubli de soi.

Face aux multiples frottements relationnels de la vie, une colère sourde, bien souvent inconsciente, est donc accumulée sans être visitée. Colère face aux incompréhensions mutuelles, aux égoïsmes; colère aussi de ne pas être pris en considération alors qu’il fait tout pour disparaître. Elle est anesthésiée, comme endormie, notamment pour ne pas prendre le risque de pulvériser le protagoniste; la puissance corporelle du 9 étant en effet proportionnelle à son flegme apparent. Pour cela, la personne de base 9 a une arme redoutable: la procrastination qui sert d’airbag à ce volcan intérieurSi je passe mes journées à des activités périphériques (préoccupations secondaires, nourriture, tabac, réseaux sociaux…), j’ai toutes les chances de ne pas contacter cette lave en fusion intérieure qui me fait si peur à moi-même.

Mais le corps a ses limites et il arrive au moins une fois dans la vie d’une personne de base 9, qu’à l’occasion d’une broutille, la cocotte minute explose de manière disproportionnée et décalée. Réel soulagement physique, elle est source d’incompréhension pour l’entourage et de culpabilisation d’avoir été l’occasion d’un conflit. Ce qu’elle fuit à tout prix, la personne de base 9 peut le provoquer.

La voie d’évolution sera bien sûr de contacter régulièrement cette colère corporellement pour y puiser la force d’oser se positionner, au risque d’un désaccord, afin de développer ce qu’il a à apporter au monde par sa vertu propre: l’action juste.

Cet extrait du film de Richard Berry, Nos femmes, sorti en 2015, pourrait être une belle illustration de cette colère décalée de la part de Daniel Auteuil. Après 35 ans d’amitié joyeuse, assidue et sans nuage, à l’occasion d’un drame, les digues de la tension intérieure de Paul cèdent sans crier gare face à Max, possiblement de base 5 : jubilatoire !

Et si Nietzsche était de base 8 ?

 

FRIEDRICH NIETZSCHE, UN ARCHÉTYPE DE BASE 8 ?*

“Ce qui ne me détruit pas me rend plus fort.”

Cette phrase de Friedrich Nietzsche (1856-1929), est bien connue et n’est pas sans faire penser à la croyance d’une des bases de l’ennéagramme pour qui la force est la valeur suprême et la faiblesse, la peur fondamentale. Et si Nietzsche était de base 8 ?

PETIT FLORILÈGE

UN PETIT COTE « TOUT OU RIEN »

“La colère vide l’âme de toutes ses ressources, de sorte qu’au fond paraît la lumière.”
Par delà le bien et le mal

“Avec une voix forte dans la gorge, on est presque incapable de penser des choses subtiles.”
Par delà le bien et le mal

“Peu de gens sont faits pour l’indépendance, c’est le privilège des puissants.”
La Volonté de puissance

“Formule de mon bonheur : un « oui », un « non », une ligne droite, un but…”
Le Crépuscule des idoles

« Celui qui ne veut agir et parler qu’avec justesse finit par ne rien faire du tout. »
La volonté de puissance

“Le poison dont meurt une nature plus faible est un fortifiant pour le fort.”
Le Gai savoir

UN ART DE LA GUERRE

“Croyez-moi ! Le secret pour récolter la plus grande fécondité, la plus grande jouissance de l’existence, consiste à vivre dangereusement !”
Le Livre du philosophe

« Nul vainqueur ne croit au hasard. »
Ainsi parlait Zarathoustra

“Plaisir : sensation d’un accroissement de puissance.”
Ainsi parlait Zarathoustra

“On n’attaque pas seulement pour faire du mal à quelqu’un mais peut-être aussi pour le seul plaisir de prendre conscience de sa force.”
Humain, trop humain

“Et souvent il y a plus de bravoure à se retenir et à passer : pour se réserver pour un ennemi plus digne.”
Ainsi parlait Zarathoustra

“Qui vit de combattre un ennemi a tout intérêt de le laisser en vie.”
Humain, trop humain

“La croyance que rien ne change provient soit d’une mauvaise vue, soit d’une mauvaise foi. La première se corrige, la seconde se combat.”

