La base 7 en chanson

imgresFRIDAY ON MY MIND by The Easybeats : une chanson archétypale de la base 7

par François

« Je me sens mal lundi, mais je le chante avec le sourire. Viendra le mardi, je vais mieux… C’est sûr que le reste de la semaine va trop lentement, mais je n’ai que vendredi en tête! Et là, ce sera fun, j’irai en ville avec ma copine qui est vraiment jolie. Et cette nuit, j’en perdrai la tête! »

Telles sont à peu près les paroles un peu faciles et électriques mais si sympathiques de ce tube de 1966, Friday on my mind, commis par le groupe australien The Easybeats. Tout cela est écrit au présent, mais un présent absolument habité par l’anticipation du futur. Un futur qui ne peut être que meilleur que le présent! Telle est l’obsession de la base 7 : se garantir un futur aimable, amusant, surprenant, afin de s’évader d’un présent dont il craint qu’il ne soit trop morne, ennuyeux, pénible, voire (mais c’est déjà le début de la conscience) douloureux…

Ce morceau est devenu un classique du rock, du fait notamment de son magnifique riff de guitare, tendu et explosif! Avec sa mélodie énergique et joyeuse, ses harmonies simples et insouciantes. Un morceau qui évoque le paradis des côtes australiennes, l’innocence des amours de jeunesse, mais qui porte en lui une tension qui fait toute la sauvagerie voire la violence du morceau : tension qui renvoie à un malaise, celui du refus de ce lundi détesté, ce quotidien triste et fade qu’il veut à toute force oublier. Telle est la problématique de la base 7: se projeter dans un futur rayonnant, pour s’évader d’un aujourd’hui qui a ses faces d’ombre.

Mais à force de jouer cette partition, le 7 risque de n’être jamais présent, même aux bons moments. Le sourire permanent aux lèvres de Stevie Right, le chanteur, même lorsqu’il évoque des choses pénibles, est archétypal. L’excitation du groupe également: « Tonight I loose my head ». En tant que mental, le 7 a un cerveau qui fonctionne en permanence, sans lui laisser de répit. Sa stratégie pour le lâcher est de s’engouffrer dans le plaisir, la fête, l’euphorie, et tâcher de s’en libérer pour vivre une sorte d’ivresse dont il sort épuisé et vide.

Un challenge en base 7? Mettre ce talent de la joie et de la légèreté au service du monde en vivant l’instant présent tel qu’il est, heureux ou douloureux : le chemin de toute une vie… En attendant, goûtez la part de 7 qui est en vous et profitez de ce chef d’œuvre pop pour monter le son de vos enceintes!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.