Archives de l’auteur : Valérie Maillot

Une éponge

UNE EPONGE
par Rémi

de base 4 en survie

Je suis un satellite relais. Mon domaine de fréquences? Les émotions!!! A défaut d’attirer le regard, je capte les émotions qui passent çà et là. Elles me pénètrent mais ne sont pas contenues. Amplifiées, elles ressortent et rayonnent à l’infini… Je suis un télescope qui plane en orbite, témoin de l’immensité du beau. N’y a-t-il personne qui y soit sensible ici, personne??????!!!!! …Je suis un verre plein qui déborde dans une fontaine à champagne. Bien souvent c’est aussi de la piquette, voire du vinaigre…

Je suis une éponge dans un océan d’émotions. Une éponge immobile, fixée sur le
rocher sans en avoir conscience et qui ne vit que par les émotions qu’elle reçoit. Tout
est bon, même le breuvage le plus amer, pourvu que je me sente exister.
Le pire serait le désert, la sécheresse… L’absence de connexions… l’inexistence… l’abandon.

Sensible aux belles harmonies, je crois que pour rayonner le beau, pour faire sourire le
monde, il me faut gravir les sommets… Mais ne serait-ce pas plus facile de laisser les
sommets habiter mon présent…
Laisser Dieu illuminer mes petits pas…? Et faire
enfin, peut-être, de mon petit présent un sommet!

Un de mes meilleurs amis qui finalement m’avait très bien cerné, me citait il y a
plusieurs années saint François d’Assise en guise de conseil: « Commence par faire le nécessaire, puis fait ce qu’il est possible de faire et tu réaliseras l’impossible sans t’en apercevoir. »

Un immense merci à Valérie et à François qui m’ont aidé à revenir sur terre! Je
décolle encore facilement mais c’est déjà beaucoup mieux. Merci enfin à vous tous
croisés sur ma route pour votre présence si précieuse.

J’essaie à présent d’écouter ma tristesse et mes plaintes pour les transformer en
sourires et en chants. Cette maxime de ma jeunesse: « Le scout sourit et chante dans
ses difficultés »
était pourtant taillée pour moi…
Courage à toutes les personnes de base 4 et pleins de sourires à tous. Merci de tout cœur.

Beau et doux

BEAU ET DOUX
par Géraud
de base 1 en survie

Merci de ces partages qui prolongent et complètent la paix profonde et la joie intérieure que je ressens depuis mon retour du M4 sur les émotions.

Je suis rentré heureux d’avoir trouvé confirmation de ma base et de mon sous-type, et conscient du travail qui doit maintenant m’animer à l’écoute de mon corps, en pleine conscience.

L’évocation de nos 7 sens m’a aussi beaucoup éclairé et me parle, tout en ayant l’impression d’être à l’orée d’un monde intérieur qui ne m’est pas inconnu mais jusque là peu exploré.

En somme, c’est un grand changement qui s’opère en moi et que je vis dans l’action de grâce en ce temps de Carême… et de conversion !

Je te remercie de tout cœur, ainsi que François, pour ce que vous nous avez apporté: c’est beau et doux.

Nostalgie d’un paradis

NOSTALGIE D’UN PARADIS
par Emmanuel
de base 9

L’intérêt de ce stage des panels M2 est que l’on se pose les questions,
– que va m’apprendre l’autre,
– que vais-je leur faire découvrir de mes motivations?

Valérie apporte ses compétences et sa bienveillance pour en faire des journées marquantes.

Certains de ces témoignages ont résonné en moi pour me révéler une émotion, une nostalgie: celle du paradis perdu. Cette vie de plénitude qui aurait dû continuer, mais qui a été interrompue puis empêchée. Ce bonheur paradisiaque, si loin de la souffrance, certains en font une quête, moi j’en ai fait une nostalgie.

Que ce paradis soit celui de la genèse ou la vie initiale de Job, l’avoir quitté engendre chez moi une émotion de colère car je ne ressens pas la responsabilité de cette déchéance. Je conteste silencieusement cette chute, mon pays est ce paradis, pas cette terre bruyante d’egos. Avec quelques postures et biais cognitifs, je cherche maladroitement à simuler cet environnement idéalisé. Je sais bien que ma reconstitution est bancale puisque c’est ma paix, pas sa Paix.