“Celui qui sait commander trouve toujours ceux qui doivent obéir.”
La Volonté de puissance

“Si vous ne pouvez être des saints de la connaissance, soyez-en au moins les guerriers.”
La volonté de puissance

QUI VA AU BOUT DE SES LIMITES

“Vouloir libère.”
Ainsi parlait Zarathoustra

“Faites donc ce que vous voulez – mais soyez d’abord de ceux qui peuvent vouloir !”
Ainsi parlait Zarathoustra

“Qu’est-ce que le génie ? – Avoir un but élevé et vouloir les moyens d’y parvenir.”
Par delà le bien et le mal

“L’homme est quelque chose qui doit être dépassé.”

“L’homme est une corde tendue entre l’animal et le surhomme, une corde au-dessus d’un abîme. ”
Par delà le bien et le mal

“Ce sont les instincts les plus élevés qui poussent l’individu en dehors et bien au-dessus de la moyenne.”

“Qu’est-ce que le bonheur ? Le sentiment que la puissance croît, qu’une résistance est en voie d’être surmontée.”
L’Antéchrist

“Atteindre son idéal, c’est le dépasser du même coup. »
Ainsi parlait Zarathoustra

HOMME DE CONTRÔLE ET DE CLARTÉ

“Les gens qui nous donnent leur pleine confiance croient par là avoir un droit sur la nôtre. C’est une erreur de raisonnement ; des dons ne sauraient donner un droit.”
Humain, trop humain

“On ment bien de la bouche, mais avec la gueule qu’on fait en même temps, on dit la vérité quand même.”
La volonté de puissance

« Etre vrai, peu le peuvent ! »
La volonté de puissance

“Qui se sait profond tend vers la clarté, qui veut le paraître vers l’obscurité; car la foule tient pour profond tout ce dont elle ne peut voir le fond.”
La volonté de puissance

UNE CONSCIENCE DE SES CAPACITÉS

“Qui ne croit en lui-même, ment toujours.”
Ainsi parlait Zarathoustra

« Tu dois devenir l’homme que tu es. Fais ce que toi seul peux faire. Deviens sans cesse celui que tu es, sois le maître et le sculpteur de toi-même.”
Ainsi parlait Zarathoustra

UNE PEUR DE LA FAIBLESSE, celle des autres…

“Je déteste les âmes étroites: il n’y a là rien de bon et presque rien de mauvais.”
La volonté de puissance

« Là où la volonté de puissance fait défaut, il y a déclin.”
L’Antéchrist

“Qu’est-ce qui est mauvais ? Tout ce qui vient de la faiblesse.”
L’Antéchrist

“C’est perdre de sa force que compatir.”
Le Gai savoir

“Pour le fort rien n’est plus dangereux que la pitié. ”
La volonté de puissance

“Un animal grégaire, un être docile, maladif, médiocre, l’Européen d’aujourd’hui !”
Par delà le bien et le mal

“Veux-tu avoir la vie facile ? Reste toujours près du troupeau, et oublie-toi en lui.”

et la sienne, alors qu’il était de constitution faible

“Un peu de santé par-ci, par-là, c’est pour le malade le meilleur remède.”
Humain, trop humain

“Je suis trop fier pour croire qu’un homme m’aime. Cela supposerait qu’il sache qui je suis.” Lettre

UN HOMME DU CORPS

“Le génie réside dans l’instinct.”
La volonté de puissance

“Je suis corps tout entier et rien d’autre; l’âme n’est qu’un mot désignant une parcelle du corps.”
Ainsi parlait Zarathoustra

“Le bonheur, quel qu’il soit, apporte air, lumière et liberté de mouvement.”
Aurore

