Archives pour la catégorie Base 6

Auto-Rhino : métaphore de la base 6

unnamedAUTO-RHINO
par Erwan
de base 6

Regardez-moi. Voyez comme je suis ferme, comme je suis stable. Mes courtes pattes, mes larges pieds, ma masse dissuasive, m’ancrent dans la terre. Sur mon nez, une promesse : ne vous y frottez pas.

Je donne tous les gages de l’assurance et de l’aplomb. Par une vague ressemblance, j’emprunte à la vache une placidité apparente. C’est qu’on ne se soucie pas de ce qui se passe sous ce large front, derrière ce regard ? Toujours, toujours, je réfléchis, je pense, j’imagine. Tout, rien, l’utile, le fantasque et l’impossible. Pas une seconde de répit.

Tapie au cœur de ce ventre bien plein, le sac et le ressac de l’angoisse. Jamais la mer ne se retire complètement. Cette sourde angoisse est là, je la sens avant même de savoir ce qui la suscite. Rien, parfois, objectivement rien. Même quand le terrain est dégagé, ou quand je suis bien camouflé, quand je pourrais profiter et m’abandonner, malgré tout je suis en alerte.

Photo by Harshil Gudka on Unsplash

Photo by Harshil Gudka on Unsplash

Quand le danger s’approche, s’il devait s’approcher, je l’écarte, brutalement ou préventivement. L’un et l’autre parfois. Je le vois venir, depuis le temps que je l’attends – quand tant d’autres sont
insouciants, plantés dans leur présent. Ma charge surprend, on ne me croit pas capable de cette vivacité. Elle est puissante, déterminée, frontale, elle est agile et, à la fin de l’envoi, je touche. Si c’était un vrai danger, je le saurai vite.

Je vis souvent seul ou en plus petit troupeau. Peut-être parce que je n’accorde pas si facilement ma confiance ? Mais j’ai un compagnon. Connaissez-vous le piqueboeuf à bec rouge ? Vous le voyez sur mon dos. Et je l’envie. J’envie sa légèreté, j’envie son vol, sa capacité à s’élever et virevolter, son cœur léger, sa douceur aussi. Pour m’élever, je devrais songer à dompter cette angoisse indistincte. Qui peut bien avoir envie de me menacer?

Directrice !

journee_de_la_femmeDIRECTRICE GRACE A L’ENNEAGRAMME
par Sylvie
de base 6

Ce mail pour vous redire combien le stage ennéagramme m’avait apporté. En effet au mois de mars dernier ma directrice d’école m’a annoncé qu’elle me verrait bien devenir chef d’établissement  d’une école catholique sous contrat.

J’étais excessivement surprise et évidemment une grande peur m’a envahie.  Je savais que ça allait impliquer un changement d’école, aller dans un établissement inconnu avec des collègues, des élèves, des parents nouveaux. Bref, ne rien maîtriser et ça j’avoue que j’aime très très moyennement. Pour être précise l’entretien avec ma directrice et sa proposition me rappelaient le jour où j’ai fait du saut à l’élastique: j’ai peur, c’est normal, mais je le fais quand même pour avoir le plaisir de surmonter cette peur.

Or avec l’ennéagramme, étant 6, je suis plus rassurée sur ce sentiment, qui du coup, ne devient plus un frein ou un défi, mais fait partie de mon fonctionnement et je fais avec. Ainsi si je n’avais pas eu conscience de cette façon d’agir, je n’aurais peut-être pas accepté ce poste car contrairement à un saut à l’élastique, cela m’engageait sur du long terme et ma peur m’aurait peut-être indiqué de ne pas y aller. A priori j’avais deux ans devant moi, sauf que le diocèse m’a proposé un poste pour septembre et évidemment j’ai accepté. Je vais donc passer de mon CM1 à chef d’établissement en étant à mi-temps en petite section de maternelle.