Reste la réalité à laquelle je dois consentir: seule cette Terre m’a été offerte, avec ses sens, altérités et temporalités. Inutile de la vivre par procuration, à tout instant, il m’appartient de me mettre en ordre de marche pour la rencontrer. Je dois déposer cette nostalgie pour m’alléger d’un poids qui ne m’emmène nulle part. À moi d’accepter la douleur que cela engendre, de prêter attention à ma Terre pour en révéler sa grâce; accepter de la laisser engendrer mon désir puis inspirer mes actes.

Est-ce un ensemble de vaines incantations ? Mes kilomètres parcourus sur les chemins vers Compostelle m’ont montré que des fuites peuvent évoluer en engagements complices.

Le matin, on apprécie de quitter un lieu. On progresse le temps nécessaire, sur un chemin qui nous est inconnu, confiant des rencontres; enhardi par la destination choisie. Chaque foulée de notre corps devient un consentement à l’action; un abandon, sans attente en dehors de l’intuition d’être sur la bonne voie. Malgré les difficultés, sur cette terre et sous ce ciel, on s’accorde une légitimité à être pèlerin. Elle nous permet de sentir la Vie nous transmettre sa présence divine. Le chemin par défaut se transforme en nouvelles espérances à vivre.

Tous les chemins ne mènent pas à Compostelle, mais ces expériences terriennes de
disponibilités créatrices ne demandent qu’à être renouvelées.

La salle de cinéma

LA SALLE DE CINEMA
Métphore du sous-type tête-à-tête
par Solange, de base 5 en tête-à-tête

Lors du module 3 de formation à l’ennéagramme proposé par Valérie et François Maillot, nous avons évoqué trois sous-types, dont l’un d’eux est notre préoccupation majeure, notre champ d’attention et notre lieu de talent : survie, tête-à-tête ou social.

Étant de sous-type tête-à-tête – et de type 5, l’Observateur -, laissez-moi vous proposer une image pour caractériser le tête-à-tête: le cinéma.

Le tête-à-tête est, à mon sens, une façon d’accéder au monde de la personne en face de nous. Une seule personne permet d’aller en profondeur, et non pas de s’éparpiller entre diverses personnalités sans vraiment creuser et découvrir leur trésor intérieur.

Dans le tête-à-tête, on prend un billet de cinéma, on regarde le visage de la personne, son regard, ses émotions, ses paroles, ses souvenirs, son histoire, ses espoirs. Son film est unique.

Mais on ne parlerait que de la moitié de la réalité si on excluait le fait que cette personne nous regarde également. Elle voit également notre film: notre sourire, nos joies, nos regrets… C’est ce jeu de miroirs qui permet de faire résonner deux histoires, éclairer deux cavernes, vibrer deux instruments de musique. Il permet de faire sortir, le temps d’un échange, ce qui était resté caché.

Alors, dans ce cas, quelqu’un qui passe nous proposer des pop-corns – ou pire, s’asseoir à côté de nous – peut se révéler légèrement importun. Pourtant, il a peut-être lui aussi une belle histoire à raconter, et soif d’entendre notre récit. Mais il serait préférable que cela ne se fasse pas à trois. En tête-à-tête, bien entendu!

Il est vrai qu’il faut parfois sortir du cinéma, pour aller vider le lave-vaisselle. Même si… on pourra peut-être le faire en écoutant un podcast! Un entretien, où deux personnes échangeront des confidences. Il sera peut-être possible de lire un livre-témoignage, où l’on découvrira le monde unique de l’auteur… Cette intensité intérieure qui colore les journées n’est-elle pas le sel de la vie? En tout cas, que je le veuille ou non, c’est le mien.

L’orchestre

L’ORCHESTRE
par Gabriella, de base 9 en social

L’orchestre, métaphore familière car, musicienne, je reconnais certaines sonorités de ce langage. Analogie étrangère parce que je ne suis qu’amatrice en la matière. La musique m’est ici un champ de recherche et d’expression pour imager un peu de la richesse des modules 2 et 3 vécus ces derniers mois.

Je commencerai donc par le module 2, où la mélodie, dirigée d’une main de maître par Valérie, a laissé la part belle à chacune des neuf familles d’instruments – les bases:


  1. Cordes frottées
  2. Cordes pincées
  3. Cordes frappées
  4. Bois
  5. Cuivre
  6. Instruments mécaniques
  7. Membraphones
  8. Idiophones
  9. Voix

    J’arrête ici l’analogie sans chercher à faire correspondre l’une ou l’autre de ces familles avec l’une ou l’autre des bases et laisse au lecteur l’espace de trouver la famille ou l’instrument qui lui corresponde.

