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Dans la grotte bleue

DANS LA GROTTE BLEUE
Par Avril
de base 5 en tête-à-tête

Au cours des M3 et M2, Valérie m’a posé cette question : pourquoi cloisonnes-tu les zones de ta vie? Quel serait le risque de ne pas le faire? Quelques exemples: je suis mal à l’aise quand mes amis se rencontrent: je ne parle jamais des uns aux autres, j’ai de grandes amitiés en tête-à-tête, mais chaque amitié est un univers, un monde à part. Je ne divulguerais pas un secret. Chaque amitié est un secret. Je n’aime pas parler de mon travail. J’ai l’impression que ma bulle créative est mon jardin secret, mon lieu de ressourcement personnel, je n’ai pas envie que d’autres y pénètrent. Mon travail est un secret. Les cloisons sont aussi assez imperméables autour de mes activités extra-professionnelles, de ma vie affective.

Pourquoi ces cloisons? Pour ne pas être lisible, certainement (j’aime brouiller les pistes, surprendre quant à ma personnalité; je réponds de manière évasive lorsqu’on me demande comment je vais); pour me cacher, avoir au moins une zone de repli.

Si je laisse la question me toucher encore, je dois admettre des sentiments de honte: lorsque j’entrouvre la fenêtre d’une cloison, j’ai peur d’être jugée, et j’ai honte. Si je vais au bout, je sens que cette honte est celle d’exister, une honte de la vie en général…

Est-ce que cette honte est commune aux personnes de base 5? Je me le demande. Je sais que nous avons cette peur du vide intérieur, qui nous cause cette boulimie de connaissance. Parfois, je lis un livre compliqué en le parcourant le plus vite possible, pour emmagasiner de la connaissance. Pas tant pour pouvoir la restituer, ni même l’éclaircir en moi, que pour l’acte de me remplir. En prévision.

Hiroshima, Yves Klein

Pourtant, à l’intérieur, c’est le chaos, la grande interrogation. Je ne veux pas tellement aller voir, je suis souvent paralysée et abrutie si l’on me demande ce qu’il s’y passe.

Une exception: un des moyens d’accès à cette intériorité qui me semble chaotique est l’écriture de poèmes. Dans le noir, avec le moins possible de sollicitations extérieures et à l’heure ou l’inconscient affleure, je parviens à me concentrer sur mes ressentis, et les images viennent pour me montrer qui je suis, avec intensité. Quel repos et quel soulagement de fixer quelque part, grâce aux mots justes, qui je suis. Pour me connaître. Ensuite, pourquoi pas, pour le partager, car je sais que ces poèmes sont justes. Ils me garantissent le contraire du vide: la brûlure, la douleur, la joie, la richesse, les sensations ardentes – la vie pleine. Et « ceci du moins est à moi » (c’est ce qu’a besoin de répéter Mesa dans Partage de midi).

En me couchant, j’ai eu la vision d’une grotte, en moi. J’y étais singulièrement bien. Rien dans cette grotte. Elle est devenue bleue, du bleu profond et chatoyant de l’heure bleue, une lumière riche qui se pose sur toute chose, une des couleurs les plus profondes. C’était un bleu chaud. Puis je me suis vue nager dans cette grotte, comme un plongeur qui se meut avec aisance. D’habitude je n’aime pas l’eau, froide et envahissante, et la sensation d’étouffement me vient dès que je m’imagine plonger. Mais rien de cela ce soir-là. Je me suis endormie comme un bébé.

Est-ce que cette grotte était vide? Certainement pas, j’y avais plutôt un sentiment de plénitude, j’y étais sensiblement présente. J’ai touché le fait que je ne suis pas vide. Pourtant, rien, sinon une lumière, de l’eau, de la chaleur. J’ai rêvé ensuite d’une oreille, symbole de la vie fœtale.

J’ai eu le sentiment d’exister, pour guérir de la honte de n’être personne.

Cadeaux !