Et je redis souvent à Bruno que si je n’avais pas fait le stage ennéagramme, je n’aurai sans doute pas accepté ce nouveau poste. Donc un grand merci de nouveau.

J’aimerais évidemment compléter avec le module 2. Et pourquoi pas, vous demander de faire une formation dans mon école. Je pense que cela apporterait énormément.

Il y a de belles perspectives.

Sixième sens

DSC_1749SIXIEME SENS
par Benoît
de base 6

Lundi matin, 6h45, SMS de mon patron : Passe à mon bureau quand tu arrives… Le monde s’écroule… C’est certain je suis viré! Il s’est finalement rendu compte que je n’étais pas au niveau… La fin de trajet se passe dans une profonde angoisse, qui s’amplifie au fur et à mesure du vagabondage de mes pensées: Comment vais-je faire pour trouver un nouveau job et lequel… ma famille, comment la faire vivre… la maison, le crédit… comment faire face? Le vélo se met à accélérer, se transforme en train à grande vitesse du questionnement… Combien de fois n’ai-je ressenti ce genre de pressentiment désagréable? Combien de fois cette mécanique infernale s’est-elle mise en marche? Trop souvent sans doute!

Et pourtant si l’on savait vraiment! J’arrive au bureau, et mon patron m’accueille avec un grand sourire: J’ai une mission à te confier

Tout ça pour ça !

Ce 6e sens, celui qui vous fait devenir deviner ce qui va se passer, qui vous fait détecter les signaux faibles avant les autres, celui qui vous permet d’évaluer les risques, d’anticiper les dangers, et que tant de monde semble vous envier… S’ils savaient! Mal utilisé, mal borné il peut être ravageur, destructeur, annihilant toute capacité à penser, à agir, à ressentir même. Ajusté, travaillé, canalisé, c’est un formidable outil, libérateur qui vous aide à dépasser vos limites, avoir un temps d’avance, à être libre…

Heureusement que tu réussis, avec les parents que tu as !

L’ennéagramme m’a libéré, en me donnant les moyens de mieux gérer ces passages délicats. Il m’a aussi aidé à mettre de l’ordre en moi, à reconstruire une forme de confiance en soi blessée. Blessure inscrite au plus profond de moi et qui a certainement commencé à se cicatriser lorsqu’à 38 ans j’ai entendu mon père me dire pour la 1ère fois: Je suis fier de toi. La blessure est là cependant encore, et demande à être soignée sur le long terme.

Cette envie de plaire, d’être aimé non pas pour ce que j’étais mais pour ce que je croyais que les autres voyaient en moi m’a longtemps pesé, empêcher de respirer et d’exister, d’être moi-même et de m’aimer. Toujours faire plaisir, toujours réussir, ne jamais faiblir, être à la hauteur, inoxydable, indestructible… C’est lourd sur les épaules! Aujourd’hui encore, même si cela va mieux, j’ai encore ce sentiment de ne pas être à la hauteur des attentes de ceux qui comptent pour moi.

Aime-toi tel que tu es, voilà le chemin de vie qui s’offre à moi et qui aujourd’hui me guide et construit peu à peu celui que j’étais, mais sans le savoir. Vaste chantier, mais tellement motivant: la vie est belle et nous tend les bras; elle n’attend que nous, ne la laissons pas s’impatienter !

Une biche : métaphore de la base 6

27067891_544132789281777_7422063795849597582_nCOMME UNE BICHE DÉSIRE L’EAU VIVE
par Constance
de base 6

