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Cultivez votre cerveau !

JardinierCULTIVEZ VOTRE CERVEAU !

La méthode Vittoz repose notamment sur le principe de la neuroplasticité du cerveau, c’est-à-dire sur sa capacité à créer de nouveaux circuits neuronaux sur la base de répétition d’exercices, générant de nouvelles habitudes. Eclairage sur le fonctionnement de notre cerveau, notre meilleur allié en matière de liberté intérieure.

Il y a un vieux dicton en neuroscience qui dit : Les neurones qui s’activent ensemble se connectent. Cela signifie que plus vous utilisez un neuro-circuit dans votre cerveau, plus ce circuit devient fort. Un autre dicton nous dit que : La pratique vous rend parfaits. Plus vous pratiquez le piano, ou parlez une langue, ou pratiquez autre chose, plus ces circuits se renforcent. Les scientifiques le savent depuis des années. Cependant, de nos jours les chercheurs apprennent une autre partie de la vérité : ce qui est important pour apprendre quelque chose, plus important encore que la pratique, c’est de désapprendre, ou de briser les connexions neuronales anciennes. C’est ce qu’on appelle élagage synaptique.

aHR0cDovL3d3dy5saXZlc2NpZW5jZS5jb20vaW1hZ2VzL2kvMDAwLzA4Ni8zNjMvb3JpZ2luYWwvYnJhaW4tc3luYXBzZS5qcGVnVoilà comment cela fonctionne : Imaginez que votre cerveau est un jardin, sauf qu’au lieu d’y faire pousser des fleurs, des fruits et des légumes, vous développez des connexions synaptiques entre les neurones. Ce sont les connexions que les neurotransmetteurs comme la dopamine, la sérotonine et d’autres utilisent. Les cellules gliales sont les jardiniers de votre cerveau – ils agissent pour accélérer les signaux entre certains neurones. Mais il y a d’autres cellules gliales qui enlèvent les détritus, arrachent les mauvaises herbes, tuent les parasites, ratissent les feuilles mortes. Les jardiniers d’élagage de votre cerveau sont appelés cellules micro gliales. Elles taillent vos connexions synaptiques.

La question est… comment savent-elles ce qu’il faut élaguer ? Les chercheurs commencent tout juste à démêler ce mystère, mais ce qu’ils savent, c’est que les connexions synaptiques qui s’utilisent moins souvent sont marquées par une protéine, C1q (ainsi que d’autres). Lorsque les cellules micro gliales détectent cette protéine, elles se lient à celle-ci et détruisent, ou taillent la synapse. C’est ainsi que votre cerveau crée de l’espace physique, pour que vous puissiez construire de nouvelles connexions plus fortes, afin d’en apprendre davantage.

C’est pourquoi le sommeil est si important. Avez-vous déjà ressenti que votre cerveau est trop plein, généralement quand vous apprenez quelque chose de nouveau ou au moment de commencer un nouvel emploi ou un nouveau passe-temps ? Eh bien, c’est probablement ce qui arrive, votre cerveau est trop plein. Lorsque vous apprenez beaucoup de choses nouvelles, votre cerveau construit des connexions, mais elles sont inefficaces. Votre cerveau a besoin d’élaguer beaucoup de connexions et de construire des voies plus simplifiées et efficaces. Il le fait quand nous dormons. Lorsque vous dormez, vos cellules cérébrales se rétrécissent jusqu’à 60%, pour créer de l’espace pour vos jardiniers gliaux qui emporteront les déchets. C’est ainsi qu’ils taillent les synapses. Vous êtes-vous déjà réveillé après une bonne nuit de repos et avoir pu réfléchir clairement et rapidement ? Vous en connaissez maintenant la raison. C’est comme si vous faisiez une défragmentation dans votre ordinateur. C’est pour cette raison que les siestes sont si bénéfiques pour vos capacités cognitives. Une sieste de 10 ou 20 minutes donne à vos jardiniers la chance d’entrer en scène, de dégager quelques connexions inutilisées et de laisser de l’espace pour en faire de nouveaux. Penser avec un cerveau privé de sommeil c’est comme si vous tentiez de vous frayer un chemin dans la jungle, avec une machette. C’est un travail lent et épuisant. Penser avec un cerveau bien reposé c’est comme d’errer tranquillement dans Central Park; les chemins sont dégagés et se connectent à différents endroits, les arbres sont là où ils devraient être et vous pouvez voir loin devant vous. C’est revigorant.

Voici comment vous pouvez contrôler ce qui est supprimé dans votre cerveau : ce sont les connexions synaptiques que vous n’utilisez pas qui sont marquées pour le recyclage. Celles que vous utilisez sont celles qui sont arrosés et oxygénés.

Soyez donc conscient de ce que vous pensez.

Si vous passez trop de temps à lire des théories sur la fin de Game of Thrones  et très peu sur votre travail, devinez quelles synapses seront marquées pour le recyclage ? Si vous êtes en conflit avec un compagnon de travail et que vous vous concentrez sur la façon de vous venger, au lieu de vous consacrer à votre super projet, vous engendrerez une superstar synaptique concentrée sur la vengeance, mais vos pensées ne seront pas novatrices.

Ce sur quoi vous vous concentrez l’emporte ! Vous modelez, littéralement, votre propre esprit en choisissant ce sur quoi vous portez votre attention.

Bien sûr, vous pouvez difficilement contrôler ce qui vous arrive tout au long de la journée, mais vous pouvez contrôler son impact sur vous. Pour être plus précis, vous pouvez choisir ce qui vous affecte et construire vos propres connexions neuronales. Au lieu de vous concentrer sur les choses qui vous empêchent d’avancer, vous pouvez vous concentrer sur des choses qui font de vous un meilleur être humain. Au lieu d’imaginer des scénarios qui ne se produiront probablement jamais, méditez. Nettoyez votre esprit. Concentrez votre esprit sur le maintenant et utilisez votre énergie mentale pour des choses profitables.