UNE VULNÉRABILITÉ, quand le mécanisme de défense du déni tombe

« Il est plus facile de renoncer à une passion que de la maîtriser.”
Par delà le bien et le mal

“Quiconque lutte contre des monstres devrait prendre garde, dans le combat, à ne pas devenir monstre lui-même. Et quant à celui qui scrute le fond de l’abysse, l’abysse le scrute à son tour.”
Par delà le bien et le mal

“Qui trop combat le dragon devient dragon lui-même.”
La volonté de puissance

“A lutter avec les mêmes armes que ton ennemi, tu deviendras comme lui.”
Humain trop humain

“La mission suprême de l’art consiste à libérer nos regards des terreurs obsédantes de la nuit, à nous guérir des douleurs convulsives que nous causent nos actes volontaires.”

“Quand la paix règne, l’homme belliqueux se fait la guerre à lui-même.”

“L’augmentation de la sagesse se laisse mesurer exactement d’après la diminution de bile.”
Aurore

“L’homme souffre si profondément qu’il a dû inventer le rire.” 

“Ce que je préférerais, c’est d’aimer la terre comme l’aime la lune et de n’effleurer sa beauté que des yeux.”
Ainsi parlait Zarathoustra

“La souffrance d’autrui est chose qui doit s’apprendre.”
Humain, trop humain

“Nous cependant, nous voulons être les poètes de notre vie, et cela avant tout dans les plus petites choses quotidiennes.”
Saint Janvier

“Le royaume des cieux est un état du cœur.”

* L’archétype est un représentant connu et supposé d’un type de l’ennéagramme, l’hypothèse reposant sur des éléments caractéristiques de sa vie ou de son oeuvre. 

Le homard ou les vertus de l’inconfort

LE HOMARD
ou les vertus de l’inconfort

Françoise Dolto utilisait la métaphore du homard pour évoquer ce que l’on nomme communément crise d’adolescence. Anselm Grün de son côté a parlé de la crise du milieu de vie (CMV). Crises de couple, difficultés relationnelles, insatisfactions professionnelles, burn out, baby-blues… certaines périodes de nos vies sont moins sereines que d’autres. Elles ont de commun ce malaise diffus, souvent manifesté par le corps, qui engendre un inconfort, des misères corporelles, des émotions à fleur de peau. Et s’ils étaient les signes avant-coureur d’un changement en cours, les prémisses d’une évolution, un précieux stimulus pour grandir?

Le homard grandit tout au long de sa vie et se retrouve régulièrement à l’étroit et dans l’inconfort dans sa carapace. Quand le temps est venu, il se réfugie sous une pierre, à l’abri des prédateurs pour y effectuer sa mue. Il y restera le temps que sa nouvelle carapace puisse être aussi dure et résistante que la précédente. Ainsi, un homard peut croître toute sa vie, le plus grand jamais pêché mesurait plus d’un mètre de long.

Et si, quand la vie ne correspond pas à nos attentes, quand nos adolescents nous déroutent, quand l’imprévu s’invite et bouscule notre plan de vie bien construit, nous nous mettions à l’école du homard: nous retirer, prendre du recul pour élargir notre champ de vision, et accueillir l’inconfort comme une opportunité de croissance?

Jean Vanier dans La Communauté, lieu de la fête et du pardon, écrit: « J’ai appris que, en chinois, le mot crise veut dire : occasion et danger. Toute tension, toute crise, peut devenir une occasion de vie nouvelle si nous l’abordons avec sagesse; sinon, elle peut apporter la mort et la division. »

Et Roger Vittoz, de répondre comme en écho dans Notes et Pensées: « Il faut savoir faire le silence en soi, s’ouvrir pour recevoir. C’est bien là que nous avons tout à recevoir. Mais il faut savoir attendre, nous mettre simplement dans la disposition de recevoir ce que nous ne pouvons nous donner nous-même. »

 

Le volcan : métaphore de la base 4

LE VOLCAN
par Armelle
de base 4

Encore une fois le bouchon explose, l’éruption est incontrôlée et impressionnante. Très rapidement la lave coule détruisant tout sur son passage. Les populations sont obligés de fuir. Au loin, elles me regardent, ne me comprennent pas ; pensent que j’en fait trop ou que j’en rajoute. Pour moi aussi cette nouvelle éruption est trop forte, trop intense. Mais surtout elle est vraie et elle mérite d’être pleinement vécue.