Dans un sous-bois sombre et épais (de Lozère pourquoi pas…), une biche est tapie. Les yeux écarquillés, les oreilles dressées, elle est aux aguets. Elle a soif. Elle crève de soif. Et elle est seule. Mieux vaut être seule que mal accompagnée… Mais le ruisseau est de l’autre côté, loin, là-bas. Et le reste du troupeau est de l’autre côté, loin, là-bas…  Il faut traverser. Mais c’est si difficile une traversée…  Cette feuille qui vient de tomber pourrait annoncer le chasseur, cette fougère qui frémit pourrait cacher un sanglier, ce minuscule nuage qui voile à peine le soleil pourrait devenir orage, et même ce chevreuil qui te fait signe de la tête pourrait bien vouloir ta perte aussi…  Et puis le chemin tourne, là-bas, on ne voit pas ce qu’il y a ensuite… et si la montée était trop rude ? Et s’il y avait un fossé infranchissable ? Et si le petit troupeau ne l’acceptait pas ?… Et si… Et si…
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Et toi insolent petit oiseau qui sautille insouciant de branche en branche en gazouillant que tout va bien…

Piquée au vif, en un tour de sang, la biche bondit, et court, court… cent mètres, et se recroqueville sous une bruyère. Pas folle.

Ô quand comprendras-tu, chante le petit oiseau, quand comprendras-tu…

Que témérité n’est pas courage,
Méfiance n’est pas prudence,
Doute n’est pas réflexion,

Alors que tu sais si bien…

Que fermeté n’est pas dureté
Douceur n’est pas mollesse
Confiance n’est pas naïveté

Va, va… il n’y a pas de courage sans peur…

Et le petit nuage, poussé par le vent, disparait loin derrière la colline.

Tu as raison petit oiseau. Tout dans la forêt  n’est pas dangereux, et mauvais, et méchant… il y du Bon et du Beau…  Parce que tu dis vrai je te suivrai au bout du monde, et je pourrais mourir pour toi.

Et la biche de se lever, et de courir, courir vers le ruisseau…

Respire ! – chante l’oiseau – Va ! Cours ! Bois ! Vis ! Aime ! Et deviens…

Trump ou la grande confusion

imagesDONALD TRUMP
Hypothèse contradictoire en 8 ou 6 contrephobique

L’élection de Donald Trump a secoué le landernau médiatique. Passons sur les aspects politiques de la question et intéressons-nous à cette personnalité contestée et hors norme.

L’homme provocateur, grossier, n’hésitant pas à faire des plaisanteries en-dessous de la ceinture, étalant sa richesse, simplificateur et caricatural, farouchement indépendant peut faire penser à une base 8 dans ce côté brut de fonderie et dominateur. Sa biographe Laure Mandeville souligne qu’il a toujours été un rebelle et une forte tête, bombardant ses instituteurs de gommes, tirant les cheveux des filles, et que le coin où les élèves turbulents étaient envoyés avait été baptisé de ses initiales, DT ! A 13 ans, son père l’envoie d’ailleurs en internat car il le surprend en train de préparer une descente à Manhattan avec des lames de rasoir ! Contrairement à son frère aîné, mort dans l’alcoolisme, Trump a décidé de ne jamais exposer ses faiblesses. C’est l’évitement de la base 8 qui cache sa vulnérabilité car il croit en la force.

Tout serait simple si quelques éléments ne venaient troubler la logique de ce tableau. En petit comité, le provocateur laisse place au pragmatique qui écoute ses conseillers et ne choisit pas systématiquement l’option la plus extrême. Au contraire, en politique étrangère, Trump s’affirme prudent et pragmatique, jugeant que le statut de gendarme du monde a fait commettre des erreurs aux Etats-Unis. Par rapport à Daesh, il est prêt à s’allier avec Poutine et même à lui laisser faire le travail s’il le sent mieux placé que lui pour le faire. Bref, de nombreux indices semblent montrer que l’homme est bien plus complexe qu’il ne le montre, comme s’il cachait son jeu.