C’est vraiment un jeu de stratégie. Vous avez besoin d’utiliser intelligemment votre esprit. Résistez à la tentation de penser à des choses qui ne vous sont pas profitables. Afin de supprimer quelque chose, vous n’avez, tout simplement, qu’à arrêter d’y penser. Même lorsque vous y êtes rappelé, changez la direction de votre attention. Tôt ou tard, ce sera sélectionné pour le recyclage.

Sources: http://www.fastcompany.com/3059634/your-most-productive-self/your-brain-has-a-delete-button-heres-how-to-use-it
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L’intelligence du corps au cinéma

425022-jpg-c_215_290_x-f_jpg-q_x-xxyxxSULLY
Un film de Clint Eastwood, 2016

Un archétype de la base 9*

Avec Sully, Clint Eastwood livre un de ses plus beaux films, déroutant les codes du film du dimanche soir pour proposer un miracle de sobriété et de justesse. Tom Hanks, dans le rôle de Sully, le pilote qui, il y a quelques années, posa son Airbus sur l’Hudson en sauvant tous les passagers, est absolument magistral de présence et de précision.
A voir en famille !

v1Sully/Hanks porte ce film par une présence physique hors du commun, à la fois puissante et sobre, calme et déterminée. Dans le rôle de ce pilote qui, une fois passé le temps où il est fêté en héros, se retrouve en butte à une enquête visant à lui faire porter la responsabilité de l’amerrissage, pour de sordides questions financières, il réagit à la façon d’une personne de base 9.

Face aux questions agressives de ses interlocuteurs, il ne rentre pas dans le conflit. Face à l’injustice qui lui est faite, il intériorise, incapable de partager son angoisse avec sa femme (quelques personnes de base 9 sauront de quoi je parle…) et finit même par douter de lui-même. Seuls ses rêves diront la violence de ce qu’il traverse et la réalité de ce qu’il vit.

Face aux analyses des ingénieurs et aux calculs des machines, il oppose opiniâtrement le facteur humain, c’est-à-dire ce qu’il sent. On lui dit que le second moteur fonctionnait, il répond seulement : « ce n’est pas ce que j’ai senti ». Les personnes de base 9 sont au cœur de la triade instinctive de l’ennéagramme, celle dont le centre d’intelligence préféré est le corps. C’est de lui qu’elles reçoivent d’abord les informations pour l’action et non celles de l’intellect ou de l’émotion. Il y a en base 9 une capacité spécifique à sentir l’environnement, à faire corps avec lui. Le plan bouleversant où, alors que l’avion menace de couler, Sully arpente seul le couloir de l’avion alors que tous les passagers ont été évacués, est emblématique de cette présence qui fusionne avec l’environnement. Là où la précipitation serait compréhensible, le calme règne.

Le cœur du film, dont la scène est judicieusement fragmentée par Eastwood, est celle de l’amerrissage. Sully prend la décision de ne pas rejoindre l’aéroport La Guardia, contrairement aux conseils qu’il reçoit. Il sait, parce qu’il le sent, qu’il n’y arrivera pas. Il n’a pas le temps de la réflexion mentale, qui le mènerait à s’écraser contre les immeubles  (terrible réminiscence des attentats du 11 novembre 2001), comme le montre la simulation finale. Le corps est plus rapide que la tête en situation d’urgence.

Il choisit donc de tenter de se poser sur l’Hudson, dans le plus grand calme et avec la plus implacable détermination. C’est l’action juste par excellence, celle qui ne résulte pas de savants calculs mais d’une présence réelle aux choses et à soi : l’action juste, cette vertu de l’ennéagramme si mystérieuse et dont les personnes de base 9 ont le secret quand elles vont chercher le meilleur d’elles-mêmes. Une action juste qui n’a rien de brillant et qui ne cherche pas le spectaculaire – Sully n’est pas à l’aise avec l’encensement des médias, mais qui trouve son épanouissement dans le fait même. Difficile d’en parler… Eastwood nous permet de le vivre un peu avec son héros, c’est la parole du cinéma.

Est-ce un hasard ? Je faisais la recension il y a tout juste un an d’un autre film avec Tom Hanks, Le Pont des espions de Steven Spielberg, où une fois de plus l’acteur se retrouvait en posture 9… Que cela veut-il dire de l’acteur, des réalisateurs, des personnages mis en lumière ? Ce serait l’objet d’un autre article.

* L’archétype est un représentant connu et supposé d’un type de l’ennéagramme, l’hypothèse reposant sur des éléments caractéristiques de sa vie ou de son oeuvre. 

 

 

Trump ou la grande confusion

imagesDONALD TRUMP
Hypothèse contradictoire en 8 ou 6 contrephobique

L’élection de Donald Trump a secoué le landernau médiatique. Passons sur les aspects politiques de la question et intéressons-nous à cette personnalité contestée et hors norme.

L’homme provocateur, grossier, n’hésitant pas à faire des plaisanteries en-dessous de la ceinture, étalant sa richesse, simplificateur et caricatural, farouchement indépendant peut faire penser à une base 8 dans ce côté brut de fonderie et dominateur. Sa biographe Laure Mandeville souligne qu’il a toujours été un rebelle et une forte tête, bombardant ses instituteurs de gommes, tirant les cheveux des filles, et que le coin où les élèves turbulents étaient envoyés avait été baptisé de ses initiales, DT ! A 13 ans, son père l’envoie d’ailleurs en internat car il le surprend en train de préparer une descente à Manhattan avec des lames de rasoir ! Contrairement à son frère aîné, mort dans l’alcoolisme, Trump a décidé de ne jamais exposer ses faiblesses. C’est l’évitement de la base 8 qui cache sa vulnérabilité car il croit en la force.

