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Un huis-clos de tête-à-tête

imagesMADEMOISELLE DE JONCQUIERES
Un film d’Emmanuel Mouret, 2018

Un huis-clos de tête-à-tête et une illustration du triangle de Karpman

Tout est beau, délicat: les costumes, la langue, les paysages, la musique. Un régal esthétique. Tiré d’un épisode de Jacques le Fataliste de Diderot, le dixième film d’Emmanuel Mouret est remarquable pour la qualité de sa mise en scène et la subtilité des caractères qui ne jugent jamais aucun des personnages embarqués dans une vertigineuse histoire de séduction. Pas de manichéisme ni de moralisme, le secret des cœurs et des destinées reste entier, sans enfermer l’un ou l’autre des personnages dans un message à faire passer. Tout reste ouvert.

Cette liberté laissée au spectateur permet une lecture passionnante à trois niveaux : les profils de l’ennéagramme, les sous-types et ce phénomène psychologique, bien plus répandu que l’on ne croit dans les relations, du triangle relationnel de Karpman – sur lequel on attend d’ailleurs avec impatience la sortie du nouveau livre du Père Pascal Ide le 5 novembre aux Editions de l’Emmanuel.

mademoiselle-de-joncquieres-678x381L’histoire est simple et vieille comme le monde: le marquis des Arcis, libertin notoire, mène une cour incessante à madame de la Pommeraye, jeune et belle veuve, retirée du monde qui finit par s’abandonner à lui. Mais bientôt le butineur se lasse et la veuve blessée ourdit alors une vengeance terrible.

L’hypothèse typologique nous incline à pencher vers une histoire entre deux types mentaux dont la merveilleuse langue de Diderot met en relief la célérité cérébrale et le goût du mot juste et souvent assassin. Base 5 pour madame de La Pommeraye interprétée par la sublime Cécile de France: détachée du monde et des regards, observant le monde et les frasques de son ami avec amusement; elle est distante, presque froide; cultive un côté inaccessible et pratique une aisance du verbe fin et piquant qui ne fait qu’exacerber le désir du marquis. La base 7 pour le marquis semble bien plus simple encore à envisager: papillonnant de conquête en conquête, à la recherche constante du plaisir à tous les niveaux, léger et drôle, il se lasse vite et sa quête de nouveau semble ne pas avoir de fin.

x1080-mxkMais plus encore que les types, ce sont les sous-types qui apparaissent, dans un formidable jeu de tête-à-tête. Tout se passe dans les regards et dans les cœurs, pour le meilleur et pour le pire. La scène près du lac ou rien n’est montré et tout est dit de la communion des cœurs par le truchement de la nature, en est la plus belle expression.  Experts en séduction, focalisés sur la relation (ami, amant ou même passion professionnelle, artistique etc.), les personnes en tête-à-tête sont douées d’une intensité du regard intérieur et extérieur, d’une capacité de concentration et de présence à l’autre, mais aussi d’un sens aigu de la rivalité et de la compétition…

maxresdefaultLe duo de ce film pourrait en être une illustration magistrale, avec deux combinaisons différentes. Le sous-type exacerbe le type chez le marquis: l’intensité de l’un vient renforcer l’enthousiasme et l’excitabilité de l’autre. On attribue au 7 en tête-à-tête les mots de fascination-suggestion superbement mis en mouvement par la cour patiente et régulière qu’il mène auprès de la belle veuve. Fasciné par les femmes, au point d’en devenir littéralement hors de lui, il est capable d’une force suggestive prodigieuse. Tout est mis en œuvre au service de la jouissance d’un tête-à-tête prometteur: car bien souvent, en 7, c’est le plaisir anticipé qui est la quête, plus que celui du moment, qui bien souvent lui échappe.

3101158Pour madame de la Pommeray, les choses sont plus complexes. Son sous-type (dont l’urgence est de rentrer en relation) et son type (dont l’urgence est de se retrancher du monde pour l’observer) sont en contradiction. C’est peut-être la raison pour laquelle, après s’être livrée au séducteur et donc l’avoir introduit dans une intimité protégée, elle supportera d’autant moins d’être ensuite trahie et déploiera un piège d’une finesse et d’une froideur terribles.

68ba53e_4QcayNVxbGf9VHSGQcFbCfYlC’est au cœur de ces paysages intérieurs, que le jeu psychologique mis au jour par Karpman trouve son incarnation. Le Triangle dramatique  consiste en un jeu pervers et inconscient dont le but est de maintenir une excitation relationnelle où chaque protagoniste joue alternativement les rôles de bourreau, victime et sauveur, tournant au gré des situations, jusqu’à la manipulation. Chaque personnage y participe, jusqu’aux secondaires mais il serait trop long de nous y attarder. Les personnes en tête-à-tête en sont probablement les champions – et les jouets, car c’est un piège sans fin et une vrille infernale où même celui qui semble subir est complice. Le seul moyen d’y échapper est de sortir de la triangulation, au risque de perdre la relation par manque d’excitation.*

3248335.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxxC’est là qu’intervient mademoiselle de Joncquières, dont les intentions ne sont peut-être pas aussi pures qu’il n’y paraît… Dans la vengeance qui est au cœur de l’intrigue, il serait facile d’enfermer les trois protagonistes dans un rôle: le bourreau pour Madame de la Pommeraye, la victime dans celui de mademoiselle de Joncquières et le sauveur dans celui du marquis. A y regarder de plus près, les trois personnages tournent alternativement : la belle veuve joue aussi à la perfection la victime en amante délaissée, et passe même un temps à se mettre dans la peau du sauveur de la jeune fille. Le marquis, victime du complot, après avoir été bourreau des cœurs, semble terminer en sauveur. Et la jeune fille, prototype de la victime, semble devenir sauveur du courtisan invétéré en le libérant de son papillonnage.