L’autre hypothèse expliquant ce sens de la provocation serait une base 6 de type contrephobique, réagissant à la peur par l’attaque, testant, déstabilisant l’adversaire par une virtuosité verbale très aiguisée (tandis que le 6 phobique est plutôt dans l’effacement et l’expression de la peur). Si cette hypothèse était avérée, et elle a aujourd’hui ma préférence, il rejoindrait la cohorte des provocateurs de la politique, 6 tellement contrephobiques qu’on les prend pour des 8 où je verrais bien Georges Marchais, Jean-Marie Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

C’est souvent dans le verbe que l’on peut discerner un 6 contrephobique car pour l’énergie puissante et brutale la confusion est totale avec le 8. De même que la défense des faibles (Trump a un discours de protection des pauvres qui est aux antipodes du libéralisme contrairement à ce qui a été souvent dit) qui réunit 6 et 8, le premier par devoir, le second par instinct de protection.

Pour compliquer encore la donne, trois petits éléments. Le premier est que 6 ou 8 , Trump a vraisemblablement une aile 7 qui lui donne tant d’aisance dans les pitreries. Le deuxième est le sous-type certainement social, tant les notions de prestige et d’image semblent présentes. Enfin, n’oublions pas qu’il est américain et qu’une super-couche de base 3, propre aux Etats-Unis vient en rajouter dans le côté bling-bling et la passion du challenge.

Pas si simple l’ennéagramme…

Métaphore de la base 6

Islande-Vikings-LE VIKING

par Elisabeth
de base 6

Le Viking, tout comme les preux chevaliers, les spartiates, les fiers highlanders, les Spartacus et autres forces de la nature sont pour moi le symbole du courage.

Et le courage, c’est la vertu de la base 6.

Le Viking des temps modernes n’est pas nécessairement de base 6 mais le Viking de base 6 est un alliage indestructible de traits de caractère complexes, parfois opposés, parfois changeants, parfois lumineux, parfois ternes mais fondés sur un socle solide.

ElisabethLe Viking de base 6 a besoin de réfléchir, de comprendre et d’analyser avant de se lancer dans l’action mais quand il y va, il est d’une force et d’une endurance à toute épreuve. Si la cause lui paraît juste, il part au combat en première ligne et n’hésite pas à prendre des coups ou à donner sa vie.

Doté d’un grand sens de l’honneur, le Viking est loyal et fidèle à la parole donnée.

Rapidement désarçonné face à un environnement hostile, il peut avoir la volonté de prendre la fuite ou de se cacher la réalité mais à force de volonté, il mettra cependant tout en oeuvre pour comprendre comment atteindre son but et par de petits coups de hache à droite et à gauche, arrivera à tracer son chemin.

Le Viking de base 6 est un bon vivant. En confiance, entourée d’amis bienveillants, de personnes chères à son cœur, il rit à gorge déployée, il sait faire fort honneur à la bonne ripaille et au bon vin, il aime les bons mots, il prend de la place et on le remarque. Pudique cependant sur tout ce qui a trait à ses émotions, il manie l’humour avec facilité pour ne pas avoir à se dévoiler impunément et peut sembler inaccessible.

Le Viking de base 6 est tiraillé par un esprit fantasque, complexe, qui le pousse dans toutes les directions, mais il est dans la vie concret, sincère, authentique, sans artifice et a le souci de plaire sauf à ceux qu’il admire.

Le Viking a besoin d’un idéal à suivre, il aime les belles missions et son âme aspire à vivre de grandes choses. Il n’hésitera pas à se mettre en danger mais il aura toujours le souci des siens, même à son propre détriment.

Le Viking de base 6 a le sens des responsabilités qui lui incombent et ne cherche pas à s’en dédouaner. Mais il ne se met pas spontanément en avant car il trouve souvent que les autres Vikings sont plus méritants.

Il aime être entouré de personnes dignes d’être admirées, dans lesquelles mettre ses pas, et s’il trouve un chef de confiance, il le suivra aveuglément. La trahison d’un être proche le détruit de l’intérieur mais si son cœur crie vengeance, son esprit analytique le gardera de grandes envolées qu’il regretterait.