Tout serait simple si quelques éléments ne venaient troubler la logique de ce tableau. En petit comité, le provocateur laisse place au pragmatique qui écoute ses conseillers et ne choisit pas systématiquement l’option la plus extrême. Au contraire, en politique étrangère, Trump s’affirme prudent et pragmatique, jugeant que le statut de gendarme du monde a fait commettre des erreurs aux Etats-Unis. Par rapport à Daesh, il est prêt à s’allier avec Poutine et même à lui laisser faire le travail s’il le sent mieux placé que lui pour le faire. Bref, de nombreux indices semblent montrer que l’homme est bien plus complexe qu’il ne le montre, comme s’il cachait son jeu.

L’autre hypothèse expliquant ce sens de la provocation serait une base 6 de type contrephobique, réagissant à la peur par l’attaque, testant, déstabilisant l’adversaire par une virtuosité verbale très aiguisée (tandis que le 6 phobique est plutôt dans l’effacement et l’expression de la peur). Si cette hypothèse était avérée, et elle a aujourd’hui ma préférence, il rejoindrait la cohorte des provocateurs de la politique, 6 tellement contrephobiques qu’on les prend pour des 8 où je verrais bien Georges Marchais, Jean-Marie Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

C’est souvent dans le verbe que l’on peut discerner un 6 contrephobique car pour l’énergie puissante et brutale la confusion est totale avec le 8. De même que la défense des faibles (Trump a un discours de protection des pauvres qui est aux antipodes du libéralisme contrairement à ce qui a été souvent dit) qui réunit 6 et 8, le premier par devoir, le second par instinct de protection.

Pour compliquer encore la donne, trois petits éléments. Le premier est que 6 ou 8 , Trump a vraisemblablement une aile 7 qui lui donne tant d’aisance dans les pitreries. Le deuxième est le sous-type certainement social, tant les notions de prestige et d’image semblent présentes. Enfin, n’oublions pas qu’il est américain et qu’une super-couche de base 3, propre aux Etats-Unis vient en rajouter dans le côté bling-bling et la passion du challenge.

Pas si simple l’ennéagramme…

Ciné de vacances ?

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Un flim de Steven Spielberg, 2015

Un archétype de base 9*
Par François

Faisons-nous plaisir! Le Pont des espions est sans aucun doute un des meilleurs films de Spielberg qui renoue ici avec le grand cinéma classique américain. Pas académique comme dans Lincoln ou La Liste de Schindler (deux bons films au demeurant), mais simplement classique, donc éternel. Un film idéal pour les vacances de Noël!

C’est l’histoire d’un avocat américain, James Donovan, qui se trouve commis d’office pour défendre un espion russe afin qu’il puisse bénéficier d’un procès équitable. Mais il se prend au jeu, défend son client avec ténacité et se voit proposer de jouer le Monsieur bons offices dans l’échange de son ex-client avec un pilote américain capturé par les soviétiques.

LA-BANDE-ANNONCE-DU-JOUR-LE-PONT-DES-ESPIONS_cropTom Hanks qui joue l’avocat incarne à merveille, me semble-t-il, la base 9 dans ce qu’elle a de plus beau. Etre commis d’office est une habitude chez les personnes de base 9, qui ont du mal à faire des choix et à prendre position, mais qui savent mieux que personne se mettre à la place de l’autre. On sent à chaque instant l’énergie corporelle qui culmine dans un des derniers plans du film lorsque Hanks est sur le pont dans la position vittozienne de l’homme debout, ancré au sol, comme insubmersible.

Avec son client, Donovan fait preuve d’une empathie sans pareil. Face à ce petit homme sans goût ni grâce, il est là, présent, et finit par attirer sa sympathie. Au cœur d’une affaire d’espionnage tendue et parfois violente, Donovan/Hanks traîne sa grande carcasse paisible en apportant autour de lui une énergie de sérénité qui tranche avec un entourage anxieux et électrique.

Dans les moments difficiles de la négociation, il n’entre jamais dans le conflit, garde une rondeur qui finit par déstabiliser ses interlocuteurs. Car c’est une des armes secrètes de la base 9 que déploie avec virtuosité Donovan: face à son chef au cabinet d’avocat, à la CIA, aux interlocuteurs communistes, il ne lâche rien. Je ne dévoilerai rien du film, mais je dirai seulement que rien ne l’arrête et qu’il continue sur sa lancée quoiqu’il arrive. Il est absolument sourd aux contradictions et comme il a une sacro-sainte horreur du conflit, il fait comme s’il n’entendait pas.

La tactique est royale ici, mais cette forme de résistance passive peut en d’autres cas jouer des tours aux personnes de base 9, quand l’immobilisme génère chez le protagoniste l’explosion qu’il voulait surtout éviter et le conflit qu’il cherchait absolument à contenir…

Ce qui est magnifique dans ce film d’un point de vue ennéagrammique est que Donovan réalise l’action juste, cette vertu de la base 9. Ce qui pourrait apparaître chez les personnes de base 9 comme une certaine paresse dans l’action peut s’enraciner dans un laisser faire et conduire dans le meilleur des cas à poser la bonne action au bon moment, au bon endroit.  C’est le cas ici: au lieu de défendre son client pour que les usages démocratiques soient saufs, il prend sa mission à cœur et la porte à son terme: sauver littéralement son client. Au lieu de se satisfaire de l’échange demandé par la CIA, il va viser plus, et faire ce que personne ne croit possible. Mais il va le faire à la 9: à son rythme, plutôt lentement, comme un diesel que rien n’arrête.