    Toujours est-il que chacun de ces groupes a été soliste le temps d’une heure et a pu déployer toutes ses facettes devant un public attentif, réceptif et émerveillé (en tout cas c’est comme cela que je l’ai vécu !). Les graves, les aigus, les dissonances et frottements, les règles d’approche et de jeu, la beauté des sonorités, tout y est passé. Un concert dont je sors les étoiles pleins les yeux, rythmé d’entractes bienvenus – les pauses ! – pour faire silence et accueillir les résonances. J’ai pu entendre la mélodie
    intérieure de chacune des bases, comme autant de richesses et de possibles dont un orchestre serait privé si ce groupe n’existait pas.

    L’idée de groupe est particulièrement importante dans cette métaphore car en son sein se jouent les particularités des différents instruments – des êtres – composant ce panel de musiciens. Famille où il me fut aisé d’évoluer, avec un mode de fonctionnement très proche, sorte de cocon familier et sécure, mais dans laquelle laisser transparaître son timbre unique est un enjeu réel. C’est là, pour moi, la source de l’étincelle qui fait d’un bon morceau un chef-d’œuvre.

    Le module 2, sorte d’extraordinaire concerto s’est pourtant terminé pour moi sur une note mineure car j’en suis ressortie avec une petite tristesse, un zut intérieur qui n’enlève pourtant rien de la qualité des moments vécus. J’explique cette coloration par le jeu spécifique auquel tout un chacun est appelé pour entrer dans le grand orchestre de ces modules. La partition se joue sur deux modes, deux rythmes qui se suivent dans un balancement régulier. Il faut y être à la fois spectateur et acteur, corps émetteur et récepteur, en une juste alternance de temps. Ralentir et s’arrêter pour écouter puis se mettre en branle et reprendre la cadence. S’accorder avec le reste du groupe. Cette mise à l’équilibre, en harmonie avec d’autres, est à mon sens l’essence et l’écueil de ces deux jours. L’enjeu fut pour moi le suivant: m’accorder sans disparaître. Etre prise dans le mouvement, en utiliser l’élan pour mieux m’en détacher et faire entendre ma voix afin de marquer la spécificité de mon instrument au sein de ma famille de fonctionnement. Il y eu ici quelques fausses notes. Elles ont creusé en moi le sentiment de oups, de manqué qui a donné cet accent mélancolique à la fin de ce module.

    Le module 3, à contrario, fut davantage une symphonie en majeur: j’y ai trouvé à dépasser le bémol des deux jours précédents. J’étais venue au M3 avec l’objectif de ne pas repartir avec une mélodie en mineur, de ne pas totalement me laisser happer par une partition trop facile et confortable dans laquelle je me laisserai couler et disparaitre. Habitée de cet objectif de qualité de présence à moi et au monde, j’ai choisi
    de plonger sans me noyer dans la découverte de ce module. La proposition était la suivante: entrer encore davantage dans la mécanique instrumentale et mettre au jour les gestes communs à trois grands groupes répartis dans les groupes évoqués plus haut. Pour l’analogie, nous pourrions parler de frottées, pincées, ou frappées, mais elle ne s’applique pas aux instruments à vent. Il serait davantage juste de parler de fonctionnement intrinsèque de jeu ou d’apprentissage: bien que chacun doive répéter et apprendre seul face à son instrument, nous avons tous une manière de jouer et un répertoire préférés. Seul sur scène ou dans sa chambre face à un morceau de soliste, en duo d’instrumentistes pour une partition écrite à deux voix, ou encore en ensemble, trio, quatuor, orchestre symphonique ou de musique de
    chambre.

    Des trois mots-clés associés à la base 9 pour chacun de ces modes de fonctionnement, seul celui de PARTICIPATION résonne en moi, reliant expériences passées, désirs pour le futur et besoins enfouis en une mélodie pleine de sens. Cet appel au répertoire de l’ensemble musical me questionne et fait remonter à la surface des mouvements intérieurs jusque-là restés sans réponse. Mon besoin de rayonnement, d’avoir une vision globale du mouvement dans lequel j’évolue, de faire sens et de donner une visée élevée, une ambition à ce que je vis sont autant d’éléments qui s’expliquent, s’éclairent et s’articulent de sortent à former un tout cohérent à la lumière de ce module. Chacune de ces notes construit peu à peu ma propre Mélodie du Bonheur, en une partition qu’il me reste à apprivoiser et à jouer librement dans mon quotidien. Je ne suis plus seulement instrumentiste mais aussi chef d’orchestre: accepter d’être sur le devant de la scène, embrasser ma capacité à diriger, à donner corps à un ensemble.