Est-ce si simple ? Rien ne laisse penser que la conversion du marquis volage n’est pas une pirouette pour se sortir du guêpier et qu’il va rester fidèle à mademoiselle de Joncquières. Sa dernière réflexion, sur ton de joute revancharde, montre bien qu’il n’est pas sorti du triangle. Dans cette même scène finale, le regard de la nouvelle marquise des Arcis a des relents de conquête et interroge sur ses intentions des scènes précédentes. Rien ne dit que les rôles ne vont pas continuer à tourner: madame de la Pommeraye en nouvelle victime, la toute neuve marquise en nouveau bourreau… comme rien ne dit que chacun ne va pas trouver en lui les ressources pour oser sortir du triangle, en son temps, pour reconquérir sa liberté intérieure.

* Pour en savoir plus sur le Triangle de KarpmanVictime, bourreau ou sauveur, comment sortir du piège de Christelle Petitcollin, en Poche.

La paix au quotidien

L’ENNEAGRAMME, SOURCE DE PAIX AU QUOTIDIEN
Mathilde de Robien
Aleteia, 24 mai 2018

WOMAN,SAD,CAFE

Outil de connaissance de soi et des autres, l’ennéagramme nous fait prendre conscience de nos vertus et de nos travers. Il peut avoir de vraies répercussions sur la vie quotidienne. Témoignages.

« Enfin je comprenais certains de mes automatismes, certains traits de caractère qui me faisaient culpabiliser, et pourquoi je ne sais pas dire non ! », s’exclame Marine. Cette femme, mariée et mère de cinq enfants, a récemment suivi une formation à l’ennéagramme auprès d’une psychopraticienne, Dominique Lambert. L’ennéaquoi ? L’ennéagramme est un outil de connaissance de soi et de développement personnel mis à jour dès l’Antiquité. Tombé dans l’oubli, cet outil est réapparu au début des années 1900 et rencontre depuis une cinquantaine d’années un succès grandissant. L’ennéagramme dresse une cartographie de la personnalité, distinguant neuf manières de regarder le monde, appelées bases ou types, correspondant à neuf motivations fondamentales.

Un outil pour se connaître soi-même

L’ennéagramme permet de prendre conscience de son trait de caractère principal, caractérisé par une vertu. Valérie Maillot, formatrice de la tradition orale de l’ennéagramme à Fontainebleau, s’attachant à relier cet outil à une anthropologie chrétienne, se félicite qu’à la fin de chaque stage les participants sachent repérer la vertu qui leur est propre. Les objectifs des formations à l’ennéagramme sont triples : se connaître soi-même, en définissant notamment quelle est sa vertu principale, mieux comprendre les autres et mieux vivre ensemble.

Suite à un deuil douloureux, Marine a ressenti le besoin de redécouvrir sa « mission » en tant qu’épouse, mère et photographe professionnelle. C’est pourquoi elle a participé à plusieurs stages d’ennéagramme : « La première formation a pour but de reconnaître son “type“. J’ai lutté pendant deux jours, voulant être type 2, l’altruiste, celui qui est tourné vers l’autre, pour finalement reconnaître, dans des larmes de soulagement et de libération, que j’étais type 3, le battant, tout du moins en apparence. »

Cependant, l’ennéagramme ne se contente pas de coller une étiquette. « Loin de mettre les gens dans des cases, précise Marine, la formatrice nous a présenté cet outil comme une façon de s’ouvrir à soi-même et aux autres. L’effet immédiat de cette découverte a été de me sentir unifiée et en paix.  »

Un atout pour la vie de couple

Outil de connaissance de soi et de l’autre, l’ennéagramme peut se révéler d’une grande aide au sein du couple. Il engage les conjoints à être plus attentifs aux attentes et aux demandes, parfois silencieuses, de l’autre. Valérie Maillot donne l’exemple d’un couple au seuil de la rupture, qui, après le premier jour du stage, ont réalisé que leur discorde prenait racine dans leur différence de rythme. Lui ne supportait pas l’agitation et la pression. Elle ne se sentait vivre que par un agenda surchargé. La simple prise de conscience que l’autre était différent leur a permis de se remettre en question, tout en considérant l’autre avec miséricorde. Résultat, lui a accéléré et elle, a ralenti le rythme.

Pour Valérie Maillot, l’ennéagramme est un outil de compassion. En comprenant les intentions et la logique de l’autre, il est probable que nous serons de moins en moins tentés de le juger ou de le critiquer. Il invite à porter un regard plein de miséricorde.

Un atout pour la vie en entreprise

Les répercussions des formations à l’ennéagramme ne se limitent pas au cadre personnel et familial. Elles sont également bénéfiques en entreprise. Benoît, 44 ans, chef de projet dans le secteur aéroportuaire, ayant effectué quatre formations ces cinq dernières années, témoigne de la confiance que lui a procuré la connaissance de soi, et l’apaisement intérieur qui en a découlé. Prendre conscience que l’autre, et en l’occurrence son patron, ne fonctionnait pas comme lui, lui a permis d’arrêter de se faire des films à scénario catastrophe lorsque ce dernier lui demandait de passer dans son bureau.

En outre, l’ennéagramme est un excellent outil de management dans la mesure où il permet de s’adresser à ses collaborateurs selon la manière la plus adaptée à leur caractère. Tandis que certains ont besoin qu’on leur détaille les tâches à effectuer, d’autres ont besoin de lest afin de faire émerger leur créativité.

Un outil de vérité

S’il est allié avec une vision chrétienne de l’homme, l’ennéagramme, en tant qu’outil de connaissance de soi, peut permettre « d’assouplir ce qui est raide », et de laisser un peu plus de place à la grâce. Mais ce n’est pas un outil de salut, précise Valérie Maillot. Seul Dieu sauve! La remise en question qu’il suppose demande de l’humilité, et le courage d’agir contre la structure et les habitudes de notre personnalité.