Et puis, comme beaucoup de personnes de base 9 qui hésitent en stage avec la base 7, il manie volontiers l’humour. Ce qui permet de différencier l’un de l’autre, c’est la motivation profonde, la raison pour laquelle l’un comme l’autre peut lancer de petites blagues à tout bout de champ. En base 7, l’humour est un facteur de plaisir pour soi et pour les autres, qui lui permet de désamorcer sa peur de l’enfermement ou de la contrainte. En base 9, l’humour est une arme de pacification, elle permet de détendre les atmosphères, participe à l’harmonie et, au final, évite à tous prix, le conflit.

* L’archétype est un représentant connu et supposé d’un type de l’ennéagramme, l’hypothèse reposant sur des éléments caractéristiques de sa vie ou de son oeuvre. 

Brian Wilson et la base 7

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BRIAN WILSON
Un archétype* de base 7
par François

Je sors du visionnage du très beau film de Bill Pohlad Love & Mercy, consacré à la vie de Brian Wilson, leader des Beach-Boys.

C’est un film sur la création musicale, le mythe californien, la maladie psychique, la figure du père, la perversion d’un gourou, l’enfance perdue, et aussi une très belle histoire d’amour. Pour ceux qui aiment cette musique, c’est l’occasion de voir un film abouti et sensible, avec deux très bons acteurs jouant Brian Wilson. Pour ceux qui ne connaîtraient pas cette musique, c’est l’occasion de rencontrer le plus grand génie Pop. Mais en ce qui nous intéresse ici, c’est la confirmation pour moi ce que la musique et la vie de Brian Wilson disent de la probabilité d’une base 7.

Les Beach-Boys, c’est une histoire de famille: les trois frères Wilson, Brian, Carl et Denis, leur cousin Mike Love et Al Jardine. Leur musique est cette Surf Pop qui épouse parfaitement la joie et l’ivresse de vivre dans une Californie qui peut prétendre au titre de nouveau paradis terrestre: une sorte de terre de 7 où tout est possible, facile, jouissif, où les espaces sont immenses, où l’on se sent libre, où les notions de souffrance et de contraintes sont repoussées, y compris par l’usage de subterfuges addictifs comme l’alcool et la drogue. Cette Californie est la terre des tubes qui firent la notoriété des Beach-Boys, et dont Brian fut le maître d’oeuvre, comme I Get Around. Chanson euphorique de désir inassouvi, elle est comme un étourdissement recouvrant la part d’ombre par une tension et une excitation à fleur de peau:

Cette part, Brian ose la dévoiler dans la mélancolie de Surfer Girl qu’une bonne partie du public ne reçoit que comme un slow, alors qu’il s’agit pour moi d’une ballade presque enfantine qui révèle une fêlure… Les 7 sont de grands enfants, souvent facétieux, qui ont du mal à accepter l’engagement et les responsabilités, et jouent de leur charme innocent pour recouvrir leurs blessures enfouies.  Ainsi ils n’ont pas à les affronter et peuvent rejouer sans cesse le mythe du paradis perdu.

En 1965, les Beatles sortent Rubber Soul, album magistral d’unité. Brian Wilson est attiré par cette possibilité nouvelle de faire autre chose que des chansons à succès. Il laisse partir ses frères, cousins et ami en tournée au Japon, pour travailler à la musique qu’il porte en lui. Le résultat est un album qui dépasse tout ce que la Pop Music avait pu inventer. Brian crée du nouveau, utilise une multitude d’instruments classiques auxquels il adjoint le son d’un klaxon burlesque, des aboiements de chien, le bruit d’un train qui passe. Tout est occasion de musique, même sa voix qui parle en studio… Ecoutez le poignant Caroline no :

Le résultat est à la hauteur de cette phrase que l’on entend dans la film: « Il faut que ça ressemble à un cri, mais que ce soit positif! » Nous sommes ici au cœur caché de la base 7: ce qu’il vous livrera ne sera jamais profondément triste, ou tout au moins cela ne sera jamais dit ainsi, car entrer en contact avec ses émotions négatives est extrêmement difficile pour lui. S’il approfondit son monde intérieur, il y aura toujours quelque chose qui sonne positivement, même euphoriquement, recouvrant les aspérités du violoncelle et les gouffres de l’orgue, un son magnifié luxuriant, un choix radical de la joie comme rempart contre la tristesse, à l’ennui qui terrasse, à la solitude qui tue. C’est ce que rend palpable le chef d’oeuvre Good vibrations: 

Mais le destin de Brian Wilson est atypique: c’est celui d’un homme qui souffre d’une maladie mentale, jusqu’à l’incapacité. Il ne peut finir le chef d’oeuvre auquel il aspirait, l’album Smile, sombre dans une maladie psychique grave et se retrouve livré aux mains d’un psychiatre gourou qui prend possession de lui. Le film Love & Merci raconte cette histoire et comment Brian s’en est sorti par l’amour et la compassion. Mais en deçà de cette maladie, on peut observer que Brian a voulu explorer ce que sa base 7, dans sa recherche gloutonne de tous les plaisirs, de tous les possibles, ne lui autorisait pas: une quête de profondeur et de sens. Il est marquant de voir Brian Wilson activer si souvent les deux flèches de la base 7, ces deux ressources additionnelles qui permettent de sortir du carcan du type. En l’occurrence, la flèche 1 perfectionniste lui permet de travailler à une réalisation toujours plus exigeante et rigoureuse et la flèche 5 lui fournit la capacité de s’isoler pour mieux assimiler ses émotions pour mieux les retranscrire. Mais pour autant, Brian reste 7: il y a dans sa musique une légèreté aérienne, une joie de vivre foisonnante, ouverte jusqu’à la dispersion, malgré ce que la musique livre d’une part de fêlures, de peurs, d’angoisses de séparation. Le fameux Heroes & Villains de Smile, dans la version reconstituée autour de Brian Wilson en 2004, en est l’illustration:

Tour à tour tendre et burlesque, je la vois comme la musique d’une personne de centre mental comme le laisse apercevoir le film, avec un Brian se tenant la tête entre les mains. Tout se passe dans la tête en 7, le mental crée en permanence un monde de plaisirs ou de sensations fortes qui lui permettent d’échapper à l’ennui du quotidien, à une détresse enfouie et qu’il lui faut parfois des années pour contacter, ce qui est douloureux, mais salvateur.