Sa fiabilité en fait une personne sur qui compter, de confiance.

Le Viking des temps moderne a la trouille au ventre mais si sa peur est maîtrisée, si elle est identifiée et canalisée, c’est un être exceptionnel, doté de ce talent extraordinaire, le courage.

Viking de base 6, restez vigilants et tenez les rangs. Les autres bases comptent sur vous.

Une expérience de miséricorde

ElisabethUNE EXPÉRIENCE DE MISÉRICORDE

par Elisabeth
de base 6

De retour chez moi, il m’est impossible de ne pas prendre le clavier pour vous remercier, même si ce mot me semble bien pauvre face à la foudre bienfaisante qui m’a transpercée ce week-end.

Je venais emplie d’attentes, sans savoir bien les nommer, mais poussée par ma voix intérieure qui me disait inlassablement, « vas-y et n’aie pas peur. »

Votre regard, votre accueil, la puissance et la lumière qui se dégagent de vous deux, individuellement et en couple, ont dès le vendredi soir fait tomber les quelques pierres qui continuaient à vouloir ériger un mur de distance entre ce que je voulais vivre en profondeur et ce que je ne pouvais m’empêcher d’intellectualiser.

Me découvrir en base 6 a été bien douloureux par la mise en exergue d’un excès qui me fait horreur, la lâcheté, et d’un soulagement intense dans les heures qui ont suivi en me sentant dépouillée de toutes les écorces que je m’étais forgées depuis quelques années en endossant tour à tour les différentes facettes des bases qui me plaisaient et me donnaient le sentiment de survivre.

Quelle expérience de miséricorde ai-je vécu à vos côtés ce week-end en sentant la flèche de l’amour de Dieu me dire, pendant les dernières minutes : « relève-toi, tu as un talent merveilleux, le courage. »

Et j’adore ce courage. Une qualité de Viking ! Si les autres talents viennent naturellement en cultivant celui dont nous sommes dotés, je trouve alors que le chemin vers le sommet est merveilleux et plus léger.

Une belle quête m’attend dans les prochaines semaines, les prochains mois, que dis-je les prochaines années: faire fructifier ce talent au service du monde d’ici-bas, avec enthousiasme et joie profonde, en mettant mes pas dans Celui qui ne nous trahit jamais. Un parcours sportif spirituel de toute beauté.

Je vous embrasse de tout cœur avec une émotion profonde et une immense gratitude.

Surprise !

1A52BDFF-0C50-4805-94DA-7BE409CE3AB8_cropSURPRISE !

par Odile

Un immense merci chère Valérie, cher François, pour ces deux jours de formation passés avec vous.

Cela m’a permis de découvrir qui j’étais, même si, vous l’avez bien compris, cela ne correspondait pas à ce que je pensais en arrivant à Azille. Ce fut un peu douloureux pour moi, probablement par ce que j’avais toujours été qualifiée par mon entourage depuis toujours comme étant quelqu’un de fort, un leader… une base 8 en somme!

Des blessures d’enfance qui rejaillissent un peu fort… Et me découvrir comme étant loyale et cérébrale, jouant avec ses peurs, quelle découverte! Merci Valérie de m’avoir permis cette remise en question.

Mon retour à la maison a été très paisible. Je pense que ces quatre heures de trajet en tête-à-tête avec moi-même ont été très bénéfiques. Il faut dire que Haendel et Bach m’ont bien soutenue. Comme je l’avais dit dans mon blason, la musique permet tout!

N’ayant pas pu le dire tout à l’heure, je voulais vous dire que j’ai beaucoup apprécié l’esprit que vous savez faire régner autour de vous. J’ai beaucoup apprécié votre bienveillance et celle de l’ensemble du groupe envers chacun de nous. Un immense merci pour tout cela.