Le père Guillaume, après un stage auprès de Valérie Maillot, témoigne que « si l’ennéagramme est utilisé comme un moyen de connaissance de soi, il peut devenir un moyen de connaissance de Dieu. Que je reconnaisse humblement mes carences et parfois mes fêlures ou même mes failles, que je n’hésite pas à les fixer, que je ne cherche pas à m’échapper de ma médiocrité en oubliant qui je suis et que je me laisse à Dieu et à son Esprit. Avec l’ennéagramme, on possède un dessin non seulement de ses qualités mais de ses défauts. Comment changer ? D’abord en acceptant de se regarder tel que l’on est. Sans s’échapper. Sans se chercher des excuses. Sans utiliser l’ennéagramme comme une excuse. Ensuite il faudra faire intervenir l’Esprit saint, il faudra se laisser à cet élan radical qui nous porte hors de nous-mêmes… »

Les 9 types de personnalité

Quel type de personnalité êtes-vous ? Aucun n’est meilleur ni moins bon que l’autre. Chaque type est rattaché à un travers et à une vertu. Voici la définition des 9 types, donnée par Valérie Maillot.

Type 1 : Exigeant vis-à-vis de lui-même et des autres, voyant immédiatement ce qu’il faut faire pour améliorer les choses ; ressent un perpétuel sentiment d’autocritique et un ressentiment qui a du mal à s’exprimer dans une colère contenue.
Type 2 : Devine immédiatement les besoins des autres qu’il aide sans compter avec chaleur et générosité ; cherche l’affection et la reconnaissance de l’autre en ayant du mal à exprimer ses propres besoins.
Type 3 : Est motivé par la réalisation et la réussite et sait relever tous les défis ; s’adapte à l’autre pour se valoriser à ses yeux et pense qu’on l’aime pour ce qu’il fait et non pour ce qu’il est.
Type 4 : Considère que la vie n’a de sens que dans la mesure où elle permet de développer des relations authentiques, belles et intenses. Vit des émotions fortes, souvent mélancoliques et focalise sur ce qui manque à la qualité/l’originalité/la beauté de la relation.
Type 5 : Rationnel, veut comprendre ce qui l’entoure en analysant et accumulant les connaissances ; tendance à s’isoler et à être dans la rétention de soi.
Type 6 : Met son intelligence au service d’une vigilance aiguë face à tous les dangers qu’il repère avec une grande acuité ; cherche la sécurité dans le sentiment d’appartenance et la loyauté.
Type 7 : Enthousiaste, ouvert, rapide et souple, passe d’une idée et d’un univers à l’autre ; obnubilé par la recherche du plaisir et sa planification, a beaucoup de mal à supporter la contrainte et l’enfermement.
Type 8 : Franc, d’un bloc et doué d’une grande capacité d’affirmation qui font de lui un leader ou un protecteur ; veut exercer sa force et son contrôle sur ce(ux) qui l’entoure(nt) en niant sa propre vulnérabilité.
Type 9 : Capable d’apprécier les points de vue des autres et à œuvrer pour l’harmonie ; difficulté à exprimer son point de vue et tendance à multiplier les activités « périphériques » (narcotisation) pour éviter le conflit.

Psychogénéalogie ?

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Dans mes stages, j’insiste beaucoup sur le fait que l’ennéagramme n’est pas une fin en soi et que cet outil de connaissance de soi ne suffit pas pour appréhender la personne dans toutes ses dimensions, il n’est qu’une cartographie de la personnalité. C’est la raison pour laquelle, je le relie intimement à la méthode Vittoz, où la dimension corporelle permet une dynamique de l’outil, une mise en route, un approfondissement. Ennéagramme et Vittoz pourraient donc suffire car le Vittoz, en tant que psychothérapie, prend en compte le milieu socio-culturel, les circonstances familiales et toute l’influence inconsciente que cela peut avoir sur notre personnalité.

59e3ffee469a45b8818b476eCependant, il existe une pratique qui permet d’aller plus loin dans ce domaine, la psychogénéalogie, alliée au psychodrame. Depuis près de vingt ans, Michèle Bromet-Camou psychologue clinicienne auprès de laquelle je me suis formée utilise et transmets cet outil de la psychogénéalogie qu’elle a reçu de Anne Ancelin. Le livre qu’elle en tire, Guérir de sa famille par la psychogénéalogie (Tallandier, 2018), est la somme de ces rencontres et de cette pratique, en individuel ou en groupe.

Car c’est une des singularités de la psychogénéalogie : couplée à l’outil du psychodrame, elle permet de mettre en lumière le fil invisible qui nous relie à nos ancêtres et qui peut nous transmettre de manière inconsciente du bon comme du moins bon. L’intérêt de faire remonter à la conscience cet héritage psychique est de pouvoir consciemment le recevoir pour le faire fructifier ou au contraire de s’en affranchir quand il est source de souffrances, de blocages, d’empêchements. Ainsi peuvent être éclairés et libérés des patients, souvent en souffrance de ce qu’ils n’arrivent pas à nommer et qui se traduit par des comportements répétitifs dont ils voudraient se débarrasser mais qui leur collent à la peau. C’est plus fort que moi : tel est le cri que Michèle a le plus souvent entendu dans son cabinet. Et de fait, bien souvent, c’est plus fort que moi parce que c’est quelque chose qui ne m’appartient pas.

Concrètement, en groupe, des inconnus avec lesquels on partage trois jours de travail intense peuvent, en prenant le rôle du père, de la mère ou de tout autre membre de la famille, aider chacun à faire jaillir à la lumière ce qui était enfoui. L’inconscient du patient rencontre ceux de ses partenaires de groupe et, bien sûr, celui du thérapeute. C’est une des marques de fabrique de ce livre et de la pratique de Michèle Bromet-Camou : en jouant avec le groupe et en s’impliquant elle-même, avec sa propre histoire par son propre inconscient, le thérapeute quitte la posture de toute puissante du psy pour s’aventurer dans une alliance thérapeutique qui bouscule les lignes habituelles et permet d’impressionnants effets de levier.