Brian Wilson a composé ce qui est pour certains la plus belle chanson du monde, Surf’s Up. Mystérieusement, on sent ici le lien qui unit les trois types idéalistes, 1, 4 et 7. Les trois attendent du monde ce qu’il ne peut donner car il n’est pas assez parfait, absolu, heureux. Ma lecture du destin de Brian Wilson est que sa souffrance psychique fut pour lui un moyen inconscient d’échapper au réel et de tenter de garder ce sens de l’enfance et du jeu qui sont la marque de la base 7 et qu’un monde adulte ne permet pas. Ce n’était qu’un leurre, mais qui a fini par lui permettre, par la traversée de ses propres souffrances, à faire de son existence une vie vécue et non survolée, à ne pas rester en surface mais à avancer en eau profonde, à vivre une pâque qui conduit à la résurrection.

* L’archétype est un représentant connu et supposé d’un type de l’ennéagramme, l’hypothèse reposant sur des éléments caractéristiques de sa vie ou de son oeuvre. 

 

 

 

 

Penser juste

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LA METHODE VITTOZ EXPLIQUEE PAR UN MEDECIN PSYCHIATRE
Interview du Docteur Annick Leca
Alternative Santé
Mars 2015

« Le Docteur Annick Leca, médecin et psychiatre, a progressivement intégré dans sa pratique professionnelle, les principes de la méthode Vittoz, créée par un contemporain de Freud, le Docteur Vittoz.

La méthode Vittoz est une approche psychosensorielle basée sur la redécouverte de nos cinq sens, l’accueil de nos sensations, la conscience de nos actes.

Elle utilise des exercices très simples qui s’intègrent dans la vie quotidienne, contribuent à lui donner sens et génèrent un plaisir de vivre.

D’une approche essentiellement pragmatique, cette méthode est constituée d’un ensemble d’exercices élaborés de façon intuitive par le Docteur Vittoz, et validés, dans le cadre de sa pratique, sur lui-même et sur ses patients. Ses intuitions et le bon sens de ses observations voient leur pertinence confirmée par la neurophysiologie actuelle.

Annick Leca nous explique ici ce que cette technique a apporté à sa pratique et le bénéfice qu’en tirent patients et praticiens.

Entretien :

Vous avez exercé votre métier de médecin psychiatre pendant 33 ans en clientèle privée à Marseille

Effectivement, je me suis installée en cabinet libéral en 1980 et en même temps j’exerçais comme médecin attaché dans un Centre médico-psychologique dépendant du C.H.S. Valvert de Marseille.

Quel a été votre cursus universitaire ?

En cinquième année de médecine, je me suis spécialisée en psychiatrie. J’ai passé le concours d’interne des hôpitaux psychiatriques en 1976. Pendant mon internat la référence à la psychanalyse et aux concepts psychanalytiques était permanente. La pratique se référait à différentes tentatives d’application de concepts sans nuance, avec un reste de méthodes actives auxquelles on ne savait pas encore appliquer les concepts psychanalytiques. On disait que toute activité devait être une activité de soin mais on n’avait pas le vocabulaire de la médiation, de la théorie des groupes, etc.

Pour compléter ma formation, pendant mes études, j’ai entrepris une formation à la méthode Schultz, méthode de relaxation, et plus tard une cure Vittoz suivie d’une psychanalyse.

Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser à cette méthode psychothérapeutique proposée par le Docteur Vittoz il y a plus de 150 ans ?

J’ai rencontré la méthode Vittoz un peu par hasard en 1987. J’ai acheté un des livres du Docteur Rosie Bruston qui parlait de cette méthode et la chance a voulu qu’elle vienne s’installer à Aix-en-Provence tout proche de Marseille. J’ai donc pu faire une cure Vittoz avec elle et ensuite j’ai suivi la formation. C’est elle qui a fondé les trois écoles Vittoz-IRDC en France. (Il existe plusieurs autres Associations.) Cette méthode répondait à des questions que je m’étais posées pendant mes études. Quand je parlais d’aider les patients à se ré-entraîner à l’effort intellectuel, on ne parlait pas encore de thérapie cognitive et très peu des thérapies comportementales, on me disait que je faisais de la résistance au sens psychanalytique du terme. Je résistais « névrotiquement » à la théorie psychanalytique. Il ne pouvait y avoir d’autre explication à mes propos incongrus. Je n’admettais pas que les soins aux malades puissent se résumer à l’écoute en entretien individuel. Le Vittoz m’a apporté un abord des patients qui peut se pratiquer en individuel et en groupe et qui allie pédagogie et psychothérapie.

Quels sont les principes de cette méthode ?