Mon prochain challenge (à part m’occuper de moi!) est de convaincre Stéphane de m’accompagner. Claire m’a demandé de raconter ce que j’avais fait, qui j’étais… Je lui ai dit que non et elle a trouvé cela nul. Mais ayant eu du mal ce week-end à me débarrasser d’une base que l’on m’avait assigné dans ma petite enfance, je ne vais surtout pas aller en donner une aux autres. Je les laissent se découvrir eux-mêmes. Vous avez su bien faire passer le message de ce côté là.

Louis de Funès et la base 6

191385LOUIS DE FUNES
Un archétype* de base 6

Louis de Funès a enchanté des générations de Français. Avec le recul, même s’il n’a pas tourné que des chefs d’œuvre impérissables (encore que Rabbi Jacob ou Hibernatus tiennent vraiment la route), son talent à faire rire en fait un des plus grands acteurs comiques du XXe siècle.

Traditionnellement, l’ennéagramme associe d’ailleurs l’humour au centre mental, c’est-à-dire aux types 5, 6 et 7. Ce qui ne veut pas dire que les autres en sont dépourvus, mais que chez eux, la rapidité du mental, la précision du verbe et le goût du contrepied sont autant d’ingrédients propices aux ressorts comiques. De ce point de vue, Louis de Funès est archétypal.

Les biographes de Louis de Funès ont largement mis en valeur certains traits caractéristiques du type 6 tournant autour de la peur. Angoisse dévorante de ne pas réussir à faire vivre sa famille qui va l’amener à une quête inlassable de perfectionnisme, non pour être parfait comme un 1, mais pour être sûr de ne pas être abandonné par le système cinématographique. Funès fut un bourreau de travail par peur d’être un jour laissé sans ressources. Un sous-type survie est assez probable comme le montre cet autre exemple : ayant hérité de sa femme d’un magnifique château doté de plus de cent fenêtres, il équipa chacune d’un système de sécurité !

Peur donc, préoccupation de sécurité, mais qui peut se conjuguer à un vrai courage porté par un sens aigu de la loyauté. Un de nos stagiaires, son voisin à l’époque, nous a livré cette anecdote : voisin de la famille du colonel Erulin, le héros de Kolwezi, Louis de Funès grâce à ce « sixième sens » souvent attribué aux personnes de type 6, surprit des cambrioleurs à l’œuvre dans la maison inoccupée, intervint pour les mettre en fuite, prenant un mauvais coup au passage. Vigilance, sens ultra développé du danger, alternance de phases phobiques et contre-phobiques : nous sommes en plein dans la problématique du type 6.

A l’écran, Louis de Funès joue admirablement de la version pleutre du 6. A titre d’exemple, la scène de la première rencontre avec sœur Clotilde dans Le Gendarme est éclairante. Le 6 survie, pour assurer sa protection, est extrêmement chaleureux : il tisse des alliances qui le sécurisent jusqu’à pouvoir paraître obséquieux et soumis. Et la conduite intrépide de la religieuse le met en panique : la tête lâche alors et Louis de Funès, mort de trouille, la salue en la quittant d’un inoubliable « Au revoir Monsieur l’abbé »!

Cette variante phobique du 6 est la plus présente dans ces films même si, parfois, la variante contrephobique affleure ou même éclate comme dans cette scène célèbre de La Grande Vadrouille où Louis de Funès en chef d’orchestre pourrait faire penser à un 8 dominant…

… Trois chapitres du Grand Restaurant ne laissent pourtant pas de doute à la différenciation 6/8 qui pose parfois quelques questions existentielles à nos stagiaires…

A ce sujet, autre point très central pour la base 6, celui du rapport à l’autorité. Capable d’être d’une loyauté sans faille, pour le meilleur, le 6 peut aussi alterner entre une soumission excessive et une défiance agressive. On peut voir dans cet entretien combien Louis de Funès était foncièrement rebelle à l’autorité, même s’il s’y plia en courbant l’échine durant les années de vache maigre :

Humour qui pique, humour qui touche, humour comme forme d’intelligence à part entière, on ne se lasse pas des scènes mille fois revues de Louis de Funès ni de l’humour de nos amis de base 6. Ceux-là se surprennent d’ailleurs souvent à rire d’eux-mêmes car le rire reste la meilleure des défenses et permet de garder ce jardin secret si jalousement gardé par eux.