CADEAUX !
par Christelle et Hervé

Merci du fond du cœur à François et toi pour cette formidable plongée dans notre humanité, merci pour cette maïeutique si respectueuse et pertinente, où vous avez déployé des trésors impressionnants d’attention à chacun, dans un positionnement si juste, subtil et simple à la fois… Vous nous avez guidés en virtuoses, avec la finesse et la délicatesse dont nous avions besoin pour accéder à notre être profond.

Aucune lecture, depuis des décennies où l’ennéagramme m’intéresse, n’aura eu le centième de l’impact qu’a eu votre transmission orale en groupe: mais oui, bien sûr, c’est à travers les multiples exercices, à travers les réactions bienveillantes et regards croisés des participants – tous embarqués dans la même aventure, que peu à peu la lumière s’est enfin fait jour.

Vous avez été les instruments bénis de la Providence, Hervé et moi repartons avec des éléments de compréhension mutuelle bien aidants. C’est un peu comme une nouvelle naissance à deux, nos regards sont déjà comme désembrouillés, alors que nous n’en sommes qu’à la toute première session! Nous avons le sentiment d’avoir tout-à-coup une clef dans la main, qui nous ouvre bien des portes: c’est incroyable, cette sensation de liberté nouvelle.

Oui, la Vérité vous rendra libresIl est tellement plus facile d’être bienveillant envers les fragilités de l’autre, lorsque l’on comprend d’abord les siennes propres. Quel soulagement, de trouver comment progresser, de trouver un chemin. Nous attendons et espérons avec impatience les sessions suivantes. Si nous devions regretter quelque chose, ce serait de ne pas l’avoir fait il y a trente ans, en nous mariant. Nos enfants et tout notre entourage en auraient certainement bénéficié, les moments de difficultés en auraient été plus sereins.

Constatant en nous voyant, à quel point une telle mise à la lumière est bénéfique pour l’harmonie familiale, nos enfants s’organisent pour pouvoir toquer eux aussi à votre porte: mieux se connaître, mieux se comprendre, c’est vraiment un cadeau à s’offrir, pour toute la vie… et à offrir aux personnes avec qui on partage sa vie. A priori, si ça vous est possible, vous aurez deux de nos fils à la prochaine session… Je ne remercierai jamais assez ma sœur de m’avoir offert ce précieux cadeau… qui déclenche une cascade de bienfaits.

 

Vœux !

VOEUX !
par Etienne, avec Marie

Je voulais profiter de ce moment de vœux et de souhaits pour vous exprimer notre gratitude pour ce chemin qu’on a parcouru de 2019 à 2021, ce beau parcours qu’on a fait au travers de l’ennéagramme qui nous a apporté beaucoup.

Beaucoup de tracas parce que ça a fait émerger toute la partie émotionnelle qui était bloquée en moi depuis longtemps et qui m’a amené jusqu’au burn out: j’ai dû prendre le taureau par les cornes et affronter cette partie émotionnelle. J’arrive en 2022 à accueillir notamment cette émotion du deuil de mon père, de son départ, cela est très riche. Evidemment je suis passé par la case burn out, c’est un peu comme au Monopoly: quand on te dit va directement en prison, c’est raide, c’est dur, c’est la vie, mais vous nous aviez renforcés avant: merci à vous pour tous ces contenus.

Aujourd’hui la partie émotionnelle est mieux accueillie, on a beaucoup travaillé sur les BD d’Art Mella sur les émotions, on a beaucoup évolué aussi avec Couple et complices de Gary Chapman qui nous a permis de renforcer notre intimité. On a été très bien soutenus au niveau spirituel, j’ai beaucoup travaillé sur l’anxiété, le manque de confiance en moi; avec aussi Recherche la paix et poursuis-là de Jacques Philippe, ce petit ouvrage que je médite depuis presque un an. Je fais oraison: merci à mon père spi aussi. On a été entourés par une équipe formidable, le tout dans la prière qui est le levain de tout ça. Nous sommes pleins de gratitude envers vous pour tous ces bienfaits et c’est merveilleux.