Le Docteur Vittoz a fondé sa théorie sur une conception du fonctionnement cérébral et non du fonctionnement de la psyché. La méthode est basée sur une conception du dysfonctionnement du cerveau organe, c’est-à-dire sur sa conception de ce qu’il a appelé le contrôle cérébral. En effet il considère que le cerveau a deux fonctions principales, la réceptivité et l’émissivité. Par réceptivité Vittoz entend la capacité à recevoir les sensations, à y être présent ; par émissivité il entend la production de pensées et les mouvements. Le contrôle cérébral terme forgé par Vittoz est la capacité que nous avons de passer d’une fonction à l’autre quand nous le décidons. Pour Vittoz on ne peut pas penser juste si l’on ne sent pas juste. Il faut donc rétablir un juste vécu de la réalité par le travail sur la réceptivité avant de pouvoir penser de façon constructive de telle sorte que les prises de conscience aient des effets durables. Il a observé que la majorité de ses patients « nerveux » présentant ce qu’on appelait à son époque une psychasthénie étaient épuisés par une pensée en effervescence continue, une pensée incontrôlée, ne leur laissant aucun répit et amenant progressivement fatigue, puis angoisse, phobies, obsessions, dépression pouvant aller jusqu’à la confusion.

Comment cette conception se réalise-t-elle en pratique ?

Elle se transmet par l’enseignement d’exercices sensoriels, puis d’exercices de concentration et de volonté. Pour le Docteur Vittoz, les symptômes peuvent s’améliorer et même s’amender par la pratique régulière des exercices de réceptivité et d’émissivité qu’il nous a transmis dans son unique ouvrage : Le Traitement des psychonévroses par le contrôle cérébral. Au départ la cure est fonctionnelle ensuite tous les exercices seront repris dans leur dimension symbolique. C’est la cure psychique. Chaque exercice est suivi d’un dialogue donnant le temps nécessaire pour nommer les sensations puis les émotions puis les sentiments. La parole alors énoncée sera au plus proche du vécu du patient, nous livrant la réalité de son monde.

Qu’est ce qui fait l’originalité de cette méthode ?

La méthode est à la fois pédagogique et psychothérapique. Pédagogique car nous transmettons les exercices que le patient va pouvoir intégrer dans sa vie quotidienne et qui vont le mener vers plus d’autonomie ; psychothérapique car le rétablissement fonctionnel du contrôle rétablit l’équilibre psychique par la mise en mots justes sur l’histoire et le vécu du patient. L’accès au corps va se faire par des mises en situation au travers d’exercices corporels et mentaux. Cette médiation va être tout à fait particulière. Elle propose au patient des exercices, au départ de façon très directive. Ensuite les propositions du thérapeute tiendront de plus en plus compte de la parole du patient. L’exercice, utilisé dans sa dimension symbolique, sera alors proposé comme une reformulation/interprétation permettant un remaniement des émotions liées aux souvenirs.

Et en quoi a-t-elle changé votre pratique ?

L’état de réceptivité, développé par la cure permet un accueil de l’autre d’une qualité particulière. Le patient se sent reconnu et accueilli dans toutes ses dimensions tant psychiques que physiques ou spirituelles au sens large du terme. Les propositions d’exercices qui lui sont faites le plus souvent dès la première séance lui donnent des outils pratiques pour gérer son angoisse et faire face à ses difficultés.

Cette méthode semble peu connue aujourd’hui, comment l’expliquez-vous ?

Elle est peu connue car sa transmission a été très discrète et occultée par la psychanalyse, puis par les TCC. La méthode est simple, mais comme tout ce qui est simple elle est difficile d’accès et de transmission. Il faut au moins deux années pour acquérir la connaissance pour soi des exercices et deux années supplémentaires pour approfondir la relation thérapeutique. D’autre part elle mobilise du temps (6 week-end par an plus un séminaire de trois jours, plus les séances de formation individuelle 40 par an).

Des protocoles de formation courte sont en cours d’élaboration pour la transmission des protocoles en groupe : gestion du stress, améliorer sa concentration et sa mémoire. Ces protocoles ont été validés scientifiquement par le Professeur Rebecca Shankland de l’Université de Grenoble en collaboration avec des praticiens diplômés de l’IRDC dans le cadre du programme Vittoz-Fovéa.

A qui s’adresse-t-elle ?

A tous ceux qui sont prêts à entrer dans cette démarche qui est exigeante en investissement personnel. La cure Vittoz est un lieu de parole, à partir des exercices dont le vécu sera longuement écouté. Le dialogue est très constructif car il part d’un vécu corporel. Les personnes en recherche de mieux être autant que les patients en plus ou moins grande souffrance peuvent bénéficier de cet accompagnement, le thérapeute adaptant la cure et les exercices à chaque patient. »

Les trois centres d’intelligence

10534129_747572461995482_6572635471710133599_nLES TROIS CENTRE D’INTELLIGENCE
validés scientifiquement

Notre société cartésienne l’a longtemps pensé, et notre système éducatif en porte la trace : l’intelligence est celle du cerveau, de la rationalité. Hors de la tête, point de salut ! Elle est justement à la tête et doit être toujours privilégiée. Depuis les travaux de Salovey et Mayer, dans les années 90, popularisés par Daniel Goleman, auteur du best-seller, L’Intelligence émotionnelle, on sait que les émotions aident à mieux appréhender les personnes et les situations et sont bénéfiques au lien social. Plus récemment encore, on a pris conscience que le corps a aussi sa forme d’intelligence. C’est lui qui sait comment nous devons réagir face au danger, qui sent les personnes, les lieux, les atmosphères… Les sensations, au contraire des sentiments et de nos réflexions, ne nous trompent jamais. Elle sont, simplement.

Les progrès fulgurants de la neurologie viennent scientifiquement de démontrer l’existence réelle de ces trois centres d’intelligence. L’Institut HeartMath, composé de scientifiques qui mènent d’importantes recherches sur les fonctions du cœur, a découvert que le cœur est loin de n’être qu’une pompe servant à la circulation sanguine. Il est également muni d’un cerveau composé de dizaines de milliers de neurones, lieu notamment de la création de l’hormone de l’attachement. Il émet un champ électromagnétique et révèle plusieurs fonctions supplémentaires. Une interaction entre le cerveau du cœur et le cerveau de la tête a été identifié, ainsi qu’entre les émotions et les battements cardiaque et enfin sur un plan plus subtil, le cœur aurait une influence sur l’intuition :

Quant au corps, on sait désormais que le ventre est un lieu de vitalité et d’intelligence particulièrement riche. Au bas mot, 200 millions de neurones s’y trouvent localisés et notre vitalité en dépend très largement, ainsi que notre bien-être puisqu’il s’agit du lieu de création de la dopamine et de 95% de la sérotonine, deux neurotransmetteurs qui agissent fortement sur nos comportements.