* L’archétype est un représentant connu et supposé d’un type de l’ennéagramme, l’hypothèse reposant sur des éléments caractéristiques de sa vie ou de son oeuvre. 

Du rire et des larmes

le-prenom-affiche-4f67102b326b6LE PRÉNOM
Un film de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière, 2012

Le succès du film Le Prénom est sans doute dû à la remarquable étude de caractères qui en fait la force. On ne jaugera pas ici des qualités cinématographiques de ce qui relève du genre du théâtre filmé si cher au cinéma français, avec toutes les limites que cela comporte, sauf à relever tout de même la très belle performance du quatuor d’acteurs principaux. Ce qui me paraît avéré est la stupéfiante cohérence des personnages, beaucoup moins caricaturaux qu’une lecture superficielle pourrait le laisser entendre. Cohérence qui peut s’analyser de façon convaincante avec l’ennéagramme.

3327124-7Commençons avec le personnage de  Vincent, superbement campé par Patrick Bruel, qui donne l’impulsion de l’histoire en annonçant à un dîner où il est invité par sa sœur et son beau-frère qu’il va appeler son fils Adolphe. Nous pourrions être en face d’un archétype de base 3, agent immobilier fier de montrer sa réussite, qui roule en grosse berline allemande et apporte une bouteille de Cheval-Blanc 1985. Bien trop occupé pour penser à autre chose qu’à son travail et à l’image qu’il donne, il ne sait à peu près rien de celui de sa compagne. Mais il y a plus que ces traits parfois un peu trop caricaturaux du 3. Il y a cette capacité à s’engager à corps perdu dans une joute verbale avec son beau-frère, joute où la question de la vérité n’a aucune importance, mais dont il faut être vainqueur. Et c’est là où Vincent bascule, empêtré dans un mensonge dont il ne sait plus sortir car cela l’amènerait à reconnaître une défaite, un échec. Pour gagner un challenge dérisoire, il met de côté toute émotion, peut paraître cynique ; mais quand il croit être trompé par sa femme – ce qui constitue l’échec du lien par excellence si redouté en base 3 – il ne sait pas prendre le recul nécessaire et se laisse submerger par sa propre émotion. Comme l’apprend l’ennéagramme, le 3 est un émotionnel qui s’ignore, et le personnage incarné par Bruel le montre à merveille.

3327124-9Prenons les autres personnages dans l’ordre de rentrée en lice dans ce jeu de massacre comique et tragique. Pierre, le beau-frère, joué à la perfection par Charles Berling est le prototype du bobo intello de gauche, très certain de son appareil mental. On n’a pas de mal à reconnaître une base 5, par ce côté intello en retrait, comme détaché de la vraie vie, aimant à parler avec des références plus qu’à se mettre lui-même en danger. Le défaut que lui renvoie son entourage, et dont il est parfaitement dupe, est celui de l’avarice qui n’est pas seulement une difficulté à dépenser son argent, mais surtout à donner de lui-même, à dépenser une énergie assez faible : on voit Charles Berling, épuisé par la joute, quasiment disparaître en deuxième partie de film. Vraisemblablement, l’impact émotionnel (dont il n’a pas conscience) de la question politique, l’importance de son rôle de professeur d’université, une manière d’avoir soin à sa manière sobre et signifiante de son image, évoqueraient un sous-type social.