Nourri d’exemples très fouillés, pris à tous les âges de la vie et à tous les stades de souffrance psychique, ce livre est à la fois un précieux vade mecum pour les psychologues, et une aventure de lecture passionnante pour toute personne engagée dans un travail des profondeurs. Il permet de donner au grand public un éclairage nouveau sur un outil dont la puissance est singulière.

Toujours en toile de fond dans mes stages, j’utilise directement ces deux outils de la psychogénéalogie et du psychodrame en cabinet au service de la liberté intérieure du patient qui peut enfin avoir le choix de garder ce qu’il a reçu au berceau, ou de s’en affranchir afin de libérer aussi sa propre descendance. Car il est assez bouleversant d’observer qu’un travail approfondi en psychogénéalogie pour soi a des répercussions assez rapides sur l’entourage, comme des ronds dans l’eau…

 

En quête de sens

EN QUÊTE DE SENS
Quatre formateurs à l’Ennéagramme
invités par Sophie Nouaille à Radio Notre-Dame
Le 12 avril 2018

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Qu’est-ce que l’Ennéagramme ? Quel est son lien avec la vie chrétienne ? Quels en sont les écueils ? Quelle en est la fécondité ?

Autant de questions auxquelles ont répondu Etienne Séguier et Valérie Maillot, formateurs de la Tradition Orale d’Helen Palmer et David Daniels par Eric Salmon, ainsi que Dorothée Nicolas et Thierry Grandjean représentant l’école de Riso Hudson.

Un vrai beau moment de radio et de partage autour de ce bel outil de connaissance de soi et de miséricorde, pour oser être vulnérable et retrouver des visages de ressuscités.

Vittoz & Co

1560736_235428763303972_1500743552_nVITTOZ : UNE MÉTHODE DE PSYCHOLOGIE POSITIVE OU DE PLEINE CONSCIENCE INTÉGRÉE ?

Par Patrick Bobichon
Coordinateur national IRDC pour l’étude FOVEA

La méthode Vittoz a pour but de développer l’état de présence dans l’instant présent, par l’utilisation pleine et entière de ses cinq sens, l’accueil et la conscientisation de ses états corporels et émotionnels,  une clarification de sa pensée pour redevenir pleinement acteur dans sa vie quotidienne.

Le terme de psychologie positive est apparu la première fois dans le livre de Abraham Maslow en 1954 « Motivation et Personnalité », dont le dernier chapitre s’intitule « vers une psychologie positive? ». A cette époque, certains psychologues ont commencé à se préoccuper de plus en plus de la promotion de la bonne santé mentale, et non pas seulement du traitement des maladies mentales. La psychologie positive a été officiellement initiée en 1998 par Martin Seligman, président de l’Association Psychologique Américaine, en affichant clairement sa préoccupation de rééquilibrer ses efforts entre le traitement des troubles psychiques, et l’étude des facteurs psycho-sociaux pour promouvoir l’épanouissement, la recherche de sens et le bonheur des personnes.

Or, l’intuition première du docteur Vittoz, en proposant sa méthode, était de rendre chaque personne autonome et actrice dans le traitement de « ses troubles pathologiques »,  en l’aidant à utiliser son cerveau d’une manière plus équilibrée et plus souple, en lien avec un ancrage corporel plus dense, pour lui permettre de développer sa capacité à agir, à choisir et à s’engager plus librement dans toutes les situations de la vie quotidienne. Dans la lignée de la psychologie positive, qui encourage la pratique d’exercices dans le but de modifier son état vers plus de bien-être, le travail thérapeutique en Vittoz passe par l’expérimentation d’exercices, que chaque patient va pouvoir intégrer dans son quotidien, suivant son propre rythme. Il réapprend à exercer sa liberté en prenant conscience et confiance en soi, et apprend pas après pas à s’accepter avec plus de bienveillance et moins de jugement.

Par ailleurs, les approches de Pleine Conscience se sont développées depuis une trentaine d’années, sous l’impulsion de Jon Kabat-Zinn, Professeur de médecine. Il définit la pleine conscience comme « un état de conscience qui consiste à porter son attention intentionnellement sur l’expérience du moment présent, sans jugement ». Il a développé le programme de MBSR (Réduction du Stress Basé sur la Pleine Conscience), basé sur une approche méditative. Christophe André, psychiatre et psychothérapeute, a largement participé à son introduction en France, notamment dans le milieu hospitalier.

Contemporain de Freud qui a inventé la psychanalyse, le docteur Vittoz  a choisi délibérément de s’inscrire dans une approche dans l’ici et maintenant. En effet, il constatait que ses patients étaient très rarement dans l’instant présent, mais plutôt dans des ruminations par rapport à leur passé, ou dans des anticipations anxieuses par rapport à l’avenir, par définition incertain. Sa méthode apprend à accueillir la réalité de l’instant, aussi bien la réalité extérieure de son environnement ou de sa situation actuelle, que sa réalité intime, que sont ses pensées, ses sensations corporelles et ses émotions.

Dans les faits et par la pratique, la méthode Vittoz est une approche qui développe la pleine conscience (ou présence attentive). L’originalité de la méthode Vittoz est que c’est une approche qui propose des pratiques intégrées au quotidien, c’est-à-dire qu’elle n’exige pas de prévoir un temps supplémentaire à caser dans son emploi du temps, mais elle se pratique dans les actes du quotidien, où au fil de la pratique, la personne sort de ses automatismes pour mettre plus de conscience dans ses journées.

Une étude scientifique est en cours depuis 2013 pour valider les appports d’un programme de 8 semaines basé sur la méthode Vittoz, pour la prévention du stress et la promotion du bien-être individuel. Ce programme se nomme FOVEA: Formation Vittoz à l’Expérience Attentive. Cette étude est pilotée par Rebecca Shankland, Maitre de Conférence en Psychologie et Responsable du DU de psychologie positive  à l’Université de Grenoble, en collaboration avec l’IRDC (Institut de Recherche et Développement du Contrôle Cérébral).