Du coup, on fait des bilans de compétences tous les deux, chaque élément vient s’ajouter sur ce gros travail sur les cinq modules de l’ennéagramme qu’on a fait avec vous. Ce ne sont peut-être pas les bases, ce serait mentir que de dire que cela a été les fondations parce qu’il y avait d’autres choses en amont, mais cela a cimenté le gros des fondations, ça les a armées. On en a profité pour encore remettre une armature en 2021 avec la clé des émotions, le soin du burn out et maintenant on peut enfin construire, avec ce bilan de compétences, le rez-de-chaussée avec des projets assez enthousiasmants qui se dessinent. Pour ma part une part intuitive se confirme de manière plus certaine: une formation en menuiserie et des perspectives professionnelles qui sont déjà assez intéressantes, un projet qui en discussion, ça se dessine très très bien de mon côté. Du côté de Marie on est encore dans l’ordre de l’intuition parce que le bilan vient juste de commencer, beaucoup d’idées mais pas encore de chose à annoncer, on va laisser le temps au temps.

Encore un grand merci à vous deux et à vos enfants qui ont été présents à certains des modules et certains des échanges, car vous avez été porteurs, vous avez été des canaux puissants de ce que nous sommes aujourd’hui. Pour 2022, pondez-nous un sixième module et on se reverra! On ne demande qu’à avoir de nouvelles choses à découvrir. D’ici-là on reste connectés dans le présent, par le passé. C’est un peu tordu, mais je suis de base 6 donc j’ai le droit de dire des choses comme ça 🙂 C’est parce que vous nous avez aidés à construire ces fondations armées, qu’aujourd’hui nous construisons paisiblement un premier étage qui est très enthousiasmant, bientôt le deuxième étage avec la formation en menuiserie et le troisième avec le projet professionnel, super enthousiasmant.

Grand merci pour la partie professionnelle mais il y a aussi la partie cœur qui m’a permis d’accéder à ce souvenir de mon père, cette émotion du décès de mon père qui est toute fraiche. Cela n’a pas été agréable à passer mais quel enthousiasme, quelle joie, quelle émotion, c’est vraiment magnifique. Et puis grâce à ces fondations en béton armé, par aussi l’accès à l’émotion, on a pu aussi renforcer ce travail sur l’intimité et sur le lien toujours plus puissant entre les époux et aussi avec les différents amis et les différents membres de nos familles, ce désir d’être toujours plus connectés par l’émotion et cette quête spirituelle; d’être toujours plus en vérité l’un avec l’autre. Et ce travail, je suis très heureux de l’avoir découvert et expérimenté à travers le couple et de pouvoir le pratiquer avec tous ceux que le bon Dieu place sur notre route.

Beaucoup de belles choses pour vous pour cette année aussi, je vous souhaite beaucoup de beaux témoignages qui vous permettent de vous apporter, avec les stages, beaucoup de joie, de paix, de retours a posteriori qui viennent parsemer le ciel de notre année de petites constellations brillantes et pétillantes. C’est ce que je vous souhaite, et pour vos enfants aussi, de continuer à progresser. Beaucoup de belles choses, beaucoup de bonnes choses, beaucoup de saintes choses!

 

Indispensable ?

INDISPENSABLE ?
par Muriel
de base 2

Quand le stage Ennégramme permet le chemin vers la connaissance et la compréhension de soi, quel émerveillement!

A la fin du Module 1, je ne savais pas si j’étais de base 2 ou plutôt de base 9… c’était frustrant cette incertitude.

Alors j’ai observé, qui j’étais avec les autres et mon fonctionnement dans le besoin d’être reconnue… Mon bien-être est lié à celui des autres: je suis donc de base 2! J’ai très vite compris qu’en me mettant au service de tous, j’étais dans une quête d’ amour et que j’étais surtout… épuisée! 

Le Module 2 m’a permis de partager avec d’autres personnes de base 2, et grâce à l’enseignement de Valérie et François, d’accepter ce ressort de la générosité que j’ai chevillé au corps,  en conscience. J’ai compris que donner et être au service de… tous azimut , était un mécanisme de défense de l’enfance, mais que cet élan c’est aussi mon talent. J’apprends aujourd’hui à mieux l’accueillir tel qu’il est et à dire non, petit à petit, pour que mon oui soit vrai!