J’estime que chaque émotion a le droit d’exister et que l’on doit la laisser s’exprimer. Je vis chacune d’elle que ce soit la joie, la tristesse, la peur ou encore la colère. Au quotidien mon cœur est mon meilleur allié. Il me guide et je le suis. Bien sûr j’essaie de l’apprivoiser pour contrôler les éruptions afin qu’elles soient moins violentes, moins effrayantes, moins agressives.

Quelque temps plus tard je suis redevenue calme, enfin en apparence. A l’intérieur de moi mon cœur est toujours, continuellement, perpétuellement, en ébullition. Et cette intensité de cœur m’alimente, je la cultive. Cette folle intensité me plait, grâce à elle je me sens si authentique, si unique, si différente.

Mais parallèlement je trouve le calme du lac tellement plus reposant, le roc de la montagne beaucoup plus rassurant. La douceur du champ de lavande me paraît plus sereine ou encore la folie du torrent plus enthousiasmante. Pour moi l’herbe est toujours plus verte ailleurs.

Et cette magnifique création j’aime la contempler. Sa beauté me procure beaucoup d’émotions. Pour moi le beau est très important. Je soigne ma propre apparence mais aussi celle qui m’entoure. Je ne suis pas à l’aise si j’estime que l’environnement n’est pas assez harmonieux ou esthétique.

Je suis ce volcan si imprévisible. Je ne sais jamais quand la prochaine éruption viendra ni quelle intensité elle aura mais je suis prête à l’accueillir.

Cependant au fond de moi j’ai peur. Peur de ne pas être unique. Peur de ne pas être belle. Peur de ne pas être comprise. Peur de ne pas être aimée. Peur d’être seule.

Le cactus : métaphore de la base 6

LE CACTUS EPIPHYLLUM
par Matthieu
de base 6

Dans le grand jardin du monde aux beautés si variées,
A côté des fleurs, arbres fruitiers et paysages en majesté ;
Me voici, toute petite plante qui semble sans intérêt,
Du moins c’est l’aspect que je me donne pour rester en paix !

Mes sœurs attirent en déployant leur radieux attirail,
Moi, on me réduit à n’être guère qu’un épouvantail.
Habillée de haillons et sous mes airs à en croire patibulaires,
Je garde toujours la distance et fuis les situations précaires.

J’impressionne, fais peur et pourtant je n’ai pas d’épines,
Mon apparence, certes rugueuse, est tout sauf anodine ;
C’est la vérité : je ne veux pas effrayer,
Mais je cherche avant tout la sécurité.

 

Sous mon vêtement rassurant et protecteur,
J’observe et scrute la végétation extérieure ;
Je relève tous les indices dans la nature environnante,
Qui me permettraient de ne plus me méfier et de faire confiance.

 

Par mon aspect je semble être repoussante,
Mais c’est bien involontaire car au fond je ne suis pas méchante.
Je suis juste extrêmement prudente et souvent inquiétée,
Car une fois dévoilé mon Cœur peut être volé.

Ne me livrant jamais à une personne inconnue,
Je préfère la nuit, le silence venu ;
L’obscurité cachant alors tous les dangers,
Je baisse le voile et me révèle aux privilégiés.

Je suis un petit cactus d’une espèce bien mystérieuse,
Je parais fort et courageux et pourtant je suis une plante un tantinet peureuse.
Si je suis peu reluisant c’est avant tout un faux-semblant,
Qui m’évite bien des désagréments …

Pour ceux qui m’approchent et en qui je vois des amis,
Je change d’ornements et les voilà surpris ;
Car ils ne voyaient que le déguisement,
Et à présent ils découvrent le diamant !