La Méthode Vittoz s’inscrit donc bien au carrefour de la Psychologie Positive et  de la Pleine Conscience. En effet, les premiers résultats partiels de l’étude FOVEA confirme que ce programme donne des outils concrets et pratiques pour apprendre à mieux gérer son stress perçu, à développer son état de présence et d’attention dans l’instant présent, et à améliorer ses compétences émotionnelles. L’intégration de l’approche Vittoz vise à accéder à un mieux-être,  à reprendre le contrôle de sa vie et à développer des relations plus bienveillantes avec soi et avec les autres, qui contribuent à redonner sens et plaisir dans son quotidien, dans la conscience de l’instant présent.

 Alors, Vite-Osez l’expérience Vittoz !

Pour plus de renseignements sur les liens possibles entre la Psychologie Positive et Pleine Conscience et l’actualisation des études de Recherche en cours sur le sujet, vous pouvez cliquer sur le texte co-écrit par Rébecca Shankland et Christophe André (transmis avec l’aimable autorisation de Rebecca Shankland)

 Shankland, R. & André, C. (2014). Pleine conscience et psychologie positive : incompatibilité ou complémentarité  ? Revue Québécoise de Psychologie, 35, 157-178.

Inné-acquis ?

David Daniels

David Daniels

INNE – ACQUIS
Les découvertes de la science au regard de l’Ennéagramme

Cet article de David Daniels, fondateur de la Tradition Orale de l’Ennéagramme avec Helen Palmer a été publié par ses enfants à titre posthume, comme son ultime étude. Eric Salmon en donne la traduction dont voici quelques extraits. David part d’une étude scientifique portant sur 133 enfants (66 garçons, 67 filles) de 1956 à 1970. Son intérêt principal réside en ce que les deux chercheurs qui entreprennent cette étude relèvent neuf caractéristiques du tempérament dans la tranche d’âge de trois mois à dix ans qui correspondent étrangement aux modes d’attention des types de l’Ennéagramme

« Pour la crédibilité et la légitimité de l’Ennéagramme, cette étude est une vraie bonne nouvelle: elle est unique en son genre et fait référence dans le monde entier. Dans la même dynamique que les neurosciences, il semble que, dans ce que nous sommes, la partie innée de nous-mêmes soit plus grande que tout ce que l’on avait pu supposer. Chacun d’entre nous aurait une ou plusieurs réponses à l’environnement particulière dès l’âge de trois mois et récurrente sur la durée jusqu’à au moins dix ans. […]

Ce que nos réactions somatiques révèlent de ce que nous sommes

Avez-vous remarqué qu’en plus d’une structure de caractère particulière (facilement identifiable grâce à l’Ennéagramme), nous manifestons aussi des schémas somatiques tout au long de notre vie? Par exemple, nous pouvons remarquer qu’une personne est plutôt calme, renfermée, prenant du temps pour répondre aux situations, alors qu’une autre peut être plutôt bruyante, avec une réactivité rapide, voire confrontante? Certains d’entre nous sont davantage extravertis, alors que d’autres seront plutôt introvertis; certains d’entre nous plutôt facilement irritables, d’autres rarement énervés; certains réagiront agressivement, d’autres réagiront gentiment ou pas du tout.

Avons-nous choisi comment réagir aux situations quand nous étions petits? Ou est-ce que quelque chose en nous, quelque chose qui dépend de la façon dont nous sommes conçus, a choisi la réaction apparemment automatique à notre place ? Les mères disent souvent qu’elles ont vécu une expérience différente de chaque petit enfant, même in utero.

Pourquoi ?

C’est l’heure de parler du tempérament, c’est-à dire de la nature innée de la personne, d’autant plus que cela détermine beaucoup de notre comportement automatique habituel. C’est ce qui s’active pour mieux faire face et répondre à l’environnement. Personnellement, je sais que j’ai lutté avec mes schémas somatiques tout au long de ma vie. Ceci dit, mon travail sur moi a changé la façon dont je manifeste et gère ces schémas; je  suis maintenant moins dépendant d’eux. J’ai construit des capacités à répondre différemment aux situations, ce qui n’empêche pas le schéma originel d’être toujours là et  de toujours surgir comme première réponse possible.

Par exemple, en tant que type 6, je sais maintenant que j’amplifie facilement les situations potentiellement dangereuses et tout ce que je considère comme non fiable, mais j’ai appris à identifier ces tendances et à travailler dessus. Je peux maintenant appuyer sur pause et me demander comment j’amplifie le scénario catastrophe d’une situation donnée.  Apprendre à réguler me donne la possibilité de garder mon anxiété sous contrôle et me libère d’autant des contraintes habituelles de mon schéma réactionnel inné (générateur d’anxiété).

Alexander Thomas et Stella Chess, dans leur étude réalisée entre 1956 et 1988 (voir Thomas & Chess : Temperament and Development, New York, Brunner/Mazel, 1977) ont découvert neuf, oui neuf styles de tempérament chez les très jeunes enfants, âgés de 3 à  18 mois… Les enfants de moins de trois mois n’avaient pas été retenus dans leur étude parce que le temps et l’investissement pour examiner ces enfants les plus jeunes étaient trop élevés. Sur la durée, le développement continu de ces neuf schémas  (types) a été également reconnu. Ci-dessous les neuf tempéraments décrits par Thomas et Chess. Remarque : dans leur étude longitudinale, aucun tempérament n’était plus ou moins émotionnellement sain qu’aucun autre.