3327124-11Claude, l’ami d’enfance de Vincent et de sa sœur, joué par Guillaume de Tonquédec, pourrait être un bel archétype de base 9. C’est ce que lui renvoient avec cruauté ses comparses : difficulté à se positionner, incapacité à entrer en conflit, un côté qui peut aller jusqu’à une certaine transparence. Même lorsque ses amis l’étiquettent à tort, et avec une consternante légèreté comme homosexuel, il ne se met pas en colère.  Mais ces facettes sombres sont l’envers d’une étonnante qualité d’empathie et d’écoute, d’une propension à la paix et à l’harmonie étonnante. Or cet homme qui par souci d’éviter un conflit a caché un lourd secret à ses amis durant des années, va du coup être à l’origine de l’explosion finale, faute d’avoir à temps affronté le problème. On en dira pas plus, mais il paraît probable que cet homme aimanté par une femme de façon tout à fait singulière, soit en sous-type tête-à-tête.

3327124-3Elisabeth, sœur de Vincent et femme de Pierre, est un personnage dont il n’est pas si facile de chercher la base car son rôle de mère de famille débordée et peu reconnue pour ce qu’elle fait vient parasiter l’analyse. On pourrait la voir en 2 à certains aspects, mais elle n’en n’a ni le côté  structurellement envahissant, ni la part conjoncturellement agressive. Il se pourrait qu’elle soit de base 4 dans une version assez sobre, comme le sont une bonne partie des personnes de base 4, contrairement à ce que disent les livres. Valérie Benguigui incarne une femme de cœur, dont le ressort profond est émotionnel (comme on le voit pour son travail de professeur de français), qui se sent profondément incomprise et qui peut parfois manquer de logique. C’est surtout dans la seconde partie du film, et notamment à la fin, que se dévoile une femme qui souffre de manque de lien avec un mari en retrait et un frère autocentré, et surtout qui vit très mal le manque d’authenticité de celui qui avait le statut de son meilleur ami, confident de cœur. Se révèle alors le rejet du 4 de tout ce qui est superficiel, notamment des rapports avec sa belle-sœur, mais aussi une présence émotionnelle qui désarçonne les protagonistes. Lorsqu’elle s’adresse à chacun apparaît aussi un sous-type tête-à-tête  pour lequel la rivalité (avec son frère ou sa belle-sœur) est très présente, avec à sa manière une indéniable séduction.

3327124-8Finissons avec Anna, femme de Vincent qui arrive un peu tard dans la soirée et dont le rôle est moins important, incarné par Judith El Zein. Celle que son mari appelle « la bombe » pourrait bien être de base 6, avec une violence verbale très ajustée, mais très destructrice au fur et à mesure que l’action se tend. Loyale avec la famille de son mari dans le choix du prénom de l’enfant, elle se sent trahie dans sa fidélité lors du quiproquo et se défend en attaquant. Le personnage gagne de l’épaisseur quand est dévoilé le lien qui la lie à Claude et à Françoise, la mère de Vincent et Elisabeth. Une problématique complexe apparaît autour de la confiance et de la trahison, avec un mélange d’humour et d’agressivité, de volonté d’apaisement et de saillies imprévisibles. Un sous-type tête-à-tête en 6 dit force et beauté est assez plausible.

Reste Françoise, que l’on ne fait qu’entendre ou plutôt deviner au téléphone et voir dans un flash-back éloquent. Intrusive, ultra-présente, on pourrait évoquer du 8 ou du 2, mais les éléments d’analyse sont trop minces pour se risquer aux hypothèses. En revanche un sous-type tête-à-tête n’est pas improbable pour cette étonnante séductrice !

Au cinéma comme dans la vie, le rire peut être un joli mécanisme de défense mais aussi un moyen de mise à distance qui permet l’approfondissement : ainsi la comédie peut révéler le fond de l’être parfois mieux qu’une tragédie. Voir ou revoir ce film à la lumière des caractères de l’ennéagramme donne de nouvelles raisons de rire mais surtout nous fait aimer davantage les personnages parce que l’on s’approche un peu plus ainsi de leurs ressorts profonds.