 

On me surnomme la belle de nuit ou encore fleur de lune,
Ma faiblesse étant toute ma fortune ;
Une fleur apparaît qu’empêchait la menace,
De s’ouvrir et de laisser échapper un parfum tenace.

 

Une fois tout analysé et le danger écarté,
Je laisse apercevoir pour mes nouveaux protégés,
Un spectacle rare d’une somptuosité insoupçonnée,
Illuminant la voûte céleste d’une immense clarté.

Mais la lumière revenant c’est la fin de l’enchantement,
Je disparais aussitôt que le risque se fait plus grand.
Une simple alerte et je referme le coffret,
Et ne peux m’empêcher à nouveau d’être aux aguets.

Je garde précieusement mon trésor attendant le jour où,
Sous la nuit étoilée une nouvelle créature brisera le verrou,
Et saura trouver la clé de cette tour bien gardée … mais qui n’attendait que ce moment,
Pour se livrer tout simplement !

Entretien avec Psychologies.com

LA MÉTHODE VITTOZ
Pour retrouver un équilibre corps, cœur et esprit

Entretien in PSYCHOLOGIES.COM
Avec Valérie Maillot, par Lucien Fauvernier – Mis à jour le 30 Juillet 2019 à 14:21

La méthode Vittoz pour retrouver un équilibre corps, cœur et esprit

La méthode Vittoz, du nom de son créateur le docteur Roger Vittoz, est une thérapie dite psychosensorielle qui propose de renouer avec nos cinq sens pour nous relier avec notre être tout entier: tête, corps et cœur. En thérapie, elle peut aider enfants et adolescents à mieux se concentrer, et les adultes à gagner en liberté intérieure. Explications.

LA MÉTHODE VITTOZ

Roger Vittoz publie en 1911 l’ouvrage Traitement des psychonévroses par la rééducation du contrôle cérébral qui établit les bases théoriques de la méthode Vittoz. « Le docteur Vittoz s’est rendu compte que, bien souvent, l’origine de nos troubles comportementaux venaient d’un manque de ce qu’il appelait contrôle cérébral, indique  Valérie Maillot, praticienne certifiée de la psychothérapie Vittoz de l’IRDC (Institut de Recherche et de Développement du Contrôle cérébral). C’est-à-dire notre difficulté à équilibrer nos fonctions émissives (raisonnement, imagination, émotions…) et nos fonctions réceptives (cinq sens, proprioception), ce qui peut générer vagabondage cérébral, insomnies, difficultés relationnelles, angoisses, burn-out… Par le biais de différents exercices, la méthode se propose alors de rééquilibrer ces deux fonctions pour retrouver de l’harmonie au sein de notre être physique et psychique.

DÉROULEMENT D’UNE SÉANCE

Comme pour de nombreuses thérapies, la toute première séance est une mise en relation, où thérapeute et patient échangent sur les raisons de la consultation, ce qui permet d’établir un lien de confiance. « Ensuite, toutes les autres séances commencent par une installation en Vittoz, explique Valérie Maillot. C’est une mise en contact avec le corps, d’une dizaine de minute, où le patient s’interroge sur l’état dans lequel il est. Il s’ensuit un accueil des points d’appuis et de la respiration. Cela donne lieu à un accueil très précis de chacune des parties du corps avec une écoute des messages que celui-ci lui apporte: une démangeaison, des picotements, une raideur… Tout tend à être expérimenté et exprimé. » A la suite de ce scan corporel, un état des lieux est alors dressé afin de voir ce que les sensations corporelles ont à dire de conscient et d’inconscient, notamment par les émotions qu’elles peuvent manifester.