Remarquables découvertes, car elles établissent qu’il y a davantage en nous que la partie acquise/éducative dans ce que nous sommes et sommes devenus. Également intéressant, le fait que ces neuf tempéraments identifiables s’alignent si bien avec les neuf structures de l’Ennéagramme. Comme je l’évoquais plus tôt, de nombreuses mères ayant eu deux enfants au moins témoignent de  grandes différences  entre les personnalités de leurs enfants, y compris au niveau de leur activité et de leurs mouvements in utero. Même s’il y a de nombreuses variables possibles auxquelles attribuer ces différences, le tempérament inné,  tel qu’il se développe in utero, pourrait bien s’avérer un facteur signifiant.

Le tempérament, tel que nous pourrions le comprendre, est  une façon dont nous sommes biologiquement organisés, profondément ancré dans notre soma, il est le système de réponse fondamental de notre corps. Travailler avec notre tempérament pour modifier notre système de réponse demande du temps et une certaine conscience de soi, mais ce travail peut mener à une plus large flexibilité de réponse. Cet objectif vaut la peine dans le champ de notre travail sur nous-mêmes. Gardons bien présent à l’esprit qu’il ne s’agit pas de changer un tempérament pour un autre, parce que ça, c’est extrêmement difficile, voire impossible. Il s’agit plutôt de comprendre le fond de notre tempérament, de l’accepter, d’en voir les bénéfices, et d’essayer de l’élargir en travaillant sur nous.

Par exemple, un enfant de type Trois avec un niveau d’activité élevé est souvent considéré comme hyperactif, puisqu’il ne ralentit que rarement pour prendre conscience de ses sentiments dans le flux de l’action. Or, comme l’action est fondamentale dans son tempérament, il/elle n’a qu’une envie: faire quelque chose, demeurer actif, occupé, en mouvement.

Avec l’enfant de profil Quatre, le tempérament associé est d’humeur changeante, ce qui veut dire basculer de sentiments positifs (joie et euphorie) à des sentiments négatifs, comme la tristesse ou le manque affectif, qui renforcent la croyance que l’on est déficient ou anormal. Le chemin de développement de cet enfant passe par apprendre que les sentiments ne sont pas forcément valides. Avec le temps, ils doivent devenir conscients qu’une croyance négative de base peut impacter leurs sentiments autant que quelque chose d’extérieur qui les percuterait violemment. Autrement dit, les sentiments sont guidés par la connexion et l’amour (pour soi-même et pour les autres) ainsi que par les défis que nous rencontrons à certains moments, et sont d’autant plus  authentiques qu’ils n’émanent pas d’un sens inné de déficience.

Un enfant de base Huit exprime une certaine intensité et une forte réactivité; c’est un enfant qui n’aime pas qu’on l’empêche de faire ce qu’il/elle veut. Le chemin de développement consiste à élargir la gamme de ses impulsions pour inclure dans son schéma de réactivité des réponses plus tempérées, et remarquer aussi combien des réponses fortes peuvent impacter les autres. Enfants, ils peuvent grandement souffrir d’être punis pour leur exubérance ou leur explosivité, ce qu’ils peuvent internaliser comme injuste et douloureux et en arriver à croire qu’ils sont fondamentalement destructeurs d’une façon ou d’une autre. […]

En lisant cet article, prenez le temps de réfléchir à votre propre tempérament – ou à son équivalent sur l’Ennéagramme – ainsi qu’au tempérament de vos proches. Réalisez combien cette compréhension peut faire la différence sur comment vous réagissez envers vous-même et envers les autres. Evaluez combien cette compréhension, basée sur votre propre profil, peut faire la différence à votre ouverture au changement – flexibilité de réponse – et à un chemin de développement constructif. […] De mon point de vue, ce genre de connaissance donne toute sa valeur à l’Ennéagramme. Avoir à notre disposition un outil qui peut impacter si fortement nos interactions […] est le plus beau cadeau que je puisse imaginer. […] »

 

Cultivez votre cerveau !

JardinierCULTIVEZ VOTRE CERVEAU !

La méthode Vittoz repose notamment sur le principe de la neuroplasticité du cerveau, c’est-à-dire sur sa capacité à créer de nouveaux circuits neuronaux sur la base de répétition d’exercices, générant de nouvelles habitudes. Eclairage sur le fonctionnement de notre cerveau, notre meilleur allié en matière de liberté intérieure.

Il y a un vieux dicton en neuroscience qui dit : Les neurones qui s’activent ensemble se connectent. Cela signifie que plus vous utilisez un neuro-circuit dans votre cerveau, plus ce circuit devient fort. Un autre dicton nous dit que : La pratique vous rend parfaits. Plus vous pratiquez le piano, ou parlez une langue, ou pratiquez autre chose, plus ces circuits se renforcent. Les scientifiques le savent depuis des années. Cependant, de nos jours les chercheurs apprennent une autre partie de la vérité : ce qui est important pour apprendre quelque chose, plus important encore que la pratique, c’est de désapprendre, ou de briser les connexions neuronales anciennes. C’est ce qu’on appelle élagage synaptique.

aHR0cDovL3d3dy5saXZlc2NpZW5jZS5jb20vaW1hZ2VzL2kvMDAwLzA4Ni8zNjMvb3JpZ2luYWwvYnJhaW4tc3luYXBzZS5qcGVnVoilà comment cela fonctionne : Imaginez que votre cerveau est un jardin, sauf qu’au lieu d’y faire pousser des fleurs, des fruits et des légumes, vous développez des connexions synaptiques entre les neurones. Ce sont les connexions que les neurotransmetteurs comme la dopamine, la sérotonine et d’autres utilisent. Les cellules gliales sont les jardiniers de votre cerveau – ils agissent pour accélérer les signaux entre certains neurones. Mais il y a d’autres cellules gliales qui enlèvent les détritus, arrachent les mauvaises herbes, tuent les parasites, ratissent les feuilles mortes. Les jardiniers d’élagage de votre cerveau sont appelés cellules micro gliales. Elles taillent vos connexions synaptiques.