    Tout en bravant les frottements que cette prise de position, passage d’une participation périphérique à une pleine participation, peut engendrer: besoin d’être reconnue sans être connue: reconnue par mes pairs, dans la fosse, par les musiciens qui m’entourent, et tourner le dos au public. Etre à ma place, entièrement présente, en pleine lumière et contribuer à l’élévation de l’âme humaine.

    Je ressors donc de cette symphonie avec une nouvelle voie/voix qui s’ouvre devant moi, pleine d’une joie entière, de celle que seule le déploiement complet de mon être puisse offrir. Voie/voix à arpenter, à chanter et à apprivoiser qui se donne à voir et à entendre à tous. En somme, tout un programme.

    Alors, merci du fond du cœur à celles et ceux qui m’ont ouvert les yeux et les oreilles du coeur!

    Un train d’avance

    UN TRAIN D’AVANCE
    par Augustin

    Merci beaucoup pour ces deux jours.

    Ce parcours de compréhension de soi et des autres qu’est l’ennéagramme m’apporte beaucoup et je suis conscient de la chance que j’ai de l’avoir a disposition si jeune.

    Ce module a été particulièrement fort en émotion et m’a fait beaucoup de bien.

    La voie d’équilibre

    LA VOIE D’EQUILIBRE
    par Salomé
    de base 4

    Lorsqu’un accompagnement se fait aussi profond et vivant que celui de Valérie et François, il vient toucher chacun singulièrement au sein d’un groupe entouré de différentes personnalités et le résultat est … magique !

    Discerner l’ombre de la lumière qui nous habite aux côtés d’autres membres permet de comprendre que la vie est métamorphose.

    La formation sur les sous-types de l’ennéagramme m’a permis de discerner très clairement la voie d’équilibre à travailler pour ma base 4, afin de cheminer chaque jour pour m’apaiser, oser traverser mes craintes, et porter du fruit avec confiance.

    Merci !

    Puissance et douceur

    PUISSANCE ET DOUCEUR
    par Albane
    de base 1

    Merci Valérie ces deux jours d’ennéagramme réjouissants ! 

    Une expérience unique, un va-et-vient continu d’émotions et réflexions, en soi, entre les uns et les autres, que vous avez su François et toi, orchestrer avec enthousiasme et délicatesse. Tout était parfait (foi d’une base 1;))

    De retour chez moi, ce stage résonne encore! Quelle puissance tout en douceur… 

    Si j’avais compris que l’objet du stage était d’approfondir les connaissances de sa propre base, je n’en avais pas saisi la méthode ni l’intensité, de cet apprentissage se faisant au contact des autres. Autant de rencontres qu’il y a de participants, nous permettant, à chacun, à travers l’autre, de se révéler à soi-même

    Les enseignements sont là, clairs et précis, ouvrant le champ des possibles. Il ne me reste plus qu’à les digérer pour être maître de soi en pleine conscience. Le temps fait progressivement son travail.  

    Encore 1000 merci à toi et François d’avoir orchestré ces deux jours avec autant de sérieux que de bienveillance. 

    Du fardeau à la ressource

    DU FARDEAU A LA RESSOURCE
    par David
    de base 6

    Un grand merci pour l’animation de cette session ennéagramme. Ce stage a été pour moi une très belle découverte et un espace d’échanges riches en émotions, à tous niveaux! Le travail proposé m’a permis non seulement de mieux comprendre certains aspects de ma personnalité qui me semblait parfois nébuleux, mais aussi d’éclairer le fonctionnement des différentes bases et ainsi de mieux comprendre les synergies avec l’autre.

    L’approche que tu as partagée avec nous apporte une réelle ouverture: elle aide à accepter ses propres dynamiques intérieures, à identifier les forces et vertus qui sous-tendent chaque base, à reconnaître ce qui peut sembler un fardeau comme une ressource. Pour ma base 6 par exemple, le courage ne m’apparaît plus comme une lutte constante contre mes peurs, un combat permanent pour avancer, remonter la pente, s’affranchir des peurs qui vous retiennent, des peurs qui vous enchaînent, des peurs qui vous paralysent, mais comme une véritable vertu, un moteur pour avancer malgré les obstacles. J’aime cette vertu: elle est effectivement un élément moteur de ma personnalité. Cette perspective favorise une meilleure sérénité pour moi et une confiance plus grande dans l’avenir, même lorsqu’il ne paraît ni très droit ni très clair, et pour cause!

    Grâce à ce module je me suis découvert, compris, accepté. Cela m’a renforcé. Merci, merci, merci.