Pour aller plus loin : Le ventre – une anatomie inscoupçonnée et autonome et des capacités psychiques surprenantes : http://www.sante-nutrition.org/ventre-anatomie-insoupconnee-autonome-capacites-psychiques-surprenantes/

Ce qui est notable est que le cerveau du ventre est autonome par rapport à celui de la tête. Comme si le corps humain avait besoin de plusieurs salles des machines pour fonctionner : la tête, le cœur et le ventre.

Nous possédons tous bien sûr ces trois centres d’intelligence. Mais un des enjeux de l’ennéagramme est de prendre conscience que, selon notre base, nous avons surinvesti un de ces trois centres d’intelligence, au détriment des deux autres. Une des voies d’évolution sera donc de tendre à l’équilibre de ces centres. Et la méthode Vittoz nous en donne les moyens : en nous mettant à l’école de nos cinq sens, elle nous permet de redonner à notre corps toute sa place, de se laisser informer par lui. Ancrés grâce à lui dans l’instant présent tel qu’il est, nous devenons plus libres de ne plus nous laisser envahir par le vagabondage cérébral et nous pouvons donner à nos émotions leur juste place. Un chemin d’accueil de soi qui permet de mieux accueillir l’autre… et le tout Autre.

Un feu nouveau

imagesUN FEU NOUVEAU
Retour de session à Bose
par Pierre

A l’issue des quatre jours à Bose organisés par Panorama sur Ennéagramme et spiritualité chrétienne, voici l’image du feu nouveau, reçue dans la prière.
Elle m’est en premier personnelle (elle m’encourage à aller plus loin dans le travail commencé sur les bases…) mais aussi pour servir au groupe.
Je verrais bien dans le souffle, outre l’action de l’Esprit, l’idée géniale de Panorama, les gestes et les paroles attentionnées que vous avez eues pour chacun des membres de la session, la prière de la Communauté et les paroles fortes du Frère Enzo Bianchi…
Une somme de petites miracles.

3225926031_1_2_01Y3P53j« Au matin, sur le tapis de cendre d’un foyer
restent les charbons de buches consumées d’un feu qui s’est éteint.
Subsistent quelques braises actives. Il suffit d’un souffle léger ou parfois plus fort sur chacune d’elles
pour que le feu se ravive
et qu’une flamme redonne vie et chaleur à la maison. »

Quatre jours entre Dieu et soi

10906196_823189874408511_1822340522752143365_nCONNAISSANCE DE SOI ET VIE SPIRITUELLE

du 11 au 14 mai 2015
au Monastère de Bose en Italie

A la demande du mensuel Panorama, je vais animer pour la deuxième année consécutive une session d’initiation à l’ennéagramme dans un lieu superbe : Bose, près de Turin, où Enzo Bianchi a créé en 1965 une communauté monastique qui est devenue une des plus  importantes d’Europe.

Le très beau succès de celle de l’année dernière est plein de promesses pour cette nouvelle formation qui durera 4 jours au lieu des 2 jours habituels pour une session de découverte classique. Les temps de silence, de prière communautaire et d’accompagnement spirituel par les moines viendront s’insérer dans la trame de la formation.

C’est pour moi une grande joie de pouvoir proposer l’outil de connaissance de soi qu’est l’ennéagramme dans un écrin spirituel. Les plans naturel et surnaturel y seront bien distincts mais des passerelles pourront se faire dans le cœur de chacun, parce que l’homme est un.

La découverte de notre base de l’ennéagramme permet en effet, par la prise de conscience de nos motivations profondes, de faire la lumière sur certains nœuds de notre vie. Elle peut également servir de révélateur des talents et nous aider au discernement spirituel. Notre manière de prier enfin, n’est pas la même en fonction de notre base et le savoir peut se révéler une aide précieuse pour avancer dans ce domaine.

Prodiguée dans les règles de l’art de la tradition orale de l’ennéagramme, cette formation sera dispensée de manière neutre, mais prendra pour modèles des exemples de saints ou des personnages bibliques et se transmettra dans le cadre d’une anthropologie chrétienne.

Comme toujours, mon rôle se cantonnera à celui d’un passeur qui donne à ses stagiaires une carte et une boussole pour suivre leur chemin propre. Chacun sera libre ensuite, dans les temps personnels proposés, de demander l’aide d’un religieux pour l’accompagner dans telle ou telle voie personnelle qui aura été éclairée en stage.

« Le Christ veut sauver tout l’homme : dans son corps, sa vie morale, théologale mais aussi psychologique. » écrit le Père Pascal Ide dans un article sur les rapports entre vie spirituelle et psychologie. L’ennéagramme, comme d’autres outils, apporte sa contribution à une meilleure connaissance de soi qui ne demande qu’à être prolongée dans l’ordre surnaturel par d’autres moyens. 