La question est… comment savent-elles ce qu’il faut élaguer ? Les chercheurs commencent tout juste à démêler ce mystère, mais ce qu’ils savent, c’est que les connexions synaptiques qui s’utilisent moins souvent sont marquées par une protéine, C1q (ainsi que d’autres). Lorsque les cellules micro gliales détectent cette protéine, elles se lient à celle-ci et détruisent, ou taillent la synapse. C’est ainsi que votre cerveau crée de l’espace physique, pour que vous puissiez construire de nouvelles connexions plus fortes, afin d’en apprendre davantage.

C’est pourquoi le sommeil est si important. Avez-vous déjà ressenti que votre cerveau est trop plein, généralement quand vous apprenez quelque chose de nouveau ou au moment de commencer un nouvel emploi ou un nouveau passe-temps ? Eh bien, c’est probablement ce qui arrive, votre cerveau est trop plein. Lorsque vous apprenez beaucoup de choses nouvelles, votre cerveau construit des connexions, mais elles sont inefficaces. Votre cerveau a besoin d’élaguer beaucoup de connexions et de construire des voies plus simplifiées et efficaces. Il le fait quand nous dormons. Lorsque vous dormez, vos cellules cérébrales se rétrécissent jusqu’à 60%, pour créer de l’espace pour vos jardiniers gliaux qui emporteront les déchets. C’est ainsi qu’ils taillent les synapses. Vous êtes-vous déjà réveillé après une bonne nuit de repos et avoir pu réfléchir clairement et rapidement ? Vous en connaissez maintenant la raison. C’est comme si vous faisiez une défragmentation dans votre ordinateur. C’est pour cette raison que les siestes sont si bénéfiques pour vos capacités cognitives. Une sieste de 10 ou 20 minutes donne à vos jardiniers la chance d’entrer en scène, de dégager quelques connexions inutilisées et de laisser de l’espace pour en faire de nouveaux. Penser avec un cerveau privé de sommeil c’est comme si vous tentiez de vous frayer un chemin dans la jungle, avec une machette. C’est un travail lent et épuisant. Penser avec un cerveau bien reposé c’est comme d’errer tranquillement dans Central Park; les chemins sont dégagés et se connectent à différents endroits, les arbres sont là où ils devraient être et vous pouvez voir loin devant vous. C’est revigorant.

Voici comment vous pouvez contrôler ce qui est supprimé dans votre cerveau : ce sont les connexions synaptiques que vous n’utilisez pas qui sont marquées pour le recyclage. Celles que vous utilisez sont celles qui sont arrosés et oxygénés.

Soyez donc conscient de ce que vous pensez.

Si vous passez trop de temps à lire des théories sur la fin de Game of Thrones  et très peu sur votre travail, devinez quelles synapses seront marquées pour le recyclage ? Si vous êtes en conflit avec un compagnon de travail et que vous vous concentrez sur la façon de vous venger, au lieu de vous consacrer à votre super projet, vous engendrerez une superstar synaptique concentrée sur la vengeance, mais vos pensées ne seront pas novatrices.

Ce sur quoi vous vous concentrez l’emporte ! Vous modelez, littéralement, votre propre esprit en choisissant ce sur quoi vous portez votre attention.

Bien sûr, vous pouvez difficilement contrôler ce qui vous arrive tout au long de la journée, mais vous pouvez contrôler son impact sur vous. Pour être plus précis, vous pouvez choisir ce qui vous affecte et construire vos propres connexions neuronales. Au lieu de vous concentrer sur les choses qui vous empêchent d’avancer, vous pouvez vous concentrer sur des choses qui font de vous un meilleur être humain. Au lieu d’imaginer des scénarios qui ne se produiront probablement jamais, méditez. Nettoyez votre esprit. Concentrez votre esprit sur le maintenant et utilisez votre énergie mentale pour des choses profitables.

C’est vraiment un jeu de stratégie. Vous avez besoin d’utiliser intelligemment votre esprit. Résistez à la tentation de penser à des choses qui ne vous sont pas profitables. Afin de supprimer quelque chose, vous n’avez, tout simplement, qu’à arrêter d’y penser. Même lorsque vous y êtes rappelé, changez la direction de votre attention. Tôt ou tard, ce sera sélectionné pour le recyclage.

Sources: http://www.fastcompany.com/3059634/your-most-productive-self/your-brain-has-a-delete-button-heres-how-to-use-it
Copyright les Hathor © Elishean/2009-2017/ elishean au féminin 
http://www.elishean-aufeminin.com

L’intelligence du corps au cinéma

425022-jpg-c_215_290_x-f_jpg-q_x-xxyxxSULLY
Un film de Clint Eastwood, 2016

Un archétype de la base 9*

Avec Sully, Clint Eastwood livre un de ses plus beaux films, déroutant les codes du film du dimanche soir pour proposer un miracle de sobriété et de justesse. Tom Hanks, dans le rôle de Sully, le pilote qui, il y a quelques années, posa son Airbus sur l’Hudson en sauvant tous les passagers, est absolument magistral de présence et de précision.
A voir en famille !

v1Sully/Hanks porte ce film par une présence physique hors du commun, à la fois puissante et sobre, calme et déterminée. Dans le rôle de ce pilote qui, une fois passé le temps où il est fêté en héros, se retrouve en butte à une enquête visant à lui faire porter la responsabilité de l’amerrissage, pour de sordides questions financières, il réagit à la façon d’une personne de base 9.

Face aux questions agressives de ses interlocuteurs, il ne rentre pas dans le conflit. Face à l’injustice qui lui est faite, il intériorise, incapable de partager son angoisse avec sa femme (quelques personnes de base 9 sauront de quoi je parle…) et finit même par douter de lui-même. Seuls ses rêves diront la violence de ce qu’il traverse et la réalité de ce qu’il vit.