« Ensuite vient la parole, indique Valérie Maillot. Le thérapeute et le patient échangent sur ce qui s’est passé lors de l’installation en Vittoz. L’idée est que les sensations corporelles vont évoquer quelque chose qui s’est passé dans la vie du patient et cela peut aller jusqu’à l’émergence de clichés de sa vie passée, le corps ne mentant jamais. Un dialogue s’instaure alors qui peut durer plus ou moins longtemps en fonction de la personne qui consulte et de ses besoins. A l’issue de ce temps de parole, une expérimentation est définie, cela peut être une concentration, un exercice de réceptivité, la traversée d’une émotion ou encore un acte volontaire qui permettra au patient d’avancer dans la connaissance de soi. Au fil des séances et des expérimentations, un travail est alors réalisé pour analyser ce que ces expériences concrètes révèlent de ses conditionnements inconscients et ont changé dans sa perception, sa façon de vivre, d’appréhender les choses. La force de la méthode Vittoz repose sur ces expérimentations qui rendent la thérapie très concrète et permettent au patient de l’utiliser au quotidien dans sa vie courante. »

INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS

La méthode Vittoz peut être utilisée tant dans une optique d’art de vivre que dans un objectif de thérapie plus profonde. « En fonction de l’orientation de la thérapie, l’utilisation de la parole sera plus ou moins importante, précise Valérie Maillot. » La consultation en Vittoz peut ainsi se faire à tout âge et pour des motifs aussi variés qu’une prise en charge des difficultés de concentration chez l’enfant, un mal-être adolescent, mais aussi des troubles de l’anxiété, du sommeil, l’accompagnement d’un deuil ou d’une dépression chez l’adulte. « La méthode est très efficace chez les plus jeunes pour développer l’attention, la mémoire et la concentration. Chez les adolescents qui souffrent d’un mal-être lié à un passage à l’âge adulte délicat, le travail de reconnexion aux trois centres tête, corps, cœur, permet généralement de les accompagner rapidement vers du mieux être. Pour les patients qui viennent trouver de l’aide dans leur deuil ou une dépression, la thérapie sera plus profonde et longue. »

Si des patients atteints de schizophrénie ou de bipolarité peuvent suivre la méthode Vittoz, celle-ci est utilisée moins en tant que thérapie que « dans une optique fonctionnelle pour soulager les symptômes sans les masquer », précise Valérie Maillot. Ainsi dans le cas de patients souffrant de TOCs, le thérapeute doit s’assurer que les exercices ne deviennent pas obsessionnels.

PRIX ET DURÉE

Le tarif d’une séance de 50 minutes varie de 65 euros en moyenne en région parisienne à 45 en province. « Pour ce qui est de la durée de la thérapie, tout dépend de l’orientation de celle-ci. En fonctionnel, une dizaine de séances peut suffire, tout ne sera pas exploré mais le patient aura compris l’essentiel de la méthode Vittoz et disposera de quelques expérimentations qui lui permettront de mieux vivre. Dans le cadre d’un accompagnement thérapeutique plus profond, lors d’un deuil ou d’une dépression, cela sera nécessairement plus long: deux ans, parfois plus, à raison d’une séance par semaine donne une bonne idée de la durée nécessaire à un suivi sérieux et efficace. Ainsi la méthode Vittoz ne peut être considérée comme une thérapie brève, c’est une vraie thérapie des profondeurs. »

DÉCOUVRIR
Des preuves scientifiques pour Vittoz
En 2013 a été initié sous la direction de Rébecca Shankland, maître de conférence en psychologie, le programme FoVea® (Formation Vittoz à l’Expérience Attentive) afin d’étudier et mesurer l’efficacité de la méthode Vittoz. Les conclusions initiales de l’étude montrent que le programme mis en place :
• Diminue les effets du stress, de l’anxiété et des états dépressifs perçus.
• Accroît les capacités d’attention, de concentration et de mémorisation.
• Augmente le bien-être subjectif (émotions positives) et psychologique (sens de la vie, relations positives, optimisme, vitalité, intérêt)
• Améliore les compétences émotionnelles pour soi (surtout expression et régulation des émotions) et en lien avec autrui (climat de classe amélioré)
• Accroît la bienveillance envers soi-même

Daphné : métaphore de la base 6

DAPHNE
par Quitterie
de base 6

Le danger rôde autour de moi… La peur, comme une flamme, consume mon âme. Telle Daphné, dotée du don de viser juste, je t’observe avec prudence, je tente de comprendre ton cœur. Je vais alors te tester. Te tester jusqu’à ce que je sois sûre de me sentir bien avec toi.