    Elvire au pays de l’Ennéagramme

    ELVIRE AU PAYS DE L’ENNEAGRAMME
    par Elvire Debord

    « De la faille, jaillit la lumière »

    Il était une fois, au royaume de l’Ennéagramme, un Roi et une Reine qui décidèrent de réunir les sujets de leurs neuf territoires, pour qu’ils expérimentent ensemble le bonheur de la richesse et de la diversité de la nature humaine.

    Officiellement, le carton d’invitation indiquait « apprendre à mieux se connaître pour oser changer ». Mais le Roi et la Reine savaient dans leur for intérieur qu’apprendre à mieux se connaître est l’antichambre du chemin de l’acceptation de soi, non pas en tant que résignation ou révolte, mais comme source de  conquête de sa liberté intérieure.

    Cependant, le Roi et la Reine ne brusquent jamais, ils proposent sans forcer, et offrent les outils pour que de nos blessures et de nos faiblesses jaillissent les talents qui nous animent, dans une douce évidence.

    Plus d’une cinquantaine de sujets répondirent favorablement à cette invitation, provenant de tous les territoires du Royaume, tous mus par une curiosité et des besoins différents, mais avides de partager leurs expériences vécues au travers de leur personnalité si complexe.

    A peine arrivés, tous les sujets rayonnaient d’un immense sourire et d’une joie affichée d’être là, mais on sentait déjà qu’ils devraient apprendre à se connaitre. Ceux du territoire n°1 espéraient que le week-end soit bien organisé, ceux du territoire n°2 se réjouissaient à l’avance de rencontrer de nouvelles personnes, ceux du territoire n°3 espéraient qu’ils trouveraient efficacement ce qu’ils étaient venus chercher, ceux du territoire n°4 aspiraient à vivre de grandes émotions authentiques, ceux du territoire n°5 ne voulaient pas qu’on leur parle, ceux du territoire n°6 craignaient de ne pas être compris, ceux du territoire n°7 se frottaient les mains de cette nouvelle expérience, ceux du territoire n°8 sont arrivés très déterminés et ceux du territoire n°9 espéraient que l’ambiance soit calme et sereine.

    Tout ce petit monde vécut ensemble pendant 48h, cherchant leurs ailes dans les territoires voisins et tirant des flèches dans les panels opposés. Cette rencontre aurait pu être explosive mais le Roi et la Reine, dotés d’une grâce incomparable et d’un talent merveilleux, surent faire en sorte que respect, bienveillance et écoute soient le souffle qui irradie les échanges.

    Car ils sont amusants les sujets de la Reine et du Roi, des étrangers pour ceux qui ne voyagent jamais d’un territoire à un autre : il y a ceux qui regardent toujours les verres à moitié plein ou à moitié vide, ceux qui cherchent comment les remplir ou les vider, ceux qui veulent comprendre pourquoi ils se remplissent ou se vident, ceux qui les vident ou les remplissent parce qu’il faut le faire, ceux qui pleurent de les voir se vider ou se remplir, ceux qui sont en transe à l’évocation qu’ils se remplissent ou se vident, ceux qui ne savent pas s’il faut les remplir ou les vider, ceux qui jettent les verres de colère car ils ne voient pas pourquoi ils sont vides ou pleins et ceux qui les vident parce qu’on leur a dit de les remplir.

    Les sujets rient, sourient, s’attendrissent, s’écoutent, essaient de se comprendre, pensent à leurs amis, leurs enfants, leurs conjoints pour essayer de deviner de quels territoires ils peuvent provenir, et quand ils réalisent que les étrangers qui les entourent sont en fait dans le même Royaume et qu’il suffit de voyager un peu, de franchir des ponts, des traverser des océans, de parcourir les forêts pour s’aimer tout simplement, alors ils trépignent de joie.

    Les dernières minutes passées ensemble sont les plus émouvantes car elles permettent aux sujets de partager ce qu’ils ont vécu pendant ces deux jours mais également de remercier chaleureusement le Roi et la Reine pour cette invitation : fusent des « j’adore » enthousiastes, des mercis éloquents, des « idem », des mercis efficaces, des mercis rayonnants, des mercis émouvants, des mercis pondérés, des mercis joyeux, des mercis confiants, des mercis tonitruants.

    Quand par ailleurs le Roi et La Reine saupoudrent le Royaume d’un peu de spiritualité, les sujets ressentent et expérimentent au plus profond de leur être la notion de fraternité et se séparent le cœur empli de paix, sereins et le bâton de pèlerin à la main pour poursuivre la marche.

    29 novembre 2016