Et puisque  l’amour inconditionnel de notre Mère universelle m’est donné, je me remplis de Lui!

Je reste  une personne empathique et dévouée, mais pour que mon don devienne gratuit, je m’efforce de planifier du temps pour moi, pour revenir à mes propres besoins: c’est dans cette mesure que je n’attendrai pas de retour.

J ‘arrête de penser pour l’autre (j’essaie!), de définir ses envies, car cet altruisme pourrait laisser place finalement au sentiment d’être indispensable: un excès de passion qui pourrait aller jusqu’à l’orgueil. Cette notion m’a été difficile à accepter. Je remercie vivement Valérie et François de m’avoir guidée sur le chemin de l’humilité…

Et portée par la Foi, je me réconcilie avec moi même. C’est une grande joie.

A bientôt pour le M3!

Un monde en bleu

UN MONDE EN BLEU
par Martine
de base 6

Mon monde à moi, c’est un monde en bleu
Oui, mais décrit sur toute sa gamme
Bleu… comme mes peurs

Peurs paniques, fulgurantes, incontrôlables,
Des toutes petites, des ridicules, des peurs de rien de tout: peur des araignées, peur de monter sur un vélo, peur des affreux rats, peur de tout et n’importe quoi…

Jusqu’aux plus profondes, jusqu’aux viscérales: celle d’affronter l’inconnu, la solitude, la souffrance, la dépression et surtout la pire de toute, la peur primale: celle du non-amour, celle du rejet, celle de la trahison, celle-là qui vient comme un poignard dans le creux de l’estomac, qui transforme tout en un immense vertige, la vraie, la bleue, l’abyssale. Quand la terre s’ouvre sous mes pieds en un gouffre sans fin et que cette panique me laisse au sol, vide et pantelante comme une épave rejetée par la mer, brisée, abandonnée, seule sur le sable. Celle dont je crains ne jamais pouvoir me relever.

Mais sur la palette de mes bleus, après l’ouragan, c’est le retour au calme. Et le bleu redevient lumineux, un bleu serein, un bleu d’azur. C’est le bleu des jours heureux où le soleil réapparaît dans un ciel uniforme. Cette peur, je l’ai vaincue. Pas seule, non, mais grâce à ce roc, à cette force vivante en moi plus que moi-même. Le bleu d’encre, presque noir s’est dissous. Je revois, je découvre la beauté de la nature qui m’entoure, je ressens l’amour de ceux que j’aime et qui sont là! La sève à nouveau circule dans mes veines, bleue. Là, devant mes pas, il y a un avenir, un nouveau, un magnifique chemin s’ouvre vers de nouveaux horizons, des horizons en bleu… Confiance! N’ayez plus peur…

Où es-tu?

OU ES-TU?
par Dominique

Ma femme et moi avons quitté les journées de M1 et M2, conquis d’avoir entamé une exploration de nous-mêmes et d’avoir expérimenté en bonne compagnie combien l’autre est nécessaire pour se connaître. Nous nous sommes ainsi abreuvés à la source en vérifiant avec émerveillement ce que la Genèse raconte depuis si longtemps: la vanité de vouloir s’en sortir seul. Le bon Dieu nous y cherche d’ailleurs: « où es-tu? », pointant le mystère que nous avons découvert. Nous ne savons en fait presque rien de la construction qu’est notre personnage, cachant sa vérité de feuillages.

Nous nous sommes pris au jeu des dévoilements des uns devant les autres. Il est moins austère et plus efficace que les raisonnements. Les rites des rencontres, épatants, facilitent la parole, jettent des ponts, alors que nous sommes installés naturellement derrière des murailles qui enfouissent les cœurs, maçonnées inconsciemment par nos histoires, pour se protéger des affronts à nos grâces initiales. Un architecte parlerait des leurs conséquences en styles fondamentaux plus ou moins mélangés et ornés.