Face aux analyses des ingénieurs et aux calculs des machines, il oppose opiniâtrement le facteur humain, c’est-à-dire ce qu’il sent. On lui dit que le second moteur fonctionnait, il répond seulement : « ce n’est pas ce que j’ai senti ». Les personnes de base 9 sont au cœur de la triade instinctive de l’ennéagramme, celle dont le centre d’intelligence préféré est le corps. C’est de lui qu’elles reçoivent d’abord les informations pour l’action et non celles de l’intellect ou de l’émotion. Il y a en base 9 une capacité spécifique à sentir l’environnement, à faire corps avec lui. Le plan bouleversant où, alors que l’avion menace de couler, Sully arpente seul le couloir de l’avion alors que tous les passagers ont été évacués, est emblématique de cette présence qui fusionne avec l’environnement. Là où la précipitation serait compréhensible, le calme règne.

Le cœur du film, dont la scène est judicieusement fragmentée par Eastwood, est celle de l’amerrissage. Sully prend la décision de ne pas rejoindre l’aéroport La Guardia, contrairement aux conseils qu’il reçoit. Il sait, parce qu’il le sent, qu’il n’y arrivera pas. Il n’a pas le temps de la réflexion mentale, qui le mènerait à s’écraser contre les immeubles  (terrible réminiscence des attentats du 11 novembre 2001), comme le montre la simulation finale. Le corps est plus rapide que la tête en situation d’urgence.

Il choisit donc de tenter de se poser sur l’Hudson, dans le plus grand calme et avec la plus implacable détermination. C’est l’action juste par excellence, celle qui ne résulte pas de savants calculs mais d’une présence réelle aux choses et à soi : l’action juste, cette vertu de l’ennéagramme si mystérieuse et dont les personnes de base 9 ont le secret quand elles vont chercher le meilleur d’elles-mêmes. Une action juste qui n’a rien de brillant et qui ne cherche pas le spectaculaire – Sully n’est pas à l’aise avec l’encensement des médias, mais qui trouve son épanouissement dans le fait même. Difficile d’en parler… Eastwood nous permet de le vivre un peu avec son héros, c’est la parole du cinéma.

Est-ce un hasard ? Je faisais la recension il y a tout juste un an d’un autre film avec Tom Hanks, Le Pont des espions de Steven Spielberg, où une fois de plus l’acteur se retrouvait en posture 9… Que cela veut-il dire de l’acteur, des réalisateurs, des personnages mis en lumière ? Ce serait l’objet d’un autre article.

* L’archétype est un représentant connu et supposé d’un type de l’ennéagramme, l’hypothèse reposant sur des éléments caractéristiques de sa vie ou de son oeuvre. 

 

 

Trump ou la grande confusion

imagesDONALD TRUMP
Hypothèse contradictoire en 8 ou 6 contrephobique

L’élection de Donald Trump a secoué le landernau médiatique. Passons sur les aspects politiques de la question et intéressons-nous à cette personnalité contestée et hors norme.

L’homme provocateur, grossier, n’hésitant pas à faire des plaisanteries en-dessous de la ceinture, étalant sa richesse, simplificateur et caricatural, farouchement indépendant peut faire penser à une base 8 dans ce côté brut de fonderie et dominateur. Sa biographe Laure Mandeville souligne qu’il a toujours été un rebelle et une forte tête, bombardant ses instituteurs de gommes, tirant les cheveux des filles, et que le coin où les élèves turbulents étaient envoyés avait été baptisé de ses initiales, DT ! A 13 ans, son père l’envoie d’ailleurs en internat car il le surprend en train de préparer une descente à Manhattan avec des lames de rasoir ! Contrairement à son frère aîné, mort dans l’alcoolisme, Trump a décidé de ne jamais exposer ses faiblesses. C’est l’évitement de la base 8 qui cache sa vulnérabilité car il croit en la force.

Tout serait simple si quelques éléments ne venaient troubler la logique de ce tableau. En petit comité, le provocateur laisse place au pragmatique qui écoute ses conseillers et ne choisit pas systématiquement l’option la plus extrême. Au contraire, en politique étrangère, Trump s’affirme prudent et pragmatique, jugeant que le statut de gendarme du monde a fait commettre des erreurs aux Etats-Unis. Par rapport à Daesh, il est prêt à s’allier avec Poutine et même à lui laisser faire le travail s’il le sent mieux placé que lui pour le faire. Bref, de nombreux indices semblent montrer que l’homme est bien plus complexe qu’il ne le montre, comme s’il cachait son jeu.

L’autre hypothèse expliquant ce sens de la provocation serait une base 6 de type contrephobique, réagissant à la peur par l’attaque, testant, déstabilisant l’adversaire par une virtuosité verbale très aiguisée (tandis que le 6 phobique est plutôt dans l’effacement et l’expression de la peur). Si cette hypothèse était avérée, et elle a aujourd’hui ma préférence, il rejoindrait la cohorte des provocateurs de la politique, 6 tellement contrephobiques qu’on les prend pour des 8 où je verrais bien Georges Marchais, Jean-Marie Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

C’est souvent dans le verbe que l’on peut discerner un 6 contrephobique car pour l’énergie puissante et brutale la confusion est totale avec le 8. De même que la défense des faibles (Trump a un discours de protection des pauvres qui est aux antipodes du libéralisme contrairement à ce qui a été souvent dit) qui réunit 6 et 8, le premier par devoir, le second par instinct de protection.

Pour compliquer encore la donne, trois petits éléments. Le premier est que 6 ou 8 , Trump a vraisemblablement une aile 7 qui lui donne tant d’aisance dans les pitreries. Le deuxième est le sous-type certainement social, tant les notions de prestige et d’image semblent présentes. Enfin, n’oublions pas qu’il est américain et qu’une super-couche de base 3, propre aux Etats-Unis vient en rajouter dans le côté bling-bling et la passion du challenge.

Pas si simple l’ennéagramme…