La plupart du temps, je serais tentée de venir te titiller. Et oui, je vais donc inconsciemment provoquer ce qui me fait mal… Si tu réagis bien, tant mieux, c’est bon signe, je vais continuer pour toujours me rassurer. Car malheureusement j’ai toujours besoin de me sentir en sécurité, j’ai toujours peur que tout s’écroule, toujours peur de perdre les rares personnes avec qui je me sens bien.

Si, par malheur, tu m’apparais telle une personne nocive je vais alors chercher à me protéger à tout prix. Si tu ne réussis pas le test, je vais me sentir soit humiliée soit agressée et là: ciao! Ce sont deux choses qui me font peur et qui me blessent profondément: être humiliée et la colère des autres.

La violence est ma pire ennemie. Elle atteint ma sensibilité à un tel degré que mon cœur ne s’y habitue jamais et la peur du mal que projettent certaines personnes me tiraille les entrailles. Par conséquent tout ce qui relève du faux m’effraie et me dégoûte. Le mensonge, les faux-semblants, la manipulation… Je suis en constante recherche de vérité. Si tu n’es pas vrai avec moi tu n’auras aucune chance de découvrir la jeune Daphné qui se cache en moi.

Si tu t’attaques à moi, tu vas te prendre un mur! Je ferai tout pour te déstabiliser ou te dissuader de m’approcher. Telle Daphné, je me métamorphose et je m’adapte pour qu’aucun mal ne puisse m’atteindre. Daphné s’est transformée en laurier pour échapper à Apollon, elle préféra perdre sa beauté de nymphe pour se protéger.

De même, je crée un rempart autour de moi, toute trace de souffrance et de douleur disparaît et ne paraît qu’un visage serein et souriant, il n’en n’est pas moins sincère mais la Daphné en moi, lorsqu’elle se sent en danger, ne peut s’empêcher de se protéger.

Je voudrais bien être transparente, que chacun puisse voir le fond de mon âme mais c’est trop dur, trop dangereux. Rares sont ceux à qui j’ai permis de dépasser les frontières de mes protections. Pour que je les laisse atteindre les profondeurs de mon âme je dois avoir une véritable et parfaite confiance en eux et cette confiance doit être réciproque et sans faille.

Si je ne me sens pas en sécurité, je vais tout de suite me renfermer et ce sera fini, la nymphe se sera transformée en arbre et tu devras déployer tout un brillant attirail pour me faire changer de position. Mais si tu fais partie de ces rares personnes avec qui je me sens en sécurité, je n’aurais plus aucun secret pour toi et tu pourras alors entrer dans les méandres de mon âme.

Je serai, pour toi, capable de tout! Lorsque je t’ai choisi, c’est pour moi à la vie-à la mort. Il s’établit entre nous une douce tendresse qui me permettra de m’épanouir, comme une fleur, entre tes mains. Ton bien-être, ton bonheur sera pour moi essentiel. Même si je suis toujours prudente, lorsqu’il s’agit de ton intérêt, je suis prête à m’oublier moi-même… Par conséquent, si tu es en danger, je deviendrai comme une louve envers ses petits. Quiconque ose s’approcher de ceux que j’aime verra ma colère à l’œuvre. Je te défendrai coûte que coûte!

Tu l’auras compris, ma peur est l’essence de mes actions. Ma détermination est devenue, au fil du temps, de plus en plus forte. Ma peur, à un moment critique de ma vie, le moment peut-être le plus douloureux et le plus beau de ma vie, m’a permis d’affronter les événements avec courage!