Même si nous n’avons abattu qu’un premier mur, quelle joie d’avoir conscience d’être déjà plus vrais, apprenant en quelques traits que ces cœurs si protégés sont tous aimables malgré de belles différences! N’est-ce pas gagner ainsi un peu de miséricorde sur soi et les autres et ensoleiller les vies?

Saint Bernard nous engage à poursuivre et abattre les autres murs: « Nul savoir, si étendu qu’il soit, ne permet d’atteindre à la plénitude de la sagesse, sans la connaissance de soi-même. » Autrement dit, la connaissance de soi n’est pas évidente. « Aussi est-il naturel que l’homme tende à se clore partout dans une sphère » comme le dit Stanislas Fumet dans L’impatience des limites. A nous de prendre les moyens d’en sortir!

Casse pas la tête !

CASSE PAS LA TETE !
par Luc
de base 1

C’est juste avant mon déplacement en Nouvelle Calédonie que j’ai souhaité écrire ce petit témoignage personnel, certainement face à une situation de départ vers l’inconnu qui bouleverse un peu les équilibres…

Avant toute chose je souhaite remercier ma femme qui a pu m’orienter sur l’ennéagramme car sans son aide, ses conseils et cet outil fantastique je n’aurais jamais aussi bien cerné et compris mes réactions. Celles-ci m’auraient sans doute entraîné dans un puits sans fond, pensant que c’était comme çà et qu’on ne pouvait pas changer… mais si on est conscient des problèmes on peut toujours s’améliorer et l’ennéagramme en a été en grande partie la clé .

Marié depuis seize ans et père de six enfants, militaire , 43 ans. J’ai pensé pendant longtemps que tout était très binaire, bien/mal, fainéantise/travail… que le mot repos n’existait pas vraiment, qu’il fallait tout faire à fond. Dans toute situation j’ai l’impression qu’il y a toujours une remarque, réflexion ou critique à faire non pas pour faire de la peine, vexer ou sortir sa science mais plutôt parce qu’il y a toujours mieux à faire, une façon de tendre vers un certain perfectionnisme. C’est d abord à moi-même que je me fais des réflexions et avec moi que je suis le plus dur finalement.

Le réflexe de scanner dans une pièce ce qui ne va pas, sur la tenue d’un enfant, sur la recette d’un plat, les travaux que l’on fait dans la maison, le travail des autres… Je me sens comme obligé de corriger la moindre erreur et tout cela crée de la tension en moi mais aussi pour les autres.  Au point de dire par exemple à mes enfants: puisque tu fais mal je préfère le faire, mais du coup on doit être partout à s’en épuiser et finalement l’enfant n’a pas vraiment appris en essayant et il n’aura pas assez confiance en lui. J’ai entendu souvent de moi que je suis tendu, que lorsque je rentre dans une pièce cette tension se ressent, que je suis plutôt raide, et ne sais pas me détendre (et même que j’ai la ride du lion…). C’est vrai et tout cela conduit finalement à focaliser sur le négatif au lieu du positif et crée une forte souffrance et tension intérieure.

J’aime l’histoire et j’ai tendance à me reconnaître dans le personnage qui sera le plus proche de mes réactions, Louis IX, saint Louis, est de fait un modèle: comme lui, je n’arrive pas à supporter l’injustice, tout ce qui n’est pas ordonné sur le temporel comme le spirituel. Lorsque j’entreprends un travail il faut le faire et bien le faire parfois au risque d’aller dans trop de détails et j’ai une grande difficulté à déléguer: forcément ça ne sera pas fait correctement.

Tendance à beaucoup donner, s’investir, mais du coup c’est oublier de prendre soin de soi, ne pas savoir dire non, se détendre tout simplement. Etre dans l’action et le contrôle permanent devient épuisant pour soi et les autres. On se reposera au ciel, disais-je si souvent… Ce qui finalement consistait à ne jamais prendre le temps de se reposer, comme si c’était une honte ou humiliant de devoir s’arrêter ou se détendre comme si on serait jugé d’avoir fait une petite sieste ou juste rien fait d’actif dans la journée… S’interdire de souffler et apprécier le moment présent, écouter de la musique ou se poser avec un livre par exemple m’était vu comme improductif, comme si tout mérite ou réussite était possible que dans l’action ou dans un résultat concret et visible, dans le jour d’après, dans l’anticipation .