« Dieu fait à l’âme une grande miséricorde lorsqu’il lui permet de se connaître. » écrit Thérèse d’Avila dans ses Demeures. Ainsi peuvent être levés certains obstacles que nous avons engrammés de façon inconsciente depuis de nombreuses années et qui empêchent la grâce de passer. Notre expérience nous a montré que cet outil peut permettre à certains de renouer avec leur vie spirituelle en se libérant d’un certain nombre d’entraves et ainsi, de se rendre plus disponibles à l’action de Dieu en eux

Vittoz validé scientifiquement

imgresFOVEA, un programme de l’Institut Vittoz-IRDC conçu pour évaluer et valider scientifiquement les effets de la méthode Vittoz

Partout en France se multiplient de petits groupes FOVEA, où en 8 semaines, des stagiaires peuvent être initiés à la méthode Vittoz dans le cadre d’une étude scientifique. Ce programme est constitué de 8 séances de 2 heures et suit un protocole précis et national. Les sessions sont animées par des praticiens Vittoz certifiés par l’IRDC. Un livret est fourni aux participants en début de session pour les aider à pratiquer au cours de la semaine, en dehors des séances de groupe.

Ce programme FOVEA est ensuite évalué (concernant son efficacité sur le bien-être), dans le cadre d’une étude scientifique dirigée par Rébecca Shankland, maître de conférence de psychologie à l’Université Pierre Mendès-France (Grenoble) et validé par un comité scientifique composé de : Christophe André (Praticien hospitalier, Service Hospitalo-Universitaire, Centre Hospitalier Sainte-Anne, Paris), Michel Dufossé (Chercheur CNRS en Neuroscience), Pascale Haag (Maître de conférences à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Paris) et membre de l’Institut de recherches interdisciplinaires sur les enjeux sociaux – Sciences sociales, politique, santé (UMR 8156), Jean-Philippe Lachaux (Directeur de Recherches à l’INSERM, Unité U1028, Centre de Recherches en Neurosciences de Lyon) et René Sirven (Maître de conférences (Montpellier I, Médecine), vice-président de l’Institut de Psychosomatique de Montpellier et de la Société Française d’Odontologie Psychosomatique et Sciences Humaines).

J’anime un groupe FOVEA à Fontainebleau :
– 8 séances hebdomadaires, de 20h à 22h
– septembre/octobre 2015
– janvier/février 2016
Pour tout renseignement: contact@valeriemaillot.com

ARTICLE d’Etienne Séguier du 15 janvier 2015 dans La Vie
Entretien avec Rébecca Shakland

« Et si une plus grande attention au moment présent aidait à lutter contre le stress ? Cette conviction se trouve au cœur de la méthode inventée il y a un siècle par le médecin suisse Roger Vittoz (1863- 1925), fondée sur la redécouverte de nos cinq sens, l’accueil de nos sensations, la conscience de nos actes. Mais elle n’avait encore jamais été validée scientifiquement jusqu’à l’étude effectuée en 2014 par Rébecca Shankland, chercheuse au Laboratoire interuniversitaire de psychologie de Grenoble. Psychologue clinicienne, spécialisée dans le domaine des addictions et de l’éducation pour la santé, elle démontre à ce titre les bienfaits de cette approche : augmenter son attention au présent et accomplir les gestes du quotidien en accueillant ses sensations. Entretien.

Pourquoi avez-vous choisi d’évaluer la méthode Vittoz ?
Je cherche comment promouvoir des pratiques de santé qui soient facilement utilisables par le grand public. Je voulais tester les effets de la méditation de pleine conscience pour lutter contre le stress chez les étudiants et les salariés. L’efficacité du protocole a déjà été démontrée par des nombreuses études, mais implique une pratique formelle de méditation (assis, immobile, en silence, ndlr) chaque jour. Or il apparaît qu’un certain nombre de participants ne souhaitent pas ou ne parviennent pas à s’impliquer dans ces pratiques formelles. Je souhaitais donc évaluer l’efficacité d’un protocole qui serait uniquement fondé sur une pratique intégrée dans le quotidien tel qu’être attentif à ses propres mouvements lorsqu’on marche ou à ses émotions lorsqu’elles surviennent. Je me suis alors tournée vers la méthode Vittoz.

Qu’est-ce qui vous intéresse dans cette approche ?
Elle propose des exercices qui favorisent aussi la seule attention au présent. Par exemple, le fait de marcher et manger en conscience de nos actes a pour objectif de focaliser son attention sur l’expérience qui se déroule et d’en accueillir les sensations sans jugement. Ce type de pratique peut s’effectuer au bureau, dans les transports.

Sur quoi a porté votre étude ?
Elle a été menée sur près de 100 personnes dont une partie avait connu dans le passé des troubles anxieux ou dépressifs. Avec l’Institut Vittoz-IRDC, nous avons conçu un programme de huit semaines, à raison d’une réunion hebdomadaire en groupe de 2 heures. Durant ces rencontres les participants découvraient des exercices, qui avaient pour but d’augmenter leur attention au moment présent et le non-jugement, libre à eux ensuite de les reprendre.

Pourriez-vous nous décrire un exercice ?
Par exemple ce qu’on appelle « l’installation ». Les personnes sont assises et on leur demande de sentir leurs points d’appui, les tensions corporelles, puis de nommer les émotions présentes en essayant simplement de les accueillir.

Quels sont les résultats ?
Ils montrent une diminution forte des niveaux de stress perçu comparativement à un groupe contrôle qui n’a pas participé à ce programme. Nous observons aussi une plus grande capacité à percevoir nos émotions et les signaux que nous envoient les autres. Nous constatons en ce sens un effet similaire à ceux que l’on obtient avec les pratiques intégrant des temps de méditation formelle. On remarque que ces résultats sont maintenus au même niveau trois mois après la fin des séances.

Comment expliquez-vous cet effet persistant ?
La majorité des personnes a continué à pratiquer. Si vous prenez l’habitude de mieux utiliser vos cinq sens et de porter une plus grande attention à vos actes au cours de la vie quotidienne, il est difficile ensuite de revenir en arrière, d’autant que cette nouvelle forme de conscience permet d’apprécier davantage ce que l’on est en train de vivre. »