« La question n’est pas de savoir si il y a une vie après la mort, écrit Moussa Nabati, mais s’il y a une vie avant la mort.«  Ce qui me fait rebondir sur un extrait de la liberté intérieure de Jacques Philippe: « On ne peut pas véritablement programmer sa vie, on ne peut que l’accueillir instant après instant. La seule chose qui nous appartienne , en fin de compte, c’est le moment présent. Il est le seul lieu où nous puissions vraiment poser des actes libres; il n’y a que dans l‘instant présent que nous sommes vraiment en contact avec le réel. »

Si j’ai souvent entendu le mieux est l’ennemi du bien, j’avais du mal à l’appliquer dans mon logiciel. J’essaye aujourd’hui de me l’appliquer, car finalement rien de ce monde n’est parfait et je pense que je me suis épuisé à rechercher une forme de perfection/contrôle dans ce que j’entreprenais, au risque de gâcher l’essentiel car cette perfection est inatteignable. A tout vouloir défendre, on ne défend rien disait un général en Normandie en 1944, alors à tout vouloir contrôler on risque de ne plus rien contrôler du tout… Chers amis de base 1, lâchez-prise, soufflez, respirez, détendez-vous et surtout souriez! Casse pas la tête, comme ils disent en Nouvelle-Calédonie, c’est-à-dire: prends ton temps, détends-toi, pas de stress, tranquille…

 

 

 

Je n’ai jamais souffert

JE N’AI JAMAIS SOUFFERT !
par Stéphanie
de base 7

Rigoler est la seule façon de voir le monde en couleur et d’oublier ses souffrances, de ne pas rentrer au dedans pour ressentir une émotion. A quoi sert de pleurer si ce n’est que pour nous faire du mal? Bannir la souffrance par le rire, par la joie. C’est comme ça que la vie doit être menée. A quoi sert la négativité? Si ce n’est à ne plus pouvoir avancer. Rester optimiste face à la vie. Sourions et la vie nous sourit! A quoi bon pleurer sur son sort lorsque l’on est en vie et que l’on peut conquérir le monde à la découverte d’une multitude de possibilités. Nous avons cette chance de vivre, de respirer, de sourire, alors profitons! Arrêtons de nous focaliser sur une seule passion ou un seul intérêt lorsque la vie nous montre qu’on peut profiter de tout, papillonner, butiner. Le temps défile à une telle vitesse, alors dépensons notre énergie et ne restons pas assis. Quelle perte de temps! On n’enferme pas un oiseau dans une cage, le jour où la porte s’ouvre, l’oiseau s’enfuira. Laissez-le libre car un jour il arrêtera de chanter.

C’est ainsi que j’ai mené ma vie, jusqu’à ce que mon corps fasse stop. Burn out. Classique. Je l’avais mené au bout, il m’a arrêtée. Des années de souffrances ignorées, de deuils non faits s’étaient accumulés et mon quota était dépassé. C’est alors que j’ai découvert l’ennéagramme, et que j’ai pu commencé à renaître. Lors de cette découverte, j’ai vu toute ma vie défiler: je n’avais pas pris conscience de toutes les souffrances enfouies, des enfermements que je ne voulais pas voir. Je suis tombée au plus bas, moi qui aimait tant la vie et qui souriait et rigolait à n’en plus finir. J’étais ce rayon de soleil, cette chaleur que je donnais à tous ceux qui m’entouraient: faire le clown, c’est ce qui me faisait vivre, vibrer. J’ai continué un peu de temps à dire que d’ailleurs je n’ai jamais souffert, que ce n’était rien, qu’il y a toujours pire ailleurs. Et quand les circonstances m’empêchaient de sourire, je m’effaçais, construisant peu à peu ma prison intérieure.

Le réveil n’a pas été brutal, tout s’est fait en douceur. Mon mental, c’est à la fois ce qui m’enferme : « la seule vie qui soit passionnante est la vie imaginaire », comme l’écrit Virginia Woolf; et ce qui me permet de me sortir de ma prison intérieure. J’ai réfléchis, écouté, puis j’ai ouvert les yeux, j’ai travaillé. Je voulais m’en sortir, arrêter tout ce que j’avais élaboré: une vie imaginaire où je me mentais à moi-même, à mon entourage, en criant que j’étais heureuse et que tout allait pour le mieux.

C’est là que j’ai su m’arrêter. J’ai appris à respirer, à ne plus bouger, à me recentrer, à vivre ici et maintenant sans imaginer ma vie. J’apprends à accueillir l’émotion la plus basse, recevoir son message et savoir qu’en faire. J’ai arrêté de dire ce n’est pas grave, j’ai affronté les conflits pour obtenir des réconciliations, j’ai senti mon cœur palpiter, j’ai eu ma première colère, j’ai pleuré de tristesse. C’est ainsi que j’ai trouvé la paix avec moi-même, pour être en paix avec le monde qui m’entoure. Cela fait un bien fou de pouvoir m’arrêter et apprécier juste le moment ici et maintenant sans penser au lendemain.

Hier, j’ignorais mon corps, je perdais ma respiration aux moindres paroles. Aujourd’hui, l’ennéagramme m’a permis de comprendre pourquoi et la méthode Vittoz m’a redonné accès aux sensations de mon corps, à des pensées plus claires, et ainsi à rejoindre mon cœur au plus profond. Je n’ai pas changé, j’ai trouvé le calme.

C’est alors que la foi a pu m’envahir comme une lumière. J’ai eu cette chance de vivre deux jours formidables en Module 2 auprès des panélistes et de mes amis de base 7. L’articulation de la connaissance de soi et de la vie de foi m’a procuré une chaleur et des réponses aux questions que je me posais. J’ai dit en panel que j’étais athée depuis des années, mais cela aussi est un mensonge : je n’y avais juste pas accès, je l’avais enfoui avec le reste. Alors le chemin est encore long: pendant 38 ans j’ai essayé d’avancer à la force du poignet, mais j’ai compris aujourd’hui qu’on ne s’en sort jamais seul. Merci à la thérapie du Docteur Vittoz et à l’ennéagramme articulés à la vie de foi! C’était un moment formidable.

Maïeutique

MAIEUTIQUE
par Aude

Je n’ai pas pris le temps de te remercier à la fin de ces deux jours de Module 2.

J’ai été renversée par la grandeur que chacun a réussi à exprimer de lui-même grâce à cet outil maïeutique qu’est l’ennéagramme.

Cela ne pourrait pas se faire sans ton doux et respectueux appui.

Je te remercie de m’avoir permis de pouvoir admirer la fragilité unique que nous portons tous.

Les clés de la forteresse

LES CLES DE LA FORTERESSE
par Ann

Nous voilà à Paris Nord en attente du Thalys qui nous ramènera vers notre Galilée.

Nos cœurs sont paisibles et nous sommes heureux d’avoir vécu ces deux jours à vos côtés avec le groupe.

Pour ma part j’ai eu du mal à quitter les lieux. Nous sommes restés flâner à l’orangerie Jean de la Croix, refaire un petit passage à l’oratoire Prophète Elie et visiter le musée du Père Jacques (très bien fait… très touchant).  Nous n’avions pas envie de secouer la poussière de nos chaussures, mais plutôt de nous laisser imprégner pour que la glaise reste bien collée et nous accompagne sur la route pour nous modeler.

J’ai été particulièrement touchée de sentir, comprendre peut-être,  à quel point chacun est en mode protection de son agneau intérieur. Toucher du doigt peut-être aussi que la traversée de la souffrance, de l’échec, peut être une des clés de la forteresse, une manière d’accepter de baisser la garde et de s’accueillir humblement avec plus d’authenticité.

Ce fut un cadeau que d’être là en la fête de sainte Thérèse d’Avila et de partager la liturgie des frères Carmes. Ce fut un cadeau que la présence du soleil.

Merci de ce qui en vous et par vous est au service de la Vie en chacun de nous.